Spiritualités

Deux grands penseurs

Deux grands penseurs

Notre histoire, l'échec des révolutions, leurs récupérations par ceux qui, en général, ne les ont pas faites , m'amène à penser que nos idées aussi généreuses qu'elles puissent être ne seront vraiment applicables que dans des cœurs et des cerveaux préparés et convaincus.
Je crois que le philosophe, le penseur, que notre époque attend, sera davantage celui qui nous aidera à « accoucher » de nos idées comme disait Socrate, plutôt que celui qui nous forgera une nouvelle idéologie.

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Tout a déjà été dit ou presque, mais rien n'a vraiment été fait.
On ne fait que réadapter, à chaque époque différente, ce que les autres époques ont déjà dit. Sans doute y a t-il une façon moderne de poser les problèmes, mais les causalités et les finalités fondamentales restent les mêmes.

Deux grandes idées ont marqué l'occident. Essayons d'imaginer ce que deviendrait notre civilisation, si nous en prenions enfin la mesure et la portée existentielles plutôt que de les commenter indéfiniment.

« Connais-toi, toi-même » précepte que Socrate avait repris du fronton du temple de Delphes

« Aime ton prochain comme toi même » que Jésus avait repris du Lévitique (19-18)

A noter que la perspective juive n'avait rien d'universaliste, alors que Jésus essaie toujours de sortir du carcan régionaliste, même si lui-même se contente d'une ère géographique limitée.
Connais- toi toi- même, connais tes possibilités, connais ce que tu peux tirer de toi. Prendre la mesure de soi-même pour en tirer le meilleur parti. Ce n'est pas de l'introspection, ce n'est pas se mettre en avant soi-même comme objet de connaissance, c'est l'art de tirer, au mieux, parti de soi, de ses qualités, voire de ses défauts, de ses possibilités, de la place que l'on doit tenir parmi les autres. Contrairement à l'introspection qui est solitaire, le « connais toi, toi même » s'adresse à un homme qui va exercer ses talents dans la société. S'apprécier avec le maximum de d'objectivité possible, sans complaisance, mais aussi sans humilité excessive permet de bien servir la Cité.


Aimer son prochain comme soi-même, suppose que l'on s'aime d'abord soi-même. En effet, comment aimer l'autre comme soi si on ne s'aime pas?
Ainsi donc on acceptant d'aimer l'autre comme soi-même, on accepte d'avoir la même estime pour lui que pour soi, de le considérer comme un autre soi-même en quelque sorte.
Que ces deux grands initiateurs n'aient rien écrit eux-mêmes montrent qu'ils attachaient sans doute plus de prix à la parole accomplie qu'à l'écriture qui est un conservatoire de bonnes intentions.

Peut-être pensaient-ils tous deux que les idées ne valent que par l'action qui les anime.


« En réalité, comme on le sait, les techniques de manipulation mentale n’ont jamais été aussi perfectionnées. Et la mise en condition collective (médias, publicité, etc.) n’a jamais été si répandue. Le procès intenté aux sectes se trouve ainsi gangrené par une vague d’hypocrisie. Tout se passe comme si l’époque cherchait surtout à se rassurer sur elle-même en cherchant à conjurer ce qui la hante. C’est dommage. C’est inefficace et dangereux. » Jean-Claude Guillebaud (source)


Socrate

Vers l’humanisme....

Vers l'humanisme....


Ces paroles destinées à promouvoir un humanisme personnel reposant à la fois sur une conscience de soi aiguisée et sur la fraternité, n'ont donné globalement, en réalité, qu'une société à la conscience repliée sur elle, incapable d'amour fraternel universel et plutôt soumise à l'autorité des plus forts.

Cet humanisme qui aurait dû se réjouir des talents de chacun et conduire à des relations où l'on aime autant l'autre que soi-même, n'a suscité ni l'amour de soi, ni l'amour de l'autre. Il n'a produit qu'une survalorisation artificielle et erronée du moi, au détriment de "l'être". L'idée que l'on a de soi prime sur tout le reste.

Cet humanisme n'est donc pas né .

Cependant, nous vivons dans un doute permanent et dans la méfiance légitime de tout ce qui ressemble à de l' idéologie ou à de l'embrigadement.

Si quelqu'un a quelques chose à dire à ses contemporains, il faut qu'il renonce à le faire de la manière autoritaire et sectaire d'autrefois. L'échec de cette façon de faire se confirme de jour en jour...


"Chercher à convaincre, dans l’ordre de la foi : vulgarité et sottise.

Est-ce qu’on se bat pour la vérité ? Jamais. On se bat pour des convictions qui en tiennent lieu. Qui aime la vérité cherche seulement à lui laisser prendre toute la place en lui-même.


Ne désirez pas faire changer d’idées ni convertir quiconque . Soyez ce que vous êtes et l’autre, peut-être sera conduit à devenir ce qu’il est. Dites d’un ton vrai ce qui vous meut sans vous occuper des suites. Ce n’est ni paresse ni amateurisme, mais ascèse spontanée qui n’a rien à voir avec une ligne de parti. La comparer plutôt à l’incessant exercice de qui vise à jouer juste."

Jean Sulivan, prêtre- écrivain (matinales I)

La question du prosélytisme !

La question du prosélytisme !


Ce texte nous invite à se poser la question du prosélytisme.

Les religions ont employé non seulement le prosélytisme de conviction, mais aussi la force pour convertir en masse.

Les grandes religions monothéistes reposent toutes sur l'envoi d'un prophète.

Tous les prophétismes qui en ont découlé n'ont pas échappé à cette violence. Je vois là comme une déviation agressive de la Parole de Dieu.

Le Message arésien est encore vierge de ces détournements. Il pourra y échapper si ceux qui le portent se conduisent autrement que leurs prédécesseurs.

Sans doute, le plus important est de bien comprendre le Message divin et ce qu'il demande à ceux qui le reconnaissent.

Le Message arésien enseigne que l'Homme a été conçu libre et que c'est librement qu'il assume son Evolution. Tous les choix ne se valant pas sur le plan de la construction spirituelle de chacun, nous sommes invités à "moissonner" d'autres Hommes prêts à entrer dans cette voie de l'effort sur soi (Pénitence).

Dès lors, comment porter ce Message ?

Est-il de l'ordre de la conversion ?

Qu'est ce que le Message arésien appelle « Moisson » puisque c'est de cela que Dieu parle ?
Sous ce vocable, il est clair qu'il ne s'agit plus d'imposer la croyance en Dieu qui paraît relever de l'action de Dieu lui-même (Semailles).

Mais alors de quoi s'agit-il?

Il s'agit de nous révéler la Parole de Dieu, les uns par les autres , identifiée comme telle ou non.

Accepter l'origine divine de cette Révélation semble moins important que de se mobiliser pour l'accomplir.


Notre rôle n'est pas de dire à l'autre ce qu'il doit faire ou ce qu'il doit comprendre, mais de lui donner envie d'aller se nourrir de la Parole de Dieu pour lui-même, ou de lui donner envie d'accomplir un humanisme qui, bien que ne se réclamant pas de Dieu, n'en a pas moins la même exigence de justice et de fraternité.


La notion de Moisson !


La veillée 6 dit que la Moisson c'est :

  • 1--Mettre en gerbe, c'est à dire en matière agricole, rassembler des épis.

    2--Battre la gerbe, sur le plan agricole encore, battre la gerbe, c'est débarrasser le grain de son enveloppe, de son soutien. On peut en déduire sur le plan symbolique, que battre le grain, c'est rassembler des personnes qui acceptent de se séparer de ce qui constituait leurs anciennes certitudes, leurs anciennes convictions. Qui acceptent une certaine nudité culturelle ou religieuse, prêts à revêtir le manteau neuf évoqué aussi dans le Message arésien.

    Les consciences sont déjà semées, ont déjà été touchées par le Souffle divin. Sur le plan symbolique le Semeur c'est celui qui répand la vérité, qui donne la vie spirituelle. Il n'y a rien là qui soit de notre ressort. Nous n'avons donc pas à convertir puisque le Semeur est passée et que le grain a muri uniquement par l'effort du semeur.

    La Moisson, c'est donc de

    -porter la Parole de Dieu, sans la dépasser, c'est sans se mettre à la place de Dieu.

    -et de s'aider à changer (à se débarrasser de notre enveloppe)


    3--Etaler et retourner la graine.
    Sur le plan agricole, étaler et retourner le grain, c'est le faire sécher pour qu'il ne se perde pas. C'est l'étape ultime du murissement.


    On l'a vu dans la première étape, « battre le grain » c'est se changer.

    La deuxième étape, c'est faire de ce changement une étape définitive, un murissement de notre vie spirituelle qui conduise à une véritable évolution de notre humanité.

    Se rassembler pour murir ensemble, c'est assurer une pérennité à la vie spirituelle créatrice.

    C'est donner une chance au Royaume de s'établir dans le plus d'âme possible.

    Ce n'est pas convertir au sens de faire passer l'autre par les croyances et les rituels de notre foi personnelle, comme autrefois. C'est juste l'inviter à murir la Parole en lui.
    Tout, dans l'enseignement de Jésus ou dans le Message arésien nous pousse à révéler le Dieu intérieur que nous avons nous-mêmes fait naître en nous et que Jésus appelle le Royaume

« Avez vous compris?
Vous n'avez droit de parler que de la graine de vérité que vous germez en vous. »
(Matinales, Jean Sulivan, prêtre catholique)

Ainsi, à chaque fois que nous exprimons quelques commentaires sur la Parole, ils doivent laisser la place au ressenti de l'autre. Dieu condamne sévèrement dans le Message arésien ceux qui utilisent leur autorité pour imposer une interprétation de la Parole de Dieu. En ne parlant que de la graine de vérité qu'on a laissé germer en soi , on laisse la possibilité à l'autre de laisser cette vérité germer en lui, pour plagier Jean Sulivan. Notre propre ressenti, exprimé comme tel, doit être une ouverture supplémentaire pour l'autre.
Voilà l'aide dont je parlais, voilà le prosélytisme que chacun peut s'autoriser. Il est doux, plein d'amour et de respect.

En nous envoyant à cette Moisson, Dieu ne nous confie qu'un travail d'Homme à Homme : se convaincre non pas de croire en lui ou de penser comme ceci ou comme cela, mais seulement de murir spirituellement les uns par les autres, comme les grains rassemblés dans un silo.
Un tas de grain ne murit que si tous le tas murit en même temps. Autrement il se gate. C'est ainsi qu'évolue un tas de blé.

D'un autre coté, le grain ne sèche et ne murit qu'en se séparant du tas. Il devra être étalé et retourné pour bien murir. Si le tas reste amalgamé, il pourrit.
Dans ce paradoxe du tas de grains qui doivent murir ensemble et de la nécessité aussi de les séparer, il y a peut-être une clef de la compréhension de la Parole de Dieu.
Ainsi la Moisson, c'est à la fois se débarrasser de ses scories et se rassembler pour se transformer et murir ensemble, mais aussi mettre suffisamment de distance pour que l'autre ne soit pas amalgamer et ne finisse par se gâter sous une autorité sclérosante.

Cette image du Semeur qui crée les conditions d'une bonne levée du grain, d'un certain murissement, nous donne à penser que Dieu à assurer la mise en oeuvre d'un certain niveau spirituel de l'Homme, mais qu'à partir d'une étape, il passe la main. Il donne à l'Homme une autonomie, une liberté pour achever ce destin spirituel mis en germe par Lui.
C'est la mission de l'Homme d'achever son destin. Son murissement spirituel final ne peut se faire que dans la paix et le respect de l'autre. C'est ce que je lis dans le Message arésien, quand il parle de Moisson.
La violence demande toujours réparation, aussi le succès momentané d'une telle mission met des siècles à apaiser les consciences
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"Fuir qui veut convaincre.            Non par peur. A cause du bruit.

Portez en vous un désert pour une vraie rencontre.

Ce que dit l’un n’existe que s’il est recréé dans l’autre.

Rien de pire que les contagions émotives, révélations, goinfreries spirituelles."  (Jean Sulivan)


Sensibiliser, rien de plus. Nous n'avons aucune mission concernant la croyance en Dieu, la seule mission que nous pouvons exercer les uns sur les autres est celle de nous convaincre d'être bon, fraternel, juste, parce qu'il en va de notre intérêt pour une vie harmonieuse sur cette terre. Au delà de cette ligne nous abordons l'intime, notamment les relations personnelles que nous pouvons développer avec Dieu qui sont davantage le produit de ce que nous sommes que les effets d'une croyance théorique en un Dieu tout puissant.

Je pense donc que le Message évangélique est de première importance pour instaurer ce monde fraternel dont je parle plus haut, étant entendu que la croyance en Dieu n'est pas la condition pour faire naitre ce monde. Déjà Jésus, à une époque où tout le monde croyait en une force supérieure, disait que aimer son prochain était un commandement de même nature que l'amour de Dieu. Autrement dit, il ne faisait pas de la seule croyance le commandement salvateur.
Je crois aussi que le Message coranique a exactement le même impact spirituel si on laisse de coté les commandements législatifs qui à l'évidence concernent une période maintenant révolue.

Ce forum voudrait aussi concourir à la diffusion d'un Message que je crois très important dans notre monde contemporain. Il s'agit du Message arésien.

J'ai bien conscience qu'en essayant de mettre au centre le Message arésien et en essayant de le faire connaître par la voie moderne d'internet, je me heurte à deux groupes de personnes. Ceci explique peut-être l'activité réduite de ce forum.
-Le premier groupe qui logiquement devrait me soutenir, parce qu'il se réclame du même message que moi se fait remarquer par son silence, estimant sans doute que ma méthode est mauvaise. Ce n'est pas la meilleure façon de soutenir les bonnes volontés. Passons!
-Le second groupe qui ne connait pas ce message arésien et qui passe par ce forum, se presse de taper « Révélation d'Arès » sur google. Il y trouve alors de quoi le décourager avant même d'avoir eu la curiosité de savoir de quoi il en retournait. C'est sans appel, le mouvement est sectaire. Aucune étude, aucune enquête sérieuse, mais il suffit de prononcer le mot pour que tout le monde s'écarte comme s'il s'agissait d'une terrible maladie contagieuse.
Deux sources opposées et toujours les mêmes donnent le ton :
-ceux qui jugent sectaire tout groupe minoritaire justement pour la simple raison qu'il est minoritaire et que son discours sort un peu de la culture majoritaire ambiante.
-la deuxième source est constituée par d'anciens adeptes déçus. Si les témoignages d'anciens adeptes, d'anciens membres doivent être pris en compte, on sait aussi très bien que ces témoignages ont une part de subjectivité liée à l'émotion dans laquelle n'entre presque jamais l'esprit critique tant et si bien que les approximations et les responsabilités personnelles de celui qui dénonce ne sont jamais évoquées. Bref, il ne peut en résulter que des jugements à charge.

Je vous recommande à ce propos une vidéo très bien faite par le CICNS sur les amalgames et l'acharnement conscient ou inconscient vis à vis de tout ce qui n'entre pas dans une norme culturelle préétablie
http://www.youtube.com/watch?v=vhCNBu6eD1c

De toute manière l'enjeu est ailleurs..
Peut importe après tout que nous aimions ou pas les personnes qui se réclament de cette Révélation, peu importe que nous pensions qu'ils aient une conduite sectaire ou pas, la question est de savoir si ce texte que nous refusons de lire au nom de je ne sais quel préjugé n'apporte pas une nourriture spirituelle et n'aide pas à comprendre les rapports entre Dieu et les Hommes.
C'est à chacun de répondre à cette question et à chacun de ne pas se laisser manipuler par l'opinion d'un autre.
Le texte existe disponible sur internet, laissant sur leurs reproches ceux qui accusaient le témoin de cette Parole de vouloir s'enrichir en commercialisant ce livre. Pendant longtemps il n'a eu que ce moyen pour diffuser cette Parole. Or l'édition classique a un coût.
http://michelpotay.info/RevelationdAres2009-menu.html

Pour finir je signale que ce forum existe depuis bientôt quatre ans, je mets au défi quelqu'un d'y trouver un article pouvant laisser penser à une entreprise sectaire. Nous n'avons cessé d'y promouvoir la liberté d'expression, le pluralisme des croyances, l'amour du prochain et le désir profond de la justice et de l'équité. On juge l'arbre à ses fruits disait Jésus.


Diversité et changement
Diversité et changement


Il va nous falloir avancer avec toutes les personnes qui ont envie d'avancer. Si les gens ne sont pas convaincus et n'éprouvent aucune nécessité de se changer, inutile d'essayer de les convaincre au delà d'un certain discours.

Rien ne se fait de bon, sous pression.

Chaque religion, chaque spiritualité croit trouver dans ses textes de quoi condamner la croyance de l'autre. Le dogme, en figeant la Parole accentue encore davantage ce travers.

Dieu ne nous charge pas de juger qui que ce soit. Il nous suffit de prendre acte de l'enseignement divin et d'en faire l'usage que notre conscience nous dicte.
Nous ne sommes pas là pour creuser davantage un fossé que Dieu ne veut pas.

Ayons les mêmes temples, prions, louons ensemble. Associons nous, coute que coute avec tous les croyants et les athées engagés dans le Bien et le Bon.

La laïcité est une opportunité pour casser le mythe de la Vérité absolue que certains croyants pensaient détenir et au nom de laquelle ils exerçaient leur totalitarisme et leur hégémonie.

Le monde aura besoin des lumières de toutes les diversités pour se maintenir et avancer Pour beaucoup d'entre nous, la présence de Dieu n'apparaît pas clairement sur le monde. L'homme n'a pas un besoin vital de Dieu pour vivre.

La Révélation d'Arès, contrairement aux religions, ne nous demande pas impérativement de croire qu'elle vient de Dieu. Elle nous demande de nous créer une âme, c'est à dire de rendre vivant le potentiel spirituel dont nous sommes tous porteurs.

Elle nous demande de choisir la fraternité comme mode de relation entre nous, comme mode de re-création de ce monde.

Et elle nous présente les choix non inspirés par l'amour évangélique comme des impasses.

Nous pouvons pourtant choisir d'être des loups les uns pour les autres comme disait le philosophe Hopps.

Notre histoire humaine est jalonnée par les destructions, les guerres et autres atrocités Dans une certaine mesure nous avons un meilleur apprentissage de la haine que de la fraternité.

Rien ni personne ne nous condamnent à poursuivre dans cette voie dangereuse.