Spiritualités

Lettre ouverte à un catholique.

Lettre ouverte à un catholique.

Lettre ouverte à un Catholique


« Pourquoi tant de Révélations différentes ?, me demandes-tu, d'autant

plus que certaines sont ou semblent en contradiction avec d’autres ».

Je ne suis pas savant en la matière, mais je ne veux pas que tu croies que je refuse de répondre.


Pourquoi es-tu catholique, l’autre musulman et moi pénétré du Message arésien ? Je n’en sais rien, je vais juste donner ici les deux ou trois pistes qui alimentent ma réflexion personnelle. D’abord toutes les Révélations ne se valent pas sur le plan spirituel. C’est à chacun de chercher une voie qu’il pourra honorer et il y a de multiples voies. Je crois que beaucoup d’hommes ont été ou sont appelés pour retransmettre des Messages de Dieu à l’humanité. Messages capitaux pour l'évolution spirituelle, Messages plus circonstanciés ou carrément Message de fin de cycle ponctués par l’évolution du monde et des hommes. Dieu a ses raisons, que pour le coup, la raison humaine ne connaît pas.

Quelque soit l'importance de ces Messages, ils représentent cependant, tous, une mission particulière. Certains messagers n’ont pas eu le courage d’affronter le monde. D’autres ont retransmis le Message en y introduisant leur culture, leur façon de voir les choses, d’autres ont été trahis par leurs disciples. L’histoire du prophétisme est une histoire qui nous dépasse parce que beaucoup de mensonges la chevauche et la meurtrit.



Le prophétisme en général


C’est le fond du prophétisme qui me touche, pas la forme. La forme prend vite des rides, elle est vite datée. Il y a des constantes de fond dans l’intervention divine, même si Dieu semble adapter ses exigences en fonction de l’avancement culturel des gens auxquels Il s’adresse. J'espère ne pas te choquer en disant que la Parole me semble suivre l’évolution.
Elle vient sur des terreaux qui sont prêts. Cependant, et c'est à ce signe qu'on reconnaît sa véracité, l'interprétation de la Parole n'est pas figée à un seul niveau. N’es-tu pas surpris de constater que quelque soit le niveau spirituel des gens, la Parole est susceptible de les atteindre, et peut les faire évoluer ?
Finalement chacun à son niveau, avec ce qu’il comprend de la Parole, peut la faire germer en lui. N’est ce pas merveilleux ? C'est la parabole des Talents qui exprime le mieux cette idée, pour moi.

La Parole n’est pas un Credo, même s’il en faut parfois pour fixer les idées. Si la Parole ne me fait pas changer, elle est inutile. Elle est faite, je crois, pour réduire le trait d’union entre Dieu et sa créature. Ce n’est pas un trésor qu’on enterre, c’est la vie même. Si la Parole ne nous donne pas le désir de changer le monde en nous changeant d’abord, je ne vois pas sa véritable portée prophétique.
J’avoue que de savoir si la Bible est une Parole inaltérable ou pas, si une partie du Coran doit être rejeté parce que ses codes sont dépassés, si Bouddha et Confucius sont d’authentiques prophètes, si les Mormons, si les Témoins de Jéhovah et les Pèlerins d’Arès sont des minorités spirituels ou des sectes ne m’intéresse que moyennement.
Ce qui m’intéresse c’est ce qu’ils font avec le Message qu’ils ont reçu. Si leur spiritualité les incite à aimer l’autre, à pardonner, à dire la vérité…….

Le message arésien en particulier

Ce que j’ai trouvé dans le Message arésien d'une façon particulièrement claire, c’est la place centrale qu’y prend l’homme.
L’homme est au centre de la Création, il y est libre, donc susceptible par ses choix de devenir l’allié ou l’ennemi de Dieu.
- Terrible responsabilité !-
D’où l’importance que revêt le changement volontaire de chacun.
En nous créant avec un potentiel divin, Dieu a voulu faire de nous des interlocuteurs privilégiés dans la Création ( image biblique de Dieu dialoguant avec Adam, image de l'Homme libre, image et ressemblance de Dieu.). Avec ce symbole adamique, nous sommes au plus près de la proximité possible avec Dieu, mais aussi au plus près du danger de la rupture possible que représente la liberté de choix.
Dieu est Dieu. Je me permets de te citer un passage du Message arésien. D'abord parce que je le trouve très beau et ensuite parce qu'il illustre vraiment l'indifférence de Dieu devant les problèmes de forme. Ce texte a été un des passages avec lequel d'emblée, je me suis sentis en accord profond et qui m'a fixé sur les intentions du mouvement arésien.

« Il n’abandonne aucun pécheur dans sa pénitence ;
tous Il les fortifie dans leur ascension ,
ceux qui Le prient en silence,
ceux qui Le prient en agitant des grelots et des luminaires,

ceux qui Le prient sept fois par jour,
ceux qui ne Le prient pas, mais qui Le connaissent,

ceux qui comptent les soleils jusqu’à Son Jour et ceux qui comptent les lunes,
ceux qui L’encensent et qui crient vers Lui,
ceux que l’encens et les cris indisposent,

ceux qui Le voient blanc et ceux qui Le voient noir,
et les négateurs de tous ceux-là,
la foule innombrable qu’un flot d’encre ne peut nommer, dont le Père connaît les noms.  »( RA-25/6 )


Je ressens beaucoup de proximité avec tous les Hommes animés par des désirs de fraternité. Je me suis éloigné de toute l'ambiguïté concernant la foi. Peu m'importe que ce soit Jésus, Bouddha, Mahomet qui portent à faire le Bien. C'est le Bien qui compte. C'est le Message arésien qui m'en a convaincu.

Il y a fond et forme
Pour autant, j'ai bien conscience que les problèmes liés à la forme seront plus faciles à résoudre que ceux que nous identifions comme étant du fond. Et que croire que Jésus est un Dieu de toute Eternité comme le Père n'est pas vraiment un problème de forme.
Je ne veux pas éluder ce problème en l'identifiant à de la forme. Les chrétiens croient que Jésus est fils de Dieu et est venu racheter les péchés du monde (Concile de Nicée) Les musulmans croient que Jésus est un prophète de premier ordre. Les arésiens croient que Jésus a été élevé par l'exemplarité de sa vie au niveau du divin pour former « Un » avec le Père.
Est ce que les différences importantes de nos croyances impliquent l'authenticité ou la fausseté des unes par rapport aux autres ? Autrement dit, peut-on prendre pour valable deux affirmations qui se contredisent ? Doit-on conclure que deux propositions contradictoires doivent forcément finir par l'élimination de l'une d'entre elles ? Je crois que face à ce débat, nous devons prendre conscience de notre rôle véritable qui n'est pas celui de Dieu. Nous sommes les uns et les autres témoins d'une Parole que Dieu nous demande de porter (en nous et à la connaissance des autres). Le contenu de cette Parole agira sur ceux qui la liront, mais nous ne sommes ni les contrôleurs, ni les inspecteurs, ni les flics de Dieu.
Le fond de la Parole ne nous appartient pas. Nous disons juste ce que nous en comprenons. Le reste est affaire de celui qui reçoit cette Parole.
Il est alors, seul , face à son Dieu. Un seul Fils divin ou tous les humains potentiellement comme fils. Que Dieu soit réellement présent dans l'hostie sacrée ou que moi je le vois ailleurs, n'est pas un problème humain majeur. Il y a un travail à faire sur les Ecritures. A cet exercice personne n'est exonéré.
Pour le reste, il n'y a pas de quoi s'entretuer . ni même qu'on se fasse la tête. Même si nos opinions diffèrent, Dieu reste le même.

Vouloir convertir à sa foi
Plutôt que d'essayer de me faire revenir aux croyances spécifiques de ta foi que je respecte cependant du fond du cœur, aide moi plutôt à réaliser mon destin spirituel. Aide moi à devenir un être débarrassé de tout mensonge, un être vibrant d'amour pour l'Homme, un être qui pardonne....
Voilà ce qui peut vraiment, je crois, plaire à Dieu.
Que nous soyons les uns pour les autres un motif d'ascension.
Je suppose que tu ne crois pas au salut automatique et que l’homme catholique doit aussi travailler pour devenir meilleur, aimer les autres….donc à se changer et à changer le monde.
Nous ne disons pas autre chose.
Certains athées ne disent pas autre chose. Ce sont des hommes de bien. Pourquoi tout cloisonner. Point de salut hors de l’Eglise, ou hors de la Révélation d'Arès ou hors du Coran. C’est stupide. Nous allions nous fourvoyer, en nous engageant dans une discussion sans fin, aussi stérile qu'inutile.

Pour ma part, je ne crois pas que Dieu me demande cela, mais plutôt d'aider en diffusant ce que je crois être sa Parole, afin de donner un autre éclairage à la vie spirituelle de ceux que je côtoie. Cela m'aurait suffit et je n'ai jamais eu l'intention d'amener de nouveaux adeptes à ma religion comme tu dis. Ce serait s'opposer au « souffle » divin que de peser sur les consciences.
Mais je vois, après tant d'échanges que je n'arriverai pas à te convaincre de mettre en parenthèse mon choix spirituel que tu qualifies toujours « d' erreur ».
Ce n'est pas si grave, car je te sens réellement engagé dans une voie de sincérité et d'amour.
C'est vraiment tout ce qui compte pour moi. J'ai été heureux de te rencontrer et d'avoir pu malgré tout échanger spirituellement dans la paix.

Très amicalement

Commentaire
A mon correspondant qui ne cessait de m'opposer des questions de forme dont nous n'avions rien à dire sinon les constater et les accepter comme Dieu les accepte dans cette fameuse veillée 28, je voulais signifier que chaque culture (et c'est ça qui est intéressant) a sa manière d'adorer Dieu. Mais lorsque les questions de forme deviennent trop dominantes, le rituel devient tatillon et intolérant. Mais comme je le faisais remarquer dans mon courrier, tout, dans ce qui nous oppose entre croyants n'est pas du domaine de la forme. Il y a aussi des oppositions de fond. Ces oppositions sont plus difficiles à concilier. Comment, en effet, considérer comme Parole de Dieu, deux paroles qui semblent contradictoires ? Comment concilier la trinité chrétienne avec le strict monothéisme des deux autres religions ? Comment concilier la croyance en la résurrection, base de toute la foi chrétienne avec l'absence de résurrection? Voilà bien des questions de fond, car elle engage toute la pensée et toute l'action de ceux qui y croient. Autant il est facile de comprendre, d'intégrer même un problème de forme, autant il est difficile de concilier une opposition de fond. Face à une contradiction de fond, nous n'avons qu'une seule solution de paix, celle de nous renvoyer les uns et les autres à l'étude de la Parole. Chacun doit trouver au fond de lui avec l'aide de la Parole, la réponse de vérité que sa conscience lui donnera. Ainsi, il retrouvera une foi simple sans dogmatisme. Chercher à convaincre à tout prix l'autre ne conduit qu' à l'opposition frontale que les religions n'ont pas cessé d'avoir entre elles. Ne cherche pas trop à convaincre, tu feras douter dit le Message arésien. Notre compétence, si je peux dire, s'arrête au changement de notre propre vie et à porter le Message. N'inversons pas les rôles. Ce n'est pas à nous de convaincre et de convertir les autres, c'est à l'intéressé de se convaincre et de se convertir, s'il y a lieu. Il y a matière à nuancer ma pensée, mais c'est en gros, ce que j'ai voulu dire à mon correspondant qui n'a jamais cessé de vouloir ramener une « brebis perdue »