
Spiritualités Forum d'appel à la vie spirituelle où enfin le croyant et l'athée pourraient réfléchir et construire ensemble |
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| Auteur | Message |
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pat
Messages: 905 Date d'inscription: 31/07/2007
 | Sujet: Dogmes en souffrance Sam 20 Juin 2009 - 3:05 | |
| « ...de très nombreux fidèles n'adhèrent plus à l'enseignement établi sur la présence réelle, c'est à dire l'affirmation que l'hostie consacrée au cours de la messe est le corps du Christ présent sur l'autel et, par extension, que Dieu est présent dans le tabernacle des églises. »Ce qui suit est stupéfiant : « Cette distance- c'est le moins que l'on puisse dire- à l'égard de la doctrine de la présence réelle se creuse d'autant plus que Jésus lui même leur apparaît davantage comme un prophète, dont l'expérience mystique de Dieu fut exceptionnelle, que comme Dieu incarné. Pour être clair, de très nombreux chrétiens n'identifient plus aujourd'hui Jésus et Dieu. "Ce qu'il ajoute, à propos de l'Eucharistie est tout à fait dans la ligne arésienne : « la célébration de l'eucharistie n'est plus perçue selon les schémas archaïques d'un repas sacrificiel. Il n'y a pas de victime-le pain consacré n'est pas le corps de jésus tel que ce corps a été cloué sur la croix-, et ceux qui participent à ce repas ne mangent pas le corps de la victime. Ils célèbrent entre eux ce que Jésus a célébré avec ses disciples, ils retrouvent l'intuition initiale de cet immortel repas d'adieu, ils en rendent vivante la réalité contemporaine : c'est à dire la communion par le sacrement de la communauté humaine à la grande Présence du mystère de Dieu en tout être. »("L'étincelle du divin", Bernard Feillet) Je pourrais citer tout entier ce petit livre décapant de ce prêtre qui exerce toujours son ministère. Je ne veux pas dire qu'il est représentatif de la majorité des chrétiens, mais je sais qu'il est représentatif d'un courant qui pourrait bien, devenir un jour bien plus qu'un courant. |
|  | | njama
Messages: 1229 Date d'inscription: 16/09/2007
 | Sujet: Re: Dogmes en souffrance Ven 26 Juin 2009 - 11:22 | |
| "tout à fait" dans la ligne arésienne ??? Sur les 2 premières citations, oui, mais sur celle-ci ! | Citation: | Ce qu'il ajoute, à propos de l'Eucharistie est tout à fait dans la ligne arésienne : « la célébration de l'eucharistie n'est plus perçue selon les schémas archaïques d'un repas sacrificiel. Il n'y a pas de victime-le pain consacré n'est pas le corps de jésus tel que ce corps a été cloué sur la croix-, et ceux qui participent à ce repas ne mangent pas le corps de la victime. Ils célèbrent entre eux ce que Jésus a célébré avec ses disciples, ils retrouvent l'intuition initiale de cet immortel repas d'adieu, ils en rendent vivante la réalité contemporaine : c'est à dire la communion par le sacrement de la communauté humaine à la grande Présence du mystère de Dieu en tout être. » ("L'étincelle du divin", Bernard Feillet) |
y-a de ça ... l'abandon de l'idée du sacrifice propitiatoire du Fils, du dogme de la transsubstantiation ... ok (c'est déjà beaucoup), mais je ne comprends pas tout ! ...
"communion par le sacrement de la communauté humaine" L'expression n'est pas très claire. Je comprends, que les changement seraient que c'est par la communion de toute la communauté "assemblée" que s'opérerait la sanctification, et non plus par le ministère du prêtre seul (?) Et que, l'idée de "sacrifice" est purement abandonnée ?
[size=9(www.eglise.catholique.fr) Sacrement: Acte symbolique (geste, parole), qui signifie une réalité invisible destiné à la sanctification des hommes. Dans le sacrement, c'est Dieu qui agit par l'intermédiaire de son ministre (prêtre ou diacre).
Eucharistie en grec : action de grâce Louange, action de grâce rendue à Dieu. * Plus particulièrement, l'action de grâce prononcée au repas juif, plus solennellement lorsqu'elle commémore la Pâque, la sortie d'Égypte. * Chez les chrétiens, c'est l'action de grâce de Jésus lors de la Cène et, par extension, la représentation de ce repas sacrificiel (la messe) où le Christ s'offre à son Père dans le pain et le vin consacrés.[/size]
Je ne vois pas où (excuse-moi, Pat) "la conscience" de "la grande Présence du mystère de Dieu en tout être" (amour de Dieu <=> amour du semblable), conscience qui peut être d'ailleurs tout à fait personnelle et n'a pas un besoin nécessaire de communion, ni de l'Église catholique (merci pour les autres religions qui croient au Dieu Unique), ... fasse partie de la Mémoire du Sacrifice, effort "actif", "personnel", "conscient" du croyant, dans la Révélation d'Arès. Dans la note encadrée de la nuit 9 p.69, > "Pour comprendre le sens de Sacrifice, se souvenir qu'en aimant l'homme, en souffrant de son indifférence, de son orgueil et de ses crimes, et en l'appelant inlassablement à revenir au Bien, Dieu assume un Sacrifice: celui de Sa Majesté pliée à l'Amour."
note 4-5 > nuit 10 "l'effort de base du croyant est le partage de sa table. A son tour (8/9), il tiendra table ouverte, soit chez lui, soit à l'assemblée (33/27)". (notes de Michel Potay, RA Édition 89)
Merci d'apporter quelques précisions sur les liens que tu vois,,et qui figurent peut-être dans ce petit livre décapant (?) que je n'ai pas lu. Tu ne peux pas tout citer évidemment. |
|  | | Assunta

Messages: 912 Date d'inscription: 03/08/2007
 | Sujet: Re: Dogmes en souffrance Ven 26 Juin 2009 - 16:25 | |
| Je découvre cet article et je suis très heureuse que désormais il y ait une prise de conscience chez de plus en plus de gens, notamment chez les Catholiques, que le Divin est en tout Homme. | Citation: | | Ils célèbrent entre eux ce que Jésus a célébré avec ses disciples, ils retrouvent l'intuition initiale de cet immortel repas d'adieu, ils en rendent vivante la réalité contemporaine : c'est à dire la communion par le sacrement de la communauté humaine à la grande Présence du mystère de Dieu en tout être. » |
Ils célèbrent entre eux le Divin qui est en chacun d'entre eux et en tout être humain, ce que l'auteur nomme "la communion par le sacrement de la communauté humaine à la grande présence du mystère de Dieu en tout être". C'est une joie de découvrir que chacun avons le Divin en nous parce que cela nous libère de toute hiérarchie, nous rend libre, autonome et surtout cela fait découvrir la joie d'être ou de devenir responsable de sa propre vie. L'auteur explique cela avec des mots religieux mais il dit juste. C'est cela la grande découverte du 20e siècle (je cite les ontologues) : le Divin est en tout homme et il nous faut vivre ce Divin ou Christ en nous et en cela Jésus est une référence. Ainsi le fait que Jésus devint Christ et qu'il est un exemple que l'on peut suivre, leur a fait prendre conscience que Dieu n'est pas Jésus. Cela rejoint ce que Dieu dit à Arès.
Qu'un tel prêtre puisse écrire cela est merveilleux et porteur d'expoir. Je pense qu'une telle évolution des mentalités est dû à toute la connaissance des autres philosophies et religions, l'ontologie également, vers lesquelles les gens se sont tournées pour chercher une vérité qu'ils ne trouvaient plus dans les dogmes et croyance aberrante (dont certaines de ces connaissances sont traitées de secte comme l'ontologie parce qu'elles remettent en question les dogmes et fausses interprétations). Et ont voulu l'appliquer dans leur religion qu'ils désirent garder malgré tout, mais avec un regard beaucoup plus haut et vrai.
| Citation: | | « Cette distance- c'est le moins que l'on puisse dire- à l'égard de la doctrine de la présence réelle se creuse d'autant plus que Jésus lui même leur apparaît davantage comme un prophète, dont l'expérience mystique de Dieu fut exceptionnelle, que comme Dieu incarné. Pour être clair, de très nombreux chrétiens n'identifient plus aujourd'hui Jésus et Dieu. " |
Merci Pat de nous faire découvrir Bernard Feillet. Assunta _________________ «Regarde-toi : tu as en toi le Ciel et la Terre» Hildegarde de Bingen
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|  | | pat
Messages: 905 Date d'inscription: 31/07/2007
 | Sujet: Re: Dogmes en souffrance Dim 28 Juin 2009 - 11:15 | |
| Bonjour à tous, Njama a dit: | Citation: | "communion par le sacrement de la communauté humaine" L'expression n'est pas très claire. Je comprends, que les changement seraient que c'est par la communion de toute la communauté "assemblée" que s'opérerait la sanctification, et non plus par le ministère du prêtre seul (?) Et que, l'idée de "sacrifice" est purement abandonnée ? |
L'expression prise isolément n'est sans doute pas très claire, cependant je crois que tu y réponds parfaitement. En tous cas ce que tu dis me semble correspondre tout à fait à la pensée de B.Feillet,
Approfondissons, si tu veux bien ses propos depuis le début de ce chapitre sur l'eucharistie intitulé « l'eucharistie, corps de l'humanité » Au tout début, il dit que le dogme initial de l'église a changé au cours des siècles, notamment parce que de très nombreux fidèles ne croient plus que Jésus est présent réellement dans l' hostie. " ...de très nombreux fidèles n'adhèrent plus à l'enseignement établi sur la présence réelle, c'est à dire l'affirmation que l'hostie consacrée au cours de la messe est le corps du Christ présent sur l'autel et, par extension, que Dieu est présent dans le tabernacle des églises. » Il va jusqu'à dire que ce dogme les dérange car ils ont une autre recherche une autre expérience de la présence de Dieu. Il ajoute que cette doctrine de l'eucharistie s'est trouvée mise à mal également du fait que bon nombre de chrétiens ne croient plus à la divinité de Jésus mais seulement à son prophétisme :« Cette distance- c'est le moins que l'on puisse dire- à l'égard de la doctrine de la présence réelle se creuse d'autant plus que Jésus lui même leur apparaît davantage comme un prophète, dont l'expérience mystique de Dieu fut exceptionnelle, que comme Dieu incarné. Pour être clair, de très nombreux chrétiens n'identifient plus aujourd'hui Jésus et Dieu. »
Il met alors l'accent sur les conséquences lourdes que cela représente. Si donc« la célébration de l'eucharistie n'est plus perçue selon les schémas archaïques d'un repas sacrificiel. Il n'y a pas de victime-le pain consacré n'est pas le corps de jésus tel que ce corps a été cloué sur la croix-, et ceux qui participent à ce repas ne mangent pas le corps de la victime. » Mais alors que représente désormais l'eucharistie pour les chrétiens ? il répond : « Ils célèbrent entre eux ce que Jésus a célébré avec ses disciples, ils retrouvent l'intuition initiale de cet immortel repas d'adieu, ils en rendent vivante la réalité contemporaine : c'est à dire la communion par le sacrement de la communauté humaine à la grande Présence du mystère de Dieu en tout être. »
Voilà le résumé de la première partie du chapitre. Pour nous éclairer, il précise que pour lui cette Présence est une présence intime. Le prêtre « ne convoque pas Dieu sur l'autel »,mais le prêtre consacre symboliquement du pain et du vin destinés à la communion des hommes dans la grande Présence de Dieu qui les habite. On ne fait pas venir Dieu parmi les hommes, mais on constate par ce symbole que Dieu est là parmi les hommes. « L'eucharistie est constructive d'humanité et révélation de cette humanité en Dieu » dit-il. Le repas de Jésus avec ses disciples est une véritable communion entre eux, symbole de la communion des hommes en général. « ...quand je célèbre l'eucharistie je ne célèbre pas l'eucharistie de Jésus, mais je célèbre la mienne, car Jésus est mort et je suis le vivant contemporain qui, en faisant mémoire de lui, donne à son acte personnel d'être réinventé-on pourrait dire recréé- pour ce matin du monde, lui aussi inaugural. Certes, nous célébrons la présence réelle : elle est la réalité de notre présence au divin »
Si j'interprète bien, il me semble que B. Feillet considère Jésus comme le modèle de l'Homme ayant réussi le mieux à révéler la Présence du Créateur dans sa Créature. La Cène célébrée juste avant de mourir prenant valeur du symbole de la communion possible d'une assemblée avec Dieu. Et il nous propose de refaire ce geste (puisque c'est un modèle du genre) non pas sous forme de commémoration, mais en le réactualisant à chaque fois pour réaffirmer à chaque fois la Présence de Dieu en chacun d'entre nous. Non seulement il abandonne l'aspect purement commémoratif (sans pour autant le nier complètement) , mais surtout il abandonne tout idée de rédemption par le sacrifice et toute idée de "mort de Dieu " venu racheter les péchés du monde. Car il ajoute après, que cette idée du sacrifice nous vient du monde païen pour finir sous cette influence par devenir « un repas sacré avec manducation du corps des dieux. » « Aujourd'hui l'archaïsme des religions a fait son temps » Il fait remarquer que Marcel Gauchet a été le premier a dire que le christianisme était devenu l'entreprise de la sortie des religions comme système qui pouvait prétendre gérer le monde. Mais cette « sortie du religieux » ne va pas sans conflit entre des fidèles restés fondamentalistes et d'autres « questionnés par la modernité » Cette crise « pourrait se cristalliser dans les années à venir autour de la constitution des communautés, de la fonction et de la désignation des prêtres, de la présidence et de la célébration de l'eucharistie, de la signification même de cette célébration »
Nous y voilà : des assemblées libres d'elles-mêmes, sans prêtre, assurant à tour de rôles (présidence) la mémoire de cette eucharistie d'un nouveau mode. Car, ajoute t-il, de plus en plus de fidèles doutent de la pertinence de l'autorité de l'église comme seule force d'affirmation pour asseoir les dogmes. Comme on ne peut pas interdire aux fidèles de penser, dit-il, le débat est inévitable. Tout le sens donné à l'eucharistie va évoluer dans les années à venir et selon lui cette cérémonie de la mémoire du repas vécu par Jésus et ses disciples redeviendra une réunion simple destinée à donner du sens à « l'absolu » qui habite encore les Hommes au delà de toutes croyances.
Nous sommes là devant une pensée tout à fait originale qui n'est pas sans éclairer certains passages de la Révélation d'Arès concernant la « Mémoire du sacrifice », les Assemblées souveraines d'elles-mêmes » et même tout ce qui concerne la Chair et le Sang à la veillées 36 (veillée pas très claire elle aussi). Il y a ici matière à réflexion et à étonnement |
|  | | Assunta

Messages: 912 Date d'inscription: 03/08/2007
 | |  | | njama
Messages: 1229 Date d'inscription: 16/09/2007
 | Sujet: Re: Dogmes en souffrance Dim 28 Juin 2009 - 20:55 | |
| Je ne dirais pas comme Assunta "C'est tout un mensonge ... ". Une erreur en a entraîné une autre et ainsi de suite, augmentant la confusion au fil des siècles ... La lithurgie ampoulée, obscure et peu populaire aussi (l'abandon du latin n'est pas si vieux Vatican II je crois) conférait "majesté" au culte tout en portant préjudice au naturel. Le formatage était le même du nord au sud, sans singularité des cultures locales existantes. "L'attitude dogmatique" n'était pas discutable et l'ensemble à admettre comme tel et comme acte de foi (credo). Attitude rigide et autoritaire parce que hiérarchique, contrairement à la révélation d'Arès qui en demandant de n'être le chef de personne, libère et responsabilise. Je ne pense pas qu'il y ait eu ou aurait eu de "mauvaises" intentions sous-jacentes dans l'attitude des prêtres "pour tromper", mais l'autorité papale, écclésiale, et les points de vue théologiques n'ont pas permis que ces aspects soient seulement discutables. La liturgie a remplacé la pratique de la foi, la religion en s'appropriant "la foi", quelque part, s'est démarquée de la culture et du quotidien, alors que la foi et culture sont faites pour être mélées. Il ne faut pas tout mettre non plus sur le dos des vicaires de l'Eglise, car elle a parfois eu à subir des pressions extérieures politiques ou juridiques (voir plus bas) qui l'ont amenée à s'adapter ... plus ou moins bien suivant les cas. | Citation: | Cette crise « pourrait se cristalliser dans les années à venir autour de la constitution des communautés, de la fonction et de la désignation des prêtres, de la présidence et de la célébration de l'eucharistie, de la signification même de cette célébration »
Nous y voilà : des assemblées libres d'elles-mêmes, sans prêtre, assurant à tour de rôles (présidence) la mémoire de cette eucharistie d'un nouveau mode. |
L'exemple d'une erreur qui se perpétue depuis 886 ans
Aux temps pionniers, les « Presbutéroï » (en grec « les plus anciens » et d’où dérive le mot « prêtre ») animaient à plusieurs les communautés locales tels un conseil de paroisse (ou les imams en islam). Le célibat pas plus que le mariage n’étaient une obligation, et le mariage ne deviendra sacrement qu’en 1215 par le pape Innocent III.
A ce que j’en sais, auparavant, les jeunes époux faisaient enregistrer sur les registres paroissiaux leurs vœux de vie commune, et ne recevaient qu’une bénédiction sur le parvis des chapelles. On pourrait faire un rapprochement avec "les épousailles" dans la révélation d'Arès. Les « Presbutéroï » sont eux-mêmes regroupés sous l'autorité d'un « Episcopos » (en Grec : « le surveillant » et d'où est tiré le mot « évêque ») qui est unique pour chaque communauté. Les « Presbutéroï » sont des bénévoles (en principe) ; ils sont mariés et pourvus d'un métier laïc. Le mode de désignation de ces « Presbutéroï » est la cooptation par la communauté, tandis que c'est les « Presbutéroï » qui élisent leur « Episcopos » en leur sein (sachant que du temps très primitif de St. Paul, celui-ci désignait lui-même les « Episcopoï » de ses communautés récemment fondées). Erreur de Saint Paul ?
La décision pontificale du célibat fût relative à l’évolution de Droit féodal (successions, transmissions de charges ecclésiastiques ou non ... une bête histoire de sous ou de survie de l’Institution religieuse). La charge d'évêque s'achète auprès du Pape et celle de curé (considéré au sens féodal comme un vassal de l'évêque) auprès de l'évêque correspondant. Le coût d'achat de la charge (plus fort, bien sur, pour celle d'évêque) est largement amorti par les revenus qui en découlent du fait des biens fonciers attachés au territoire dévolus à l'homme d'Église. Celui-ci vit de ces revenus.
Ce procédé en apparence peu moral (bien que conservé par notre « bonne » République en ce qui concerne les notaires et les huissiers) n'est que l'application au clergé du Droit féodal de l'époque qui prévoit que les fiefs (vocation à occuper des biens fonciers) et les titres de noblesse y afférant peuvent s'acquérir par voie financière. ... Un tournant du droit féodal Or un fait nouveau va se produire au cours du onzième siècle : les rois français tendent à rendre leur royauté héréditaire et en échange acceptent le principe de la dévolution héréditaire des titres de noblesse et des territoires y afférant. ... Donc, la noblesse d'Église qui doit appliquer le nouveau Droit féodal aurait dû, elle-aussi, assurer le transfert de ses titres (évêque et curé) par voie héréditaire au décès ou lors du renoncement du titulaire. ... Donc, il faut que le principe de la vente des « charges » religieuses épiscopales et de paroisse reste de règle, sinon le pape ne serait pas d'accord car subissant une terrible perte financière.
— 1123, sous le pontificat du Pape Calliste II : le premier Concile du Latran décrète que les mariages avec des hommes d’Église sont invalides.
— 1139, sous le pontificat du Pape Innocent II : le second Concile du Latran confirme le décret du Concile précédent.
À noter un point de Droit canonique (c’est à dire religieux) important : c’est le célibat et non la « chasteté » qui fut imposé aux prêtres et évêques. La dite chasteté n’était de règle que dans les ordres monastiques cloîtrés.
Pourquoi les orthodoxes ne sont pas concernés ? tout simplement parce que la séparation d’avec les catholiques date de 1054.
Source: http://atheisme.ca/repertoire/regulastic/celibat_fr.html |
|  | | pat
Messages: 905 Date d'inscription: 31/07/2007
 | Sujet: Re: Dogmes en souffrance Dim 28 Juin 2009 - 21:34 | |
| Oui tout cela est vrai. mais c'est du passé. Je regrette que cette pensée ne suscite que des commentaires sur l'histoire de la religion et de ses erreurs. J'ai été inondé de bonheur en lisant ces phrases, j'aurais aimé vous en faire partager la qualité et l'exceptionnelle nouveauté. |
|  | | Assunta

Messages: 912 Date d'inscription: 03/08/2007
 | Sujet: Re: Dogmes en souffrance Lun 29 Juin 2009 - 0:53 | |
| | Citation: | | Je regrette que cette pensée ne suscite que des commentaires sur l'histoire de la religion et de ses erreurs. J'ai été inondé de bonheur en lisant ces phrases, j'aurais aimé vous en faire partager la qualité et l'exceptionnelle nouveauté. |
Personnellement je suis très heureuse qu'un tel prêtre puisse écrire un tel ouvrage car c'est porteur d'espoir et rejoint en cela la RA. Et cela rejoint aussi tout ce qui a été prôné jusqu'à nos jours par l'ontologie à savoir que non seulement Jésus n'est pas Dieu mais que Tout Humain a le Divin en lui et peut se réaliser comme Jésus l'a fait. Petit à petit certains catholiques vont quitter "l'archaïsme de la religion». En ce qui me concerne cela me donne envie de lire le livre de ce prêtre ! Cette prise de conscience chez certains catholiques va permettre de faire tomber de plus en plus de mensonges (ou erreurs si le mot choque) tel que la trinité très certainement ! Ce n'est pas voir ou s'arrêter sur les erreurs de la religion, c'est dire que tout changement amène d'autres conséquences, souvent pour le mieux. Ici c'est pour le mieux. _________________ «Regarde-toi : tu as en toi le Ciel et la Terre» Hildegarde de Bingen
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|  | | njama
Messages: 1229 Date d'inscription: 16/09/2007
 | Sujet: Re: Dogmes en souffrance Lun 29 Juin 2009 - 7:31 | |
| | Citation: | | Je regrette que cette pensée ne suscite que des commentaires sur l'histoire de la religion et de ses erreurs. |
On peut voir dans l'histoire chrétienne une suite de tribulations, de difficultés rencontrées, exactement comme quand on lit l'histoire des tribulations du peuple suscité depuis d'Abraham dans l'Ancien Testament , erreurs, égarements du peuple, mises à l'épreuve, et petits ou grands prophétismes qui viennent recentrer la direction, faire office de rappel.
Je crois que l'on peut lire l'histoire avec humilité, sans esprit critique négatif. Qui peut prétendre qu'il aurait fait mieux dans le contexte de l'époque ? . Comme je m'intéresse à l'histoire, que j'apprécie la démarche de l'historien, j'ai envie de dire qu'il ne faut pas avoir un regard pudibond sur les traces historiques, sinon on va s'interdire plein de choses, créer des tabous ou les entretenir. On peut lire l'histoire avec franchise, "sans juger". C'est seulement malsain quand on cherche à tirer partie du passé pour faire le procès du présent. Mais c'est tout aussi malsain d'occulter le passé pour ne laisser apparaître que ce qui nous arrange, une histoire cousue de fil blanc !
A titre individuel, prendre conscience de ses "erreurs" - ce qui ne nous oblige pas à tomber dans la culpabilité - est important pour changer ...
J'écarte l'idée (contrairement à Assunta) de tromperies, où elle dit mensonge, je dis égarements d'hommes, errances, avec toutes les conséquences des erreurs de trajectoire. Il n'y a pas de procès, de règlements de compte, ce qui serait contradictoire, on ne va pas "jeter la pierre" si on se réclame un tant soit peu de l'Évangile.
J'essayais juste dans mon post de montrer d'une part que les erreurs se perpétuent dans la durée, très longtemps parfois, et qu'en l'occurrence celle-ci a été provoquée par une modification du Droit féodal, ce qui a "contraint" l'Église à réagir pour sauver l'organisation de ses assemblées ... il y allait de sa survie en tant qu'institution peut-être ? Ce n'est pas la première fois dans l'histoire biblique que le monde des communautés de croyants ait eu à subir la décision d'un pouvoir royal, il n'y a là rien de très singulier. D'autre part, je montrais que la fonction de « Presbutéroï » a évolué au fil des siècles, l'idée est primitive du christianisme. J'avais l'impression que ce rôle antique de « Presbutéroï »| Citation: | Les « Presbutéroï » sont des bénévoles (en principe) ; ils sont mariés et pourvus d'un métier laïc. Le mode de désignation de ces « Presbutéroï » est la cooptation par la communauté | ,se rapprochait assez nettement de la pensée de Bernard Feuillet que tu citais Pat, un peu comme si il l'avait retrouvée par intuition, ou comme si l'histoire faisait une boucle:
| Citation: | | Cette crise « pourrait se cristalliser dans les années à venir autour de la constitution des communautés, de la fonction et de la désignation des prêtres, de la présidence et de la célébration de l'eucharistie, de la signification même de cette célébration » |
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|  | | njama
Messages: 1229 Date d'inscription: 16/09/2007
 | Sujet: Re: Dogmes en souffrance Lun 29 Juin 2009 - 8:20 | |
| | pat a écrit: | J'ai été inondé de bonheur en lisant ces phrases, j'aurais aimé vous en faire partager la qualité et l'exceptionnelle nouveauté. | Mais tu nous donnes envie d'en savoir plus Pat ! C'est déjà fait, un début ... , j'ai trouvé un petit texte intéressant de présentation de Bernard Feillet que j'ai isolé de ce sujet, voir > ICI
Ton élan enthousiaste est en total contraste lumineux d'avec le titre douloureux de ce fil de discussion "Dogmes en souffrances". "En souffrance", se dit en parlant de tout retard généralement préjudiciable dans la conclusion de quelque chose. [En parlant d'un envoi, d'une expédition] c'est quelque chose en attente de parvenir à son destinataire ou d'être retiré(e) par lui. Le synonyme approximatif, moins doloriste, est "en suspens".
Or c'est bien de cela qu'il s'agit dans la révélation d'Arès, de ce Dieu Créateur "en souffrance" de la réalisation potentielle de sa créature en image et ressemblance, réalisation qu'Il laisse encore possible, "en suspens"...| Citation: | | Pour comprendre le sens de Sacrifice, se souvenir qu'en aimant l'homme, en souffrant de son indifférence, ... et en l'appelant inlassablement à revenir au Bien, Dieu assume un Sacrifice: celui de Sa Majesté pliée à l'Amour." | Pareillement, l'homme, en miroir, est en souffrance de "quelque chose" qui lui manque, d'une harmonie qu'il cherche ... Dans l'expression "souffrance de" (+ substantif, désignant la cause de cette souffrance), on parle de La souffrance de l'amour, l'amour étant la cause. |
|  | | njama
Messages: 1229 Date d'inscription: 16/09/2007
 | Sujet: Re: Dogmes en souffrance Ven 3 Juil 2009 - 12:43 | |
| Il (Abd el-Kader) considérait le rapprochement géographique entre les peuples (ce que symbolise le percement du canal de Suez) et la mondialisation économique qui devait suivre comme un passage obligé vers la mondialisation de l’Esprit, et ce dans une perspective proprement eschatologique. Il me faut ici le citer :
« La Religion est une, comme en ont convenu les prophètes, écrit-il en 1855. Ils n’ont divergé, en effet, que sur des détails […]. Si les musulmans et les chrétiens voulaient bien m’écouter, je ferais cesser leurs querelles et ils deviendraient frères extérieurement et intérieurement. Mais ils ne m’écoutent pas : la sagesse divine a décidé qu’ils ne seraient pas réunis en une même foi. Ne fera cesser leurs divergences que le Messie [Jésus] lorsqu’il reviendra ». Dès cette époque, l’émir invalide la théorie du « choc des civilisations », tout en pressentant son avènement. L’héritier abrahamique nous avertit que l’humanité ne peut être unie, et donc sauvée, que par la spiritualité, et une fraternité supra-confessionnelle.Ahmed Bouyerdene, "Abd el-Kader : l’harmonie des contraires", Seuil, 2008. Préface d'Eric Geoffroy http://oumma.com/Abd-el-Kader-l-harmonie-des#forum36651
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|  | | njama
Messages: 1229 Date d'inscription: 16/09/2007
 | Sujet: Re: Dogmes en souffrance Lun 6 Juil 2009 - 7:53 | |
| La Révélation d'Arès : Un Message pour l'unité ou une religion de plus ?Quand Dieu vint parler à Arès, ce n'était pas pour former une division de plus. Ce n'était pas pour scinder encore davantage la grande famille des chrétiens ou même la grande famille monothéiste ou plus largement la grande communauté des humains.Au contraire, c'était pour la rassembler et l'ouvrir à tous les gens de Bien, qu'ils soient athées ou croyants.Nous ne le répèterons jamais assez.C'est une Parole qui vient s'ajouter aux autres, pour leur donner plus d'éclairage, dire les choses d'une autre façon afin de toujours mieux la comprendre et l'appliquerChronique spirituelle juin 2009 - auteur: Pat| Citation: | l’humanité ne peut être unie, et donc sauvée, que par la spiritualité, et une fraternité supra-confessionnelle. Abd el-Kader |
C'est ce que propose de réaliser la révélation d'Arès avec toutes les personnes de bonne volonté, qu'ils soient croyants ou non. Pour répondre précisément à la question posée dans le titre de l'article, il me semble que la mission particulière du Message arésien, c'est de devenir les artisans de l'unité des assemblées de croyants et de promouvoir des assemblés plus vastes d'Hommes de bonne volonté. Unir le plus grand nombre possible d'humains en Assemblées fraternelles. Unir sans diriger, voilà notre challenge.| Citation: | | Ne fera cesser leurs divergences que le Messie [Jésus] lorsqu’il reviendra. | C'est ce qu'il s'est passé, discrètement en 40 nuits, à Arès en 1974 durant lesquelles Jésus s'est manifesté, en nous laissant un message pour nous aider à réaliser ce qu'avait pressenti et préfiguré déjà Abd-el-Kader, comme bien d'autres figures spirituelles.
| Citation: | « La Religion est une, comme en ont convenu les prophètes, écrit-il en 1855. Ils n’ont divergé, en effet, que sur des détails […]. Si les musulmans et les chrétiens voulaient bien m’écouter, je ferais cesser leurs querelles et ils deviendraient frères extérieurement et intérieurement. »
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Il reste incompréhensible que le Coran n'ait pas été reconnu par la chrétienté comme une authentique révélation (Michel Potay)
[ quelques extraits ici ]-[ le site du témoin ] |
|  | | njama
Messages: 1229 Date d'inscription: 16/09/2007
 | Sujet: Re: Dogmes en souffrance Lun 6 Juil 2009 - 9:16 | |
| | Citation: | Al-Baqara - 2.213.
Les hommes ne formaient, à l’origine, qu’une seule communauté. Dieu leur envoya les prophètes pour annoncer la bonne nouvelle et lancer un avertissement , de même qu’Il a fait descendre avec eux le Livre renfermant la Vérité afin d’arbitrer les différends qui opposent les hommes. Or, ce sont ceux-là mêmes qui avaient reçu le message qui entrèrent en désaccord à son sujet, en dépit des preuves évidentes qui leur furent apportées et ce, par pur esprit de rivalité. Puis Dieu, dans Sa sollicitude, voulut bien guider les croyants vers cette part de vérité sur laquelle justement les autres disputaient, car Dieu dirige qui Il veut dans le droit chemin.
Hud - 11.118.
Et si ton Seigneur l’avait voulu, Il n’aurait fait des hommes qu’une seule communauté. Or, ils ne cessent de se dresser les uns contre les autres, |
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|  | | pat
Messages: 905 Date d'inscription: 31/07/2007
 | Sujet: Re: Dogmes en souffrance Lun 6 Juil 2009 - 9:43 | |
| | Citation: | l’humanité ne peut être unie, et donc sauvée, que par la spiritualité, et une fraternité supra-confessionnelle. Abd el-Kader |
A force de dire ces choses, relayées par d'autres, cela entrera peut-être dans une sorte d'inconscient collectif.
Je suis convaincu aujourd'hui et de plus en plus, que faire cavalier seul est suicidaire, même si encore une fois, nous ne sommes pas toujours les bienvenus, dans d'autres communautés d'assemblées. Il nous faudra forcer les portes sans arrogance, avec seulement le souci de s'enrichir mutuellement. Nous ne répèterons pas, je l'espère, les erreurs de nos prédécesseurs qui ont cru naïvement que la Révélation qu'ils avaient reçue était le point de départ d'une élimination des autres. Ainsi en a t-il été des Chrétiens et des Musulmans pour ne citer qu'eux.
Or, il ne semble pas que ce soit le vœu de Dieu... A bien lire la Parole , je crois, au contraire que Dieu veuille à chaque fois enrichir l'horizon spirituel des Hommes en leur faisant quitter leurs mauvaises habitudes pour d'autres meilleures, mais pas en leur commandant de couper net avec leur tradition spirituel antérieure.
Merci, grand merci njama d'avoir fait cet article synthétique qui nous éclaire encore davantage dans cette perspective. |
|  | | njama
Messages: 1229 Date d'inscription: 16/09/2007
 | Sujet: Re: Dogmes en souffrance Lun 6 Juil 2009 - 22:31 | |
| | Citation: | | Je suis convaincu aujourd'hui et de plus en plus, que faire cavalier seul est suicidaire, même si encore une fois, nous ne sommes pas toujours les bienvenus, dans d'autres communautés d'assemblées. |
Ce que je me dis, c'est que nous ne pouvons comparer aujourd'hui à hier. Hier pouvait passer pour un monde assez clos, chacun plus ou moins enfermé dans sa petite nation natale, son village, "prisonnier au berceau" comme dit Christian Bobin.
Aujoud'hui est cosmopolite ( personne qui, refusant les limites d'une nation, se déclare citoyen du monde). Ce n'est pas le monde religieux qui a façonné cela à partir d'œcuménismes, de mains tendues ... , c'est le monde profane, par le commerce, par l'imprimerie, par les nouveaux moyens de communication, par la rapidité des transports qui abolissent les distances et réduisent les éloignements, par les désirs innés de connaître l'inconnu et de dépasser l'horizon ...
| Citation: | | Il (Abd el-Kader) considérait le rapprochement géographique entre les peuples (ce que symbolise le percement du canal de Suez) et la mondialisation économique qui devait suivre comme un passage obligé vers la mondialisation de l’Esprit |
Je me dis, comment faire pour ne pas en tenir compte ... sans se mettre des œillères ? Fini le temps, où la vérité se trouvait à l'aplomb du clocher du village, ou sous le regard paternel ! C'est un faux débat je pense d'imaginer qu'il s'agirait de querelles spirituelles, d'éternelles controverses théologiques savamment entretenues, l'ignorance générale était de mise, tout autant que les moyens faciles de s'instruire, d'échanger, de communiquer.
Aujourd'hui, par les détours de l'histoire, de plus en plus de gens sont "simplement" instruits. Ce n'est pas qu'aux Jésuites que nous le devons, eux qui s'étaient investis précocement bien avant Jules Ferry dans l'éducation des couches populaires, des forces laïques y ont contribué aussi.
Pourquoi le sport serait international, et que la spiritualité ne pourrait l'être ? Les générations d'aujourd'hui apprendront simplement à écouter les histoires de leurs voisins alors que celles d'hier, hormis quelques très rares voyageurs d'exceptions, n'en avaient pas la moindre idée, et raconteront les leurs, opportunités simplement impensables il y a quelques décennies.
Le monde profane (= ce qui paraît être en dehors du religieux) œuvre, "à son insu" je pense ou "malgré lui", à démanteler petit à petit ces temples religieux ou politiques egocentrés sur leurs petites représentations du monde, leurs publics, leurs espaces confidentiels et leurs certitudes. Le monde profane n'est pas à voir comme l'ennemi du sacré, il n'en est juste que la mesure d'équilibre, car le monde obéit à cette loi simple ... pour garantir notre survie "humaine". |
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