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C’est l’Afrique qui devrait nourrir le monde, pas l’inverse

le Mar 27 Juin 2017 - 13:45
Akinwumi Adesina : « C’est l’Afrique qui devrait nourrir le monde, pas l’inverse »
Le directeur de la Banque africaine de développement mise sur l’agriculture et rappelle que le continent possède 65 % des terres arables non exploitées dans le monde.


L’agriculture, c’est son domaine de prédilection. « C’est de là que je viens », aime souvent à préciser Akinwumi Adesina, 57 ans. En cet après-midi pluvieux à Abidjan (Côte d’Ivoire), au siège de la Banque africaine de développement (BAD) qu’il dirige depuis bientôt deux ans, l’ex-ministre nigérian de l’agriculture est aux anges. La nouvelle n’est pas encore officielle, mais il vient de remporter le World Food Prize 2017, le prix mondial de l’alimentation (doté de 250 000 dollars, environ 223 000 euros), considéré parfois comme l’équivalent du prix Nobel dans le domaine.

« C’est un grand honneur, dit-il. Mais le plus important, c’est ce qu’il reste encore à faire, mettre fin à la faim en Afrique. Il n’y a plus de temps à perdre. »

Face à la résurgence des crises alimentaires en Afrique, dues aux conflits et aux sécheresses, pensez-vous toujours pouvoir atteindre votre objectif de « nourrir l’Afrique » avant 2025, l’une des cinq priorités de votre programme ?
Nous le comptons bien. Nous nous sommes engagés à investir 24 milliards de dollars (près de 21,5 milliards d’euros) sur dix ans dans le secteur de l’agriculture en Afrique. L’objectif est de réduire drastiquement notre niveau d’importation de produits alimentaires et d’augmenter la productivité du continent.
Aujourd’hui, l’Afrique consacre 35 milliards de dollars à l’importation d’aliments. Et si on ne fait rien, d’ici à 2025, ce chiffre fera plus que tripler. Une charge qui empêche la stabilité macroéconomique et fiscale de nos pays. Or, en réalité, l’Afrique n’a pas besoin de ces importations alimentaires, elle a tellement de potentialités agricoles, de terres disponibles. Elle détient même 65 % des terres arables non exploitées du monde. C’est l’Afrique qui devrait nourrir le monde, pas l’inverse.


Propos recueillis par Haby Niakate (Contributrice Le Monde Afrique, Abidjan)
LE MONDE
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Re: C’est l’Afrique qui devrait nourrir le monde, pas l’inverse

le Mar 27 Juin 2017 - 14:01
SUITE.

Vous misez aussi beaucoup sur les zones agro-industrielles, les « agropoles », sur les terres à forts potentiels…
Les agropoles permettent aux entreprises de s’établir dans des zones rurales. La BAD, elle, investit dans des infrastructures pour diminuer le coût d’installation et de fonctionnement desdites entreprises. Il ne s’agit pas forcément de multinationales, mais souvent de sociétés locales qui se contentent de faire de la transformation de matières premières ou intermédiaires importées. Sans que cela ne crée d’emploi ou ne profite aux producteurs locaux.
Dans ces agropoles, on développe des chaînes de valeurs. Le paysan a quant à lui aussitôt accès aux entreprises, aux marchés, aux infrastructures. Ce qui permet également de réduire le niveau de pertes après récoltes, encore considérables aujourd’hui. Car en réalité les paysans peuvent produire beaucoup, mais il n’y a souvent personne pour acheter leurs récoltes. Donc ils produisent et prient, pour trouver des clients. Il faut sortir de ce schéma, réorganiser les filières.

Des agropoles, qui sont pourtant critiquées par plusieurs ONG, telles qu’Action contre la faim (ACF) ou Oxfam France, qui les accusent de concurrence déloyale envers les petits agriculteurs. Que leur répondez-vous ?
Je pense qu’elles n’ont pas compris notre démarche. Vous savez, lorsqu’on est face à une personne qui est au fond d’un puits, on peut adopter deux attitudes : on la laisse essayer de grimper ou on prend une corde pour la faire sortir au plus vite. C’est cette seconde option que nous avons choisi pour les agriculteurs africains, en leur donnant accès au marché.
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