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REVISION FONDAMENTALE DES HADITH PAR LA TURQUIE

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REVISION FONDAMENTALE DES HADITH PAR LA TURQUIE

Message  Invité le Ven 14 Mar 2008 - 0:56

Vers une révolution de l’islam en Turquie ?
par Alain Gresh

http://blog.mondediplo.net/2008-02-29-Vers-une-revolution-de-l-islam-en-Turquie


Le site de la BBC britannique publie le 26 février un article de son correspondant pour les affaires religieuses Robert Pigott, intitulé « Turkey in radical revision of Islamic texts ».
Ce texte est important, et je l’ai traduit intégralement. Deux remarques cependant :
— le Département des affaires religieuses dont il est question dépend directement de l’Etat qui, en Turquie, contrôle lui-même directement les cultes. On est donc loin d’une situation à la française de séparation des Eglises et de l’Etat ;
— le fait que ce soit l’Etat qui lance cette réforme est remarquable (d’autant que le gouvernement est contrôlé par un parti issu de l’islamisme), mais cette réforme sera-t-elle largement acceptée par les musulmans turcs ?
Notons aussi, concernant l’islam, le livre Who speaks for islam ? , qui démolit bien des préjugés et montre que l’immense majorité des musulmans rejette les attaques terroristes contre des civils et partage les aspirations universelles à la démocratie.

La Turquie lance une réforme radicale des textes musulmans
Le puissant Département des affaires religieuses a chargé une commission de théologiens de l’université d’Ankara d’opérer une révision fondamentale des hadith, les textes les plus sacrés de l’islam après le Coran. Les hadith sont une collection de milliers de dits qui sont attribués au prophète Mohammed.
Les hadith sont le principal guide pour les musulmans pour interpréter le Coran et la source de la vaste majorité des lois musulmanes (charia). Mais l’Etat turc considère que les hadith ont une influence négative sur la société et croit qu’ils contribuent à brouiller les valeurs originelles de l’islam. Il affirme qu’un nombre significatif de ces dits n’ont pas été formulés par le prophète et que d’autres méritent une réinterprétation. Les commentateurs affirment que c’est la théologie même de l’islam qu’il faut réinterpréter pour effectuer un renouveau radical de la religion. Les promoteurs de ce projet affirment que l’esprit logique et rationnel qui était inhérent à l’islam quand il est né il y a mille quatre cents ans doit être redécouvert. Certains affirment que ce projet équivaut à une Réforme de la religion.
Jusqu’à présent, les officiels turcs étaient réticents à la révision des hadith, car ils étaient conscients qu’une telle réforme pourrait susciter parmi les musulmans tradtionalistes des controverses. Mais ils ont parlé à la BBC de leur projet et de leurs ambitions.

L’examen légal des hadith se déroule à l’université de l’école théologique d’Ankara.
Un des conseillers du projet, Felix Koerner, affirme que certains hadith ont été inventés des centaines d’années après la mort du prophète Mohammed pour servir les objectifs des sociétés d’alors. « Malheureusement, affirme-t-il, vous pouvez justifier par de prétendus hadith la pratique musulmane ou pseudo-musulmane de la mutilation génitale des femmes. » « Vous pouvez trouver des messages qui disent : "voici ce que le Prophète nous a ordonné de faire". Mais vous pouvez montrer historiquement comment ils ont été inventés, influencés par d’autres cultures et ont été adoptés en prétendant qu’ils appartenaient à la tradition musulmane. »
L’argument est que la tradition musulmane a été graduellement capturée par diverses cultures, souvent conservatrices, cherchant à utiliser la religion pour différentes formes de contrôle social. Des dirigeants de ce projet Hadith affirment que des générations successives ont embelli les textes, attribuant leur but politique au prophète Mohammed lui-même.
La Turquie veut balayer ce « bagage culturel » et revenir à une forme d’islam dont elle affirme qu’il est en accord avec les valeurs originelles et celles du Prophète.
C’est là que le caractère révolutionnaire de ce travail apparaît. Même certains hadith reconnus comme ayant été prononcés par Mohammed ont été changés et réinterprétés. Le professeur Mehmet Gormez, un important officiel du Département des affaires religieuses et un expert dans les hadith, nous en donne un exemple parlant.
« Il y a certains messages qui interdisent à la femme de voyager trois jours ou plus sans la permission de son mari. Ce sont des messages authentiques. Mais ce n’est pas une interdiction religieuse. Elle est venue parce que, du temps du Prophète, il n’était pas sûr pour la femme de voyager seule. Mais le temps a passé, et les gens ont rendu permanent ce qui n’était prévu que comme temporaire, pour des raisons de sécurité. »
Ce projet justifie son intervention audacieuse sur des hadith qui remontent à mille quatre cents ans par une recherche académique rigoureuse. Le professeur Gormez souligne un autre discours du Prophète disant qu’il était « impatient de voir le jour où les femmes pourraient voyager seule sur de longues distances ». On comprend ainsi, dit-il, quel était le but du Prophète.
Pourtant, jusqu’à présent, l’interdiction demeure et permet de limiter le déplacement de certaines femmes musulmanes aujourd’hui.
Pour aider à ce programme de renouveau, la Turquie a donné une formation théologique à 450 femmes, et nommé des imams appelés «vaizes». Elles ont pour tâche d’expliquer l’esprit originel de l’islam à des communautés isolées à l’intérieur de la Turquie.
Une des ces femmes, Huyla Koc, regarde une mer de foulards à une réunion dans le centre de la Turquie et explique aux femmes que l’égalité, la justice et les droits humains sont garantis par une interprétation précise du Coran et confirmés par les hadith revus.
Elle dit que, pour le moment, l’islam est largement utilisé pour justifier la violente répression des femmes. « Il y a des crimes d’honneur », explique-t-elle. « Nous entendons dire que des femmes sont tuées parce qu’elles ont épousé la mauvaise personne ou qu’elles ont fui avec la personne qu’elles aimaient. Il y a aussi la violence contre les femmes dans leurs familles, y compris le harcèlement sexuel par des oncles ou d’autres. Cela n’est pas autorisé en islam. Nous devons le leur expliquer. »
Selon Fadi Hakura, un spécialiste de la Turquie à Chatham House (Londres), la Turquie ne fait rien moins que de recréer l’islam, le transformant d’une religion à laquelle on doit obéir en une religion devant servir les gens dans une démocratie séculaire moderne. Pour cela, l’Etat crée un nouvel islam. « Cela ressemble à la Réforme dans le christianisme », affirme-t-il. « Pas exactement la même chose, mais, si l’on y pense, cela change les fondements théologiques de la religion. »
Jusqu’à présent, explique Fadi Hakura, la Turquie laïque [je traduis le terme anglais secularist par séculaire ou par laïque] a voulu créer une nouvelle politique pour l’islam, maintenant elle tente de «façonner un nouvel islam».

De manière intéressante, l’école de théologiens d’Ankara qui travaille sur ces nouveaux hadith a utilisé des techniques et une philosophie critiques occidentales. Ils sont même allés plus loin, rejetant l’opinion pourtant établie que des textes moins anciens (souvent plus conservateurs) avaient préséance sur les textes plus anciens. « Il faut les voir comme un tout », dit Fadi Hakura. « Vous ne pouvez pas dire, par exemple, que les versets sur la violence ont préséance sur les versets pacifiques. Cela est beaucoup utilisé au Proche-Orient, ce type d’idéologie. Je ne peux pas vous dire combien ce changement est fondamental. »

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Re: REVISION FONDAMENTALE DES HADITH PAR LA TURQUIE

Message  Invité le Dim 16 Mar 2008 - 0:33

— le Département des affaires religieuses dont il est question dépend directement de l’Etat qui, en Turquie, contrôle lui-même directement les cultes. On est donc loin d’une situation à la française de séparation des Eglises et de l’Etat ;
Je ne sais pas si la situation est comparable à celle de la France.
Quand il était Ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy se posait en « ministre des Cultes », ce qui est une usurpation de fonction. Il ne peut pas y avoir de ministre des Cultes dans une République laïque qui n’en reconnaît aucun, selon la formule de la loi de 1905.
Certes, il y a un « bureau des cultes » au ministère de l’Intérieur. Pourquoi ?
Pour surveiller les associations cultuelles fondées en application de la loi de 1905.
Or l’Eglise catholique a rejeté la loi de 1905 et n’a jamais créé d’associations cultuelles.
Le bureau des cultes du ministère de l’Intérieur ne concerne pas l’Eglise catholique.

Et un "ministère des religions" existe encore moins.
Le seul rôle de l'Etat, dans le droit fil de son impartialité, est en fin de compte d'ordre public (fonction de police), c'est à dire de veiller à la liberté de chacun, et qu'il n'y ait pas d'entraves à l'exercice des cultes.
Ceci dit "culte" n'est qu'un tout petit aspect d'une pratique pragmatique (valeur pratique) quotidienne rattachée à une "croyance". La Philosophie ne connaît pas de "culte", mais a néanmoins ses valeurs pragmatiques.

Pour en revenir à ce cas de la Turquie,

puisque nous ne connaissons pas de "Département des affaires religieuses" ou d'équivalent, il est très intéressant. On attendrait presque que des UER (Unités d'Enseignement et de Recherches) en France, dans des domaines tels que l'Histoire ou les Lettres classiques, fassent de telles recherches et les soumettent à tous.
Le fait religieux, en tant qu'élément épistémologique* de l'Histoire mériterait que l'on s'y attarde et qu'on l'examine à la loupe, qu'il soit passé au crible pour en écarter les aspects édulcorés par l'Histoire.
Des siècles ont passé, depuis ces événements fondateurs prophétiques, l'eau est-elle restée aussi claire et limpide pour tous les esprits ?
Si le réformisme est nécessaire à un Islam (figé par endroits, car l'Islam n'est pas plus que le Chrétienté un univers monolithique), il me paraît que le Christianisme mériterait de l'être tout autant.
Peut-être que cette démarche novatrice (à laquelle nous appelle en autres choses la Révélation d'Arès) pourrait réconcilier quelques âmes avec le lien au Divin, ou avec "la Vie", mais surtout les humains entre eux.

La grosse différence entre la France et la Turquie est que nous n'avons nul besoin de l'appui ou de l'Etat (en charge d'un "temporel") pour éclaircir librement la situation et trouver ce qui désunit cette grande fratrie de source abrahamique.

* épistémologie: études des fondements, des principes constitutifs, des conditions et des démarches d'un savoir

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Re: REVISION FONDAMENTALE DES HADITH PAR LA TURQUIE

Message  Invité le Dim 16 Mar 2008 - 0:44

Si le réformisme est nécessaire à un Islam ... il me paraît que le Christianisme mériterait de l'être tout autant.
Ainsi que le Judaïsme, que j'avais oublié de noter.

Croyants ou athées, nous sommes tous concernés par ce fait religieux historique, incontournable et incontestable sauf à être "négationiste" pirat .
A nous de prendre en charge cet héritage, librement et sans préjugés, et d'en tirer le meilleur parti pour le Bien de l'Humanité.drunken

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Re: REVISION FONDAMENTALE DES HADITH PAR LA TURQUIE

Message  Invité le Dim 16 Mar 2008 - 1:11

Ce qui est comparé à l'état français c'est le courage d'une remise en question, qui pour faire bouger les choses, se sont servis de quelque chose d'institutionnel donc d'intouchable. Je crois que c'est en cela que la ressemblance, le lien nous unit. De toute façon, quelque soit la manière utilisée, ça bouge positivement car la croyance en l'Islam est pétri d'erreurs, d'interprétations vieillottes et sclérosantes qui entraînent des injustices sociales et familiales terribles. C'est une bonne chose qui arrive et un espoir pour un monde meilleur. Quel Espoir !!
Assunta

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Re: REVISION FONDAMENTALE DES HADITH PAR LA TURQUIE

Message  Invité le Dim 16 Mar 2008 - 1:32

Assunta a écrit:
Ce qui est comparé à l'état français c'est le courage d'une remise en question, qui pour faire bouger les choses, se sont servis de quelque chose d'institutionnel donc d'intouchable. Je crois que c'est en cela que la ressemblance, le lien nous unit. De toute façon, quelque soit la manière utilisée, ça bouge positivement car la croyance en l'Islam est pétri d'erreurs, d'interprétations vieillottes et sclérosantes qui entraînent des injustices sociales et familiales terribles. C'est une bonne chose qui arrive et un espoir pour un monde meilleur. Quel Espoir !!
Assunta
Je suis bien d'accord - Quel Espoir !! -

— le fait que ce soit l’Etat qui lance cette réforme est remarquable (d’autant que le gouvernement est contrôlé par un parti issu de l’islamisme)...
et c'est là que "laïcité" prend son sens, de garantie d'indépendance, de neutralité, de liberté d'opinion et d'expres​sion(pourvu qu'elle soit courtoise naturellement), c'est à dire "laïc", en dehors d'un point de vue clérical (qui sous-entend "partisan").

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Re: REVISION FONDAMENTALE DES HADITH PAR LA TURQUIE

Message  Invité le Dim 16 Mar 2008 - 2:26

Dans tout pays musulman, aussi laïque soit-il, il y a toujours un parti issu de la religion du pays qui veille. Religieux ayant peur de perdre leurs vieilles défroques et de se retrouver awalp.
La laïcité ne se comprend pas totalement avec celle que nous nous sommes choisie en occident. A cause justement de la religion qui domine la vie des gens dans toutes leurs enceintes de vie par les hadiths particulièrement. D'où le révision des hadiths qui se fait actuellement.
En Turquie c'est l'armée qui est garante de la laïcité. Elle est proche du peuple. Aucun gouvernement ne voudrait qu'elle soit au pouvoir je suppose. De toute façon tout avance, doucement mais sûrement.

Pour mieux comprendre je cite un commentaire de Brian Whitaker - http://www.emarrakech.info/Les-hadiths-revus-et-corriges_a14073.html
La possibilité d'une « réformation islamique » comparable au mouvement qui fut à l'origine du protestantisme au sein du christianisme semble attrayante – en tout cas en surface – et a été soutenue avec enthousiasme par les athées comme Salman Rushdie. Mais les musulmans qui sont résolus à tenter de réformer leur religion considèrent cette éventualité comme absurde.

Ce qui a enthousiasmé la BBC, c'était le fait que le Département des Affaires religieuses turc allait sous peu publier une nouvelle version des hadiths, recueil des paroles et des actions attribuées au prophète Mahomet. Les hadiths jouent un rôle important dans la jurisprudence islamique, en particulier concernant les questions sur lesquelles le Coran ne dit rien, et c'est sur ceux-ci, bien plus que sur le Coran, que reposent la plupart des fatwas – ou opinions religieuses – les plus ineptes qu'émettent les érudits religieux.

Aux premiers jours de l'islam, les paroles du Prophète se transmettaient de bouche à oreille jusqu'à ce qu'elles soient finalement consignées par quelqu'un. Combien des paroles attribuées au Prophète sont-elles authentiques ? C'est là une question de point de vue, mais que certaines ne le soient pas – cela ne fait aucun doute. Dans son livre, Progressive Muslims (les musulmans progressistes), Scott Kugle écrit :

« …Il est très difficile d'établir l'authenticité de la plupart des discours qu'on attribue au Prophète Mahomet. Il est clair cependant que de nombreux propos lui sont attribués rétrospectivement, sans l'avoir été de façon fiable. Les musulmans sont confrontés à des hadiths dans lesquels les propos que l'on prête au Prophète traitent de questions qui n'existaient pas de son temps, des questions telles que: le schisme entre chiites et sunnites, les diverses hérésies théologiques ou même la consignation systématique des hadiths.

Le matériel douteux comprend les condamnations pour homosexualité, auxquelles font souvent référence les érudits aujourd'hui, alors qu'elles sont apparues bien après la mort du Prophète :

« Des hadiths contenant des récits forgés de toute pièce condamnant les relations sexuelles avec une personne du même sexe ont commencé à circuler véritablement pendant la période abbasside (750-1258 AD), à une époque où il était courant chez les aristocrates et à la cour d'avoir un jeune esclave mâle ou un beau porteur de vin à son service ou encore de s'afficher avec un amoureux du même sexe. Un grand nombre de hadiths circulaient au nom du Prophète pour régler le problème de ces pratiques-là, et cela faisait partie de la guerre culturelle des traditionalistes à l'encontre de l'élite cosmopolite des grandes villes abbassides ».

S'appuyant sur ces exemples, Kugle soutient que « la re-évaluation de l'authenticité des hadiths est la clef de la réforme juridique et sociale chez les musulmans ».

Et c'est pratiquement ce qu'est en train de faire le Département des Affaires religieuses en Turquie, en re-examinant tous les anciens recueils de hadiths, pour en éliminer le contenu « désuet, misogyne ou anti-chrétien » (pour citer le correspondant de la BBC), et pour en retirer « le bagage culturel » considéré comme n'ayant pas de fondement justifié dans la religion, comme par exemple: la pratique de l'excision et la règle selon laquelle une femme ne peut pas voyager sans la permission d'un homme. Cette règle, selon le Département, était à l'époque une simple mesure de sécurité qui n'est plus pertinente aujourd'hui.

Le principe de cet exercice est bon, simplement il faut prendre des précautions.

Au sein de la branche sunnite de l'islam (dont la plupart des musulmans sont issus), il existe quatre écoles principales sur le plan juridique – l'école d'Hanafi, celle de Malaki, celle de Shafii et celle d'Hanbali. Leur influence respective varie d'un pays à l'autre, mais celle qui domine en Turquie c'est l'école d'Hanafi.

Une des différences essentielles entre ces écoles c'est la pertinence qu'elles accordent aux hadiths. L'école d'Hanafi tend à être plus prudente par rapport à ceux-ci que les autres, et par conséquent, les jugements qui s'en inspirent sont souvent plus souples.

Il n'est donc pas du tout surprenant qu'un pays comme la Turquie, où domine le courant Hanafi, ait entrepris une telle révision des hadiths. Cela aurait été bien plus étonnant s'il s'agissait de l'Arabie saoudite par exemple, où prédomine l'école d'Hanbali et où les érudits produisent les jugements légaux les plus conservateurs, souvent fondés sur une lecture littérale du Coran et une acceptation absolue des hadiths.

Une des critiques adressée à l'encontre de l'école d'Hanafi consiste à dire qu'à cause de cette souplesse qui la caractérise, les décisions de justice qui en émanent ont été influencées par la politique tout au long de l'histoire. Tandis que l'école d'Hanbali, si profondément attachée aux hadiths,est relativement indifférente à l'influence politique; en Arabie saoudite, c'est même plutôt l'inverse, c'est elle qui tend à contrôler la politique.
En Turquie, le Département des Affaires religieuses n'est pas un organe indépendant; il a été conçu selon la constitution pour gérer les relations entre le gouvernement et les communautés religieuses, conformément aux principes de la laïcité établis par Kemal Atatürk. Vu ce contexte, la relecture et la révision des hadiths par le Département auront beau être académiquement des plus rigoureuses, il subsistera toujours un point d'interrogation à ce sujet dans l'esprit des musulmans en dehors de Turquie aussi bien que pour les plus traditionalistes à l'intérieur du pays. Cela ne brisera pas non plus la glace avec les musulmans alaouites de Turquie – de la branche chiite de l'islam – dont le nombre s'élèverait à environ 12 millions de personnes.
Il est regrettable que ce processus très nécessaire de re-évaluation des hadiths soit imprégné, en Turquie, de l'implication de l'Etat. Séparer l'Etat de la religion, ce n'est pas seulement laisser les muftis en dehors de la politique; c'est aussi laisser le gouvernement en dehors de la religion.
Brian Whitaker est rédacteur pour le site du quotidien The Guardian, Comment is free.

Brian Whitaker - CGNEWS

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