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La mixité à l’école mise en cause

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La mixité à l’école mise en cause

Message  Invité le Sam 24 Mai 2008 - 19:33

Le 15 mai, le Parlement a voté une disposition permettant d'organiser l'enseignement dans les établissements publics "par regroupement d'élèves en fonction de leur sexe".

Communiqué FSU Les Lilas le 22 mai 2008
La mixité à l’école mise en cause

"Le parlement vient de voter dans le cadre d’une loi dite « de lutte contre les discriminations » un article qui est de fait porteur de dispositions discriminatoires permettant l’organisation d’enseignements séparant filles et garçons.
Ces dispositions spécifiques constituent une grave remise en cause de la loi Haby, qui marquait le long chemin vers l’égalité dans la scolarisation des filles et des garçons, et portent atteinte au principe de laïcité.

Cette séparation est un non-sens éducatif. C’est par la co-présence des deux sexes que les jeunes font l’expérience de l’altérité pour apprendre ensemble,
se respecter et faire l’expérience de l’égalité. L’école est le lieu où peut être garantie cette éducation afin de faire reculer la violence et le sexisme et d’œuvrer à la lutte contre les stéréotypes, vecteurs d’inégalités. Comment contribuer à les faire disparaître si filles et garçons vivent séparément leur scolarité et ne pratiquent pas ensemble les mêmes activités ? Le risque existe également de voir se développer des activités spécifiquement masculines ou féminines comme cela était le cas avant l’obligation de mixité.

La FSU considère que cette décision - rétrograde - consacrerait un recul dans la marche vers l’égalité. Elle est irrecevable et remet gravement en cause
l’organisation de notre système éducatif. Elle ouvrira une brèche supplémentaire, permettant d’alimenter les écoles privées, parfois à caractère communautariste, qui auront tôt fait de s’emparer de ce texte pour se développer.

La transcription d’un texte européen ne justifiait aucunement une telle décision puisque l’éducation reste de la prérogative des États.

La FSU s’indigne que l’Education nationale ne soit pas intervenue sur ce texte et exige le retrait de cet alinéa."



Autre article presse (pendant qu'il est encore en ligne):
Syndicats d'enseignants et de parents d'élèves craignent une remise en cause de la mixité scolaire
LEMONDE.FR avec AFP | 23.05.08 | 12h09 • Mis à jour le 23.05.08 | 17h01
"C'est un article de loi très dangereux, car le but de l'école, et de la laïcité, c'est aussi d'apprendre à vivre ensemble", a affirmé pour sa part la FCPE (première fédération de parents d'élèves du public).

http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/05/23/syndicats-d-enseignants-et-de-parents-d-eleves-craignent-une-remise-en-cause-de-la-mixite-scolaire_1048666_3224.html#ens_id=1048653


Ces dispositions sont non seulement un non-sens éducatif comme le précise le FSU, mais une attaque contre un principe constitutionnel de laïcité. De plus il semble aller de soi, que la vie sociale soit le prolongement de la vie familiale dans laquelle on ne sépare ni les frères, ni les soeurs.
Ces mesures législatives fleurent un vieux relent de machisme rétrograde.
En arrière toute ! vers le vieux monde. confused
On se demande dans quelle mesure ce genre de décision puisse faire partie des prérogatives juridiques de l'Etat. C'est un retour au moralisme "revenir au bon vieux temps de la séparation des sexes!", et la porte ouverte aux communautarismes.

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Re: La mixité à l’école mise en cause

Message  Invité le Sam 24 Mai 2008 - 22:38

Simone de Beauvoir: Le deuxième sexe II: L'expérience vécue

Introduction:
"Les femmes d'aujourd'hui sont en train de détrôner le mythe de la féminité;
elles commencent à affirmer concrètement leur indépendance; mais ce n'est pas sans peine qu'elles réussissent à vivre intégralement leur condition d'être humain. Élevées par des femmes, au sein d'un monde féminin, leur destinée normale est le mariage qui les subordonne encore pratiquement à l'homme;
le prestige viril est bien loin de s'être effacé: il repose encore sur de solides bases économiques et sociales. Il est donc nécessaire d'étudier avec soin le destin traditionnel de la femme. Comment la femme fait-elle l'apprentissage de sa condition, comment l'éprouve-t-elle, dans quel univers se trouve-t-elle enfermée, quelles évasions lui sont permises, voilà ce que je chercherai a décrire. Alors seulement nous pourrons comprendre quels problèmes se posent aux femmes qui, héritant d'un lourd passé, s'efforcent de forger un avenir nouveau.

Quand j'emploie les mots <
femme > ou < féminin > je ne me réfère évidemment à aucun archétype, à aucune immuable essence; après la plupart de mes affirmations il faut sous-entendre < dans l'état actuel de l'éducation et des moeurs >.

Il ne s'agit pas ici d'énoncer des vérités éternelles mais décrire le fond commun sur lequel s'enlève toute existence féminine singulière."


(Simone de Beauvoir, Le deuxième sexe II: L'expérience vécue [Paris: Gallimard, 1949, 1953])

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Re: La mixité à l’école mise en cause

Message  Invité le Sam 24 Mai 2008 - 23:46

Je réagis encore à cette info qui est passée presque en catimini dans la presse, mais qui me reste un peu en travers de la gorge.
Je ne suis plus concerné par mes enfants qui ne fréquente plus l'école, mais je pourrais l'être pour leurs enfants.
Ausii je m'imagine mal conduire mes filles dans une école d'un côté et mon garcon dans un autre.
Nous ne sommes pas des bestiaux. Je ne suis pas nostalgique du temps de grand'papa !

Au Parlement européen, il n'y a qu'un tiers de femmes députés.
A l'Assemblée nationale, 107 députés femmes sur 577 députés.


Et voilà comment et dans quelle proportion femmes/hommes se déciderait le sort du sexe féminin, la séparation des sexes.
C'est simplement ahurissant d'inégalité de représentation.

En gros, nous avons à faire à une majorité de "couillus"* dans ces Parlements qui aurait décidé sans possibilité de contradictions d'opérer cette séparation des genres complétement contre nature. Mais c'est totalement inique pour le genre féminin qui n'est pas représenté à parité sur une décision qui le touche dans son épanouissement, dans celui de sa progéniture, dans celui des fratries.
C'est scandaleux !
Cette loi n'est certes pas encore en application, et ne pourrait à mon sens faire l'objet d'applications administratives, compte tenu de son inconstitutionnalité, de son non-sens éducatif, des discriminations qu'elle créé, mais il nous faut rester vigilant, voire envisager de la résistance civile devant ce fait des "princes".

* Pat, j'assume totalement ce vocabulaire (inhabituel chez moi) et ce post en cas de problème.

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Re: La mixité à l’école mise en cause

Message  Invité le Dim 25 Mai 2008 - 7:42

Bonjour njama,

Pour info "couillu" est maintenant rentré dans le dictionnaire et signifie "courageux" mais je pense que tu lui attribues (comme sans doute la majorité des gens) un tout autre sens... Wink

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Re: La mixité à l’école mise en cause

Message  pat le Dim 25 Mai 2008 - 10:11

Bonjour njama,

Tu n'as pas à t'excuser.
Le forum assume toute forme de liberté d'expression pourvu qu'elle ne soit injurieuse pour personne. Chaque forum a ses partis pris.

Le 15 mai 2008, les députés ont adopté la loi anti-discrimination dont une des dispositions permettrait la possibilité d'organiser une enseignement séparé pour les garçons et pour les filles.
"le principe de non-discrimination fondée sur le sexe (...) ne fait pas obstacle à l'organisation d'enseignements par regroupement d'élèves en fonction de leur sexe"


Ce n'est une remise en cause de la mixité comme le précise bon nombre de critique. La non mixité est rendu possible, ce qui n'est pas la même chose.

Si j'ai bien lu différentes réactions à cette loi, la grande majorité des français est pour la mixité. Tant mieux. Elle a apporté bien des progrès dans la mentalité des deux sexes. Mais si la grande majorité des français veut cette mixité, que craint-on? Une fois de plus de quoi a t-on peur?

Si une minorité veut cette séparation, au nom de quelle contrainte voudrait-on interdire ce choix?. D'autant que les arguments avancés par certains partisans de la non mixité ne manquent pas d'intérêt. Les uns évoquent le sexisme exercé par les garçons, d'autres l'absence de formation pédagogique de certains professeurs qui sous prétexte d'égalité entre les sexes, dirigent la classe comme s'il s'agissait d'une classe uniquement composée de garçons. Tous ont de bonnes raisons, même quand elles sont idéologiques ou religieuses. Ce sont leurs raisons, même si nous ne les jugeons pas pertinentes.

Pourquoi serions nous contre cette loi qui ne fait qu'offrir pour une fois un champ d'action plus large, une liberté de choix plus grande, alors que la plupart des lois sont contraignantes.
Serions si fragile que nous doutons même d'une opinion public qui fait consensus?


Le vrai problème et je rebondis là sur l'aspect spirituel du problème, c'est que nous n'avons d'autres armes (en véritable démocratie, comme sur le plan spirituel d'ailleurs) que celles de la persuasion qui finit par faire évoluer les mentalités jusqu'à écarter à tout jamais (ou presque) les velléités de ceux qui voudraient un monde ou la femme et l'homme ne puissent même plus se voir. Je crains ce monde, je crains le monde du voile, de la séparation ou l'autre est caché parce qu'il représente une tentation, qui serait illégitime.

Entre la liberté ou la contrainte, je crois qu'il n'y a de possible que la liberté et la persuasion.

Il faut rester vigilant face à ce type de loi qui effectivement peut donner envie à quelques uns parmi les fondamentalistes religieux ou politiques de revenir à des sociétés qui n'ont réussi qu'à créer l'incompréhension et la haine.
Mais gardons la tête froide une possibilité n'est pas une obligation, certains y voient même un péril pour la laïcité. Bon, je veux bien, mais je trouve ce genre d'amalgame pas très honnête, qui consiste à se servir d'un argument parfaitement hypothétique n'ayant qu'un lointain rapport avec le sujet pour agiter des peurs qui se révèlent toujours extrêmement efficaces pour le combat que l'on souhaite mener.

pat

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Re: La mixité à l’école mise en cause

Message  Invité le Lun 26 Mai 2008 - 0:30

Il avait été rédigé sous la pression de Bruxelles qui, pour trois de ces directives, avait engagé contre la France une procédure en manquement, à moins de trois mois de la présidence française de l'UE. Parmi ces directives, une disposition précise stipule que "le principe de non-discrimination fondée sur le sexe (...) ne fait pas obstacle à l'organisation d'enseignements par regroupement d'élèves en fonction de leur sexe".
(Article Le Monde voir lien + haut)
On se demande bien ce que vient faire Bruxelles dans l'organisation de notre vie sociale ?
> Autant que je sache, le Traité de Lisbonne qui remplace feu Traité établissant une Constitution pour l'Europe (retoqué par un NON au référendum, mais passé en force par ce Gouvernement qui n'en a rien à cirer de ce que l'on en pense) n'est pas une Constitution. Il n'a donc pas valeur de Contrat Social, mais sert de prétexte à cette décision législative.
Quand bien même Bruxelles contraignait la France de créer ce cadre, cette "transcription d’un texte européen ne justifiait aucunement une telle décision puisque l’éducation reste de la prérogative des États" comme le fait remarquer le FSU.

La FSU s’indigne que l’Education nationale ne soit pas intervenue sur ce texte et exige le retrait de cet alinéa."


> Je dis que cette décision est contraire au principe de laïcité, qui implique que l'on ne fasse pas de discrimination entre les personnes, et est donc anti-constitutionnelle.

> les "Couillus", majoritaires à l'Assemblée nationale (470 hommes contre 107 députées) ont décidé du sort du genre féminin en remettant en cause ce principe de mixité.

Si j'écris par exemple, "le principe de non-discrimination fondée sur la religion (...) ne fait pas obstacle à l'organisation d'enseignements par regroupement d'élèves en fonction de leur religion". C'est pareil.
L'application était déjà possible, puisque en France les écoles sous Contrat d'Association avec l'Etat peuvent intéger de l'enseignement religieux en sus des programmes académiques identiques aux écoles publiques dont la mise en oeuvre est contrôlée par des inspecteurs d'académie. Il y a donc des écoles d'enseignement catholiques, et quelques-unes musulmanes. Tout ceci s'appelle de façon générique "l'enseignement libre".
L'Etat ne discrimine donc pas ce qui s'ajoute à son rôle, c'est différent. Il laisse la liberté de faire "plus" ou "autrement" tout en veillant au même enseignement commun.

> La non-mixité remet en cause ce principe de laïcité. Elle est discriminatoire car elle distingue à la base les personnes selon leur sexe.

> On peut considérer que cette question relève de moeurs d'usage, et il n'est pas à mon sens dans les prérogatives d'un gouvernement de légiférer sur cette question. C'est une question Constitutionnelle sur laquelle le Peuple français devrait logiquement être consulté.
Mais si la grande majorité des français veut cette mixité, que craint-on? Une fois de plus de quoi a t-on peur?
S'il y a mise en application de cette loi (au nom de cette loi), elle ne fera que diviser les français sur cette question, car on peut bel et bien parler de la transgression d'un Principe fondateur de cette démocratie que la loi Haby était venue entériner ( elle rendait la mixité scolaire obligatoire 1975), car ce Principe d'égalité (non-discrimination selon les sexes) ne s'était pas fait sans mal. Cela a pris beaucoup de temps pour en arriver là.

Il me paraît si évident que l'école doit être le reflet de la vie en société, et là aussi (entre autres) où l'on apprend à vivre en société. C'est donc un non-sens de vouloir cette séparation.
Mes 3 enfants ont vécu cette mixité sans aucun problème, et je ne connais pas de parents pour qui cela a été un problème.

C'est créer des problèmes là où il n'y en avait pas. Mais c'est toujours la même antienne du monde politique de s'en prendre à l'école et aux enseignants pour trouver une justification à ce qui ne marche pas, on retrouve les mêmes couplets à chaque échéance électorale "C'est la faute de l'école !".

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Re: La mixité à l’école mise en cause

Message  Invité le Lun 26 Mai 2008 - 1:03

Je suis TOTALEMENT d'accord avec toi Njama. Bruxelles impose que nous mettions les lois de la constitution en pratique. Sarkozy et son gouvernement désirait que nous soyons dans l'Europe à travers cette constitution et nous l'a imposé de force sous un autre nom mais identique ! Certes cette loi autorisant la séparation de filles et garçons à l'école pourrait être à plus ou moins long terme contre les droits des femmes. C'est un grand risque. C'est dommage que certains hommes aient autant peur des femmes, mais peut-être ont-ils peur d'une évolution, de leur propre évolution ??? Souvent on soumet l'autre pour cacher une faiblesse.
Mais il est important de dire aussi que certains hommes - comme toi Njama et aussi Pat - en souffrirait tout autant que les femmes si cette loi devenait scélérate.

La constitution, aujourd'hui le "le Traité de Lisbonne qui remplace feu Traité établissant une Constitution pour l'Europe (retoqué par un NON au référendum, mais passé en force par ce Gouvernement qui n'en a rien à cirer de ce que l'on en pense) n'est pas une Constitution" est anti-humaniste, particulièrement - pas seulement les femmes - mais également envers les plus démunis, les petits salaires et ceux que l'on nomme étrangers.

Les humanistes dont certains connaissent la loi et son jargon, avaient fait, à l'époque où les français devaient voter la consititution, un travail démontrant l'anti-humanisme que cette constitution valorisait et avaient appelés à voter NON.

J'espère que par rapport à cette loi nous nous trompons mais restons vigilants sur une possible régression.
assunta

Travail complet réalisé par les humanistes du Mouvement Humaniste concernant la constitution européenne qui fut votée et refusée par les français le 29 Mai 2005 : http://regard-positif.xooit.com/t260-LES-HUMANISTES-VOTENT-%22NON%22-A-LA-CONSTITUTION.htm


EXTRAIT DU TRAVAIL FAIT PAR LES HUMANISTES
LES DROITS DES FEMMES
ET LEUR ESPOIR D'EGALITE

face au Traité Constitutionnel Européen

* Il y a 60 ans, le 29 avril 1945, les Françaises votent pour la première fois… Il y a 30 ans, en 1975, la loi Weil sur l'avortement est votée. C’est dans ce contexte particulier d’anniversaire de deux grands moments de l’histoire des femmes en France que nous sommes appelés aux urnes pour le référendum sur le traité constitutionnel européen. C’est une étape tout aussi importante dans l’histoire des femmes car ce traité doit pouvoir refléter et soutenir une avancée importante pour la condition des femmes et leur avenir au sein de l’Europe… Or, il n’en est rien !

* L’Europe qu’ils nous préparent n’est pas une Europe de la solidarité, de la non-violence et de la non-discrimination et l’espoir des femmes et de toutes les personnes discriminées est à nouveau piétiné par les grosses bottes souillées du néolibéralisme.

* Ce traité constitutionnel n’ouvre aucun droit nouveau par rapport aux traités et directives en vigueur. Au contraire, des droits essentiels pour les femmes en sont absents et certains autres, eux, sont en régression. De plus, la doctrine libérale qui transpire de tous côtés dans cette constitution est une atteinte en elle même aux droits des femmes car elle programme le recul social, la privatisation des services, l’aggravation des inégalités et de la précarité qui touchent déjà majoritairement les femmes.

Droit de vivre sans violences
* Les violences domestiques en Europe sont un fléau à traiter comme tel car les chiffres sont plus qu'alarmants. Selon le Rapport Henriot (ministère de la santé, février 2001) au sein du foyer, les brutalités sont devenues, pour les Européennes de 16 à 44 ans, la première cause d’invalidité et de mortalité avant même les accidents de la route ou le cancer… Quand ce thème sort de l’occultisme, les chiffres nous choquent.

* La lutte contre les violences sous toutes les formes dont sont victimes les femmes : le sexisme, les violences domestiques, le viol et le viol collectif, le commerce des femmes, les mariages forcés, les mutilations génitales… doit devenir une lutte intransigeante et prioritaire. Il en est de même pour tous car nous pensons aussi ici à la maltraitance dont sont victimes les enfants, les personnes âgées, les handicapés… Dans la constitution, le droit de vivre sans violence est absent.

Droits acquis en danger
* L'avortement reste un thème tabou et dans certains pays de l'union européenne, il est interdit ou fortement restreint. Dans la constitution, le droit à la maîtrise de son corps et de sa capacité reproductive, contraception et avortement, est absent.

* De plus, la constitution reconnaît dans l’article II-69, le droit de se marier et de fonder une famille mais le droit au divorce n’est pas mentionné ! Rien dans le texte ne pousse à harmoniser vers le haut pour entraîner les pays à la traîne dans ces droits, ces droits qui relèvent de la liberté fondamentale.

* Enfin, l'article qui spécifie "le droit de vivre" peut être interprété et utilisé de manière douteuse si les anti-IVG s'en saisissent comme arme.

Principe de laïcité
* Les intégrismes religieux sont en forme quelle que soit la religion. Le Vatican et l'Opus Dei s'incrustent dans les sphères des pouvoirs. Nous savons que ces formes d'églises sont fortement défavorables à l'émancipation des femmes et présentent une menace remplie d'archaïsme et d'hypocrisie.

* La constitution reconnaît les églises comme interlocuteurs privilégiés et réguliers (Article I-52). Face à cette montée des intégrismes religieux, cet article heurte le principe de laïcité acquis depuis 1905 en France (séparation de l'église et de l'état, loi qui a favorisé, entre autres, l'amélioration de la condition féminine).

* Au nom de la reconnaissance des diversités, valeur fondamentale de l’humanisme, nous encourageons la liberté de culte (droit garanti par ailleurs au même titre que les libertés d’expression et de conscience), mais nous pensons que chaque chose doit rester à sa place et que ce qui présente une menace forte de discrimination doit être écarté. Le principe de laïcité doit être réaffirmé pour garantir les droits des femmes contre les pressions des intégrismes religieux. (note perso : on peut rajouter les intégrismes politiques. c'est un avis personnel rajouté ici)

La montée des trafics humains
au profit de la prostitution

* Il y a un marché d'êtres humains, particulièrement monstrueux, de femmes et d'enfants provenant essentiellement d'Afrique mais aussi au sein même de l'Europe, plaque tournante de la prostitution.

* Ces femmes et ces enfants sont projetés sur le marché juteux de la prostitution et les prix sont "cassés" (elles travaillent pour très peu d’argent par rapport à ce que nous appelleront la
prostitution traditionnelle, donc énormément) et sont entraînées dans des pratiques sexuelles que personne d'autres ne veut faire (zoophilie et autre...).

* Les situations de santé physiques et psychologiques de ces femmes et de ces enfants sont particulièrement alarmantes et la loi Sarkozy en France est une vraie catastrophe toujours aussi peu médiatisée. Dans la constitution, aucun article n’interdit les marchés intolérables du trafic humain.

* De plus, la constitution ne va rien faire contre les paradis fiscaux, ici responsables du blanchiment de l’argent de ce marché parallèle fructueux. Enfin, l'absence totale de l'idée de coopération internationale, qui placerait l'Europe comme solidaire plutôt que pilleuse de l'Afrique, ne va pas diminuer les migrations vers l'Europe, dans leurs conditions dramatiques.

Citoyenneté
* Nous tenons à préciser de plus que la définition de «citoyen de l’union» devrait être étendue à tous les résidents quel que soit le pays d’origine afin que tous puissent bénéficier de l’ensemble des droits sociaux ainsi que des droits définis dans les articles II-99 et II-106 qui présentent entre autres les droits de vote et d’éligibilité et de circulation…

* Cette reconnaissance de citoyenneté pourrait présenter une avancée pour la situation des femmes étrangères qui sont souvent encore soumises aux oppressions de leur pays d’origine.

Quelle démocratie ?
* L’article I.46 parle de démocratie représentative mais le mot «parité» est remarquablement absent. Une représentation équilibrée des hommes et des femmes doit pouvoir exister à tous les niveaux de prise de décision.

Démantèlement du service public
* L'expérience le montre. Les privatisations des services retombent sur les femmes car elles vont prendre en charge ce qui n'est plus assuré par l'état. Il va être de plus en plus dur pour elles d’allier vie professionnelle et vie familiale. Rappelons ici que, selon une équipe de chercheurs du CNRS, dans les couples où les deux parents travaillent, «la somme du temps professionnel et du temps parental équivaut à une semaine de 62H00 pour les mères contre 54H30 pour les pères».

Menaces de paupérisation des femmes
* En France, 80% des travailleurs pauvres sont des femmes. En Europe elles sont par dépit celles qui occupent les postes précaires et mal rémunérés. Les inégalités professionnelles ne sont pas en baisse, au contraire. La loi française de 1972 (travail égal = salaire égal) n'est pas respectée. Les femmes sont encore trop absentes des postes à responsabilité et les soi-disant avancées dans ce domaine sont d'une telle lenteur que l'histoire risque d'être très, très longue. De plus, la tendance actuelle est que les femmes commencent à retourner au foyer et perdent ainsi leur indépendance économique.

* La politique libérale assurée par cette constitution, qui empêche par ailleurs toute alternative politique, va accentuer la pauvreté des femmes qui seront bien sûr les premières victimes de la précarité. Elles vont devenir une main d’œuvre de moins en moins exigeante et de plus en plus flexible face à un chômage grandissant et une demande de compétitivité croissante.

* Les femmes sont majoritaires parmi les chômeurs, mais aussi parmi les chômeurs non-indémnisés, les bas salaires et les bénéficiaires des minima sociaux. En France, les femmes représentent 83% des retraités qui perçoivent une pension inférieure au minimum vieillesse. Pour les femmes immigrées et les mères isolées, la situation est encore plus difficile.

* Dans cette constitution, les droits à un revenu minimum, à une pension, aux allocations chômages ne sont pas reconnus. On ne parle pas non plus de SMIC et encore moins de SMIC européen. Cette absence est une régression par rapport à la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 qui déclare que toute personne «a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et celui de sa famille» et que toute personne «a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d’invalidité, de veuvage, de vieillesse ou, dans les autres cas, de perte de ses moyens de subsistance».

* Pour nous, ce traité constitutionnel est totalitaire et nous ne pouvons que nous révolter de cette Europe à un futur bien loin de nos aspirations les plus profondes…

* Mais rappelons-nous que rien ne peut arrêter nos rêves de liberté, de solidarité et de bien-être…

* Rien ne peut arrêter la voix des femmes qui vont continuer avec courage et détermination à chanter et danser dans l’ombre ou la lumière comme elles n’ont jamais cessé de le faire…

* Rien ne peut arrêter l’humanisme et la vie qui trouvera toujours, telle l’eau qui traverse les roches, les chemins pour faire jaillir sa force et sa joie !

* A tous les acteurs des progrès humains, MERCI DE VOTER NON.

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Re: La mixité à l’école mise en cause

Message  Invité le Lun 26 Mai 2008 - 10:16

bonjour Jean-Yves
Jean-Yves a écrit:Bonjour njama,

Pour info "couillu" est maintenant rentré dans le dictionnaire et signifie "courageux" mais je pense que tu lui attribues (comme sans doute la majorité des gens) un tout autre sens... Wink
J'ai connaissance du sens figuré, mon dictionnaire Flammarion m'indique "audacieux, osé" qui me paraît plus précis. L'audace est une tendance à oser des actions hardies en dépit des difficultés ou des dangers, hardiesse excessive téméraire. Le courage est une vertu (qui n'est pas que masculine), l'audace n'en est pas une. Un fraudeur est audacieux, ou un César, un Alexandre, un Napoléon, un Casanova ... autant de personnages chez lesquels je ne vois aucun courage dans leurs délires.

C'est le mot qui m'était venu à l'esprit pour qualifier ces "mâles audacieux", la vulgarité de leur manque de courtoisie, leur audace qui frise la forfaiture dans un sens juridique.
L'audace peut être une qualité de l'âme, mais dans le sens d'une audace de coeur. Ici, ce n'est pas le cas, le geste n'est pas admirable No

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Re: La mixité à l’école mise en cause

Message  Invité le Lun 26 Mai 2008 - 15:53

Oui, bien sûr Njama... Je comprends ce que tu veux dire... Cool

Amitié

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Re: La mixité à l’école mise en cause

Message  Invité le Lun 26 Mai 2008 - 17:25

Tu n'as pas à t'excuser.
Le forum assume toute forme de liberté d'expression pourvu qu'elle ne soit injurieuse pour personne.
Merci pat de ta confiance. Effectivement je ne l'ai pas écrit dans un sens injurieux, mais dans un sens pamphlétaire qui exprime mon indignation. Il n'empêche qu'il pourrait être éventuellement interprété comme outrancier ou outrageant !
J'éclaircis cette équivoque pour tous les lecteurs du forum.

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Re: La mixité à l’école mise en cause

Message  Invité le Jeu 5 Juin 2008 - 2:15

Cet article de Bariza Khiari sénatrice socialiste de Paris paru dans Le Monde du 22 avril et diffusé sur son Blog en dit long sur le mensonge de la classe politique dans cette affaire.

La mixité en danger

Une fois de plus, l'Europe a bon dos. Au nom d'une prétendue directive européenne, le gouvernement français vient de faire adopter par le Parlement, dans un texte de loi destiné à lutter contre les discriminations, une disposition remettant en cause la mixité à l'école. Aucun ministre de l'éducation, aussi réactionnaire fût-il, n'aurait eu "l'audace" d'inscrire dans nos textes, ne serait-ce que par voie de circulaire, la possibilité d'organiser "des enseignements par regroupement des élèves en fonction de leur sexe" sans s'exposer à la foudre des organisations laïques et des syndicats de l'enseignement.

Les directives européennes, que nous avons à transposer dans notre droit national, sont pour la plupart d'inspiration libérale et il nous a souvent fallu batailler ferme pour préserver en France nos spécificités. Or, dans le cas qui nous occupe, l'Europe n'est pas en cause. Aucune des directives européennes à transposer dans ce texte ne touche au champ de l'enseignement, qui reste une compétence strictement nationale.

Dès lors, le gouvernement a menti au Parlement en affirmant, à la tribune de l'Assemblée, que cette dérogation à la mixité à l'école était une exigence de la Commission européenne et qu'on ne pouvait donc s'y soustraire. Au Sénat, tous les groupes parlementaires ainsi que la délégation aux droits des femmes étaient d'accord pour supprimer cette disposition. Or, contre toute attente, le 9 avril, lors de la discussion du texte en séance publique, le gouvernement a maintenu sa position, ordonnant à sa majorité de se plier. Cet épisode parlementaire en dit long sur la liberté de parole et d'amendement de la majorité et augure mal de la façon dont on entend donner plus de pouvoir au Parlement. Il révèle aussi l'influence grandissante des intégristes de tout poil au sein du pouvoir d'Etat.

La mixité est un acquis fragile. Parmi ses détracteurs, trois arguments sont invoqués. Le premier, d'ordre pédagogique, met en évidence le frein que peut constituer la mixité aux performances respectives des filles et des garçons. Le second, d'ordre social, souligne la montée des violences dans les établissements, et notamment des violences sexuelles. Le troisième, que l'on peut classer, faute de mieux, dans la catégorie "morale", déplore l'indécence qu'il y aurait à suivre, pour les garçons et les filles, des cours en commun. La délégation aux droits des femmes du Sénat s'était saisie de cette question en 2004. Elle avait conclu que les réponses aux problèmes soulevés se trouvaient non pas dans la ségrégation, mais dans la formation des enseignants,
l'encadrement éducatif, le contenu des manuels scolaires et surtout dans la volonté politique d'accompagner les jeunes femmes dans des choix d'orientations professionnelles dont elles ont tendance à s'auto-exclure.

CONSERVATISME LIBÉRAL

Au-delà de la valeur émancipatrice de la mixité, l'apprentissage du vivre-ensemble commence dès l'école. C'est aussi à ce titre que la mixité est un principe à préserver. Cette remise en cause est une disposition sortie de nulle part et que personne n'a le courage de revendiquer. Rien ne permet d'expliquer la présence de cette mesure alors que tous les protagonistes du débat parlementaire souhaitaient la voir disparaître. Son adoption ne constitue pas un faux pas ou un cafouillage. Au contraire, cette attaque contre la mixité semble issue d'une volonté déterminée, mais non avouée. Elle s'inscrit dans le conservatisme libéral qui caractérise la pensée de M. Sarkozy.

Après avoir affirmé la supériorité du curé sur l'instituteur dans la transmission des valeurs ; après avoir voulu imposer les statistiques ethniques, instrument fort utile pour gommer la question sociale et renvoyer les causes de la délinquance à l'origine ; en donnant maintenant la possibilité de déroger au principe de mixité dans l'éducation, on s'en prend une fois de plus à notre modèle laïque et républicain.

Avec tant d'autres Européens fervents, j'ai combattu les dérives libérales et parfois conservatrices de l'Europe ; là, je ne laisserai pas dire que c'est la faute à Bruxelles ! Laïcité, égalité, mixité... ce continuum, socle de notre modèle républicain ne cesse de subir des attaques comme si, à la tête de l'Etat, on était en train de mettre en place les éléments d'une reconfessionnalisation de la société française.

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Re: La mixité à l’école mise en cause

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