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Amour évangélique...

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Amour évangélique...

Message  pat le Lun 5 Jan 2009 - 22:07

Jésus est sans doute celui qui a approfondi le plus la notion d'amour entre les Hommes.
Aimer tous les Hommes, est ce possible?
A l'évidence, il y a des gens que je n'aime pas, sans les détester pour autant.
Mais alors, l'amour évangélique ne serait que le rêve d'un idéaliste à contre courant d'une nature humaine qui ne pourrait pas se permettre ce genre de fantaisie?

Si je reste sur le mode de l'émotion ou des sentiments, les hommes ne m'apparaissent pas d'emblée aimables, c'est certain.
Je ne peux pas me forcer sans quelque part me tromper moi-même.
Puisque je ne peux pas aimer tous les Hommes sur le mode du sentiment, peut-être le puis-je, sur le mode du vouloir.


Jésus dit d'aimer son prochain, son semblable. Ce n'est pas un concept nouveau. Déjà l'ancien testament parlait de l'amour du prochain.
Mais le message évangélique transforme cette invitation en un concept universel. Il ne s'agit plus seulement d'aimer son proche, celui de son clan, mais aussi l'étranger, celui qui n'est pas semblable justement.

L'étranger? Oui, celui qui nous est étrange. Mais il suffît de le rendre moins étrange pour que tout à coup il paraisse aimable. Il devient alors un semblable sans trop de difficulté.
Comme si Jésus pressentait cette remarque, il va plus loin. Il nous dit.« Au contraire, aimez vos ennemis... », rapporte Luc( 6-27 ), nous obligeant ainsi à quitter définitivement le registre du sentiment, de l'affect .
Impossible d'aimer son ennemi si on reste sur un plan émotif. Comment forcer ses sentiments au point d'aimer celui qui nous a fait du mal. Quand bien même je le voudrais, ma conscience s'y refuserait.
Je dois donc revoir complètement ma façon d'aimer les Hommes, je dois décider de les aimer tous quels qu'ils soient et surtout quelque soit mes sentiments personnels vis à vis de chacun d'eux.


Mais y a t-il quelque chose qui justifie cet amour, pourquoi devrait-on s'aimer? Pourquoi faire cet effort qui paraît parfois si difficile, notamment dans les cas d'extrême violence ?
Pourquoi tenter ce pari de l'amour ?

Pour comprendre cette nécessité, peut-être faut-il revenir sur la notion d'humanité.
Dieu n'a pas créé un seul individu, mais une multitude. C'est une humanité faite d'innombrables partenaires que Dieu a voulu. C'est cette multitude qu'il appelle son Peuple, ses Assemblées, ses Fils......Il aime tous les humains en particulier, mais son partenaire c'est l'Humanité.
Même si Dieu sait bien que tous n'adhèreront pas à son plan, ils cherchent à fédérer le maximum d'individus, quitte à considérer notamment dans la Révélation d'Arès, les Hommes de Bien incroyants comme étant des enfants à part entière.
Ainsi étant tous Image et Ressemblance de notre Créateur, nous sommes forcément dans une sorte de fratrie. Les hommes se ressemblent donc entre eux.
Et l'humanité est un tout pour Dieu. Il ne s'agit pas de venir à lui un par un , mais ensemble. Il nous aime chacun pour nous-mêmes, mais aussi dans notre unité avec lui.

Peut-être faut-il aussi revenir sur la notion de partenariat.
La Création et la liberté de l'Homme tirent leur grandeur dans le destin divin que Dieu a réservé à sa Créature s'il le veut. L'Homme est un être inachevé dont le potentiel divin se réalisera dans une relation de co-création avec son Créateur.

Et revenir aussi sur le rôle de l'homme
Pour parvenir à révéler ce potentiel divin, l'homme doit fournir un effort collectif prodigieux.
Nous comprenons encore mieux aujourd'hui qu'hier, que notre humanité ne peut pas s'en tirer sans amour, sans fraternité. Aujourd'hui il sait que sauf d'en prendre conscience, il risque en peu de temps de s'auto détruire. En acceptant cette communauté de destin, il m'est plus facile d'aimer indistinctement tous les hommes.

Ainsi, nous mesurons mieux l'insistance de Jésus.
Deux perspectives désormais, s'offrent à nous :
-la première, de continuer à faire de mauvais choix permanents dans une rivalité de plus en plus meurtrière, dont l'exemple est mis en scène dans l'histoire d'Adam et Eve.
-la deuxième, de prendre conscience de la nécessité de s'aimer entre nous pour créer les conditions d'un partenariat avec le Créateur.

En conclusion, nous nous rendons bien compte que le concept d'amour que Jésus nous proposait déjà il y a deux mille ans, était révolutionnaire et pourtant si raisonnable que nous aurions dû en saisir l'urgence tout de suite :
Puisque Dieu nous aime, puisqu'il nous veut unis et qu'il nous a donné la possibilité d' achever avec lui « le Royaume », il nous faut donc prendre conscience que nous ne pourrons pas avancer d'un pouce si nous ne créons pas les conditions d'une fraternité créatrice, capable de nous mener aux termes de notre histoire commune.
(je vous recommande de lire sur le forum "la vie spirituelle et la Parole" les versets se rapportant à ce thème)

pat

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Re: Amour évangélique...

Message  Invité le Mar 6 Jan 2009 - 22:32

Merci pour cette belle réflexion
L'Homme est un être inachevé dont le potentiel divin se réalisera dans une relation de co-création avec son Créateur.
L'Homme est-il vraiment un être inachevé, n'est-il pas plutôt un être qui s'ignore parfois et qui doit apprendre à se connaître.
L'Homme est un être qui doit comprendre toute l'immensité qu'il a en lui pour se réaliser. Certes il peut perdre son âme (peut-être est-ce cela que vous appelez inachevé) mais cela ne l'empêche pas de rectifier le tir pour se transformer et évoluer de nouveau, pour retrouver un équilibre spirituel.
"...le potentiel divin se réalisera dans une relation de co-création avec son Créateur" même pour les incroyants sans que ceux-ci s'en doutent. D'où justement l'espoir que Dieu leur porte à eux-aussi, car je pense qu'aujourd'hui Dieu valorise certains incroyants (qui désirent se changer et changer le monde) car Il trouvera très peu de vrais croyants (autres que l'appartenance à une religion).

Deux perspectives désormais, s'offrent à nous :
-la première, de continuer à faire de mauvais choix permanents dans une rivalité de plus en plus meurtrière, dont l'exemple est mis en scène dans l'histoire d'Adam et Eve.
Je ne vois pas le rapport d'une rivalité de plus en plus meurtrière à travers l'histoire d'Adam et Eve ?
On sait ce que l'église a inventé à partir de cette histoire, divisant les hommes et les femmes et faisant hair celles-ci. Est-ce cela que vous prenez en exemple ? Merci de m'expliquer.

Merci pour cette belle réflexion
Assunta

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Re: Amour évangélique...

Message  pat le Mer 7 Jan 2009 - 1:48

Bonsoir Assunta

Je pense, en effet, que l'homme est inachevé, dans la mesure où justement, il possède en lui un potentielle divin qu'il devrait faire naître et qui devrait le faire passer d'un état d'humain plus ou moins spiritualisé à l'état d'Homme éveillé, réalisé, fondu en Dieu. Dieu nous a fait libre, pour que nous construisions si nous le voulons cette aspect qualitatif qui est caractérisé par la spiritualité. c'est en ce sens que nous sommes co-créateur, me semble t-il?

D'autre part quand je dis :
Deux perspectives désormais, s'offrent à nous :
-la première, de continuer à faire de mauvais choix permanents dans une rivalité de plus en plus meurtrière, dont l'exemple est mis en scène dans l'histoire d'Adam et Eve.
L'exemple se rapporte à mauvais choix et non pas à rivalité. L'histoire du premier péché (dit péché originel) est l'histoire du commencement des mauvais choix. Ce mauvais chemin pris par l'Homme dès les origines s'est perpétré jusqu'à aujourd'hui et je disais que si nous continuons dans cette voie, nous en subirons les conséquences....
C'est ma façon de voir les choses.

pat

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Re: Amour évangélique...

Message  Invité le Mer 14 Jan 2009 - 1:34

Pat a écrit:
Jésus est sans doute celui qui a approfondi le plus la notion d'amour entre les Hommes.
Aimer tous les Hommes, est ce possible?
Il n'est pas le seul à avoir planché sur la question d'Aimer.
Aimer serait-il un Art comment le pensait Ovide ? http://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Art_d%27aimer
Il ne me paraît pas possible d'aimer tous les hommes, au sens premier, même cent mille No , car il faudrait que je les connaisse tous et nous sommes trop nombreux, ou ma vie est trop courte et le temps que j'en connaisse quelques-uns, certains auraient déjà disparus.Comment aimer les disparus, et ceux qui ne sont pas encore nés ? scratch

Il me paraît plus réalisable d'aimer tous ceux que je connais et que je croiserais, ce qui ne serait déjà pas mal ! C'est peu, mais je pense que si j'arrivais à aimer déjà tous ceux-là, je serais bien capable d'aimer tous ceux que je ne connais pas.
Mais comment faire pour les aimer ?

Non, dit le petit prince. Je cherche des amis. Qu'est-ce que signifie "apprivoiser"?

C'est une chose trop oubliée, dit le renard. Ça signifie créer des liens..."

Créer des liens?

Bien sûr, dit le renard. Tu n'es pas encore pour moi qu'un petit garçon tout semblable à cent mille petits gerçons. Et je n'ai pas besoin de toi. Et tu n'as pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu'un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m'apprivoises, nous aurons besoin l'un de l'autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai
pour toi unique au monde...

Je commence à comprendre, dit le petit prince.
Il y a une fleur... je crois qu'elle m'a apprivoisé...

C'est possible, dit le renard. On voit sur terre toutes sortes de choses...

[...]

Ainsi le petit prince apprivoisa le renard. Et quand l'heure de départ fut proche :

Ah! Dit le renard... Je pleurerai.

C'est ta faute, dit le petit prince, je ne te souhaitais point de mal, mais tu as voulu que je t'apprivoise...

Bien sûr, dit le renard.

Mais tu vas pleurer! Dit le petit prince.

Bien sûr, dit le renard.

J'y gagne, dit le renard, à cause de la couleur du blé.
Puis il ajouta :
Va revoir les roses. Tu comprendras. Tu comprendras que la tienne est unique au monde.
Tu reviendras me dire adieu, et je te ferai cadeau d'un secret.

Le petit prince s'en fut revoir les roses :
Vous n'êtes pas du tout semblables à ma rose, vous n'êtes rien encore, leur dit-il.
Personne ne vous a apprivoisées et vous n'avez apprivoisé personne.
Vous êtes comme était mon renard. Ce n'était qu'un renard semblable à cent mille autres.
Mais, j'en ai fait mon ami, et il est maintenant unique au monde.
Et les roses étaient bien gênées.
Vous êtes belles, mais vous êtes vides, leur dit-il encore. On ne peut pas mourir pour vous.
Bien sûr, ma rose à moi, un passant ordinaire croirait qu'elle vous ressemble.
Mais à elle seule elle est plus importante que vous toutes,
puisque c'est elle que j'ai arrosée.
Puisque c'est elle que j'ai mise sous globe.
Puisque c'est elle que j'ai abritée par le paravent.
Puisque c'est elle dont j'ai tué les chenilles
(sauf les deux ou trois pour les papillons).
Puisque c'est elle que j'ai écoutée se plaindre, ou se vanter,
ou même quelquefois se taire.
Puisque c'est ma rose.

Et il revient vers le renard :
Adieu, dit-il...

Adieu, dit le renard.
Voici mon secret. Il est très simple:
on ne voit bien qu'avec le cœur.
L'essentiel est invisible pour les yeux.

L'essentiel est invisible pour les yeux,
répéta le petit prince, afin de se souvenir.

C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante.

C'est le temps que j'ai perdu pour ma rose...
fit le petit prince, afin de se souvenir.

Les hommes ont oublié cette vérité, dit le renard.
Mais tu ne dois pas l'oublier.
Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé.
Tu es responsable de ta rose...

Je suis responsable de ma rose... répéta le petit prince, afin de se souvenir.

Le petit prince par Antoine de Saint-Exupéry ici



Rose ... Pierre de Ronsard (je crois)
Bien sûr on peut aimer toutes les roses, j'en connais d'autres blanches, rouges, ... et aussi toutes les autres fleurs.

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Re: Amour évangélique...

Message  Invité le Mer 14 Jan 2009 - 16:59

La rose Thérèse de Lisieux est très jolie aussi. Là, je suis sûr de son nom.



Le nom, importe-t-il ?
"car au fond, personne ne sait le nom des fleurs qu’il y a dans le jardin le plus simple.”
Boris VIAN

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Re: Amour évangélique...

Message  Invité le Mer 14 Jan 2009 - 22:15

"C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante."

Peut-on "perdre" son temps ?
C'est la question que je me pose et que je vous pose.
Le temps ?
"hors du temps" ?
Est-on maître du temps ?

Qu'est-ce que le temps ?


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Re: Amour évangélique...

Message  pat le Mer 14 Jan 2009 - 23:33

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Oui, njama on peut aimer toutes les roses.
Moi, qui ai passé vingt ans de sa vie parmi elles, qui ai cueilli des milliers de Pierre de Ronsard comme celle que tu m'envoies ( d'ailleurs, je pense que c'est une des miennes que j'avais photographiées l'an passé et que j'ai dû t'envoyer à cette époque. Je vois que tu l'as bien conservée. Merci de me la renvoyer le jour de mon anniversaire ).

Mais lorsqu'on aime une rose comme le Renard, on reste dans l'amour sentimental, dans l'amour que nous renvoie celui qui s'est laissé apprivoisé en même temps que l'on acceptait de se laisser apprivoiser par lui. Cela s'appelle l'amitié ou l'amour.

Mais la grande nouveauté de Jésus, c'est qu'il nous demande non seulement d'aimer tous les hommes mais d'aimer nos ennemis. Mission impossible!
Nos ennemis! Je comprends que cet amour inconditionnel pour l'homme ait eu le succès qu'on connait même après deux mille ans de christianisme.

Mais il avait compris, comme je le dis dans l'article, que la fraternité était la seule façon d'épanouir le divin contenu dans chaque homme. Il avait compris que sans une fraternité de principe, il n'y avait aucune chance pour que le règne de Dieu vienne. C'est ça son grand enseignement, c'est qu'il n'y a pas de révélation possible de Dieu sans amour de l'autre.
Car cet autre est lui-même une Image de Dieu. Il ne peut donc pas y avoir amour de Dieu sans amour de ce qui lui ressemble, même potentiellement.


[b]

pat

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Re: Amour évangélique...

Message  Invité le Jeu 15 Jan 2009 - 0:57

C'est bien la rose que tu m'avais envoyée, j'en ai pris soin drunken et j'ai offert cette beauté un peu rare à quelques autres fleurs que je connais.
Merci pour le bouquet.

Happy birthday et happy de te connaître.



Saint-Ex n'a pas faux sur toute la ligne, parfois il faut tirer le bout de la ficelle, donner un peu de soi, laisser mijoter, "agir" le temps ... le renard est un filou, en fait de secret, il s'agit plutôt d'une recette "infaillible" je pense, mais limitée, une rose parmi cent mille Suspect est-ce une preuve par neuf ?
Faut-il être sceptique devant toutes théories ? les poètes ont les leurs aussi, ils voient avec le cœur.
Faut-il aimer les sceptiques ? ... je ne sais pas s'il faut les aimer, sûrement que oui, mais je leur conseillerais d'expérimenter avant de parler. Rolling Eyes

fraternité de principe avec toutes le fleurs de la terre ? certaines ont des épines comme la rose.

amour sentimental Kesaco ? c'est pas l'amour de l'autre ? c'est qu'il n'y a pas de révélation possible de Dieu sans amour de l'autre. ça ne marcherait pas même un petit peu dans ce cas de figure

amour inconditionnel ...fondamentaliste, absolu ? ce genre d'amour me fait peur. Inconditionné (qui n'est soumis à aucune condition) voulais-tu dire ? celui qu'on tombe dedans comme Obelix dans la potion magique ?

Y-aurait-il plusieurs z'amours ? ou est-ce comme pour les fleurs, une myriades de nuances de couleurs, de parfums, de formes, de beautés ?
Le zouave de Nazareth qui aimait tout le monde, il a pas dit aimer Dieu ou son semblable, c'est même chose !

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Re: Amour évangélique...

Message  pat le Jeu 15 Jan 2009 - 12:47

fraternité de principe avec toutes le fleurs de la terre ? certaines ont des épines comme la rose.
Oui fraternité de principe, même quand les autres nous paraissent avoir des « épines ». Même l'ennemi, il faut l'aimer dit Jésus parce qu'il n'y a pas d'amour de Dieu sans l'amour de son semblable. Le premier commandement dit Jésus c'est d'aimer Dieu et le deuxième lui est semblable aimer les autres hommes. C'est un commandement, c'est une fraternité de principe. Il n'est pas nécessaire d'y mêler le sentiment.

amour sentimental Kesaco ? c'est pas l'amour de l'autre ?

Pour autant je n'ai pas dit que l'amour sentimental n'avait pas de valeur. Personne n'a jamais dit cela, ce serait une stupidité. C'est super de pouvoir aimer l'autre dans sa chair et dans son esprit. Mais ce que veut dire Jésus, c'est qu'il ne faut pas en rester là. Jusqu'à maintenant et encore aujourd'hui on aime les gens de sa famille, de son clan, de sa culture, les gens qui nous apprivoisent, les gens que l'on apprivoise. C'est difficile malgré tout, mais c'est possible et cela donne de grande joie.

c'est qu'il n'y a pas de révélation possible de Dieu sans amour de l'autre. ça ne marcherait pas même un petit peu dans ce cas de figure
amour inconditionnel ...fondamentaliste, absolu ? ce genre d'amour me fait peur. Inconditionné (qui n'est soumis à aucune condition) voulais-tu dire ? celui qu'on tombe dedans comme Obelix dans la potion magique ?
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Mais encore une fois, et ce n'est pas étonnant que l'amour évangélique soit si mal compris et si mal observé depuis deux mille ans, il ne s'agit pas d'aimer ceux qui nous sont aimables, mais comme tu le fais remarquer justement de les aimer d'un amour inconditionné (sans condition).

Le Royaume qui est en chacun de nous comme dit encore Jésus, est en chacun de tout le monde et donc il n'y a pas de Royaume accessible si nous en rejetons une partie.
Le pardon que l'on a quelque fois abordé ici fait partie de ce processus minimum pour parvenir à quelques résultats.

A force d'essayer de comprendre, on finit par comprendre ce que cet amour évangélique suggère et exige, mais comprendre n'est pas accomplir. Pour ma part, j'en suis à un certain stade de la compréhension, mais je me rends compte du travail colossal qu'il faudra faire sur ma propre mentalité pour arriver à ressentir ces choses et de les vivre presque naturellement. Parfois quand je vois ma propre lenteur et la lenteur du monde, je me demande si l'effort ne se continue pas post mortem....
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Re: Amour évangélique...

Message  Invité le Lun 19 Jan 2009 - 1:10

Mais la grande nouveauté de Jésus, c'est qu'il nous demande non seulement d'aimer tous les hommes mais d'aimer nos ennemis. Mission impossible!
Nos ennemis!

L'ennemi, c'est l'adversaire (réel) que l'on a déshumanisé [ou l'adversaire "imaginaire" que l'on n'a pas humanisé. > je pense aux personnes qui faisaient la guerre à d'autres personnes déclarées "ennemies" qu'elles ne connaissaient même pas].
Il me semble que d'adversaire à ennemi, il y a une perte d'identité et une chute. Certes un adversaire s'oppose, mais on lui garde du respect, il reste "autre". Je pense même, que plus on lui garde de respect, plus cette adversité (opposition) a de chance de disparaître.
Manquer de respect à l'autre, c'est prendre le risque qu'il ne garde pas celui qu'il a (encore) pour nous. C'est s'exposer soi-même à devenir son ennemi.
L'homme peut être son propre fossoyeur.

L'altérité suppose que l'identité ait été perçue auparavant (cela se fait de façon très furtive, intuitive ou instinctive), ce qui nous fait paraître l'autre distinct. Car comment pourrions-nous dire qu'il est distinct ? Si nous le disons, c'est que nous avons constaté des différences.
Notre perception focalise peut-être davantage sur "ces différences" (minimes par rapport à la globalité de la personne) que sur l'identité que l'on partage, laquelle du coup devient comme transparente.

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Re: Amour évangélique...

Message  Invité le Mer 21 Jan 2009 - 18:32

Notre perception focalise peut-être davantage sur "ces différences" (minimes par rapport à la globalité de la personne) que sur l'identité que l'on partage, laquelle du coup devient comme transparente.
Peut-être que nous confondons identité au sens ontologique (qui appartient à la catégorie de l'être et non à celle du paraître) et singularité (trait, caractère, spécificité ... bref l'ensemble de nos différences physiques ou métaphysiques (mentales) avec l'autre distinct, sexe, culture, couleur de peau, âge ...).
Nous sommes à la fois les deux, identique et singulier.

Je ne vois pas ce que l'on peut dire d'ailleurs de l'identité, hormis que nous ne la connaissons que comme une préscience (faculté de deviner de façon intuitive ce qui est encore inconnu) que l'autre porte quelque chose d'identique à "soi-même" au-delà de nos différences. Ainsi les espèces se reconnaissent entre elles.
Sans l'autre, impossible de le constater.

Puisque le sujet est sur l'amour évangélique, je me disais que cet amour évangélique n'était peut-être que simple contemplation intuitive et fugace, manifestée dans l'instant de la rencontre_présence, dont les formes et le degré varient suivant l'autre, étranger, ami, parents, enfants, époux (épouse). Un lien d'identité à identité.
L'amour évangélique n'a pas de frontières, de limites.

Le paradoxe est que l'amour quelquefois peut être mortel spirituellement, quand il est possessif, étouffant confused . Qu'il soit amour pour Dieu ou ou amour pour l'autre, quand il prend une dimension possessive, matérialiste (jalousie).
L'amour possessif entrave toute liberté, pas celle de Dieu bien sûr, mais celle de l'enfant, de l'épouse, de l'être aimé ...

Le décalogue n'invite qu'au respect "Honore ton père et ta mère" (il ne dit pas "Obéis à tes parents"), c'est à dire tu ne leur manqueras jamais de respect. Le corollaire n'est pas dit, mais il est explicite qu'il ne doit pas y avoir de rapport de domination, de possession ou d'iniquité, père et mère pouvant être pris dans un sens large de génération antérieure.

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Re: Amour évangélique...

Message  pat le Mer 21 Jan 2009 - 21:55

Merci njama de relancer ce débat qui ne semble donner aucune ré-activité aux membres de ce forum. Pourtant je crois essentielle à la vie spirituelle de bien comprendre ce qu'est l'amour entre les Hommes.
Peut-être ce forum paraît bien fade parce qu'on ne s'y dispute pas.


Je reviens un peu sur ce que tu as écrit et qui donne l'occasion d'approfondir un peu plus cet amour particulier qu'est l'amour évangélique.

D'une part, on peut effectivement complètement fantasmer sur un ennemi hypothétique qu'il soit seulement adversaire ou ennemi imaginaire. Il y a, comme tu le fais remarquer toutes les combinaisons possibles qui vont de la plus idiotes à la plus inventées, mais il y a aussi le vrai ennemi. Celui qui vous a dit qu'il vous ferait la peau.

Or Jésus ne fait aucune différence. Il parle de l'ennemi et pour le coup cela englobe à la fois le faux ennemi, fruit de notre imagination et le vrai ennemi.

D'autre part, c'est vrai qu'il y a des différences entre les personnes et c'est ce qui fait la singularité de chacun et aussi la diversité de ce monde, c'est vrai aussi que nous percevons comme une donnée immédiate, intuitive une certaine identité avec les autres.

Ces deux données cohabitent très bien.

Je conçois très bien que l'amour évangélique puisse trouver ses racines dans une sorte de prise de conscience ou (une contemplation comme tu dis) d'un lien d'identité réciproque. Quelque chose qui pourrait s'énoncer comme : il n'y a rien qui ressemble plus à un homme qu'un autre homme et au nom de cela, j'essaie d'introduire dans mes relations avec les autres un lien de fraternité.
L'amour évangélique peut ne pas être plus compliqué que cela.
Le paradoxe est que l'amour quelquefois peut être mortel spirituellement
C'est un vrai paradoxe, en effet, mais quand il existe on n'est plus dans l'amour évangélique. On est dans une relation sentimentale qui tourne mal.

Finalement, on peut en effet, se tromper sur la signification du mot ennemi ou grossir exagérément les différences au point de trouver des ennemis dans chaque individu un peu différent, tout cela est très possible, mais à un moment donné il faudra bien entendre ce que Jésus nous dit : aimer tous les Hommes même ses ennemis.
Après cela, comme tu le suggères et comme je le disais dans un autre post :
Ainsi étant tous Image et Ressemblance de notre Créateur, nous sommes forcément dans une sorte de fratrie. Les hommes se ressemblent donc entre eux. Et l'humanité est un tout pour Dieu. Il ne s'agit pas de venir à lui un par un , mais ensemble.
C'est ce que tu appelles :
un lien d'identité à identité.

pat

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Re: Amour évangélique...

Message  Invité le Jeu 22 Jan 2009 - 17:50

D'une part, on peut effectivement complètement fantasmer sur un ennemi hypothétique qu'il soit seulement adversaire ou ennemi imaginaire. Il y a, comme tu le fais remarquer toutes les combinaisons possibles qui vont de la plus idiotes à la plus inventées, mais il y a aussi le vrai ennemi. Celui qui vous a dit qu'il vous ferait la peau.
Or Jésus ne fait aucune différence. Il parle de l'ennemi et pour le coup cela englobe à la fois le faux ennemi, fruit de notre imagination et le vrai ennemi.
Le vrai ennemi, a un visage. Il est dans la vie ordinaire "normale" Hors cas exceptionnels étranges (malades mentaux, crimes déments ...) , l'ennemi a été en "mauvaise" relation humaine avec l'autre à qui il veut donc du mal . Mal qui tentera d'exercer, en réparation du mal reçu (rendre le mal), sur "son" ennemi ou à défaut qu'il transférera sur un innocent. On ne devient pas "ennemi" comme ça naturellement, sans cause(s).
Manquer de respect à l'autre, c'est prendre le risque qu'il ne garde pas celui qu'il a (encore) pour nous. C'est s'exposer soi-même à devenir son ennemi.
L'iniquité, l'injustice, la violence, ... sont des fabriques d'adversaires qui peuvent potentiellement se transformer en ennemis.

Le faux ennemi n'a pas de (vrai) visage, ou il est un visage illusoire en trompe-l'œil, en caricature grossière, en épouvantail. Si le faux ennemi n'en a pas, c'est qu'on (notre imagination, le mensonge, la convoitise, la vénalité ... ) le fabrique (pourquoi est une autre question).

1936 > < 2006
Rien n'a changé, toujours les mêmes procédés. Salir l'autre, ou le faire plus sale qu'il ne l'est réellement.

L'ennemi dont parle Jésus est je pense un ennemi avec visage, il est un ennemi "prochain", et pas "lointain", inconnu. J'ai comme le sentiment que si on lui avait parlé d'un ennemi lointain (d'Inde, d'Afrique ou d'ailleurs) je suppose qu'il aurait demandé des explications à son interlocuteur Suspect ... (et fait une réponse du genre Qu'ai-je à voir dans cette histoire ?)
Le changement du monde part de là (de la base comme toujours), de cet amour évangélique, amour "proche" ou de proximité.

C'est déjà pas toujours très simple confused de s'occuper de ce qu'il y a autour de soi, si en plus il faut aller se mêler de quelques querelles de marchands, de voyageurs, d'étrangers ... au loin dans lesquelles on n' a rien à voir ... Rolling Eyes

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Re: Amour évangélique...

Message  Invité le Ven 23 Jan 2009 - 1:32

Parfois on est notre propre ennemi sans le savoir (éducation reçue, etc...) ; ou bien on devient notre propre ennemi à cause d'une injustice que l'on a subit et sur laquelle on focalise trop faisant créer des émotions, sentiments et énergies négatives.
Dans ces cas où on est soi-même l'ennemi, on ne se rend pas compte que les griefs que l'on a et que l'on projette sur quelqu'un représente ce que l'on est au fond de soi, nos propres défauts qu'inconsciemment on ne supporte pas. Et cette incompréhension de cet état de fait, peut envenimer encore plus la relation à l'autre tant qu'on est inconscient de cette vérité.

Dans le cas où on aurait un ennemi, physique, réel tel que Jésus en parle, il vaut mieux parfois s'en tenir loin s'il/elle désire se venger ou à l'extrême désire notre mort ; cela est clair. Mais sur le plan spirituel lorsque Jésus nous demande d'aimer notre ennemi pour moi cela signifie que nous lui gardons l'espérance ainsi que la confiance qu'il/elle prenne conscience un jour que sa colère, sa haine, son désir de vengeance ou l'envie de mort, ne mène à rien, détruit, déconstruit, surtout soi en premier.
Avoir cette espérance et cette confiance en notre coeur envers notre ennemi, est CROIRE qu'il/elle changera un jour, et nous fait garder à l'esprit que ce qu'il/elle est nous pouvons un jour le devenir.

Aimer son ennemi est, sur le plan concret et réel, je dirai matériel, une force qui protège, qui nous montre où on en est de notre propre changement et nous démontre que nous pouvons nous aussi chuter. Devenir un ennemi envers quelqu'un(e), cela peut nous arriver.
L'amour est une force qui nous amène à la réflexion et la compréhension, à l'empathie.

On peut ne pas être d'accord, refuser catégoritquement, voire détester les actes, actions de notre ennemi, mais il est de notre devoir de ne pas oublier l'humain en lui pour toujours avoir confiance en lui/elle, en son changement. Voire être là le jour où il/elle désire changer et l'aider à vivre le Divin en lui/elle.

Aimer son ennemi veut dire REFUSER les actes et attitudes injustes mais pas les personnes qui posent ces actes.

Assunta

J'aime bcp les images Njama elles me font rire.

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Re: Amour évangélique...

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