Spiritualités

LE CHRISTIANISME NE PEUT EXISTER QUE DANS L'INSOUMISSION

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LE CHRISTIANISME NE PEUT EXISTER QUE DANS L'INSOUMISSION

Message  Invité le Dim 19 Juil 2009 - 2:03

Christian Terras, de Golias : "Le christianisme ne peut exister que dans l’insoumission."

Lire cet article sur le lien :
http://www.article11.info/spip/spip.php?article218

Extraits :

"l’église préférant soutenir des dictatures plutôt que les plus humains de ses représentants."

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"...J’ai même failli être excommunié, après avoir dénoncé dans Golias la "disparition" de subventions versées à l’église par des collectivités locales à l’occasion d’un voyage papal en Bretagne. Mgr Lustiger voulait ma peau, j’ai finalement été sauvé in extremis… Mais ça illustre bien cette violence institutionnelle que Golias peut déclencher avec ses enquêtes touchant au sexe, à la politique, au fric et à dieu."

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"Golias a dénoncé, en 1995, l’implication de l’église dans le génocide rwandais, ça a valsé sec ! Je m’étais rendu sur place et j’avais des preuves des responsabilités de l’épiscopat français, qui a accueilli et caché des personnes ayant participé au génocide. C’est une fâcheuse habitude de l’église : elle l’avait déjà fait après la Deuxième Guerre mondiale, quand avait été mis en place un réseau pour exfiltrer les dignitaires nazis vers l’Amérique Latine [3]. Evidemment, nos révélations n’ont pas vraiment plu : Golias a eu droit à cinq procès, nous en avons gagné quatre et perdu un, pour une broutille juridique."

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"Je pense que le christianisme ne peut exister que dans l’insoumission aux pouvoirs politique et religieux. Il devrait toujours être dérangeant, avec un message allant contre le conformisme ambiant."

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"Il faut d’abord préciser qu’il y a eu une énorme hémorragie dans l’église : dans le monde, ils sont plus de 100 000 prêtres à l’avoir quittée entre 1965 et 1995. C’est ça, le dernier tabou du catholicisme : ses prêtres fuient… La plupart sont partis parce qu’ils voulaient se marier ou qu’ils ne croyaient plus à ce système. Et aussi parce que l’influence croisée de Vatican II et de l’esprit de 1968 ont fait voler en éclats leurs convictions.
De 1965 à 1985, toute vitalité culturelle et intellectuelle a disparu de l’église. D’où la tentative de Jean-paul II de remobiliser ses troupes en jouant la carte du modernisme, même si, dans la pratique, il s’était engagé dans une croisade contre le relativisme : ce pape était convaincu qu’il n’y avait point de salut hors l’église catholique. Et pendant son pontificat, les fondamentalistes et autres gourous intransigeants se sont constitués en base arrière, en attendant leur heure. Pour beaucoup, ils sont su jouer plus finement que Mgr Lefèbvre, trop extrémiste pour faire semblant : ils ont reconnu Vatican II en prenant leur mal en patience. C’est par exemple le cas des moines bénédictins du Barroux, des représentants de l’ultra-droite catholique qui ont fait le pari de l’extrême-droite de dieu au sein de l’église…

De façon différente, ça a aussi le cas d’un bon nombre de fondamentalistes qui pensent que le monde doit être converti au message catholique. Ainsi des charismatiques, une déclinaison catholique des évangélistes américains : dans les années 1980, ils se sont fait discret et ont reçu des missions, des paroisses, des diocèses… Depuis une quinzaine d’années, ces “troupes de la nouvelle évangélisation” s’imposent et se davantage à visage découvert."

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"Il faut comprendre que Jean-Paul II était face à de multiples défis : il y avait le séisme Vatican II et mai 68, ces 100 000 prêtres prenant la poudre d’escampette, les fidèles qui désertaient et l’encyclique Humanae Vitae, édictée en 1968, qui disait non à la contraception au nom d’une pseudo loi naturelle. Il aurait pu changer l’église - c’était le bon moment -, mais a préféré provoquer une explosion en plein vol des volontés d’ouverture.
A l’époque, quand Jean-Paul II est devenu pape en 1978, il avait déjà Joseph Ratzinger, le futur Benoît XVI, à ses côtés : il le nomme d’ailleurs en 1981 préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi. Il était son homme de confiance, celui qui surveillait tout ce qui se passait au Vatican et veillait au respect de l’orthodoxie. Avec une mission claire : remettre d’équerre tous ceux qui pouvaient penser autrement. Ce qu’il a fait…"

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"Golias avait publié un dossier sur cette question il y a douze ans, un numéro titré La Nouvelle Inquisition : nous y faisions état du véritable laminage idéologique mené par Ratzinger. Ce dernier a condamné en personne 148 théologiens, accusés de ne pas suivre la ligne, et en a fait condamner 850 autres par l’interface des évêques. Parmi ces brebis jugées galeuses, il y avait tous les théologiens de la Libération, ceux de l’acculturation – des missionnaires qui voulaient repenser le message de l’église – et tous les théologiens de la morale et de l’église, qui se penchaient sur les questions sexuelles, familiales et de bioéthique. Résultat ? Il n’y a plus de pensée différente dans l’église. Une vrai politique de la terre brûlée, qui a permis aux groupes intransigeants et aux fondamentalistes de revenir dans la course."

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"Ce mouvement de réaction à l’œuvre dans l’église rejoint-il la laïcité positive prônée par Sarkozy ?
Oui. Il est évident que la laïcité est en danger à partir du moment où on commencer à bricoler un adjectif autour. Un mois avant l’élection de Nicolas Sarkozy, Golias avait sorti un sorti un dossier soulignant combien le rapport au religieux du candidat était dangereux, notamment parce qu’il avait trois fondamentalistes dans ses bagages. Soit Emmanuelle Mignon, Thibaud Collin et le dominicain Philippe Verdin, tous trois surnommés “la trinité infernale”. Ce sont eux qui ont écrit le discours du Latran et ils sont très représentatifs de cette vision intransigeante qui s’impose aujourd’hui au sein de l’église."

"C’est incroyable : la laïcité française est un modèle dans le monde, mais ici on lui taille un short parce qu’elle serait l’expression de l’hostilité de la société envers la foi et l’église. Elle finance pourtant la restauration des lieux de culte, la sécurité sociale du clergé… Il faudrait peut-être arrêter de se foutre de la gueule du monde…"

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"Vous avez un discours très critique. Pourtant, vous croyez encore que l’église peut changer ?
Oui, car je pense que c’est un système qui touche ses limites, un peu à l’image du PS… Benoît XVI va boucler la boucle de l’intransigeance. A moyen terme, la chape de plomb pèsera encore davantage ; mais à long terme, nécessité fera loi. L’église ne pourra pas remédier à la crise des vocations, même en faisant venir les charismatiques, ainsi que des prêtres d’Europe de l’Est, d’Afrique et du Brésil. Et la nouvelle organisation de l’église française, avec un prêtre de campagne qui se retrouve responsable de 10 à 25 clochers, ne tiendra pas longtemps.
Au fond, tout bute sur deux point essentiel : le refus du mariage des prêtres et de l’intégration des laïcs. Le premier conduit à une profonde hypocrisie, avec 40 % des prêtres français qui mènent une vie maritale clandestine et 20 % une vie homosexuelle clandestine. Mais quand ses dernières forces vives, à qui on demande de se cacher et de se dissimuler honteusement, auront déserté l’église, il faudra bien mettre autre chose en place. C’est pour ça que je reste optimiste.
Ce n’est pas un optimisme béat, hein…Je suis réaliste, je connais très bien ce monde et ses perversions. Et je sais que ça va continuer encore un bon moment – on en a encore une illustration avec la nomination du nouvel évêque de Bayonne, à la fois intégriste et charismatique -, mais tout concourt souterrainement à l’émergence d’une nouvelle manière de se sentir chrétien. Il faut juste attendre que l’église fasse son aggionarmento."

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Re: LE CHRISTIANISME NE PEUT EXISTER QUE DANS L'INSOUMISSION

Message  Invité le Dim 19 Juil 2009 - 18:36

Je trouve Golias courageux et sympathique, et je crois sincère, mais pourquoi vouloir conserver "l'église", donc le clergé, les dogmes, etc. ? Je ne vois pas la réponse...

Il me semble que des assemblées pour l'évangile peuvent refleurir n'importe où, dans une église comme sur la place publique ou dans les caves des cités, quand deux au moins sont réunis pour les hommes comme pour Dieu - et qu'il n'y en a pas un au-dessus de l'autre.


(je trouve le parallèle avec le PS bien vu)

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Re: LE CHRISTIANISME NE PEUT EXISTER QUE DANS L'INSOUMISSION

Message  Invité le Lun 20 Juil 2009 - 0:13

frèrelibre a écrit:Je trouve Golias courageux et sympathique, et je crois sincère, mais pourquoi vouloir conserver "l'église", donc le clergé, les dogmes, etc. ? Je ne vois pas la réponse...
Comme toi j'aime beaucoup, et je suis régulièrement leur site depuis pas mal de temps.
Il me semble avoir lu la réponse dans l'article :

Vous avez un positionnement politique ?

Golias s’affirme à la croisée du religieux et du politique. C’est d’ailleurs ce qui nous différencie des catholiques de gauche qui, pour la plupart, n’envisagent pas une transformation radicale de l’église et ne dénoncent pas son côté monarchie absolue.
Fondamentalement, nous sommes plutôt des anarchistes chrétiens, des insoumis.
Je la lis également sur leur site:
MESSAGE A TOUS NOS VISITEURS
[...]
Ce qui nous importe c’est de poursuivre notre chemin de foi en éveillant nos frères humains à cette liberté extraordinaire à laquelle le Jésus des Evangiles nous appelle et nous donne de vivre au quotidien.

Fraternellement à Tous,… qui que vous soyez et quels que soient vos choix de vie et vos routes.
Je lis aussi bien dans cet article ainsi que dans la richesse des thèmes abordés sur leur site que Golias cherche à être constructif.
C'est sûr que Golias a connaissance des petites coulisses du monde religieux et fait jaser et couler beaucoup d'encre dans les milieux avertis.Il donne à voir, et à réfléchir en exposant ouvertement les différences de sensibilités et les tensions au sein de l'Église.
Golias est inclassable, il est né d'une nécessité (voir dans l'article > comment a débuté l'aventure Golias ? ... Bref, on a inventé un genre médiatique dans le champ religieux.).

Golias s'affirme libertaire au sens évangélique. L'article débute par un:
"Hérétique, Christian Terras ?"
Pour tous les bigots à la petite semaine, grenouilles de bénitiers, exaltés de la foi et autres intégristes crétins, oui. Mais pour ceux - respectables - qui veulent croire en la beauté de la doctrine chrétienne des origines comme d’autres ont foi en la révolution, il est un compagnon de lutte.

C'est sûr que l'on n'y retrouve pas un sens aussi large et fédérateur que dans la révélation d'Arès, peu de dimension œcuménique (avec les autres spiritualités abrahamiques) dans ses publications, mais difficile de courir plusieurs lièvres à la fois. Ça part quand même très fort dans le bon sens. Restera plus qu'à se rejoindre.

Christian Terras, un trublion ! Golias, l'empêcheur de croire en rond (sous-titre de la revue et du site), 24 ans d'existence déjà "Golias est née en 1985".



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Re: LE CHRISTIANISME NE PEUT EXISTER QUE DANS L'INSOUMISSION

Message  Invité le Lun 20 Juil 2009 - 9:26

Merci de ces citations.

Mais honnêtement, en les lisant, je ne vois pas la réponse à ma question, bien au contraire :
anarchistes (chrétiens) ET acceptation des chefs (religieux) ?

S'il y a bien un sens certain au mot "anarchie", depuis le 14ème siècle, c'est bien "absence de chefs"...

C'est un peu comme s'il y avait des anarchistes au PS.

Je ne vois pas comment changer "l'église" autrement qu'en changeant pour vivre sans "église", je veux dire hors de toute hiérarchie.

Mais je sais aussi que les contradictions sont faites pour être dépassées...

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Re: LE CHRISTIANISME NE PEUT EXISTER QUE DANS L'INSOUMISSION

Message  Invité le Mar 21 Juil 2009 - 0:47

Je suis d'accord pour que les contradictions sont faites pour être dépassées.
La question est d'accorder du temps pour qu'elles le soient.
Maintenant il se trouve que "cet héritage prophétique" qui a touché l'Occident (par le biais de Pierre et Paul qui se sont un peu égarés dans ces terres pauvres) a été véhiculé "bon an mal an" (pour ne pas rentrer dans des polémiques ou des situations historiques particulières) par cette Église (croyants et clergé).
Je ne m'y identifie pas particulièrement, mais néanmoins, en dépit de multiples tribulations qu'elle a subies ou suscitées, un fond évangélique de grande valeur a été transmis au fil des siècles. Aussi, je conçois que l'on puisse avoir ou ressentir comme un attachement "indéfectible" envers à cette épopée de vingt siècles et s'y attacher comme un bigorneau à son rocher.
La Révélation d'Arès parle de la plus belle récolte, sans plus de précisions.
Je ne vois pas comment changer "l'église" autrement qu'en changeant pour vivre sans "église", je veux dire hors de toute hiérarchie.

L'église ne changera pas par le haut, mais par la base, comme tout changement dans la société. Mais ce changement viendra autant d'éléments de l'intérieur que d'éléments de l'extérieur par (effets du Semeur... j'imagine pour que les asymptotes se rejoignent).
J'aime beaucoup Golias, mais je perçois son insuffisance à percevoir des valeurs transversales avec d'autres spiritualités que celles spécifiquement chrétiennes( Islam, et judaïsme particulièrement, sans parler des autres, comme si le fond avait pu changer). C'est mon point de vue. En même temps qui pourrait affirmer que le christianisme a réellement commencé ?

@ Assunta
"Le christianisme ne peut exister que dans l’insoumission."
Aujourd'hui m'est revenue à l'esprit cette citation de de Gaulle qui disait que "les français sont des veaux".
Aussi je relativise beaucoup sur cette "soumission" (ou insoumission) qui n'est pas spécifique qu'au monde catho ou chrétien en général. Il faut en chercher les raisons ailleurs.

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Re: LE CHRISTIANISME NE PEUT EXISTER QUE DANS L'INSOUMISSION

Message  pat le Mar 21 Juil 2009 - 22:19

Dans un premier temps, en effet, ce n'est pas l'église qui va changer.
Par quel miracle changerait-elle?
Ce sont les Chrétiens qui vont changer. Et si je dis cela, c'est que je constate qu'ils sont en train de changer.

Il n'y a pas une institution, pas une idéologie qui peut résister longtemps à sa base. Car une institution n'existe que par les Hommes qui s'en réclament. S'il y en a suffisamment à changer, elle-même changera.

Le parti communiste a été très puissant, l'église aussi. Les Hommes qui composent ces organisations sont bien différents de ceux qui ont été les artisans de leur développement. Pour moi cela va continuer et en ce qui concerne les individus chrétiens, je crois que l'avenir est à la naissance d'une spiritualité dans laquelle la Révélation d'Arès aura un rôle de libération dogmatique et de recadrage sur l'essentiel.

pat

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