Spiritualités

Caïn et Abel

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Caïn et Abel

Message  Admin le Dim 20 Sep 2009 - 23:25

Dans le cadre d'une réflexion sur la Parole, je vais ressortir quelques textes déjà publiés et les mettre là où ils doivent être.
Un des premiers enseignements de l'humanité concerne le droit à la vie et la condamnation absolue du meurtre.
Il s'agit de l'histoire du meurtre de Caïn sur son frère Abel.
Abel, le doux, le gentil dont les qualités exaspèrent de jalousie son frère . Nous sommes ici en face de deux opposés : le doux et le violent.

Et l'histoire semble donner raison au violent puisque l'autre cesse de vivre. A quoi bon être doux si c'est pour mourir.
La seule loi qui vaille, c'est celle du plus fort. On pourrait penser que l'élimination de Abel donne un fondement à la loi du plus fort, d'autant plus que c'est la loi du monde animal dans son ensemble.

Dès l'origine et dans ses mythes les plus anciens, l'homme comprend qu'il n'est pas un animal comme les autres et justement Dieu l'extrait de la Loi commune en lui donnant le sens de la responsabilité.
Il lui fait comprendre qu'il peut, qu'il doit dans certaine circonstance désobéir à la Loi, échappant ainsi à l'arbitraire de l'instinct pour créer une autre entité qui témoignera de sa spécificité, à savoir : son humanité.

« Ecoute le sang de ton frère crier vers moi du sol! » lui dit Dieu.
Il faut d'abord remarquer que ce n'est pas Abel qui crie vengeance, c'est la terre entière qui crie de désespoir et ce cri parvient jusqu'aux oreilles de Dieu.
Ce sang versé a révolté toute la terre. Ce n'est pas rien, cela veut dire qu'un tel acte a un effet sur toute la Création.
Il apparaît donc clairement que dès l'aube de l'humanité, et bien avant que Moïse ne révèle les dix commandements, les hommes avaient compris que pour eux, la loi du plus fort n'était pas impérative comme chez les animaux et qu'ils pouvaient régir leurs rapports avec d'autres normes.

A ce niveau nous pouvons conclure que c'est en dépassant la loi de la nature que l'homme se révèlera vraiment et que le meurtre et la vengeance sont des actes qui le déshumanisent.

Caïn répond à Dieu : « Ma peine est trop lourde à porter. Vois! Tu me bannis du sol fertile, je devrai me cacher loin de ta face et je serai un errant parcourant la terre: mais, le premier venu me tuera.»

Ainsi, après avoir été banni (Gn 3-24), une première fois pour s'être pris pour Dieu , autrement dit à cause de son orgueil, l'homme l'est une seconde fois, à cause de sa violence, de sa brutalité.

Mais la seconde fois, l'homme est moins innocent, il connaît le poids de sa faute. Sa conscience a déjà beaucoup évolué, car c'est lui qui se retire :
« Caïn se retira de la présence de Yahvé » (Gn 4-16), comme si la Perfection de Dieu n'était plus désormais compatible avec la violence de l'homme.

Mais quand Caïn dit a Dieu que le premier venu va le tuer, Dieu sait que s'il laisse Caïn sans protection c'est à nouveau le meurtre qui va prévaloir et sous une justification que Dieu condamne particulièrement, à savoir celle de la vengeance. Alors Dieu qui a déjà compris que l'homme était entré dans une phase particulièrement difficile s' efforce de ne pas être complice d'un tel désordre. Il offre donc, malgré tout, sa protection , mettant Caïn à l'abri des vengeances sans fin:
«Yahvé mit un signe sur Caïn, afin que le premier venu ne le frappât point. » (Gn 4-15)

Mais le mépris de la vie, le meurtre, la vengeance continueront de dégrader l'homme au point d'écoeurer Dieu.
-Yahvé vit que la méchanceté de l'homme était grande sur la terre et que son coeur ne formait que de mauvais desseins à longueur de journée. Yahvé se repentit d'avoir fait l'homme sur la terre et il s'affligea dans son coeur. » (Gn 6-5)
Yahvé se repend et s'afflige, il est débordé par la violence de l'homme. Le Père ne retrouve pas son fils, rien dans l'Homme ne ressemble plus à Dieu..

Ainsi comme nous l'avons vu plus haut, l'homme devait rompre avec la loi du plus fort, avec la violence pour créer les conditions de son humanité et rester dans l' harmonie divine.
Au contraire, par une perversion de ces dons, il a développé une méchanceté, une jalousie inconnues chez les animaux, tout au moins à ce degré de conscience.

On peut donc remarquer que la conscience morale existait très tôt chez les hommes puisque les mythes les plus anciens condamnent le meurtre, la jalousie, la vengeance, la rivalité agressive. Qu'ils ont vite compris que la vie avait une valeur absolue et que la loi du plus fort représentait un véritable danger pour la pérennité de l'espèce.

Par contre on ne sent pas chez l'Homme une véritable compréhension de la nécessité impérieuse de tels comportements dans la réalisation de son humanité. Ces codes moraux sont restés au stade moral d'interdits sans véritablement atteindre la prise de conscience souhaitable sur le plan spirituel.

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