Spiritualités

Cachez ce Minaret...

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Cachez ce Minaret...

Message  Invité le Ven 4 Déc 2009 - 11:16

L'affaire des minarets suisses, imprévue, a libéré la parole. Les inhibitions tombent, avec des bruits de vase. La xénophobie suinte sur le site mis en place par le ministère (1). Un maire UMP peut même déclarer sans honte qu'il est « temps de réagir » pour ne pas « se faire bouffer » par ces « dix millions » (il ne les nomme pas) que l'on « paye à ne rien foutre » (2)… Ajoutez à cela l'apparition de sondages sur les mosquées, et le tableau est complet (3) .



(1) http://www.debatidentitenationale.fr/participation/pour-vous-qu-est-ce-qu-etre/

(2) http://www.rue89.com/2009/12/02/identite-nationale-on-va-se-faire-bouffer-ils-sont-deja-10-millions-128405

(3) http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/12/02/01016-20091202ARTFIG00629-les-francais-de-plus-en-plus-hostiles-aux-mosquees-.php


Dernière édition par frèrelibre le Ven 4 Déc 2009 - 16:03, édité 1 fois

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: Cachez ce Minaret...

Message  Invité le Ven 4 Déc 2009 - 15:39

Je me méfie des sondages. En Suisse je ne sais pas. En France c'est sûr que ce n'est absolument pas fiable.
L'état lui est xénophobe quand on sait que depuis le mois d'aoüt l'équipe de De Villiers (extrême droite) participe au gouvernement de Sarkozy.
Les médias l'ont pas crié sur sur les toits.
Pas sûrs que les français soient si xénophobes que ça. Je ne le pense pas.
Méfions-nous plutôt de tous ceux à la botte de Sarkozy and Co qui entretiennent mensonge et peur, qui divisent pour mieux régner !!!!


Dernière édition par Assunta le Ven 4 Déc 2009 - 15:48, édité 1 fois

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: Cachez ce Minaret...

Message  Invité le Ven 4 Déc 2009 - 15:41

Où est le problème ?
Le clocher ne fait pas le christianisme, pas plus que l’habit le moine. Les temples protestants, les églises évangéliques, ni même les chapelles romanes n’ont de clocher. Ni les synagogues non plus.
De même pour les mosquées, celle d’ Al-Aqsa à Jérusalem, et bien d’autres n’ont pas de minarets. Le minaret ne fait pas la mosquée.
Au temps du prophète, il n’y avait pas de minarets.



Faut-il quelques hauteurs de Babel pour honorer le Créateur ?

Interdisons donc la construction de nouveaux clochers pour être équitables et justes.
Cette votation suisse est de style gothique ! elle met une emphase symbolique sur un problème qui est d'un autre ordre. Pourquoi en vouloir à un tas de pierres ?
L’architecture s’est transformée au fil du temps. Allez donc savoir, ces minarets ont peut-être été inspirés sous l’influence voisine des clochers du culte chrétien ?
Si quelqu'un peut me dire de quand date le premier minaret et/ou le premier clocher ?
Et pourquoi ces quelques beffrois (architecture XIX°) alors que les maisons du peuple, de bourgmestres, ou les mairies anciennes n'en avaient pas !

Je trouve ça plutôt joli des minarets, tout comme il y a de beaux clochers.

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: Cachez ce Minaret...

Message  Invité le Ven 4 Déc 2009 - 16:07

Autant pour moi, le beffroi est d'origine médiévale ... leurs vocations et leurs utilités n'étaient pas que religieuse, même si ces édifices supportaient les cloches qui appelaient à la prière.

Beffroi s'écrivait beffroy avant 1465, dérivé de berfroi (vers 1155), lui-même issu du francique bergfripu. Ce mot viendrait du moyen haut allemand bërovrit, bërvrit, dont le sens littéral est "préserve la paix" (de l'allemand bergen « sauver, mettre en sureté » et Frieden « paix »). Cette hypothèse d'un emprunt au moyen haut allemand fait toutefois difficulté du point de vue phonétique. On dit "belfry" en anglais et "belfort" en néerlandais.

On désigne par beffroi (ou baffraiz en vieux français) un ouvrage de charpente destiné à supporter et à permettre de faire mouvoir descloches ; on a donné par synecdote le nom de beffroi aux tours renfermant les cloches de la commune.

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

beffroi

Message  Invité le Ven 4 Déc 2009 - 16:36


Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: Cachez ce Minaret...

Message  Invité le Ven 4 Déc 2009 - 17:19


Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: Cachez ce Minaret...

Message  Invité le Ven 4 Déc 2009 - 17:26


Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: Cachez ce Minaret...

Message  Invité le Ven 4 Déc 2009 - 18:34

E = MC2

Eh, oui, nous ne pouvons clamer que notre grande relativité sauf à en rire ! mais quand on rit de bon cœur, on perd les pédales

"Le mental intuitif est un don sacré, et le mental rationnel est un serviteur fidèle. Nous avons créé une société qui honore le serviteur et oublie le don".

"La seule chose absolue dans un monde comme le nôtre, c'est l'humour"

citations Albert Einstein

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: Cachez ce Minaret...

Message  Invité le Sam 26 Déc 2009 - 19:22

La dignité, une affaire de for intérieur *
La France, une tradition de tolérance ...

http://www.dailymotion.com/video/xbhyq1_burqa-une-bombe-lachee-en-pleine-co_news

Un petit air de fraîcheur dans le débat nauséabond sur l'identité nationale.
Ce qui est remarquable dans le discours de Mr Bertrand Louvel, président de chambre à la Cour de cassation, ce n'est pas simplement le fond (d'une très grande pertinence) mais c'est aussi la manière dont il a tenu son propos; l'assurance et le calme qui caractérisent si bien une noblesse d'esprit. Nul besoin d'élever la voix pour se faire entendre tant les mots sont denses de bon sens, d'humanité, et se suffisent à eux-mêmes.
Une élégante évidence, brodée simplement, qui cloue le bec à un faux problème.

Dignité, sentiment de la valeur intrinsèque d'une personne ou d'une chose, et qui commande le respect d'autrui

* jugement de la conscience, par opposition à for extérieur, qui est autorité de la justice humaine

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: Cachez ce Minaret...

Message  Invité le Dim 27 Déc 2009 - 9:33

SUPER DOCUMENT !


La burqa est (bien) dans nos têtes !

D’après la police, seulement 367 femmes en France auraient adopté un voile qui couvre totalement corps et visage !

La burqa, qui désigne le voile des Afghanes, ou le Niqab, est un phénomène ultra-minoritaire dans l’Hexagone.

Or, il a aussitôt été question de “faire une loi” ; ce qui règlementariserait un peu plus le comportement de chacun dans l’espace public ; et le chef des Français a affirmé haut et fort le rejet de la burqa en France.

Sur quoi met-on le voile en réalité ?

Le pouvoir est confronté avec “la Crise” à quelque chose qui le dépasse, et il le sait.

Tous ces voiles dont il ne peut s’empêcher de recouvrir sans cesse la réalité sont décousus ou cousus de fil blanc, comme tout le reste du scénario, sauf qu’il ne s’agit pas d’un spectacle, mais de l’effondrement qui a commencé.

Cela évidemment va devenir de plus en plus difficile à masquer.

D’autant qu’entre les ruines présentes et à venir, très nombreuses et calamiteuses : une réalité point qui a nom Lumière.
Et tous vont voir par Elle.

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: Cachez ce Minaret...

Message  Invité le Lun 28 Déc 2009 - 8:53

D’autant qu’entre les ruines présentes et à venir, très nombreuses et calamiteuses : une réalité point qui a nom Lumière.
Et tous vont voir par Elle.

Oui tout à fait. En même temps tenons compte que par peur les gens peuvent régresser. Mais j'ai l'espérance que le choix se porte sur la Lumière !!

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: Cachez ce Minaret...

Message  Invité le Lun 28 Déc 2009 - 19:27

Assunta a écrit:Mais j'ai l'espérance que le choix se porte sur la Lumière !!
C'est la question qui se pose, de choisir entre l'intelligence spirituelle (du cœur), ou la loi.

Je suis spirituellement d'avis comme ce monsieur Bertrand Louvel de pousser la logique du respect jusqu'au bout.
Le problème trouble-t-il l'ordre public (les valeurs de la République menacées par une femme sur 100.000 ?) ou quelques esprits ?

Jean Baubérot, titulaire de la chaire d’histoire et sociologie de la laïcité à l’École pratique des hautes études auditionné à l'Assemblée nationale récemment sur cette question en octobre 2009, fait remarquer qu'il y a également danger à légiférer.

Partons d’un constat avant de porter un jugement de valeur. Le port du voile intégral provient de plusieurs raisons, conjointes ou non. Il peut signifier, explicitement ou implicitement, que la société est ressentie comme une menace dont il faut se protéger au maximum. Il peut être une façon d’affirmer, avec une visibilité hypertrophiée, une identité radicale, face à ce qui est perçu comme une uniformisation sociale, un primat de la logique de l’équivalence sur les valeurs morales et religieuses. Il peut manifester une volonté de retour aux origines, liée à une lecture littéraliste des textes sacrés, ou une volonté de séparer le « pur » – les vrais croyants – de l’« impur » – le reste de la société. Il peut être une manière de retourner un stigmate face à des discriminations ressenties. Enfin, en tant que vêtement féminin, il conteste le fait que, dans les sociétés démocratiques modernes, les rôles masculin et féminin doivent être interchangeables, et, d’autre part, il refuse une hypersexualisation de la femme, liée à la communication de masse et à la marchandisation des sociétés modernes. Ces dernières raisons étant encore plus importantes quand le port du voile est subi.

Mais, même choisi, le voile intégral se fourvoie. Le refus du risque d’uniformisation sociale conduit à porter un uniforme intégral – ce qui est très différent du fait de manifester son identité par tel ou tel signe – et, par ce fait même, on englobe sa personne dans une seule identité, on gomme ses autres caractéristiques personnelles, on efface son individualité.

Rappelons que le visage, dont plusieurs des personnes que vous avez auditionnées ont souligné l’importance, est une présentation de soi à autrui, une façon de conjuguer appartenance et identité, relation aux autres et individualité.

Mais le port du voile n’est pas la seule dérive menaçant le rapport aux autres. L’addiction au virtuel peut être considérée de façon assez analogue, comme d’ailleurs l’hypertrophie des racines qui permet une séparation symbolique avec d’autres peuples.

Par ailleurs, le souci de la pureté se manifeste aujourd’hui de façon multiple, par diverses croyances, religieuses ou non. Une certaine façon de mettre en avant la laïcité participe même de cette attitude. Et le refus de reconnaître aux femmes le même rôle dans la société qu’aux hommes donne lieu, vous le savez, à de nombreuses stratégies, souvent implicites et subtiles – et d’autant plus efficaces.

La recherche souvent exacerbée de l’identité, le désir parfois quasi obsessionnel de purification sont des réponses aux difficultés rencontrées dans la société qui aboutissent à des impasses, voire à des caricatures de ce que l’on prétend combattre. En ce sens, ce sont de fausses réponses. Le voile intégral en est un cas particulièrement visible, mais très minoritaire.

Face à cette pratique, on invoque régulièrement la laïcité. Or les exigences de laïcité sont très différentes selon les secteurs de la société. Permettez-moi ici quelques rappels qui, directement ou indirectement, concernent votre sujet.

La première et la plus forte exigence de laïcité concerne la République elle-même, qui doit être indépendante des religions et des convictions philosophiques ou politiques, n’en officialiser aucune, assurer la liberté de conscience et l’égalité dans l’exercice du culte.

L’application de ces principes est toutefois sujette en France à certaines dérogations. Ainsi, en Alsace-Moselle, malgré l’article 2 de la loi de 1905, trois cultes sont « reconnus », tandis qu’un seul – le catholicisme – l’est en Guyane. Les lois de séparation elles-mêmes, votées de 1905 à 1908, prévoient une mise en pratique accommodante puisqu’elles autorisent la mise à disposition gratuite et l’entretien des édifices cultuels existant alors mais l’islam n’était pas présent dans l’Hexagone… Et, sans intention discriminatrice, la République peine, malgré certains progrès, à réaliser l’égalité entre religions, au détriment de l’islam.

La deuxième exigence de laïcité concerne les institutions, où les actes de prosélytisme ne sont pas permis. Dans son avis de 1989, le Conseil d’État a interdit un port ostentatoire de signes religieux à l’école publique qui serait lié à un tel prosélytisme, mais toléré un port qui ne s’accompagnerait pas de comportement perturbateur. La loi du 15 mars 2004 est allée plus loin pour le primaire et le secondaire mais, significativement, pas pour l’Université, que fréquentent des personnes majeures. Elle a donc introduit une dérogation dont les effets se sont révélés ambivalents, puisque cela a induit la création
d’écoles privées à « caractère propre » musulman. On peut être attaché à la liberté républicaine de l’enseignement et s’interroger sur l’effet paradoxal d’une loi de laïcité qui aura favorisé l’enseignement privé confessionnel. Cela montre en tout cas que les conséquences d’une loi ne sont jamais univoques, et ne peuvent pas toujours être prévues en totalité.

Un troisième secteur de la société est l’espace public de la société civile, qui est à la fois un prolongement de la sphère privée et un lieu de débat, de pluralisme, de grande diversité d’expression. Là, l’exigence principale est d’assurer la liberté et le pluralisme, dont nous avons une conception plus large qu’il y a cinquante ans. Est-ce à dire pour autant qu’il n’y aurait plus aucune exigence de laïcité dans cet espace public ? Je ne le pense pas. Le préambule de la Constitution énonce les principes qui forment l’idéal de notre République, dont l’égalité des sexes. Mais chacun sait bien qu’il existe une distance entre réalité idéale et réalité empirique. L’objectif étant de réduire, sans cesse, cette distance, il convient de distinguer entre le réversible et l’irréversible.

L’irréversible atteint l’individu dans sa chair, dans son être même. Il induit une sorte de destin. La puissance publique doit empêcher autant que faire se peut l’irréversible de se produire, pour que les individus qui le subiraient ne se trouvent pas marqués d’infamie, pour qu’ils puissent faire librement des choix
personnels. L’excision est l’exemple type de l’irréversible ; dans ce cas, la loi peut contraindre et réprimer.

Pour le réversible, le respect de la liberté individuelle doit primer, limité seulement par l’existence d’un trouble à l’ordre public démocratique ou d’une atteinte aux droits fondamentaux d’autrui. Le réversible concerne l’extérieur de la personne. Ainsi, pour couverte ou découverte qu’elle soit, il ne s’agit pas la personne même, mais de l’image qu’elle donne à voir à un moment précis – par exemple par le vêtement, qu’on peut ôter, dont on peut changer. Comme le dit la sagesse des nations, « l’habit ne fait pas le moine ». Cela nous invite à ne pas nous montrer mimétiques : ce n’est pas parce qu’une personne, carmélite ou musulmane, s’enferme dans un uniforme intégral qu’il faut porter sur elle un regard identique, qui dissoudrait son individualité dans sa tenue. Il faut au contraire séparer son être et son paraître, refuser son refus de se socialiser. Il faut agir avec la conviction que, comme toute personne humaine, elle possède de multiples facettes et peut activer celles que, pour une raison ou une autre, elle met actuellement sous le boisseau.

Et, comme au billard, cet objectif ne s’atteint pas en ligne droite. Entre le permis et l’interdit existe le toléré, où l’on combat par la conviction et l’exemplarité, où l’on procède au cas par cas pour ne pas être, à terme, contre-productif. Pour ce qui est réversible, réglementer quand certaines nécessités de la vie publique l’exigent est beaucoup plus approprié que légiférer.

Améliorer le dispositif social pour lutter contre les tenues subies est également important, mais une loi qui conduirait celles qui subissent le port du voile intégral à ne plus pouvoir se déplacer dans l’espace public induirait une situation pire que la situation actuelle.
Et, pour le voile intégral choisi, le contraindre irait le plus souvent à l’encontre du convaincre. Or c’est essentiellement de convaincre qu’il s’agit.

Pour ceux qui veulent convaincre et qui sont en position de le faire – je pense principalement à l’immense majorité des Français musulmans opposée au voile intégral –, le pouvoir coercitif de la loi risquerait fort d’être un allié désastreux. N’étant pas forcément comprise, s’ajoutant à une situation difficile, cette coercition conforterait un ressenti victimaire dont nous savons qu’il a, par ailleurs, ses raisons. Ce ressenti, et c’est là une raison fondamentale d’être à la fois contre le voile intégral et contre une loi, dépasserait largement le petit nombre de celles et ceux qui sont favorables au port de cette tenue.

Il faut se montrer très attentif au fait qu’une éventuelle loi serait la seconde qui, au niveau du symbolique, semblerait viser l’islam, même si ce n’est pas du tout ce que vous souhaitez faire. Se créerait alors un engrenage qu’il serait ensuite très difficile d’enrayer. L’idée fausse selon laquelle une société laïque est antimusulmane se renforcerait chez beaucoup de musulmans et, en particulier, de musulmanes aujourd’hui opposées au port du voile intégral. Inversement, des éléments antimusulmans de la société française y liraient un encouragement et ne se priveraient pas de donner une interprétation extensive de cette nouvelle loi, comme certains l’ont fait de la loi de 2004. La spirale infernale de la stigmatisation, de la discrimination au prénom et au faciès et de la radicalisation manifesterait que rien n’est résolu – au contraire. Une troisième loi apparaîtrait alors indispensable à certains, mais ne ferait qu’aggraver les choses. Une quatrième loi serait alors réclamée…


Un tel scénario catastrophe n’a rien d’invraisemblable. Il s’est déjà réalisé juste après l’affaire Dreyfus, avec la lutte anticongréganiste. Radicalisant les positions en présence, chaque mesure en appelait une autre plus forte. Ce combat se prévalait des valeurs de la République, de la défense de la liberté, de l’émancipation citoyenne. Cent ans après, le jugement des historiens, quelles que soient leurs orientations, est totalement différent : ce désir de « laïcité intégrale », comme on disait à l’époque, risquait d’entraîner la République à sa perte et ne pouvait avoir des résultats émancipateurs. En revanche, les mêmes historiens louent Aristide Briand d’avoir changé de cap et rétabli une « laïcité de sang-froid ». La laïcité « roseau » est plus solide qu’il n’y paraît, plus apte à résister aux tempêtes qu’une pseudo-laïcité « chêne », qui séduira par son aspect massif alors que celui-ci constitue précisément sa faiblesse.

Déjà, d’après le travail de terrain que j’ai pu effectuer, la nomination d’une mission consacrée au seul problème du voile intégral a rendu plus difficile le désaveu de cette pratique par certains musulmans. Elle a engendré un effet systémique où se manifeste parfois une solidarité entre victimes. Elle a, enfin, alimenté des craintes de rejet.

Certes, votre mission aura sans doute à cœur de proposer des mesures plus générales, mais le précédent de la commission Stasi et la déception de plusieurs de ses membres face à la suite unilatérale qui lui a été donnée peuvent faire redouter une fâcheuse répétition. Certains ne manqueront de dire qu’il aurait été plus utile de chercher à appliquer les propositions de la commission Stasi que de les oublier pour se focaliser sur la seule question du voile intégral.

Pour renforcer la relation de confiance entre la République et ses citoyens musulmans, pour isoler l’extrémisme afin de mieux le combattre, il me semble que vous devriez prendre l’initiative de transformer votre mission en mission de réflexion sur toutes les questions liées à la diversité de la société française. Si cette diversité n’est pas un fait totalement nouveau, son ampleur est le signe d’une mutation de notre société, comme d’ailleurs d’autres sociétés démocratiques modernes, dans un contexte international troublé. Il n’est pas surprenant que cela s’accompagne de tensions, de tâtonnements, d’incertitudes et même de craintes. Aux représentants de la Nation de tracer des voies d’avenir !

http://www.assemblee-nationale.fr/13/cr-miburqa/09-10/c0910009.asp#P2_103


Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: Cachez ce Minaret...

Message  Invité le Lun 28 Déc 2009 - 20:07

ce n’est pas parce qu’une personne, carmélite ou musulmane, s’enferme dans un uniforme intégral qu’il faut porter sur elle un regard identique, qui dissoudrait son individualité dans sa tenue. Il faut au contraire séparer son être et son paraître, refuser son refus de se socialiser.
Il faut agir avec la conviction que, comme toute personne humaine, elle possède de multiples facettes et peut activer celles que, pour une raison ou une autre, elle met actuellement sous le boisseau.

367 niquâb en France pour environ 32 millions de femmes environ, soit une pour 100.000.

Religieuses en France 1977 : 92 326, 2000 : 45 013, en 2004 : 38 219. soit environ une pour 1000 aujourd'hui.

En admettant que la pratique du port de ce voile, choix spirituel, soit "conditionnée" par une singularité culturelle musulmane (très marginale), on voit combien aussi la singularité culturelle chrétienne "conditionne" également des choix de vie spirituelle très singuliers parfois (qui pourraient être tout autant discutables) pour nombre de femmes (et d'hommes 1991 : 15 155, 2002 : 11 588, 2008 : 8099).

Ces chiffres montrent de plus que rien n'est statique dans ce domaine.

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: Cachez ce Minaret...

Message  Invité le Mar 29 Déc 2009 - 5:34

Merci njama pour ces éléments précieux.

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: Cachez ce Minaret...

Message  Contenu sponsorisé Aujourd'hui à 18:25


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum