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Bible, Coran : participer à libérer la Parole de Dieu !

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Bible, Coran : participer à libérer la Parole de Dieu !

Message  Invité le Mar 22 Déc 2009 - 12:50

Les Hadith Qudsi (ou Hadith Sacrés) sont nommés ainsi car, à la différence de la majorité des Hadith qui sont des Hadith prophétiques, leur chaîne de transmission (Sanad) aurait pour origine Dieu et non le Prophète.

Rapporté par Abu Dharr al-Ghifari:

“O Mes serviteurs, Je Me suis interdit l’oppression, et Je l’ai interdite entre vous, alors ne vous opprimez pas les uns les autres.”

Il faut libérer la Parole de Dieu !



La femme et l'islam,
- éléments d'ouverture :


Hidayet Tuksal s'est consacrée pendant un an à la relecture du Coran dans une perspective féminine. Elle en est sortie un brin déçue de constater que le texte contenait un authentique fond phallocrate. "Il ne faut pas oublier le contexte historique et intellectuel des Arabes à l'époque de la Révélation, dit Hidayet Tuksal. On trouve ainsi dans le Coran des versets qui disent "Vous pouvez battre votre épouse" dans tel ou tel cas. Mais, aussi, de nombreux passages émancipateurs pour les femmes." Gare aux anachronismes, toutefois! "Prétendre trouver dans le Coran une approche contemporaine de l'égalité des sexes serait illusoire, prévient-elle. Les versets avaient pour but d'améliorer le sort des femmes de ce temps. C'est parce que j'ai trouvé cette souplesse dans le Livre saint que je continue à être musulmane."
http://www.lexpress.fr/actualite/monde/une-feministe-relit-le-coran_747735.html


Selon Badran: « L’islam est la seule des trois religions du Livre à avoir introduit dans ses textes - le Coran considéré comme la parole de Dieu - l’idée d’une égalité fondamentale de la femme et de l’homme (l’un et l’autre étant considérés comme des êtres humains, ou insan), et à y inclure la question des droits des femmes et de la justice sociale. C’est ce message qui a été perverti au nom de l’islam lui-même. Le patriarcat préexistant, que le Coran est venu tempérer et finalement éradiquer (...) s’est montré fort résistant. Et c’est en dépit de la persistance du patriarcat que la religion musulmane fut adoptée. La manipulation par les franges dominantes de la société fut telle que l’islam finit par être perçu comme naturellement patriarcal au point d’effacer la contradiction inhérente entre la parole révélée et le patriarcat et d’anéantir toute revendication islamique en faveur de l’égalité des sexes et de la justice sociale. Ce n’est pas le moindre paradoxe de constater que la seule religion qui a inscrit l’égalité des sexes dans ses textes se retrouve aujourd’hui considérée comme la plus machiste de toutes (...) Les musulmans machistes, au niveau étatique, social ou familial, et les détracteurs de l’islam ont un intérêt commun, quoique pour des raisons différentes, à perpétuer cette fiction d’un islam patriarcal. »
http://wapedia.mobi/fr/F%C3%A9minisme_islamique


Transmis par Assunta :
Sur le site http://www.sublimequran.org, les lecteurs intéressés trouveront une présentation de la traduction du Coran par Laleh Bhaktiar.
La traductrice est une Américaine convertie au soufisme.
Sa traduction remet en cause l’interprétation classique de certains versets.

Notammment, ce passage qui “autoriserait” les hommes à battre leurs femmes dans certaines circonstances lui paraît contredire tout ce que l’on connait du comportement du Prophète (qui n’aurait jamais frappé une femme) ; " c’est donc que l’interprétation en est erronée", estime-t-elle.
Après de longues réflexions, Bhaktiar découvrit dans un dictionnaire que le mot arabe utilisé dans ce passage pouvait également signifier non pas “frapper”, mais “s’éloigner”.
Le Coran donnerait donc simplement l’ordre de “s’éloigner” de sa femme dans des situations conflictuelles, ce qui pourrait en effet être cohérent avec l’idée de laisser la femme dans une chambre à part. Bhaktiar conclut que le terme a tout simplement été interprété de travers depuis des siècles. Elle estime en outre que, à l’heure où l’on s’efforce de venir en aide aux femmes battues, une telle révision vient à point…

Honneur et dignité pour les femmes !






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Re: Bible, Coran : participer à libérer la Parole de Dieu !

Message  Invité le Mar 22 Déc 2009 - 13:02

Quelques Hadiths attribués au prophète Muhammad :

« Le savant qui enseigne le bien aux gens et ne le met pas en pratique, est semblable à la torche qui éclaire en se brûlant. »

« Il y a des gens qui ouvrent les portes du bien et ferment l’accès au mal, et il y en a qui ouvrent les portes du mal et ferment l’accès au bien. »


« Allah ne regarde pas votre aspect, mais il regarde ce que renferme votre cœur et ce que vous accomplissez. »

« N’aura pas vraiment la foi celui qui s’endort le ventre rassasié alors que près de chez lui son voisin est affamé. »

« Nul d’entre vous ne sera véritablement croyant tant qu’il ne désire pas pour son frère ce qu’il désire pour lui-même. »

: « Le meilleur d’entre vous est celui qui est le meilleur avec les femmes. »

« Les femmes sont les consœurs des hommes. »

« Ne frappez pas les femmes. »

« Il n’y a point un moineau ou un animal plus gros, que l’homme ne tue sans excuse, sans qu’Allah ne lui demande des comptes le jour de la résurrection au sujet de ce qu’il a tué. »

« Allah m’a commandé de vous enjoindre la modestie afin que personne ne se prétende supérieur aux autres ni ne les traite injustement. »

« Allah est généreux et aime la générosité, comme il aime l’attitude noble et répugne les vils comportements. »

« Les croyants entre eux sont tels un édifice dont les éléments se consolident les uns les autres. »

« Prenez garde aux suspicions non fondées, car ce sont les paroles qui induisent le plus en erreur. Ne vous espionnez pas, ne vous épiez pas, ne vous enviez pas, ne vous haïssez pas, ne vous dédaignez pas en vous fuyant, mais soyez plutôt, ô adorateurs d’Allah, tous frères. »


Source: 99 hadiths du Prophète Muhammad

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Re: Bible, Coran : participer à libérer la Parole de Dieu !

Message  Invité le Mar 22 Déc 2009 - 15:15

Assunta a écrit:
Notamment, ce passage qui “autoriserait” les hommes à battre leurs femmes dans certaines circonstances lui paraît contredire tout ce que l’on connait du comportement du Prophète (qui n’aurait jamais frappé une femme) ; " c’est donc que l’interprétation en est erronée", estime-t-elle.
Après de longues réflexions, Bhaktiar découvrit dans un dictionnaire que le mot arabe utilisé dans ce passage pouvait également signifier non pas “frapper”, mais “s’éloigner”.

Le Coran donnerait donc simplement l’ordre de “s’éloigner” de sa femme dans des situations conflictuelles, ce qui pourrait en effet être cohérent avec l’idée de laisser la femme dans une chambre à part. Bhaktiar conclut que le terme a tout simplement été interprété de travers depuis des siècles. Elle estime en outre que, à l’heure où l’on s’efforce de venir en aide aux femmes battues, une telle révision vient à point…

Sans longues réflexions, il suffit de regarder différentes traductions du Coran. Démonstration par l'exemple, 3 traductions différentes ci-dessous:
J'ai mis dans la même couleur les passages correspondant entre les 3.

Voici la traduction d'André Chouraqui, traduction très littérale -mot à mot -,
http://www.lexilogos.com/bible.htm

4.34. Les hommes ont autorité sur les femmes, du fait qu’Allah fait grâce à certains plus qu’à d’autres, et du fait qu’ils dépensent leurs biens.
Les vertueuses adorent, et gardent le mystère de ce qu’Allah garde.
Admonestez celles dont vous craignez la rébellion,reléguez-les dans des dortoirs, battez-les.
Si elles vous obéissent, ne cherchez pas contre elles de querelle.
Voici, Allah, le Sublime, le Grand.

Celle-ci est une autre http://www.lexilogos.com/coran.htm

4.34. Les hommes ont la charge et la direction des femmes en raison des avantages que Dieu leur a accordés sur elles, et en raison aussi des dépenses qu’ils effectuent pour assurer leur entretien.
En revanche, les épouses vertueuses demeurent toujours fidèles à leurs maris pendant leur absence et préservent leur honneur, conformément à l’ordre que Dieu a prescrit.
Pour celles qui se montrent insubordonnées, commencez par les exhorter, puis ignorez-les dans votre lit conjugal et, si c’est nécessaire, corrigez-les.
Mais dès qu’elles redeviennent raisonnables, ne leur cherchez plus querelle.
Dieu est le Maître Souverain.


Rappel : Coran, Sourate IV, verset 38 Posté par Novopress dans Religion le 29 octobre 2009
http://flandre.novopress.info/5586/rappel-coran-sourate-iv-verset-38/

« Les hommes sont supérieurs aux femmes à cause des qualités par lesquelles Dieu a élevé ceux-la au-dessus de celles-ci et parce que les hommes emploient leurs biens pour doter les femmes.
Les femmes vertueuses sont obéissantes et soumises : elles conservent soigneusement pendant l’absence de leurs maris ce que Dieu a ordonné de conserver intact.
Vous réprimanderez celles dont vous aurez à craindre la désobéissance; vous les reléguerez dans des lits à part, vous les battrez ;
mais aussitôt qu’elles vous obéissent, ne leur cherchez point querelle.
Dieu est élevé et grand »
.

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Re: Bible, Coran : participer à libérer la Parole de Dieu !

Message  Invité le Mar 22 Déc 2009 - 15:34

Il faudrait aussi noter que ce verset 4.34 qui suscite tant de réactions indignées, est suivi par ceux-ci:

4.35. Si une rupture entre les deux conjoints est à craindre, suscitez alors un arbitre de la famille de l’époux et un arbitre de la famille de l’épouse. Si les deux conjoints ont le réel désir de se réconcilier, Dieu favorisera leur entente, car Dieu est Omniscient et parfaitement Informé.

4.36. Adorez Dieu, sans rien Lui associer ! Soyez bons envers vos parents, vos proches, les orphelins, les pauvres, les voisins qu’ils soient de votre sang ou éloignés, ainsi que vos compagnons de tous les jours, les voyageurs de passage et les esclaves que vous possédez, car Dieu n’aime pas les arrogants vantards,

Ce verset 4-34 est à remettre dans le contexte patriarcal et tribal de l'époque, "et les esclaves que vous possédez" , ... tout comme les écrits de Paul qui ne valent pas mieux:

Cor 11/ 3 à 16

Je veux cependant que vous sachiez que Christ est le chef de tout homme, que l’homme est le chef de la femme, et que Dieu est le chef de Christ.
Tout homme qui prie ou qui prophétise, la tête couverte, déshonore son chef.
Toute femme, au contraire, qui prie ou qui prophétise, la tête non voilée, déshonore son chef : c’est comme si elle était rasée.
Car si une femme n’est pas voilée, qu’elle se coupe aussi les cheveux. Or, s’il est honteux pour une femme d’avoir les cheveux coupés ou d’être rasée, qu’elle se voile.
L’homme ne doit pas se couvrir la tête, puisqu’il est l’image et la gloire de Dieu, tandis que la femme est la gloire de l’homme.
En effet, l’homme n’a pas été tiré de la femme, mais la femme a été tirée de l’homme ;
et l’homme n’a pas été créé à cause de la femme, mais la femme a été créée à cause de l’homme.
C’est pourquoi la femme, à cause des anges, doit avoir sur la tête une marque de l’autorité dont elle dépend.
Toutefois, dans le Seigneur, la femme n’est point sans l’homme, ni l’homme sans la femme.
Car, de même que la femme a été tirée de l’homme, de même l’homme existe par la femme, et tout vient de Dieu.
Jugez-en vous-mêmes : est-il convenable qu’une femme prie Dieu sans être voilée ?
La nature elle-même ne vous enseigne-t-elle pas que c’est une honte pour l’homme de porter de longs cheveux,
mais que c’est une gloire pour la femme d’en porter, parce que la chevelure lui a été donnée comme voile ?

Si quelqu’un se plaît à contester, nous n’avons pas cette habitude, non plus que les Églises de Dieu.

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Re: Bible, Coran : participer à libérer la Parole de Dieu !

Message  Invité le Mar 22 Déc 2009 - 16:33

J'aime beaucoup les deux derniers Hadiths :

« Les croyants entre eux sont tels un édifice dont les éléments se consolident les uns les autres. »


« Prenez garde aux suspicions non fondées, car ce sont les paroles qui induisent le plus en erreur. Ne vous espionnez pas, ne vous épiez pas, ne vous enviez pas, ne vous haïssez pas, ne vous dédaignez pas en vous fuyant, mais soyez plutôt, ô adorateurs d’Allah, tous frères. »


Sur le Fond, ma vision est que le Coran a été déformé comme tous les textes spirituels émancipateurs.
Il fut néanmoins une immense avancée hors de la barbarie à sa naissance.
Le soufisme a gardé intacte cette flamme.
Et elle se rallumera un jour !


cf. "JÉSUS DANS LE CORAN"
Si on lui assigne une place, un rôle, une fonction même la plus sacrée, elle demeure en dessous de la vérité qu’il incarne, car le message spirituel de Jésus est élevé et intemporel. Mais chacun, par une démarche intérieure de purification, d’humilité, de pardon, d’amour, peut retrouver l’essence de ce message, son parfum et sa béatitude.
J’ajoute qu’on pourrait aussi qualifier le message de Jésus de radical.
Il ébranle la forteresse des croyances, des dogmes, des certitudes… notre conception limitée des choses de ce monde, qui n’ont de réelles valeurs qu’en étant rattachées à l’essence, à Dieu. Sans ce rattachement, les pouvoirs, les savoirs, les connaissances ne sont qu’illusoires.
Le message de Jésus ne se comprend et ne se vit que dans l’amour absolu intransigeant et décapant."
CHEIKH BENTOUNES (de la voie soufi)
http://ascensionfraternelle.blogspot.com/2009/12/jesus-chez-les-soufis.html

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Re: Bible, Coran : participer à libérer la Parole de Dieu !

Message  Invité le Mar 22 Déc 2009 - 16:52

Un fil sous haute tension :
http://www.lepost.fr/article/2009/12/22/1852932_la-foi-musulmane-est-a-vocation-liberatrice_0_3204109.html?#reaction_3204054

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Re: Bible, Coran : participer à libérer la Parole de Dieu !

Message  Invité le Mar 22 Déc 2009 - 17:32

Le soufisme a gardé intacte cette flamme.

Il ne faut pas trop idéalisé le soufisme d'aujourd'hui, il est loin de ce qu'il était à ses débuts.
Des auteurs soufis comme Al Ghazali (1058-1111), Ibn Arabî (1164-1240), Jalal ud Din Rûmî (1207-1273, ... restent des références inspiratrices.

Je suis assez réservé sur des auteurs comme René Guenon, ou Henri Corbin qui se disaient être soufis, tout en étant franc-maçons à la fois !
Ces deux démarches "mystiques" (faute d'autre mot) me paraissent incompatibles entre elles. Ce n'est pas un hasard d'ailleurs que la franc-maçonnerie a de très grandes difficultés à pénétrer dans les pays musulmans.

Aujourd'hui les écoles soufies pullulent, et dans certains pays les imams sont rémunérés par leur gouvernement, ce qui n'est pas interdit, mais pas très orthodoxe. Autrement dit, on retrouve cette tendance à la sécularisation même si ce n'est pas formellement explicite. Les premiers sultans de l'empire ottoman (1299 à 1922) avaient perçu l'intérêt de se mettre bien avec ces personnalités soufies influentes ...

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Re: Bible, Coran : participer à libérer la Parole de Dieu !

Message  Invité le Mar 22 Déc 2009 - 17:44

Je cherche la/les passerelles avec nos frères.
Le soufisme me semble la plus solide, très proche en fait.


Un témoignage d'un jeune soufi :

Entretien avec Cheikh Bentounès (Nouvelles Clés)

Propos recueillis par Bruno Solt
Maître soufi de la confrérie Alawiya de Mostaganem, Cheikh Khaled Bentounès, qui fait régulièrement le voyage entre les deux rives de la Méditerranée, se retrouve au coeur du drame algérien. Homme de paix, qui consacre toute sa vie à oeuvrer pour le dialogue entre les religions, que pense-t-il de l’espoir que suscitent en nous les résistants à la barbarie ?

C. Bentounès – DR.
Nouvelles Clés : À considérer certaines informations qui nous arrivent d’Algérie , on se prend à croire que la plus grande lumière peut réellement côtoyer la plus grande obscurité…

Cheikh Bentounès : Il faut plus d’une émission de télévision pour comprendre ce qui se passe réellement dans ce pays. La souffrance de l’Algérie martyrisée dépasse – et de loin – ce que la presse et les médias peuvent rapporter épisodiquement. Nous sommes confrontés à un problème dont l’origine est lointaine et les intérêts colossaux. S’il est bon et souhaitable que tous ceux qui se sentent proches de ce pays, qui l’aiment ou qui le respectent, prennent la parole afin de briser le mur de silence et d’indifférence qui le cerne, nous sommes loin d’être informés réellement des dessous que cache cette dure réalité vécue quotidiennement par des millions d’Algériens. L’Algérie est un pays riche et prospère, capable de nourrir tous ses habitants. Peut-être l’un de ses malheurs est-il cette richesse mal exploitée et mal répartie. Faut-il pour autant désespérer ? Je ne pense pas. Ce pays a traversé dans son histoire une multitude d’épreuves, dont il s’est toujours relevé, plus fort peut-être qu’il ne l’était.

N.C. : Combien troublant le courage de ces hommes, et plus encore de ces femmes, qui ont décidé de lutter, à visage découvert, pour défendre la liberté et la conscience au péril de leur vie. L’avenir musulman semble dépendre du courage de ses femmes…

C.B. : Les femmes sont notre honneur, notre joie et notre consolation. Elles sont les premières touchées par ce drame qui nous assaille, le dernier rempart hurlant à la folie humaine. Elles n’ont plus de larmes à force d’avoir pleuré. Il ne leur reste que les cris stridents qui déchirent la nuit et demandent un secours qui ne viendra jamais. Elles ont été la force de ce peuple, les gardiennes de sa tradition. Le Prophète lui- même les a honorées. N’a-t-il pas dit : “Le Paradis est sous les talons de la mère” ? Elle était, hier, l’amam, la garante de paix des conflits. Elle est devenue aujourd’hui l’agneau du sacrifice des messes noires du Cheïtan (Satan) déchaîné.

N.C. : En écoutant les jeunes gens du village de Tibirine dire toute l’amitié qui les liait aux moines trappistes assassinés par les hommes de l’ombre, puis le mufti de Marseille, Soheib Ben cheikh, expliquer la subtilité de l’équilibre des fraternités de part et d’autre de la Méditerranée entre chrétiens et musulmans, on est gagné par un espoir fou…

C.B. : Un proverbe arabe dit : “Celui qui est loin du conflit garde toute sa raison.” Avant de parler de fraternité entre les hommes, de respect mutuel entre les cultures, de compréhension et d’échanges entre les deux rives de la Méditerranée, il faudrait savoir à qui l’on s’adresse. Si l’humanité a encore un sens pour nous, si elle habite encore le coeur des hommes, tout est clair pour chacun de nous dans l’intérêt de tous. C’est l’évidence même ! Le respect de l’islam pour les autres religions du Livre, l’histoire l’a confirmé, car il est le garant de l’universalité inscrite dans cette religion. Durant des siècles, juifs, chrétiens et musulmans ont vécu dans les mêmes cités, les mêmes quartiers, les mêmes maisons… Il nous faut vaincre la barbarie dans nos coeurs !
http://anarchieevangelique.wordpress.com/2009/03/09/il-nous-faut-vaincre-la-barbarie-dans-nos-coeurs/

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Re: Bible, Coran : participer à libérer la Parole de Dieu !

Message  Invité le Mar 22 Déc 2009 - 18:55

J'aurais aimé en savoir plus sur ce que Cheikh Bentounès voulait dire par :
"Elle est devenue aujourd’hui l’agneau du sacrifice des messes noires du Cheïtan (Satan) déchaîné."

Excuse-moi du peu, mais ce n'est pas Cheïtan (Satan) qui frappe les femmes, mais bien les hommes ! Voilà une accusation bien facile à son encontre !

Je cherche la/les passerelles avec nos frères.
J'essaie de faire la même chose.
Déjà en évitant que le Coran et les musulmans ne soient discrédités trop facilement. L'ambiance actuelle est certes à une certaine forme d'islamophobie rampante, le voile, la burqua, les minarets suisses ... Faut-il y voir un rapport avec le débat sur l'identité nationale ?

Cela me paraît un peu trop simple d'expliquer les violences faites aux femmes sur le prétexte d'une soi-disant permissivité religieuse attribué au verset 4.34 quand les 2 versets suivants 4.35 et 4.36 précisent très clairement l'inverse.
Soyez bons envers vos parents, vos proches, les orphelins, les pauvres, les voisins qu’ils soient de votre sang ou éloignés, ainsi que vos compagnons de tous les jours, les voyageurs de passage

Les causes des violences sont multiples:

Ainsi, la violence physique reste la plus facile à déceler et à quantifier puisqu'elle est, la plupart du temps, visible. Elle se caractérise par un acte d'agression directe sur n'importe quelle partie du corps de la victime (gifles, coups de poing, coups de pied, utilisation d'armes tels que couteaux, revolvers et autres objets contondants).

La violence sexuelle recouvre diverses formes d'atteintes telles que les agressions englobant tout acte de nature sexuelle imposée sous la contrainte. Le viol conjugal entre dans cette catégorie ainsi que l'inceste. Les attouchements relèvent également de cette classification.

La violence psychologique, plus subjective, est, quant à elle, difficile à déterminer et à qualifier car elle ne laisse pas de traces " visibles " au premier abord. Elle se manifeste par des attaques verbales, des menaces, des humiliations, des séquestrations et autres harcèlements à répétition. Ces pressions peuvent porter gravement atteinte à l'équilibre psychologique de la femme en générant chez elle, entre autres, des troubles de l'identité et la perte de confiance en soi.
Au Portugal, par exemple, 50.7% des femmes souffrent de violence psychologique.
(Lobby Européen des Femmes - 2002)
53 à 72 % des femmes hospitalisées dans un service de psychiatrie sont des femmes maltraitées par leur conjoint (Mazza, 1996).


La violence structurelle consiste en la réduction, au sein du cadre familial, de la liberté de la femme comme, par exemple, le fait de lui interdire l'exercice d'une profession. Elle concerne également toutes situations qui tendraient à dévaloriser la femme du fait même qu'elle soit une femme. La diminution
de son rôle en tant que femme au foyer entre dans cette considération.


Enfin, la violence économique tend à maintenir l'épouse " sous le contrôle " financier de son conjoint, qui la prive, par ailleurs, d'accéder aux moyens et aux biens essentiels à son épanouissement.

http://www.fraternet.com/femmes/fddf/fddf29.htm
Les occidentaux transfèrent mal à propos leur vision religieuse autocratique, hiérarchisée sur celle de l'islam dans lequel il n'existe aucune forme structurelle de hiérarchie qui pourrait être comparée au Vatican.
Les interprétations juridiques varient certes d'un pays à l'autre ... comme les structures politiques, les coutumes sociales, les recettes de cuisine ...

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Re: Bible, Coran : participer à libérer la Parole de Dieu !

Message  Invité le Mar 22 Déc 2009 - 23:22

Disons qu'il faut spiritualiser les religions. Et lorsqu'on se tourne vers leur coté esotérique (ce n'est pas les initiation, magie ou autre dont je fais allusion ici mais au côté lecture avec l'esprit) alors on porte un regard beaucoup plus haut.
Le soufisme est beaucoup plus beau que l'islam tel qu'on le connaît, car le soufisme comporte toutes ces recommandations spirituelles qui sont vraiment mises en avant. Abd el Malik en parle dans "Qu'Allah bénisse la France". Même dans le catholicisme et le judaïsme ont ce coté spirituel mis en avant mais qui n'est pas connu, du moins pas assez. C'est cela qui est important. Et qu'il faut valoriser !! Pas se déchirer sur des mots ou des versets.
La Bible et le Coran n'apportent rien si on ne connaît pas ce côté ésotérique. Sans cela chacun interprète tout à sa manière. La RA éclaire aussi ces 2 Livres.

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Re: Bible, Coran : participer à libérer la Parole de Dieu !

Message  pat le Mer 23 Déc 2009 - 0:51

Pour moi, on ne peut pas s'en tirer en tournant autour du pot. Nier l'évidence sociale d'une infériorité de la femme par rapport à l'homme, c'est approuver ce qu'il y a de plus détestable dans la religion. Dans son livre « contre-prêches », Abdelwahab Meddeb n'y va pas par quatre chemins. Il reprend ce qu'un penseur du XIème siècle (al-Baghawi )a synthétisé du Coran concernant la femme et qui d'après lui a perduré jusqu'au XXème siècle. Je le cite:

« Baghawi nous dit que l'homme est supérieur à la femme par sa capacité à raisonner, d'exercer le pouvoir, ainsi que par sa pratique religieuse. Il énumère ensuite les privilèges de l'homme rapportés par le Coran et qui sont au nombre de dix :
-dans le droit, le témoignage de deux femmes vaut celui d'un homme
-du dihâd, la femme est exclus;
-il y a aussi une inégalité culturelle, puisque la femme est exclus du culte lorsqu'elle a ses règles;
-pour les fonctions religieuses, la femme ne peut prétendre à l'imamat, elle ne peut diriger la prière ou prononcer le sermon du vendredi;
-en politique, elle ne peut ni exercer le pouvoir suprême, ni participer à la consultation;
-pour le mariage, l'homme peut épouser quatre femmes et la femme un seul homme;
-quant au divorce, l'homme est prééminent dans la répudiation;
-la femme ne reçoit qu'une demi part d'héritage;
-le prix du sang est plus élevé pour un homme que pour une femme;
-enfin, l'histoire n'a engendré aucune femme élue par la grâce pour recevoir la révélation divine : il n'y a jamais eu de femme prophète.

La tradition et le Coran sont on ne peut plus clairs. On a beau chercher à sauver la mise et à l'orienter vers une quelconque égalité, c'est impossible. L'unique solution pour les femmes et les hommes qui inscrivent leur destin dans l'horizon de la croyance islamique et qui veulent s'adapter au dispositif moderne prônant l'égalité des sexes dans tous les domaines et l'émergence des hommes et des femmes comme individus libres et personnes responsables, l'unique solution est d'admettre que l'intégralité des dispositions coraniques et traditionnelles sur ce point, sont obsolètes, qu'elles appartiennent à la part circonstancielle du Coran et non à sa part principielle, donc à sa part caduque, effacé par le progrès moral, politique social et éconnomique, par l'évolution de l'humanité.... »
A. Meddeb


Je suis convaincu que de telles positions claires,courageuses feront plus pour la transformation de la religion musulmane que celles qui consistent à minimiser les faits ou à les excuser par l'histoire, les comparaisons avec les autres religions ou carrément à les nier.

Je rends hommage à A.Meddeb, mais aussi à Fazlur Rahman, à Abdelmajid Charfi, à Farid Esack, ces nouveaux penseurs de l'Islam qui n'ont pas peurs d'en dénoncer les incohérences tout en restant des croyants musulmans fervents.

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Re: Bible, Coran : participer à libérer la Parole de Dieu !

Message  Invité le Mer 23 Déc 2009 - 1:20

Je suis convaincu que de telles positions claires,courageuses feront plus pour la transformation de la religion musulmane que celles qui consistent à minimiser les faits ou à les excuser par l'histoire, les comparaisons avec les autres religions ou carrément à les nier.
Oui tout à fait. Et pour faire bouger les choses il y aura malheureusement des critiques. mais pas de liberté sans courage d'affronter les critiques.
Ces hommes sont vraiment courageux de le dire pour faire bouger les choses.

Il y a beaucoup de choses à rejeter dans le Coran et dans la Bible. Mais n'est-ce pas ce que Dieu demande et a demandé de faire à FM, chose qu'il n'a jamais faite du reste.

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Re: Bible, Coran : participer à libérer la Parole de Dieu !

Message  Invité le Mer 23 Déc 2009 - 2:06

Je suis d'accord avec vous, mais quand tu dis Pat:
Il reprend ce qu'un penseur du XIème siècle (al-Baghawi )a synthétisé du Coran concernant la femme et qui d'après lui a perduré jusqu'au XXème siècle.

On peut en dire autant du monde chrétien XX° siècle.
Le code napoléon avait fait de la femme une mineure à vie, le droit de vote est très récent (plus dû à un calcul électoral "conservateur" qu'à une réelle volonté d'émancipation de la femme). Une femme mariée n'a obtenu la possibilité d'ouvrir un compte en banque personnel sans l'accord de son mari que depuis les années 1960 ... etc.
Il n'y a pas encore très longtemps, il n'était pas question pour une jeune fille de faire des études universitaires, ou même simplement de passer son baccalauréat (sauf exceptions rares dans des milieux cultivés et tolérants).
-pour les fonctions religieuses, la femme ne peut prétendre à l'imamat, elle ne peut diriger la prière ou prononcer le sermon du vendredi;
Les femmes n'ont jamais eu droit à une quelconque responsabilité ecclésiale dans le monde chrétien, encore aujourd'hui.

Hormis un récent décalage d'une cinquantaine d'années, en faveur du droit des femmes en Occident, on peut dire que de ce point de vue ces deux religions ont bien des aspects jumeaux, il n'y en a pas une pour rattraper l'autre. Et ne parlons pas du judaïsme, qui est encore sinon pire, au moins du même acabit (il suffit de voir ce qu'il se passe en Israël) !

Nous avons cinquante d'avance pas beaucoup plus, et le monde musulman en prendra de la graine.

Alors la critique est facile ! et avant de critiquer il faut balayer devant sa porte.
Le monde chrétien a-t-il évolué d'un pouce sur cette question de la femme ? Peut-être par ci par-là dans quelques villages, et encore ces avancées ont été dues au pouvoir politique qui a refaçonné ces lois injustes envers les femmes obligeant l'Église à revoir ses vues, mais je ne pense pas qu'au Vatican les choses aient évolué d'un seul pouce en leur faveur !
L'histoire du célibat n'est qu'une question d'argent, pour preuve, au moyen-âge ce n'était pas la chasteté qui était interdite mais le mariage. Mille ans que ça dure !

Alors ces critiques faciles ou ces conneries qu'on raconte sur l'islam du genre "bat ta femme tous les matins, si tu ne sais pas pourquoi, elle, elle le sait", ça va bien ! on touche le fin fond de la débilité.
Et si on parlait des violences conjugales en Europe ? C'est aussi une réalité ... d'un monde devenu très athée.

C'est certain qu'il y a dans la Bible, comme dans le Coran des versets obsolètes ... parce qu'ils ont été écrits dans le contexte historique. 100 % d'accord.

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Re: Bible, Coran : participer à libérer la Parole de Dieu !

Message  Invité le Mer 23 Déc 2009 - 2:18

Et si on parlait des violences conjugales en Europe ? C'est aussi une réalité ... d'un monde devenu très athée.
Ce n'est pas à cause de l'athéisme que les hommes battent leur femme. Dans le monde religieux il y a la même chose. C'est en l'Homme (homme et femme) qu'il faut voir les choses non hors de l'Homme.
La violence sous toutes ses formes est le reflet intérieur de l'Humain. D'où l'importance de se connaître que l'on soit athée ou croyant.

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Re: Bible, Coran : participer à libérer la Parole de Dieu !

Message  Invité le Mer 23 Déc 2009 - 2:37

Assunta a écrit;
La Bible et le Coran n'apportent rien si on ne connaît pas ce côté ésotérique. Sans cela chacun interprète tout à sa manière.

Il ne faut pas confondre interprétation littérale avec interprétation spirituelle. Je ne partage pas du tout justement ce côté "ésotérique", qui littérallement veut dire qu'il s'adresse à des initiés.
Peut-on simplement concevoir que la Parole de Dieu soit réservée à des initiés ?

La culture du secret, qui est même une injonction formelle de ne jamais révéler ce qu'il se passe en loge dans la franc-maçonnerie par le truchement d'un serment que l'impétrant doit prononcer pour être admis, est un des griefs pour lequel je ne serai jamais d'accord avec eux.
Je ne dis pas que ce sont de mauvaises personnes - il poursuivent paraît-il des objectifs philanthropiques (?) secrètement -, mais je n'accepterai jamais ce deal !
Par ailleurs, puisque nous parlons des femmes, la franc-maçonnerie a très longtemps repoussé les femmes, et les loges mixtes sont très rares. Autre grief que j'ai à leur encontre parmi bien d'autres.

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Re: Bible, Coran : participer à libérer la Parole de Dieu !

Message  Invité le Mer 23 Déc 2009 - 2:49

J'ai dit plus haut que le coté esotérique, pour moi, ce n'est pas les initiation, magie ou autre mais lire avec l'esprit et non pas à la lettre. Peut-être ésotérique ne convient pas effectivement, métaphysique ?? Mais tu auras compris que je disais lire avec l'esprit.

Ce n'est pas en listant les erreurs contre les femmes qu'on y arrivera;
Je pense qu'il faut agir à partir de maintenant, en tenant compte des erreurs d'hier seulement pour construire de belles choses et pour que les vécus antérieurs dont on en tire des leçons nous servent de bousole.

bonne nuit !


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Re: Bible, Coran : participer à libérer la Parole de Dieu !

Message  Invité le Mer 23 Déc 2009 - 3:25

Quelle magnifique fleur !

J'avais bien compris le sens que tu donnais ici, Maryse, à "ésotérique", d'autant plus clair qu'il renvoie au soufisme, cette éclaircie de l'islam.
Il s'agit bien sûr du sens profond, du Fond, toujours.

Je ne sais pas ce que tu entends Pat par "tourner autour du pot" ?

Je ne sais qu'une seule chose : le Fond coranique - splendide - est Divin.
La RA me le confirme.
Donc il s'agit bien d'en libérer cet essentiel des déformations en tous genres.
Et c'est encore et toujours le Fond - retrouvé chez des soufis, chez des chercheurs et chercheuses, dans la foi simple du musulman ordinaire (j'en fréquente) - qui peut me guider avec certitude dans la Voie Droite originelle aujourd'hui égarée.

Je n'associe pas plus le Coran à ce qui s'en est fait historiquement que je n'identifie l'évangile à l'église, etc.
Ce ne sont pas les faits et gestes des hommes qui nous éclairent sur la Parole, mais le Fond lumineux de cette Parole qui se retrouve partout sous le bruit religieux, dès qu'on creuse un peu...

C'est aussi ainsi - à mon sens - que nous pourrons faire alliance avec nos frères :

Tu feras alliance fraternelle avec les assemblées des synagogues, celles des soumis de Dieu, nuls de Mes Fils ne seront pour toi des étrangers. 35/11

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Re: Bible, Coran : participer à libérer la Parole de Dieu !

Message  Invité le Mer 23 Déc 2009 - 7:21

Sur le fil déjà cité, cette réaction d'un muslman ouvert (sa page perso est intéressante) et ma réponse :

Bouliq le 22/12 à 20h59
Ces hadites du prophéte méritent autre chose que ce débat haineux.Des expressions toutes faites et des stéerotypes.C'est une habitude de certains sur ce site.
C'est dommage. Bon courage.


Âmi du monde à 05h17
Bouliq, merci de cette compréhension !
Je suis effaré souvent des réactions, mais là je trouve encore que ça reste correct...
Mais effectivement ces paroles du prophète Mouhamad sont dignes de celles de Jésus et si elles n'ont pas été "suivies", elles témoignent du Fond profondément humain et spirituel à l'origine de la Révélation coranique.
Et ce qui est à l'origine se retrouvera à la fin...

Que chacun prenne acte de cette incroyable diversité et cherche chez l'autre, sous toutes ces différences, ce qui rapproche, unit, converge.
Vive les passerelles spirituelles !
Stop aux divisions SANS FIN.

Merci pour l'âme du monde.



La foi musulmane est à vocation libératrice

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Re: Bible, Coran : participer à libérer la Parole de Dieu !

Message  Invité le Mer 23 Déc 2009 - 7:47

Sur Mouhamad, des regards inattendus :

George Bernard Shaw.

"Je voulais mieux connaître la vie de celui qui, aujourd’hui détient indiscutablement les cœurs de millions d’êtres humains ; je suis, désormais, plus que jamais convaincu que ce n’était pas l’épée qui créait une place pour l’Islam dans le cœur de ceux qui cherchaient une direction à leur vie. C’était cette grande humilité, cet altruisme du Prophète, l’égard scrupuleux envers ses engagements, sa dévotion intense à ses amis et adeptes, son intrépidité, son courage, sa confiance absolue en Dieu et en sa propre mission. Ces faits, et non l’épée, lui amenèrent tant de succès et lui permirent de surmonter les problèmes ".


Lamartine

"Jamais un homme ne se proposa, volontairement ou involontairement, un but plus sublime, puisque ce but était surhumain : Saper les superstitions interposées entre la créature et le Créateur, rendre Dieu à l'homme et l'homme à Dieu, restaurer l'idée rationnelle et sainte de la divinité dans ce chaos de dieux matériels et défigurés de l'idolâtrie... Jamais homme n'accomplit en moins de temps une si immense et durable révolution dans le monde, puisque moins de deux siècle après sa prédication, l’islamisme, prêché et armé, régnait sur les trois Arabie, conquérait à l'Unité de Dieu la Perse, le Khorassan, la Transoxiane, l'Inde occidentale, la Syrie, l'Egypte, l'Ethiopie, tout le continent connu de l'Afrique septentrionale, plusieurs îles de la méditerranée, l'Espagne et une partie de la Gaule. Si la grandeur du dessein, la petitesse des moyens, l'immensité du résultat sont les trois mesures du génie de l'homme, qui osera comparer humainement un grand homme de l'histoire moderne à Mahomet ? Les plus fameux n'ont remués que des armes, des lois, des empires; ils n'ont fondé, quand ils ont fondés quelque chose, que des puissances matérielles, écroulées souvent avant eux. Celui-là a remué des armées, des législations, des empires, des peuples, des dynasties, des millions d'hommes sur un tiers du globe habité ; mais il a remué, de plus, des idées, des croyances, des âmes. Il a fondé sur un Livre, dont chaque lettre est devenue une loi, une nationalité spirituelle qui englobe des peuples de toutes les langues et de toutes les races, et il a imprimé, pour caractère indélébile de cette nationalité musulmane, la haine des faux dieux et la passion du Dieu un et immatériel... Philosophe, orateur, apôtre, législateur, guerrier, conquérant d'idées, restaurateur de dogmes rationnels, d'un culte sans images, fondateur de vingt empires terrestres et d'un empire spirituel, voilà Mahomet. A toutes les échelles où l'on mesure la grandeur humaine, quel homme fut plus grand ?..."


Victor Hugo

L'AN NEUF DE L'HEGIRE
Comme s'il pressentait que son heure était proche,
Grave, il ne faisait plus à personne une reproche ;
Il marchait en rendant aux passants leur salut ;
On le voyait vieillir chaque jour, quoiqu'il eût
A peine vingt poils blancs à sa barbe encore noire ;
Il s'arrêtait parfois pour voir les chameaux boire,
Se souvenant du temps qu'il était chamelier.
Il semblait avoir vu l'Eden, l'âge de d'amour,
Les temps antérieurs, l'ère immémoriale.

Il avait le front haut, la joue impériale,
Le sourcil chauve, l'œil profond et diligent,
Le cou pareil au col d'une amphore d'argent,
L'air d'un Noé qui sait le secret du déluge.
Si des hommes venaient le consulter, ce juge
Laissait l'un affirmer, l'autre rire et nier,
Ecoutait en silence et parlait le dernier.
Sa bouche était toujours en train d'une prière ;
Il mangeait peu, serrant sur son ventre une pierre ;

Il s'occupait de lui-même à traire ses brebis ;
Il s'asseyait à terre et cousait ses habits.
Il jeûnait plus longtemps qu'autrui les jours de jeûne,
Quoiqu'il perdît sa force et qu'il ne fût plus jeune.
A soixante-trois ans une fièvre le prit.
Il relut le Coran de sa main même écrit,
Puis il remit au fils de Séid la bannière,
En lui disant : " Je touche à mon aube dernière.
Il n'est pas d'autre Dieu que Dieu. Combats pour lui. "
Et son œil, voilé d'ombre, avait ce morne ennui
D'un vieux aigle forcé d'abandonner son aire.

Il vint à la mosquée à son heure ordinaire,
Appuyé sur Ali le peuple le suivant ;
Et l'étendard sacré se déployait au vent.
Là, pâle, il s'écria, se tournant vers la foule ;
" Peuple, le jour s'éteint, l'homme passe et s'écroule ;
La poussière et la nuit, c'est nous. Dieu seul est grand.
Peuple je suis l'aveugle et suis l'ignorant.
Sans Dieu je serais vil plus que la bête immonde. "

Un cheikh lui dit : " o chef des vrais croyants ! le monde,
Sitôt qu'il t'entendit, en ta parole crut ;
Le jour où tu naquit une étoile apparut,
Et trois tours du palais de Chosroès tombèrent. "
Lui, reprit : " Sur ma mort les Anges délibèrent ;
L'heure arrive. Ecoutez. Si j'ai de l'un de vous
Mal parlé, qu'il se lève, ô peuple, et devant tous
Qu'il m'insulte et m'outrage avant que je m'échappe ;
Si j'ai frappé quelqu'un, que celui-là me frappe. "
Et, tranquille, il tendit aux passants son bâton.
Une vieille, tondant la laine d'un mouton,
Assise sur un seuil, lui cria : " Dieu t'assiste ! "
Il semblait regarder quelque vision triste,
Et songeait ; tout à coup, pensif, il dit : " voilà,
Vous tous, je suis un mot dans la bouche d'Allah ;
Je suis cendre comme homme et feu comme prophète.
J'ai complété d'Issa la lumière imparfaite.
Je suis la force, enfants ; Jésus fut la douceur.
Le soleil a toujours l'aube pour précurseur.
Jésus m'a précédé, mais il n'est pas la Cause.
Il est né d'une Vierge aspirant une rose.
Moi, comme être vivant, retenez bien ceci,
Je ne suis qu'un limon par les vices noirci ;
J'ai de tous les péchés subi l'approche étrange ;
Ma chair a plus d'affront qu'un chemin n'a de fange,
Et mon corps par le mal est tout déshonoré ;
O vous tous, je serais bien vite dévoré
Si dans l'obscurité du cercueil solitaire
Chaque faute engendre un ver de terre.
Fils, le damné renaît au fond du froid caveau
Pour être par les vers dévoré de nouveau ;
Toujours sa chair revit, jusqu'à ce que la peine,
Finie ouvre à son vol l'immensité sereine.
Fils, je suis le champ vil des sublimes combats,
Tantôt l'homme d'en haut, tantôt l'homme d'en bas,
Et le mal dans ma bouche avec le bien alterne
Comme dans le désert le sable et la citerne ;
Ce qui n'empêche pas que je n'aie, ô croyants !
Tenu tête dans l'ombre au x Anges effrayants
Qui voudraient replonger l'homme dans les ténèbres ;
J'ai parfois dans mes poings tordu leurs bras funèbres ;
Souvent, comme Jacob, j'ai la nuit, pas à pas,
Lutté contre quelqu'un que je ne voyais pas ;
Mais les hommes surtout on fait saigner ma vie ;
Ils ont jeté sur moi leur haine et leur envie,
Et, comme je sentais en moi la vérité,
Je les ai combattus, mais sans être irrité,
Et, pendant le combat je criais : " laissez faire !
Je suis le seul, nu, sanglant, blessé ; je le préfère.
Qu'ils frappent sur moi tous ! Que tout leur soit permis !
Quand même, se ruant sur moi, mes ennemis
Auraient, pour m'attaquer dans cette voie étroite,
Le soleil à leur gauche et la lune à leur droite,
Ils ne me feraient point reculer ! " C'est ainsi
Qu'après avoir lutté quarante ans, me voici
Arrivé sur le bord de la tombe profonde,
Et j'ai devant moi Allah, derrière moi le monde.
Quant à vous qui m'avez dans l'épreuve suivi,
Comme les grecs Hermès et les hébreux Lévi,
Vous avez bien souffert, mais vous verrez l'aurore.
Après la froide nuit, vous verrez l'aube éclore ;
Peuple, n'en doutez pas ; celui qui prodigua
Les lions aux ravins du Jebbel-Kronnega,
Les perles à la mer et les astres à l'ombre,
Peut bien donner un peu de joie à l'homme sombre. "

Il ajouta ; " Croyez, veillez ; courbez le front.
Ceux qui ne sont ni bons ni mauvais resteront
Sur le mur qui sépare Eden d'avec l'abîme,
Etant trop noirs pour Dieu, mais trop blancs pour le crime ;
Presque personne n'est assez pur de péchés
Pour ne pas mériter un châtiment ; tâchez,
En priant, que vos corps touchent partout la terre ;
L'enfer ne brûlera dans son fatal mystère
Que ce qui n'aura point touché la cendre, et Dieu
A qui baise la terre obscure, ouvre un ciel bleu ;
Soyez hospitaliers ; soyez saints ; soyez justes ;
Là-haut sont les fruits purs dans les arbres augustes,
Les chevaux sellés d'or, et, pour fuir aux sept dieux,
Les chars vivants ayant des foudres pour essieux ;
Chaque houri, sereine, incorruptible, heureuse,
Habite un pavillon fait d'une perle creuse ;
Le Gehennam attend les réprouvés ; malheur !
Ils auront des souliers de feu dont la chaleur
Fera bouillir leur tête ainsi qu'une chaudière.
La face des élus sera charmante et fière. "
Il s'arrêta donnant audience à l'espoir.
Puis poursuivant sa marche à pas lents, il reprit :

" O vivants ! Je répète à tous que voici l'heure
Où je vais me cacher dans une autre demeure ;
Donc, hâtez-vous. Il faut, le moment est venu,
Que je sois dénoncé par ceux qui m'ont connu,
Et que, si j'ai des torts, on me crache aux visages. "
La foule s'écartait muette à son passage.
Il se lava la barbe au puits d'Aboufléia.
Un homme réclama trois drachmes, qu'il paya,
Disant : " Mieux vaut payer ici que dans la tombe. "
L'œil du peuple était doux comme un œil de colombe
En le regardant cet homme auguste, son appui ;
Tous pleuraient ; quand, plus tard, il fut rentré chez lui,
Beaucoup restèrent là sans fermer la paupière,
Et passèrent la nuit couchés sur une pierre
Le lendemain matin, voyant l'aube arriver ;
" Aboubékre, dit-il, je ne puis me lever,
Tu vas prendre le livre et faire la prière. "
Et sa femme Aïscha se tenait en arrière ;
Il écoutait pendant qu'Aboubékre lisait,
Et souvent à voix basse achevait le verset ;
Et l'on pleurait pendant qu'il priait de la sorte.
Et l'Ange de la mort vers le soir à la porte
Apparut, demandant qu'on lui permît d'entrer.
" Qu'il entre. " On vit alors son regard s'éclairer
De la même clarté qu'au jour de sa naissance ;
Et l'Ange lui dit : " Dieu désire ta présence.
- Bien ", dit-il. Un frisson sur les tempes courut

Un souffle ouvrit sa lèvre, et Mahomet mourut.

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Soufisme : une porte musulmane vers la modernité ?

Message  Invité le Mer 23 Déc 2009 - 8:02

Toujours pour documenter le fil et poser des passerelles :

Soufisme : une porte musulmane vers la modernité ?

Voulez-vous savoir comment le soufisme a libéré un jeune musicien musulman de banlieue, prisonnier de ses angoissantes contradictions, et de quelle façon la spiritualité l’a fait accéder à l’esprit citoyen laïque de la république ?


Né en1975, Abd al Malik a grandi dans l’énorme “quartier difficile” du Neuhoff, à Strasbourg, de parents congolais. Des intellectuels - ce qui ne l’a pas empêché d’être confronté à tout ce qu’un noir, pauvre, finalement élevé par une mère seule, sans qualification, avec six frères et sœurs, peut connaître de la misère des banlieues et de ses échappatoires : vols et deals, braquage, argent facile, frime et mépris pour les “bouffons” qui obéissent au système et ne font que travailler. Son intelligence, sa référence à des parents cultivés, le courage exceptionnel de sa mère, sa chance aussi et une sorte de grâce naturelle, fit qu’il devint néanmoins un lycéen brillant, dans une bonne institution catholique... sans cesser de monter dans la hiérarchie de la délinquance de sa cité. Ce double rôle faillit le rendre fou une première fois, alors qu’il n’avait pas quinze ans, quand les drogues dures firent leur entrée et que beaucoup de copains moururent - les autres perdant souvent tout sens de l’honneur. Or, s’il se sentait coupé en morceaux, celui qui s’appelait encore Régis, encouragé par sa mère très chrétienne, n’abandonnait pas une forme de quête intérieure, qui le faisait prier Dieu... de l’aider à réussir ses coups et de le protéger de la police ! Mais le christianisme demeurait trop mental et ne lui parlait pas physiquement. À seize ans, il finit par suivre son frère aîné, Bilal, et se convertit à l’islam. Irrépressible pression du quartier ? Non, cela se passa, selon lui, de façon naturelle : rebaptisé Abd al Malik, il eut l’impression de se retrouver « enfin chez lui ». Ses cinq autres frères et sœurs l’imitèrent d’ailleurs tour à tour, approuvés par leur mère, décidemment large d’esprit. Tout semblait se simplifier.
Mais la schizophrénie ne fit que s’amplifier, car entre-temps il avait rejoint un groupe de rap, les NAP (New African Poets), alors que ses nouveaux maîtres à penser puritains voyaient dans la musique une voie de perdition. Devenu musulman modèle - tout en poursuivant des études de philo à la fac ! -, il abandonna la délinquance, mais pas le rap, qu’il poursuivit sans le dire aux imams intégristes qui gouvernaient les mosquées de Strasbourg. En peu de temps, portant désormais la barbe, le jeune homme, muslim zélé, en sut assez pour être invité par ses aînés à prêcher dans toute la France. Ce qu’il fit avec enthousiasme.
Seulement voilà, la notoriété des NAP, elle aussi, s’étendait maintenant à l’ensemble du pays et les imams, évidemment au courant (on lui demandait des autographes à la sortie des mosquées !), finirent par demander à Abd al Malik de renoncer à cette diablerie. Un doute existentiel nouveau s’empara de l’artiste. Lâcher la musique ? Le réseau musulman auquel il appartenait, le tabligh, sorte de « mission pastorale » destinée à réveiller les fidèles assoupis, lui fit rencontrer plusieurs fois son dirigeant le plus célèbre, Tariq Ramadan, déjà omniprésent dans les médias. Mais, malgré les embrassades, le discours de ce dernier sonna très creux aux oreilles du rappeur mystique (qui avait pourtant étudié tous ses livres) : il eut l’impression de se retrouver « au parti communiste ». On tolérait qu’il continue à chanter, mais à condition de soumettre ses chansons à un comité ! C’est alors qu’en plein désarroi, conseillé par son compagnon il se plongea dans la lecture d’un texte soufi de Ghazali datant du XI° siècle, "Le Tabernacle des lumières" ...
Une émotion considérable s’empara de lui. Brusquement, un maître musulman lui apportait des réponses profondes à toutes les questions qui l’assaillaient. Des réponses parlant au cœur et aux tripes et balayant toute ratiocination mesquine : cet islam-là voyait les juifs et les chrétiens comme des frères. Mieux : il faisait de l’autre, de confession différente, une entité indispensable, la preuve de la beauté multiple du divin. Et ici, le “grand djihad” ne consistait pas à tuer quiconque, mais à mener la guerre contre son propre ego. En quelques semaines, Abd al-Malik dévora tous les livres soufis qu’il put trouver, d’Ibn Arabi à l’émir Abd el-Qader. Mais sa surprise dépassa toute mesure quand il découvrit Amadou Hampâté Bâ, mort moins de dix ans plus tôt. Il s’était imaginé que les soufis appartenaient au lointain passé ! Ils existaient donc toujours ? Il lui fallait les rejoindre au plus vite !
Si vous voulez savoir comment les choses se passèrent, de Strasbourg à Madagh - où vit sidi Hamza Boudchich, le maître soufi de Faouzi Skali -, via Paris, New-York et Fès, achetez le formidable livre où Abd al Malik raconte les trente premières années de sa vie. Sans plaisanter : "Qu’Allah bénisse la France !" devrait être lu dans toutes les écoles de France ! Un vrai roman, où ce jeune Français noir des quartiers dit comment il a trouvé sa voie dans le soufisme,
« islam lumineux centré sur l’amour universel, qui vous réconcilie avec l’esprit de citoyenneté et vous fait entrer dans le face à face des cœurs. »

Nous nous sommes entretenus avec Abd al Malik après les émeutes de novembre 2005 en banlieue...

Nouvelles Clés : Comment avez-vous réagi à la flambée de violence dans les quartiers ?
Abd al Malik : Lorsque vous venez d’un quartier comme moi, que vous êtes noir ou d’origine maghrébhine, ou simplement blanc pauvre, vous appartenez à la population la plus fragile, victime de discrimination à l’emploi, au logement, à la culture. Et vous êtes victime de non-représentation. Quand on regarde le paysage politique français, on ne voit pas beaucoup de noirs, ni de personnes d’origine maghrébine. Même chose lorsqu’on allume la télé : on a l’impression de vivre dans un monde presque fantasmé. Dans la réalité, la France a changé, comme le monde entier. Je suis noir, musulman, je viens d’un quartier difficile, mais je suis français et j’aime mon pays. J’aime l’idée de mon pays et cette vision universaliste qui en émane. Mais je voudrais aussi qu’en face, on me voie comme tel. Le problème, c’est que tous ces jeunes des quartiers se sentent français, ils le SONT, du moins dans leur cœur, mais pas dans le regard de l’autre. C’est comme s’il y avait des Français de première et de deuxième catégorie. La difficulté que traversent les banlieues s’enracine dans quelque chose qui a toujours été mis de côté, de côté, de côté, toutes classes politiques confondues. Ça n’a jamais été considéré comme une priorité. À un moment donné, forcément, ça explose. Nulle population ne peut supporter, à la longue, toutes ces humiliations au quotidien.
Vous soumettez n’importe quel groupe humain à ce régime, tôt ou tard, il va agir de façon inconsidérée et violente. Ce qui est en train de se passer est donc tout-à-fait normal. Mais en même temps, c’est le moment, pour la classe politique, de faire un acte politique fort, une sorte d’union républicaine - qu’importe qu’on soit de gauche ou de droite -, pour que les banlieues et les quartiers soient considérés comme des priorités d’aujourd’hui. On sait bien que les premières victimes des violences sont toujours les personnes les plus fragiles, autrement dit les gens des quartiers eux-mêmes. Les voitures qu’on brûle, les écoles qu’on brûle, ce sont les nôtres ! Nous nous lançons des pierres à nous-mêmes. Et ça, c’est la preuve que nous sommes à bout. Quand quelqu’un n’en peut plus, il se suicide. Mais on sait bien que la plupart de ceux qui font des tentatives de suicide ne veulent pas mourir ; ils envoient un message désespéré : « Écoutez-moi, j’existe ! » C’est exactement ce qui est en train de se passer.
Aujourd’hui, on mesure le gouffre énorme entre ce que pense la classe politique et la réalité. Mais attention, ce n’est pas parce qu’on a en face de soi quelqu’un qui ne sait pas bien utiliser un outil, qu’il faut jeter l’outil. Le principe républicain, démocratique et laïc de la France n’est nullement remis en cause. Ce qui est interpellé, c’est la méthodologie, la manière d’aborder le problème. J’espère que, maintenant, on va consulter les gens des quartiers, qu’on va parler avec eux, avec les parents, avec les associations de quartier, avec les jeunes, pour essayer de faire avancer les choses et surtout qu’on va mettre dans la police des noirs, des arabes. Même chose à la télé ! Pour que nous sentions bien que nous sommes dans notre pays.
Ça c’est très important ! Vous comme moi, nous nous sommes construits avec des modèles. Quand j’étais gamin, mes modèles étaient le dealer, le braqueur, etc. Mais avant, j’avais eu la chance d’avoir pendant quelques années une figure paternelle d’intellectuel fort - même si c’était en partie du fantasme - et ensuite celle, bien plus réelle, de ma mère qui, elle, n’a jamais lâché. Ça m’a permis de me construire quand même, du mieux que j’ai pu. Mais le fait de voir des Français noirs ou d’origine maghrébine qui réussissent, de les voir à la télé, en tant qu’artistes, leaders politiques, médecins, avocat, entrepreneurs ou hommes d’affaires, ça changerait énormément de choses dans la tête des jeunes. Combien de scientifiques d’origine arabe voient chez nous leur carrière bloquée, simplement à cause de leur nom ? Pour le moment, quand on parle des gens des quartiers, c’est uniquement pour dire que leurs jeunes sont des délinquants - au mieux, va-t-on reconnaître un sportif ou un rappeur, mais nous avons besoin de beaucoup plus que ça et que les médias en parlent ! À court terme, bien évidemment les choses se calment. Mais si les politiques ne donnent pas les bonnes réponses maintenant, la fois d’après, ça sera bien pire. Cet automne, nous avons juste eu droit à un échantillon.
Quant à notre rapport à l’islam, il faut se décomplexer et en parler ouvertement. Sinon, on va se retrouver avec des gamins qui vont lancer des pierres à la police en criant « Allah u Akbar ! » sans même comprendre ce qu’ils disent, comme un slogan de bande dessinée.

N. C. : A-t-on passé un seuil avec la génération des 10-15 ans qui échappent même à leurs grands-frères ? Les familles peuvent-elles encore quelque chose ?
A. A-M. : Parlons des familles ! Quand ma mère rentrait de sa journée harassante à l’hôpital, ou à nettoyer des bureaux, elle nous faisait à manger et elle s’écroulait, cassée. Ce fut pourtant la meilleure des mères ! Mais moi, à 9 ou 10 ans, j’étais forcément éduqué par la rue. Dans les quartiers vivent les populations les plus fragiles. Il leur faut donc plus d’encadrement, plus de structures, parce qu’aucun individu ne peut se construire sans structure. Ces enfants-là ne peuvent pas être abandonnés à eux-mêmes. Il faut leur assurer une éducation, pour qu’au bout du compte, ils trouvent, non pas seulement un travail, mais la compréhension de l’esprit républicain, laïc, démocrate, citoyen. Pour que la prochaine fois qu’ils se mettent en colère, ils sachent utiliser les outils de la république, y compris les manifs. Parce qu’il faut bien comprendre que ces jeunes qui cassent et incendient délivrent ainsi un message. Ils sont en train de dire quelque chose, car malheureusement, on ne leur a pas appris à s’exprimer de manière construite. À chaque fois qu’on leur a renvoyé une image d’eux-mêmes, ce n’était jamais une image positive, mais toujours une image délinquante. Ils la renvoient donc et s’y confortent : vous nous voyez comme des animaux, nous allons nous comporter en animaux !
Le rôle du politique est de s’occuper de tout le monde, à la fois des personnes aisées qui ont moins de difficultés et des Français les plus fragiles.
Donc quand j’entends dire : « Les familles immigrées ont baissé les bras », je réponds qu’on ne leur a pas donné les moyens.

N. C. : Vous pensez qu’il faudrait donner plus de moyens à qui ? Aux centres sociaux, aux éducateurs ?
A. A-M. : Il faut plus de moyens, mais surtout d’autres méthodes. Qu’avant de voter des lois, les politiques sortent de leurs tours d’ivoire et consultent les gens sur le terrain, les habitants, les associations. Je pense, entre autres, aux réhabilitations urbaines : les habitants devraient y être associés beaucoup plus ! Sinon, comment voulez-vous qu’ils s’y sentent chez eux et que les jeunes ne vandalisent pas ? Quelqu’un qui construit ou qui aide à construire sa propre maison, je vous assure qu’il la fait respecter ! C’est de la psychologie de comptoir, mais c’est vrai. Il faut faire participer les habitants, les parents, les associations... Et ensuite leur donner les moyens. Donc j’insiste : à l’heure actuelle, l’urgence est de fonder une union républicaine, tous partis confondus, avec les habitants, et à partir de là, lancer de vrais plans, en phase avec la réalité. Et arrêter de faire de politique politicienne, mais œuvrer sur le long terme. Et sans faire l’impasse sur la question de l’islam.

N. C. : Que voulez-vous dire ? Confier la « question des quartiers » à des organisations musulmanes serait la faillite de la république !
A. A-M. : Je suis évidemment contre. Il faut confier la question des quartiers aux habitants et aux acteurs sociaux qui sont en permanence sur le terrain, c’est très différent. Un animateur social est un animateur social, un politique est un politique, quelle que soit leur religion ou absence de religion. Quant à l’islam, je connais celui des quartiers et je sais désormais qu’il s’agit d’une sorte de banlieue de l’islam ! J’ai eu la chance de pouvoir découvrir un autre islam, plus proche de son propre centre, et je fais désormais la différence ! Mais politiquement, ma démarche se veut purement citoyenne. Qu’importe que je sois musulman, chrétien, juif, bouddhiste ou athée : en tant que citoyen, cela ne doit pas compter.

N. C. : Mais la pression de ce qui se passe ailleurs dans le monde ne sera-t-elle pas trop forte ?
A. A-M. : Ce serait triste. La France a toujours été précurseur. L’idée universaliste vient de chez nous. En Europe, nous faisons partie de la locomotive. Aujourd’hui, la France a une carte cruciale à jouer, en montrant au reste du monde comment elle va gérer la crise grâce aux outils républicains, démocratiques, laïques, qu’elle a inventés. En novembre, j’ai été interviewés par de nombreux médias anglais et américains pour qui, unanimement, la révolte des banlieues est la preuve de l’échec du fameux modèle laïque des Français. Je leur dis : « Non, ce n’est pas parce que la personne qui tient l’outil est momentanément incompétente qu’il faut jeter l’outil. Il faut changer la personne, ou la former. » Je pars du principe que tout le monde part d’une belle intention. Mais il y a une différence entre l’intention et les capacités réelles. Les belles idées républicaines doivent trouver un terrain d’application dans la vraie réalité d’aujourd’hui, qui est notamment celle des banlieues. Pour moi, ce qui se passe cet automne est aussi important que mai 68. C’est un énorme défi de civilisation lancé à notre pays. Passer à côté serait catastrophique. La prochaine fois, ce ne seront peut-être plus des gamins, mais des adultes qui iront brûler les voitures.


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Re: Bible, Coran : participer à libérer la Parole de Dieu !

Message  pat le Mer 23 Déc 2009 - 13:36

Il reprend ce qu'un penseur du XIème siècle (al-Baghawi )a synthétisé du Coran concernant la femme et qui d'après lui a perduré jusqu'au XXème siècle.
On peut en dire autant du monde chrétien XX° siècle.

Parfaitement. Les Hommes dans l'ensemble, croyants ou athées ont pris pouvoir sur la femme. C'est ce que nous dit la Révélation d'Arès, dès sa deuxième veillée. Et les violences conjugales existent en Europe comme ailleurs et ce n'est pas pour les gommer que je parle des autres.
Sauf que ni le Message évangélique ni le message arésien ne prône une inégalité de nature entre les hommes et les femmes. C'est ce que al-Baghawi a cru trouver dans le Coran d'après A. Meddeb. Ce n'est pas moi qui le dis.

Et la législation coranique sur les droits de la femme, en application dans beaucoup de pays, est directement tiré du Coran. Ce qui n'est pas vrai pour nos lois en vigueur (code napoléon, loi sur l'incapacité de la femme....) Ce sont les hommes, ceux-là mêmes, dénoncés dans le Message arésien qui ont fait ces lois par misogynie naturelle, encouragés par les pouvoirs masculins religieux chrétiens. Lois et hommes que je ne défends nullement ici, mais qui ne peuvent prendre prétexte des évangiles pour justifier leur comportement. Je dirais qu'il est plutôt anti-évangélique.

Ici je le répète, je dénonce les principes même d'une législation inégalitaire contenue dans un livre saint qui sert encore de référence. Je ne dis nullement que ce texte n'a pas eu son utilité au temps de sa rédaction, comme certains écrits de Paul correspondaient à la mentalité ambiante de son époque. Je dis qu'il faut avoir le courage de dire que ces textes produisent une catastrophe sociale dans les pays où ils sont en vigueur.
Je n'associe pas plus le Coran à ce qui s'en est fait historiquement que je n'identifie l'évangile à l'église,
Il ne faut pas faire cette association effectivement, sauf, je le redis, que ce qui s'est fait historiquement en Islam fait encore partie du corpus des croyances à observer et les versets misogynes sont encore récités par les croyants.
Heureusement que la plupart des croyants musulmans ont évolué et ne les appliquent pas pratiquement et heureusement que certains penseurs, au péril de leur vie, voudraient voir ces versets déclarés obsolètes.
Je ne sais pas ce que tu entends Pat par "tourner autour du pot" ?
J'appelle tourner autour du pot, ne pas vouloir dire ces choses par peur de se voir déclarer islamophobes.

Les femmes n'ont jamais eu droit à une quelconque responsabilité ecclésiale dans le monde chrétien, encore aujourd'hui.
C'est vrai chez les catholiques, et je trouve cela scandaleux, mais cela ne concerne pas une catégorie importante de la chrétienté puisque l'Eglise réformée a des pasteurs femmes.
Je vois aussi dans le monde chrétien beaucoup de femmes déclarées saintes, sans doute plus que les hommes. Mais je ne vois pas dans ces petits mausolées, sortes de petits ermitages, que l'islam édifie sur la tombe de ses « saints », beaucoup de femmes consacrées.

Alors ces critiques faciles ou ces conneries qu'on raconte sur l'islam du genre "bat ta femme tous les matins, si tu ne sais pas pourquoi, elle, elle le sait", ça va bien ! on touche le fin fond de la débilité.
Ces conneries comme tu dis njama, ne sont pas les propos que l'on tient ici. Il ne faut donc pas les rapprocher des critiques que nous formulons et qui sont d'un autre ordre.

D'autre part, je ne souhaitais pas (et je ne souhaite pas) faire de comparaison entre religions. Mais le contexte des réponses m'y a obligé. Je le regrette.

pat

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La "crise" et les passerelles nécessaires

Message  Invité le Mer 23 Déc 2009 - 18:46

"La Bible, Le Coran, et La Révélation d'Arès. Il est bon de montrer ces livres sous un même éclairage, car si la crise économique créée des initiatives humanitaires et renforce la solidarité, elle accentue aussi le racisme, la haine et la méchanceté dans les cœurs."
23dec09 103C17
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Re: Bible, Coran : participer à libérer la Parole de Dieu !

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