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Violation des droits de l'Homme

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Violation des droits de l'Homme

Message  Invité le Dim 10 Jan 2010 - 19:35

Citons ci-dessous quelques cas consignés dans le rapport 2005-2006 de l’Association Sahraouie des Victimes des violations Graves des Droits Humains Commises par l’Etat Marocain (ASVDDH)


Témoignage de la Victime N.B, 22 ans
"Ce vendredi 13 décembre 2005, je suis allée à l’Ecole El Mansour El Dhahabi dans le quartier El Fath, pour chercher mon petit frère à la sortie de l’école, en compagnie de plusieurs autres femmes qui elles aussi venaient chercher leurs enfants. Subitement, des policiers nous demandent de dégager les lieux. J’ai compris qu’un grand nombre de Sahraouis organisaient un sit-in de protestation dans la rue voisine. Action précédée par une manifestation de femmes et de jeunes, qui brandissaient cartes et drapeaux du Front Polisario et répétaient des slogans politiques.

Dès que j’ai vu que les forces de l’ordre se préparer, vers 13h, à intervenir, je me suis réfugiée, avec d’autres femmes, dans les maisons voisines. Peu de temps après, les forces de l’ordre ont chargé et commencé à pénétrer dans les maison en cassant la porte. Un agent de la police urbaine (GUS) m’a attrapé par la tête et m'a tiré vers l’extérieur. J’ai vu des Sahraouis entassés dans la rue les uns sur les autres, comme les sacs de farine. Cette répression a été accompagnée par des coups de bâton, coup de pieds, insultes. Il m'ont fait monter de force, par la suite, dans une voiture de la brigade de l’intervention rapide pendant qu’un autre agent versait sur mes yeux un produit liquide qui irrite violemment, sans que les coups portés cessent durant le long trajet. Un autre agent du GUS a déshabillé une des filles et l’a violé par l’anus à l’aide d'une matraque.

A notre arrivée à la caserne de la force d'intervention rapide, le siège secret du réputé PC-CMI, nous avons retrouvé un autre groupe d’incarcérés pour subir à nouveau des tortures. Les yeux bandés, à genoux face au mur, les têtes baissées et à distance les uns des autres, ils nous ont donné des coups de pieds sur toutes les parties du corps dans la salle de torture (nommé salle d’opération, ou la boucherie).

Ils nous ont conduit, les unes après les autres, à la salle d’interrogation pour nous poser mille questions sur le sit-in pacifique, les meneurs, les commanditaires et sur nos relations avec les activistes du droit humain, notamment Sidi Mohammed Daddach, Brahim Dahan, et Hmad El Hammad.
Une fois l’interrogatoire fini, ils ont séparé quatre filles des incarcérées, après plusieurs heures passées dans la position décrite.

Ils m’ont conduit, en compagnie de sept autres femmes, dans une voiture de police, qui a sillonné la ville, nous étions allongées face au plancher et de temps à autre ils mettaient leurs pieds sur nos corps et enfin ils nous ont jeté, à trois heures du matin, à proximité du cimetière Khat El Rahma. Nous étions obligées, pieds nus et vêtements déchirés, puisque nous n’avons pas pu trouver de transport à cette heure-ci, de marcher à pied, risquant de croiser des chiens errants.

J’ai été enlevée une deuxième fois le 23 mars 2006 à 8 heures, date de la libération des prisonniers politiques, à proximité de notre maison par des individus en civil qui m’ont obligé à monter dans la voiture de police, où j’ai subi des coups violents, et j'ai été conduite au siège de la PC-CMI dans lequel j’ai subi de nouveau des tortures. A 23 h, la voiture de la police m’a jeté à l’extérieur de la ville en me menaçant la prochaine fois de liquidation physique."
Témoignage de la victime DH. AR, 17 ans

"J’ai rencontré un groupe des manifestants, à 13h, au boulevard Jamal El Dinn El Afghani. Ils brandissaient des drapeaux du Polisario et répétaient, pacifiquement, des slogans qui revendiquent le droit d’autodétermination du peuple sahraoui. Un grand nombre de la population les rejoignait. A 16h30, les responsables de la sécurité nous ont vu, et ont commandé aux forces de l’ordre de disperser les manifestants. Ils sont intervenus brutalement, ce qui a contraint un groupe de femmes à se réfugier dans une maison voisine. Ces forces de police civile ont envahi la maison et ont commencé à saccager et à disperser les meubles et vêtements tout en se moquant de ces habitants et en les mettant violemment tous dehors.

Ils nous ont entassées les unes sur les autres pour nous faire monter après dans la voiture de police à l’intérieur de laquelle nous avons subi toute sorte de tortures, d’insulte et d'injures telles que « les porcs Sahraouis ». Un des gardien m’a dit, en pissant sur moi et en menaçant de viol : « prends du thé marocain que nous offrons à nos hôtes ».
Dès notre arrivée à un lieu secret, j’ai entendu les cris de souffrances de prisonniers. Nous étions dans une position assise face au mur, les yeux bandés. Nous avons été conduites par la suite dans la salle d’interrogation, tout en subissant des tortures.

Après quelque temps, ils m’ont enlevé le bandeau, et j'ai vu en face de moi le commissaire nommé Bahri, qui a versé personnellement sur moi du pétrole en disant : « la prochaine fois j’allume le feu, si tu n’arrête pas ta participation aux "sit in" hostiles à la présence marocaine ».
A 3h du matin, j’ai été emmenée, en voiture de police, type Toyota Prado, et jetée dans le Boulevard de Samara, près de l’hôtel de ville de Boukra."
Témoignage de la victime N. Kh. 14 ans

"J’ai appris qu’un groupe de Sahraouis organisaient une action de protestation pour le 16 décembre 2005, dans laquelle ils revendiquaient l’application du processus de paix pour le respect le droit du peuple sahraoui à disposer de lui-même.

Ce vendredi, un très grand nombre des Sahraouis, en majorité des femmes, se sont regroupés dans l’avenue Jamal El Din El Afghani toute en répétant des slogans reflétant ses revendications. D’autres manifestants ont brandi les drapeaux du Front Polisario. Après une demi-heure, les renforts de la police commencent à déferler sur les lieux, dont un grand nombre des forces auxiliaires, des forces d’interventions rapides, de la gendarmerie et ainsi que la police urbaine, sans parler de plusieurs unités en civil. Nous avons été surpris, à 14h par une voiture de police qui a foncé droit sur nous, ce qui a dispersé la manifestation et m'a forcé, avec plusieurs femmes à nous réfugier à l’intérieur des maisons. Après une heure, les forces de police commençaient à taper fort sur les portes des maisons qui cédaient. Rien n’a résisté à leurs passages, ni vêtements, ni articles ménagers. J’ai aperçu un policier de la sécurité civile charger, par des coups de son bâton sur l’habitante, qu’il a assommé.

C’est à ce moment qu’un policier me prend par les cheveux et commence à me frapper, plusieurs fois sur le dos avec sa matraque et me tire vers l’extérieur où j’ai vu un très grand nombres des Sahraouis entassées les unes sur les autres pendant que les forces de police leur administraient des coups de brodequins et de bâtons. Ces coups ont provoqué des blessures.
Ils nous ont embarqué, par la suite, dans la voiture de police urbaine, Toyota Prado, si je me rappelle bien, nous étions sept femmes et deux jeunes. Ces gens ont poursuivi leurs violences en nous tapant avec leurs pieds. Peu de temps après, l'un d’eux m’a levé et s’est adressé à son collège : « regarde-moi ce butin. Viens pour qu’on profite de sa fraîcheur ». L’autre lui a répondu : « je n’accorde pas d’intérêt à ses Sahraouies puantes ». L’autre réplique : « tu as raison, mais moi, je ne la laisse pas tant que je ne profite pas d’elle, pour qu'elle se souvienne très bien des Marocains, qu’elle dénonce aujourd’hui ».
Il a commencé à enlever mon pantalon. Je l'ai supplié de me laisser tranquille. Il a répondu avec un rire hystérique en s’adressant à ses camardes : « venez voir gratuitement ce film animé ». Il a pris entre ses mains son pénis. Après il a essayé de mettre sa matraque dans mon anus. Je l'ai supplié de nouveau. Une autre femme est intervenue pour lui rappeler mon jeune âge.

Après une demi-heure, nous sommes arrivés au siège du PC-CMI et ils nous ont conduit dans une grande salle sombre où j’ai reconnu Hamid Bahri, Abou Hassan Aychi, et Bou Maazai, le Maire de la ville et le Caïd Bayja. Ils m’ont appelé, vu mon âge, le sang qui coulait sur mes cuisses, et mes vêtements déchirés. Ils m’ont demandé mon âge. Le nommé Abou Hassan, en me donnant une gifle, m'a dit : « tu as goûté la saveur de l’hospitalité marocaine ». En secouant le bâton entre ses main : est-ce que mes hommes t'ont bien traité ? La prochaine fois je vais leur ordonner d'enfoncer le bâton au bon endroit ».
Tous ses compagnons ont commencé à rire. Il m’interroge après sur la raison de mon arrestation et de mon hostilité contre la présence marocaine, et pourquoi j’acclame Mohammed Abdel Aziz, leader de Polisario. Quand ils ont vu que je ne pouvais plus parler, ni tenir debout, et que le sang continuait à couler sur mes cuisses, le nommé Bahi a ordonné à un policier de la brigade urbaine de me transporter loin de la caserne de la police d’intervention rapide et de me jeter dans une rue sombre, après avoir menacer de me brûler si on me trouvait encore dans une manifestation contre ce qu’on nomme « l’unité territoriale marocaine ».

Quand le policier m’a laissé dans la rue, j’ai eu de la chance qu’un taxi m’ai aperçu et emmené à la maison de ma famille. Je me suis évanouie dès mon arrivée."


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Re: Violation des droits de l'Homme

Message  Invité le Lun 11 Jan 2010 - 16:07

Le titre de ton sujet n'est pas faux Assunta, mais ces victimes sont des victimes d'une situation politique, dont les violences policières ne sont que des conséquences.

L'enjeu du Sahara occidental est un enjeu de puissance économique, plus qu'un enjeu territorial ! les mines de phosphates principalement.
Situation d'injustice, que le seul respect des droits de l'homme est incapable de résoudre à mon avis.


"Le Maroc occupe, illégalement au regard du droit international, le territoire du Sahara Occidental. De ce fait il peut en exploiter les richesse naturelles et développer ses investissements dans les mines de phosphates sahraouies. Ces minerais, ajoutés à ceux extraits sur son propre territoire, permettent au Maroc de conforter sa position de leader mondial dans le domaine des engrais phosphatés. D'autres richesses minérales sahraouies sont l'objet, avec l'aide de l'Union Européenne, d'investissements de recherche de la part du Maroc."
http://www.arso.org/ressnat4.html

C'est l'histoire d'une décolonisation douloureuse ...

République arabe-Sahraouie démocratique RASD
Le 14 novembre 1975, l'Espagne puissance coloniale tutélaire, signe les accords de Madrid avec le Maroc et la Mauritanie, qui prévoient la partition du Sahara occidental entre ces deux pays, sur la base de leurs liens historiques respectifs avec ce territoire.
Cet accord ne bénéficie pas du soutien de la communauté internationale, et va à l'encontre d'un avis consultatif de la Cour internationale de Justice sur l'autodétermination du Sahara occidental.

Après le départ des troupes espagnoles, les troupes marocaines et mauritaniennes se trouvent rapidement confrontées à un mouvement autochtone en faveur de l'indépendance du territoire, le Front Polissario, soutenu par l'Algérie et la Lybie.
Ce mouvement proclame la République arabe sahraouie démocratique le 27 février 1976 à Bir Lehlou, au lendemain de la fin officielle du mandat espagnol sur le territoire.
http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9publique_arabe_sahraouie_d%C3%A9mocratique

Sahara occidental
Depuis le cessez-le-feu de 1991, le Maroc contrôle et administre environ 80 % du territoire, tandis que le Front Polisario en contrôle 20% laissée par le Maroc derrière une longue ceinture de sécurité
http://fr.wikipedia.org/wiki/Sahara_occidental



J'ai laissé un commentaire (7 novembre 2009 20:32) assez détaillé sur ce sujet, avec différents liens, suite à un article du même genre que le tien paru sur Agoravox.
Même Allah est mis dans le coup !


Témoignage d’Izana. Octobre 2009, Sahara Occidental occupé
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/temoignage-d-izana-octobre-2009-64270#forum2298542

"Cette "Marche verte", ainsi nommée d’après la couleur sacrée de l’islam, exprimerait "le vœu unanime" du peuple marocain et imprimerait "en lettres d’or une nouvelle page de gloire" dans l’histoire de la nation.
Le roi s’engagea à prendre la tête des marcheurs qui auraient pour seule arme le "Livre Sacré d’Allah".

L’organisation que supposait le transport à travers le désert de 350.000 personnes venues des quatre coins du Maroc, le ravitaillement en nourriture, en eau et en fuel, et la fourniture de tentes semblait une gageure, mais le roi Hassan révéla que les préparatifs avaient commencé deux mois auparavant. Vraisemblablement, la marche aurait eu lieu quelle que fût la conclusion de la Cour."


La marche verte a été lancé le 6 novembre 1975 dans le but d'annexer ce territoire. C'est une opération montée de toutes pièces. L'élan spontané populaire est une légende médiatique.

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