Spiritualités

Apport de la Marche Mondiale

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Apport de la Marche Mondiale

Message  Invité le Sam 23 Jan 2010 - 13:26

Discours de Rafael de la Rubia, le 2 janvier 2010 Punta-deVacas

Site France http://www.marchemondiale.fr/
Site Mondial http://www.theworldmarch.org/index.php?lang=fra


Amis, la première MARCHE Mondiale pour la Paix et Non-Violence a été possible...

Nous étions des centaines de milliers de personnes à participer. Plus de 3.000 organisations. Près de 100 membres des équipes de base : intercontinentale, du Moyen-Orient et des Balkans, celle de l’Afrique du sud Est. Pour eux, je demande que nous leur exprimions notre reconnaissance.

Il n’est pas facile de synthétiser ce qui a été réalisé. Comment décrire la quantité de marches, d’interviews, le millier d’évènements réalisé. Les réceptions par le Secrétaire Général des Nations-Unies, par l’Organisation des Etats Américains, par les Prix Nobel, par les Président(e)s, dans les Parlements, et par des centaines de Maires. Comment dire la quantité de villes, de gens merveilleux rencontrés, avec leurs diversités de langues, de cultures.

Les logements, certains confortables, d’autres plutôt austères : nous avons dormi dans des marae* maoris, des monastères bouddhistes, des maisons de quakers, y compris dans un refuge anti atomique. Nous avons connu des menaces de tsunami, de tremblements de terre, de typhons. Nous avons marché sous des températures de 40 degrés et en dessous de zéro. Comment parler de l’épuisement, des moments difficiles, rencontrés également.

* marae : lieux sacrés



Plus de 400 villes, 90 pays et près de 200.000 Km durant ces 93 jours. Cette Marche Mondiale a été la plus grande manifestation de Paix et de Non violence qui ait eu lieu dans l’histoire. La première à l’échelle planétaire !!

Cela a été possible grâce à l’appui volontaire de milliers d’amis et d’organisations. Nous soulignons l’aide du Mouvement Humaniste dans tous les pays. Merci à Silo pour son aide et son inspiration.

Dans notre parcours nous avons vu des gens sans maison à cause des typhons aux Philippines, des hibakushas* survivants de la bombe d’Hiroshima, des millions de familles brisées par les guerres en Corée, en Palestine. De nombreux monuments dédiés aux millions de morts pendant les guerres en Europe et en Asie. Des lieux où on pratiquait la torture. Des frontières entre pays en conflit : Inde-Pakistan, les deux Corée, Israël-Palestine, les Balkans, à Tijuana, celle entre l’Equateur et la Colombie. Des enfants au travail en Asie, en Afrique et en Amérique. Des femmes maltraitées partout dans le monde. Nous avons vu beaucoup de souffrance, d’injustice, la faim, les maladies, sur tous les continents. Tout ceci a été dur, mais nous a renforcés, nous a permis de nous réaffirmer et a donné plus de sens à cette marche.

* terme Japonais : “victimes de la bombe”



Nous avons aussi vu des gens enthousiastes, des militants courageux qui renouvelaient leur foi et leur confiance. Nous avons rencontré de très bonnes personnes. Nous avons traversé des pays sans armée où l’on nous a dit que “jamais auparavant on ne s’était senti autant en sécurité” que lorsqu’on avait déclaré la paix aux autres pays du monde .Des Parlements qui proposent que “le Droit à la Paix” soit un droit humain. Des ministères pour le désarmement, des ministères de la Paix. Des pays qui ferment les bases étrangères. Des régions sans armes nucléaires. Nous sommes passés par des pays dont les gouvernements ont renoncé à la guerre. Ils sont tous des exemples qui nous ouvrent le futur.

La Marche Mondiale a surgi de la nécessité de faire un apport et de donner cohérence à sa propre vie. Elle a fait irruption depuis un endroit difficile à expliquer, mais avec beaucoup de certitude. Cela a produit de nombreuses nuits d’insomnie. Un jour la Marche Mondiale est apparue comme possible, nécessaire et urgente. Cette Marche est en train de faire aussi un parcours intérieur.

Cette Marche nous a changés. Elle nous a ouvert de nouvelles possibilités. Elle a avancé de façon imparable. D’une manière douce, presque silencieuse, mais avec la force du grand fleuve. Beaucoup m’ont raconté que cette Marche leur a ouvert l’espoir, leur a ouvert le futur.

Pendant le parcours il nous est arrivé de tout. Des moments de grand sens. Où convergeaient les demandes du passé avec les aspirations du futur. Des moments de connection avec les gens qui nous permettaient de communiquer en dépassant les langues, les cultures, les races et les croyances. Des moments où un grand sentiment se faisait très présent. Des jours où nous nous sentions différents. Des instants où s’écoulait un éternel présent. Des moments de fortes compréhensions.

Ami(e)s, ensemble nous avons réalisé quelque chose qui, il y a peu encore, paraissait quasi impossible. Qu’en pensez-vous si nous révisions ce que nous croyons possible ?



Cette Marche est un effet de démonstration annonçant d’autres grandes actions transformatrices de l’humanité.

Cette Marche Mondiale ne s’achève pas ici, de nombreux projets ont pris corps que nous devons poursuivre. Cette Marche ne s’arrêtera qu’avec l’obtention de l’éradication des guerres et l’instauration de la culture de la Non violence.

Je voudrais terminer avec quelque chose dont certains se souviendront …

« Les temps de rénovation arrivent, où l’être humain recommence à parcourir la planète Terre. Non pour assouvir sa faim, ni pour asservir ou voler autrui. Mais pour tendre la main en reconnaissant son frère, pour se réconcilier, pour collaborer, pour construire les bases d’une nouvelle culture, d’une nouvelle civilisation comme il n’y en eut jamais auparavant sur la Terre. Pour résolument construire la Nation Humaine Universelle.

Arriva l’époque où l’être humain décida de se mettre debout et de se convertir en protagoniste de l’Histoire. Convergeant de différentes races, croyances et générations, pour la première fois en une entreprise commune. Tout partit d’une grande Marche qui parcourut le monde et émut la conscience et le cœur humain. Ils furent l’aube d’une nouvelle civilisation planétaire… »

Partant de cette grande expérience commune, je souhaite à chacun d’entre nous que nous trouvions notre propre rêve qui nous fascine, nous inspire et nous projette dans un futur transformateur à l’échelle mondiale.

Paix, Force et Joie

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: Apport de la Marche Mondiale

Message  Invité le Mer 27 Jan 2010 - 14:56

discours de Tony à Punta de Vacas lors de l'arrivée de la Marche


Ma Marche Mondiale pour la Paix et la Non-Violence

Tout d’abord, je tiens à dire que je n’ai jamais prévu de participer à cette Marche !

Finalement, j’ai suivi la Marche pendant plus de 50 jours dans 30 pays sur 4 continents différents, et lorsque je serai rentrée à la maison en Pologne, j’aurai au total pris 38 fois l’avion, passé environ 200 heures dans des bus, et dormi dans au moins 50 lits différents !

Que dire sur cette expérience à présent ?

Tout d’abord, cela représente pour moi une chance unique : j’ai été témoin du meilleur de la bonté humaine, comme des conséquences du pire de l’humanité. J’ai beaucoup ri, et ai parfois été ému aux larmes.

Au Japon, nous avons rencontré les Hibakusha, les survivants des bombes. L’un d’eux nous a dit, «Merci, oh merci ! C’est tellement important». Je traduisais ces mots tout en essayant de ne pas pleurer, car j’éprouvais tellement d’empathie pour les terribles souffrances que cette dame avait du endurer, et je me sentais complètement indigne de ses remerciements. Rafa prit sa main et l’emmena au micro, où il parla à la foule pendant qu’elle tenait la banderole de la Marche Mondiale. Lorsqu’on est étreint par quelqu’un qui a survécu à une bombe atomique, ce que l’on fait en tant qu’être humain devient beaucoup plus important.

En Corée, nous avons rencontré des familles divisées depuis plus de 50 ans par un horrible mur barbelé qui divise un peuple partageant pourtant plus de 5000 ans d’histoire. On se demande alors, « Comment est-ce possible ? ». Les gens nous demandent de faire connaître cette situation au monde entier, la rendre publique afin qu’elle soit condamnée internationalement, comme le mur de Berlin. Mais aujourd’hui, nous avons des murs dans de nombreux endroits : Israël-Palestine, Etats-Unis-Mexique, Corées du Nord et du Sud, et ces murs que l’on ne peut pas voir : les contrôles douaniers qui semblent inoffensifs jusqu’au moment où l’on découvre que vous avez le même nom qu’une personne inscrite sur une liste de criminels, ou que vous n’avez pas le visa requis ; et également, les murs dans nos esprits, la difficulté de traiter les autres comme l’on veut être traité, la difficulté de reconnaître l’humanité dans les peuples qui son si différents de nous, la difficulté de communiquer avec les gens qui parlent une langue différente et ont une autre manière de penser. Cette Marche tentait aussi d’abattre ce type de murs.

En Bosnie, nous avons écouté ces activistes qui pensent vivre une pause entre deux guerres : la dernière guerre et la prochaine qui arrivera forcément puisque lorsque la paix est imposée sans aucun pas effectué vers une quelconque réconciliation, on peut être sûr que la violence physique ne tardera pas à revenir.

En Serbie et au Kosovo, nous avons vu les résultats de la guerre à travers les bâtiments en ruine et les rues détruites de Belgrade et Pristina, et pendant une seconde seulement, on parvient à imaginer l’horreur que cela doit être de vivre dans un endroit pareil au moment où les bombes tombent, en se demandant si l’on on est en train de vivre ses dernières secondes. Bien sûr, on ne peut jamais imaginer vraiment cette horreur, parce que ce que l’on imagine n’est rien comparé à la réalité.

Au Mexique et au Guatemala, nous avons entendu parler des problèmes que rencontraient les clandestins ; les gens qui se battent pour trouver un moyen de gagner de l’argent pour aider les membres de leur famille restés au pays et vivant dans la pauvreté. On nous parle des femmes qui voyagent seule, en quête de travail, et qui sont donc considérées comme des prostituées, et victimes de viol, d’esclavage, de prostitution forcée et même de mort ; à qui manquerait une prostituée de toute façon ?

En Colombie, on nous a parlé des guerres interminables entre le gouvernement et les forces paramilitaires, des otages, des adolescentes qui se rongent les sangs pour leurs pères. C’est un pays dans lequel 364 jours par an, le thème principal est la violence, et le jour de l’année où passe la Marche Mondiale, les journaux parlent de paix.

En Bolivie, nous avons constaté de nos propres yeux la situation épouvantable qu’est la violence économique, le résultat de 500 ans d’exploitation par un pouvoir colonial qui laissa ses descendants continuer l’exploitation, et on peut voir l’espoir du peuple dans le nouveau gouvernement mené par des indigènes – le gouvernement d’Evo Morales – qui, en créant une nouvelle constitution, en nationalisant les ressources naturelles du pays, et en dépossédant les propriétaires terriens de la terre sur laquelle ils n’avaient aucun droit de possession, a ranimé un sentiment de fierté chez les individus qui utilisaient un outil non-violent – le bulletin électoral – pour amener le changement social.

Avec cette Marche, nous n’avons pas seulement constaté les horreurs, nous avons également compris que nous transportions les espoirs de millions de personnes, et nous avons appris autant que possible sur le changement social non-violent grâce à de nombreux exemples rencontrés le long du chemin. Comme Dr Bernard Lafayette, le collègue de Martin Luther King, nous dit à New York, « cette Marche ne vous concerne pas vous, elle concerne vos enfants et les enfants qui ne sont pas encore nés ».

Au cours de cette Marche, nous avons entendu la même musique de la rébellion contre un système violent, même si cette musique était à chaque fois jouée par des instruments différents. Nous avons ressenti la certitude que cette musique que nous jouons est la musique qui peut changer le monde dans lequel nous vivons. Pour paraphraser Silo, nous sommes un arc-en-ciel de diversité, nous savons maintenant que la douceur de notre eau peut briser la dureté de la pierre. Et comme David devant l’insolent Goliath, cette Marche a prouvé au monde que nous pouvons abattre ces choses qui nous semblaient si solides et impénétrables jusqu’à maintenant.

Merci.

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum