Spiritualités

Je t'aime, je ne t'aime plus

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Je t'aime, je ne t'aime plus

Message  Invité le Mer 24 Fév 2010 - 19:31

C'est un fil de discussion que j'ouvre, qui fait en partie suite à ce qu'avait écrit navy dans le sujet "Le Grand Débat".

Il écrivait:
Je ne vois pas ou est le mal à aimer son pays.
et je lui répondais maladroitement qu'il n'y avait aucun mérite ni rien d'exceptionnel à aimer son pays, ce sentiment pouvant être commun à toutes les nations.

Réponse médiocre par son insuffisance, j'avoue. Désarroi en partie devant la question "d'aimer son pays", qu'il faudrait transcrire si j'ai bien compris ce débat sur l'identité nationale, comme une valeur essentielle scotchée à nos principes républicains, ou au moins graver dans les esprits comme étant un préalable au fait de se dire ou prétendre français (ou d'une nation), et, incompréhension d'avoir lu parfois ici ou là, cette formule lapidaire sans nuance: "La France, on l'aime ou on la quitte" ! ici


Mais Aimer n'est pas un blanc-seing ... je t'aime, je ne t'aime plus.
On aime autant que c'est aimable. L'amour se donne, mais se mérite aussi. L'amour est une bien subtile Al-Chymie.

L'amour est-il compatible avec la République ?

Si j'en crois Carmen, la réponse est sans appel, c'est NON !

L'amour est un oiseau rebelle
Que nul ne peut apprivoiser
Et c'est bien en vain qu'on l'appelle
S'il lui convient de refuser

Rien n'y fait, menace ou prière
L'un parle bien, l'autre se tait
Et c'est l'autre que je préfère
Il n'a rien dit, mais il me plaît

L'amour (x4)

L'amour est enfant de bohème
Il n'a jamais, jamais, connu de loi
Si tu ne m'aimes pas, je t'aime
Et si je t'aime, prends garde à toi
Prends garde à toi[...]

L'oiseau que tu croyais surprendre
Battit de l'aile et s'envola
L'amour est loin, tu peux l'attendre
Tu ne l'attends plus, il est là

Tout autour de toi, vite, vite
Il vient, s'en va, puis il revient
Tu crois le tenir, il t'évite
Tu crois l'éviter, il te tient

L'amour (x4)

L'amour est enfant de bohème
Il n'a jamais jamais connu de loi ...


Si France, tu nous demandes de t'aimer, tu t'exposes à entendre te dire que l'on ne t'aime plus ! et à entendre le "dit" du poète qui te fera la réponse du berger à la bergère.


J’ai aimé mon pays…

J’ai aimé mon pays,
Ce havre pour tant d’âmes
Bannies de tout bonheur.
J’ai aimé cette contrée
Capable de concevoir
La Liberté, l’Égalité et la Fraternité.


Les rêves de mon enfance,
Mes espérances, ma fierté,
Ma foi en son destin,
Toi, l’insatiable Président,
Tu les jettes dans la mare visqueuse,
Des tristes foires aux intérêts.

Je ne reconnais plus ma nation,
Je n’aime pas ce que tu fondes
Avec l’indécente complicité
Des charlatans qui t’ont fait roi,
Pâle souverain sans couronne ni cœur,
Marionnette au service des marchands !


J’ai honte que tu fasses de cette Terre d’Accueil
Le lit des privilégiés, la demeure des fanatismes ;
J’ai honte que tu puisses jeter les pauvres et petits
Aux mains des juges, après celles de tes policiers.
Comment peux-tu renier si grossièrement
Les droits légués par nos illustres aînés ?


Qu’elle est funeste, ton œuvre !
Où donc est ton âme, Président ?
Pour te croire tout puissant
Faut-il que tu enfermes
Des femmes et des enfants
Dans d’infectes prisons ?


Faut-il donc que tu jettes,
Tant de jeunes exclus du travail,
Aux vents mauvais de l’hiver,
Sans autre abri que la rue,
Sans autre espérance
Que de périr au plus vite ?


Pour être grand et digne,
Selon les injonctions de ton orgueil,
Faut-il toujours sonner l’hallali
Contre un sang venu d’ailleurs
Que toi et les tiens prétendez impur ?
Faut-il chasser jusqu’à leurs enfants ?

Faut-il que nous subissions le drapeau
Planté au droit de nos écoles ?
Pourquoi pas une guillotine
Rappelant que les résistants
Devront perdre leur tête
Pour prix de trop d’humanisme ?


Nos enfants devront-ils crier à tue-tête
Le chant barbare, ignorant l’amour,
Cet alibi de vos haines de puissants ?
Et tu voudrais brûler sous le feu de tes juges
Les élèves trop vivants
Qui te déplaisent dès leurs treize ans…


Mon pays, sous ton impulsion,
Devient un comptoir d’estaminet
Pour racistes écervelés.
Et tu fais d’un monde de culture
Un désert sans beauté,
Livré au triste cercle des boursiers.


Tu vends notre verbe,
Ce trésor des grands esprits,
Aux êtres incultes et avides,
Uniquement préoccupés
De parler un idiome sans âme
Juste utile pour la cause des camelots.


Tu vis de peur et sans confiance,
Nous tous, coupables ou innocents,
Tu veux nous mettre en fiches
Et transformer tes argousins *
En voyeurs de nos vies intimes
Et en obsédés du chiffre à t’offrir.

Feras-tu taire le poète
Qui te brave par ses mots ?
Jetteras-tu dans tes geôles
Les âmes trop pures
Qui, bras ouverts,
Osent encore aimer l’humain sans frontière ?


Espères-tu arrêter le vent ?
Il s’insinue partout,
En dépit de tes lois
De musèlement et de peur.
Arrête-le ici,
Il renaîtra là-bas !


La liberté te renversera,
L’égalité t’a déjà condamné,
La fraternité s’imposera
Chassant les puissants
Dans les ténèbres
D’un monde sordide…


Tes mots trop mielleux,
Démentis par tes actes ténébreux,
Hurlent le viol de la vérité !


Que sont les poètes devenus
En douce France ?...


© Jean Dornac Paris, le 15 février 2010

http://www.altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?article13001

* argousin: bas officier qui était chargé de la surveillance des galériens et des forçats, agent de police, contre-maître

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Re: Je t'aime, je ne t'aime plus

Message  Invité le Mer 24 Fév 2010 - 23:47

Il écrivait:
</SPAN>

Citation:
Je ne vois pas ou est le mal à aimer son pays.

et je lui répondais maladroitement qu'il n'y avait aucun mérite ni rien d'exceptionnel à aimer son pays, ce sentiment pouvant être commun à toutes les nations.

Réponse médiocre par son insuffisance, j'avoue. Désarroi en partie devant la question "d'aimer son pays", qu'il faudrait transcrire si j'ai bien compris ce débat sur l'identité nationale, comme une valeur essentielle scotchée à nos principes républicains, ou au moins graver dans les esprits comme étant un préalable au fait de se dire ou prétendre français (ou d'une nation), et, incompréhension d'avoir lu parfois ici ou là, cette formule lapidaire sans nuance: "La France, on l'aime ou on la quitte" ! ici


Réponse médiocre par son insuffisance

d'accord

Je ne comprend rien njama, pourquoi prendre plaisir à torturer les mots, les choses ? ou voulez vous en venir ?


Agm

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Re: Je t'aime, je ne t'aime plus

Message  Invité le Jeu 25 Fév 2010 - 1:31

Agm a écrit:Je ne comprend rien njama, pourquoi prendre plaisir à torturer les mots, les choses ? ou voulez vous en venir ?
Agm
Je ne torture pas les mots, ce sont les mots qui me torturent. Il y avait quelque chose qui sonnait faux, ou comme un mélange des genres entre "identité nationale" et "aimer son pays".
J'admettais que mes réponses faites à navy étaient médiocres dans le sens de mon insuffisance à mieux lui répondre.
Et par chance, cet écrit de Jean Dornac m'a beaucoup éclairé , mais pas vous peut-être agm ?

"Aimer son pays", ça ne colle pas avec le discours politique, voilà. On joue sur des registres émotionnels ... et la communication tombe dans le pathos (l'émotion véhiculée) au lieu de rester dans le logos (l'argumentation rationnelle).
Donc si on veut que ce concept d'identité nationale soit assez objectif, et unitaire, je vois mal comment accorder ce sentimentalisme avec.

Les déclarations d'amour on les reçoit, on les donne, mais en aucun cas on les demande, non ?
mais chacun peut bien sûr dire "j'aime mon pays" !


Ceci dit, je ne cherche pas précisément à prolonger la discussion sur le thème politique. Il n'est ici qu'une illustration de "Je t'aime, je ne t'aime plus", titre du sujet.

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Re: Je t'aime, je ne t'aime plus

Message  Invité le Mer 10 Mar 2010 - 2:10

pour moi le débat politique sur l'identité national est un leurre pour parler de l'identité religieuse en ne parlant surtout pas de identité humaine...

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Re: Je t'aime, je ne t'aime plus

Message  Invité le Mer 10 Mar 2010 - 9:04

Baha Visshab Ovo a écrit:pour moi le débat politique sur l'identité national est un leurre pour parler de l'identité religieuse en ne parlant surtout pas de identité humaine...


sunny

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Re: Je t'aime, je ne t'aime plus

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