Spiritualités

Kipling

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Kipling

Message  Invité le Ven 2 Nov 2007 - 20:00

    IF.....

    IF you can keep your head when all about you
    Are losing theirs and blaming it on you,
    If you can trust yourself when all men doubt you,
    But make allowance for their doubting too;
    If you can wait and not be tired by waiting,
    Or being lied about, don't deal in lies,
    Or being hated, don't give way to hating,
    And yet don't look too good, nor talk too wise:

    If you can dream - and not make dreams your master;
    If you can think - and not make thoughts your aim;
    If you can meet with Triumph and Disaster
    And treat those two impostors just the same;
    If you can bear to hear the truth you've spoken
    Twisted by knaves to make a trap for fools,
    Or watch the things you gave your life to, broken,
    And stoop and build 'em up with worn-out tools:

    If you can make one heap of all your winnings
    And risk it on one turn of pitch-and-toss,
    And lose, and start again at your beginnings
    And never breathe a word about your loss;
    If you can force your heart and nerve and sinew
    To serve your turn long after they are gone,
    And so hold on when there is nothing in you
    Except the Will which says to them: 'Hold on!'

    If you can talk with crowds and keep your virtue,
    ' Or walk with Kings - nor lose the common touch,
    if neither foes nor loving friends can hurt you,
    If all men count with you, but none too much;
    If you can fill the unforgiving minute
    With sixty seconds' worth of distance run,
    Yours is the Earth and everything that's in it,
    And - which is more - you'll be a Man, my son!



    Si tu peux rester calme alors que, sur ta route,
    Un chacun perd la tête, et met le blâme en toi;
    Si tu gardes confiance alors que chacun doute,
    Mais sans leur en vouloir de leur manque de foi;
    Si l'attente, pour toi, ne cause trop grand-peine:
    Si, entendant mentir, toi-même tu ne mens,
    Ou si, étant haï, tu ignores la haine,
    Sans avoir l'air trop bon, ni parler trop sagement;

    Si tu rêves, - sans faire des rêves ton pilastre;
    Si tu penses, - sans faire de penser toute leçon;
    Si tu sais rencontrer Triomphe ou bien Désastre,
    Et traiter ces trompeurs de la même façon;
    Si tu peux supporter tes vérités bien nettes
    Tordues par les coquins pour mieux duper les sots,
    Ou voir tout ce qui fut ton but brisé en miettes,
    Et te baisser, pour prendre et trier les morceaux;

    Si tu peux faire un tas de tous tes gains suprêmes
    Et le risquer à pile ou face, - en un seul coup -
    Et perdre - et repartir comme à tes débuts mêmes,
    Sans murmurer un mot de ta perte au va-tout;
    Si tu forces ton coeur, tes nerfs, et ton jarret
    A servir à tes fins malgré leur abandon,
    Et que tu tiennes bon quand tout vient à l'arrêt,
    Hormis la Volonté qui ordonne : << Tiens bon ! >>

    Si tu vas dans la foule sans orgueil à tout rompre,
    Ou frayes avec les rois sans te croire un héros;
    Si l'ami ni l'ennemi ne peuvent te corrompre;
    Si tout homme, pour toi, compte, mais nul par trop;
    Si tu sais bien remplir chaque minute implacable
    De soixante secondes de chemins accomplis,
    A toi sera la Terre et son bien délectable,
    Et, - bien mieux - tu seras un Homme, mon fils.

    Autre traduction

    Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie
    Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
    Ou perdre d'un seul coup le gain de cent parties
    Sans un geste et sans un soupir;
    Si tu peux être amant sans être fou d'amour,
    Si tu peux être fort sans cesser d'être tendre
    Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
    Pourtant lutter et te défendre;

    Si tu peux supporter d'entendre tes paroles
    Travesties par des gueux pour exciter des sots,
    Et d'entendre mentir sur toi leurs bouches folles
    Sans mentir toi-même d'un seul mot;
    Si tu peux rester digne en étant populaire,
    Si tu peux rester peuple en conseillant les rois
    Et si tu peux aimer tous tes amis en frère
    Sans qu'aucun d'eux soit tout pour toi;

    Si tu sais méditer, observer et connaître
    Sans jamais devenir sceptique ou destructeur;
    Rêver, mais sans laisser le rêve être ton maître,
    Penser sans n'être qu'un penseur;
    Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
    Si tu peux être brave et jamais imprudent;
    Si tu sais être bon, si tu sais être sage
    Sans être moral ni pédant;

    Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
    Et recevoir ces deux menteurs d'un même front,
    Si tu peux conserver ton courage et ta tête
    Quand tous les autres les perdront,
    Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
    Seront à tout jamais tes esclaves soumis
    Et, ce qui vaut bien mieux que les Rois et la Gloire,
    Tu seras un homme, mon fils.

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Re: Kipling

Message  Invité le Ven 2 Nov 2007 - 20:53

Merci pour cette réponse Séraphin.

Je connaissais ce poème. Avec des "SI" on peut faire beaucoup de choses ... et même délirer !
Dommage que les deux derniers vers soient aussi détestables !
Suspect

Yours is the Earth and everything that's in it,
And - which is more - you'll be a Man, my son!

A toi sera la Terre et son bien délectable,
Et, - bien mieux - tu seras un Homme, mon fils.

[Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis]
Et, ce qui vaut bien mieux que les Rois et la Gloire,
Tu seras un homme, mon fils.

Déformation franc-maçonnique farao peut-être ?

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Re: Kipling

Message  Invité le Ven 2 Nov 2007 - 23:15

Pourquoi ? La gloire est-elle préférable à tout ?

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Re: Kipling

Message  Invité le Sam 3 Nov 2007 - 1:44

Séraphin a écrit:Pourquoi ? La gloire est-elle préférable à tout ?

je ne comprends pas ta réponse Séraphin. De quelle gloire parles-tu ?

Ce que j'ai dit, pour paraphraser ce qu'a écrit Kilping, c'est qu'avec des "SI" on peut s'amuser à formater le monde.
Si tu fais ci
Si tu fais ça
tu seras comme-ci comme-ça !

"Sois un dur, tu seras un homme, mon fils!"
(tu peux remplacer "dur" par d'autres termes si tu veux t'essayer à cet exercice)

Ce n'est malheureusement pas d'inspiration poétique ce qu'il a écrit, il ne suffit pas de versifier pour écrire des poèmes. Ce n'est qu'une prose rimaillée profondément moraliste.
Elle a l'excuse (et l'inconvénient) d'être trop paternaliste, pour ne pas dire patriarcale.
La poésie ne se fait pas, elle s'écrit, je veux dire que c'est l'âme qui l'écrit.

Je n'aurais simplement pas aimé être à la place de son fils de 12 ans à qui ce pseudo-poème a été dédié.
Mon cœur n'entend rien à ce langage.
Pourtant il entend celui de Valérie Lagrangre, cette troubadour qui dit où est le vrai et où il n'est pas.
Faut plus me la faire
http://vie-spirituelle.all-up.com/paroles-d-homme-textes-inspires-f6/faut-plus-me-la-faire-t63.htm#299

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Re: Kipling

Message  Invité le Sam 3 Nov 2007 - 2:55

N'as-tu jamais entendu parler de philosophie stoïcienne ?

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Re: Kipling

Message  Invité le Sam 3 Nov 2007 - 15:19

Séraphin a écrit:N'as-tu jamais entendu parler de philosophie stoïcienne ?

Ce mémorandum de Kipling pourrait bien faire office de catéchisme stoïcien Basketball

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Re: Kipling

Message  Invité le Sam 3 Nov 2007 - 16:16

C'est cela.

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Re: Kipling

Message  Invité le Dim 4 Nov 2007 - 1:31

Séraphin a écrit:C'est cela.

Oui, c'est celâaaaaaaaa !
Quelle réplique !
Pas de quoi en faire une tirade bom
Cela me fait penser au film "Le père Noël est une ordure".

Thierry Thermitte qui tient le standard de SOS-DETRESSE-AMITIE et qui ne répond à ses interlocuteurs au bord du suicide, que des:
- Oui, c'est celâaaaaaa !
- Oui, c'est celâaaaaaa !
- Oui, c'est celâaaaaaa !

J'avais remarqué ta sobriété qui s'accommode du plus simple appareil Cool mais si à chaque fois tu me mets le même refrain:
"n'as-tu jamais entendu parler de trucmuche-machin-chose ?"

Je vais finir par me lasser ou m'endormir Sleep . Ou alors vide ton sac sur Kipling et les stoïciens, c'est si intéressant drunken que ça !

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Tu seras un homme mon fils !

Message  Invité le Dim 16 Déc 2007 - 18:50

L'actualité nous rattrape parfois.
Pierre Assoiline publie sur son blog le 15 dec. un billet concernant Kipling.
Fils de quelqu’un, mort ou vif

Known unto God

C’est le soldat inconnu le plus connu du Royaume-Uni. D’ailleurs on vient d’apprendre qu’il a non plus deux mais trois sépultures au lieu d’une. Son père lui avait écrit If, un poème de légende que les Français intitulent par son dernier vers " Tu seras un homme mon fils".

Il l’avait lu comme une injonction à se battre . Pour être un homme aux yeux de son père, ce fils s’était porté volontaire dans une armée qui l’avait réformé car il était myope comme ce n’était pas permis. Grâce à l’appui de son père, il avait réussi à intégrer un régiment des Irish Guards. Le jour de son tout premier assaut à la bataille de Loos (Artois), une rafale le balaya. C’était le 27 septembre 1915. Le lieutenant John Kipling avait 18 ans. Son père, l’inflexible Rudyard Kipling, conscience impériale de tout un peuple, en eut l’âme dévastée. Jamais il ne voulut le croire mort. Tant qu’on n’aurait pas retrouvé son corps, il voulut le croire juste disparu. Known unto God, autrement dit « Connu de Dieu seul », épitaphe officielle de l’armée britannique dont la
paternité lui revient.

Tout ce que le romancier, le poète, l’épistolier, le diariste ont écrit l’empreinte de cette intolérable absence. Jusqu’à sa propre mort en 1936, il ne cessa de fouiller la terre de la région de
Loos, seul ou avec une équipe, dans le fol espoir de retrouver les preuves de la mort de son fils : sa plaque, son portefeuille, sa montre, sa dépouille…
[...]
Jamais un soldat inconnu ne fut autant sollicité. Quels qu’ils soient où qu’ils soient, les autres reposent en paix. Pas lui.

John Kipling eut à souffrir toute sa vie d’être le fils de quelqu’un. Il était écrit qu’il aurait aussi à subir cette épreuve durant toute sa mort.




http://passouline.blog.lemonde.fr/


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