Spiritualités

Texte publié sur aqolad en déc.2006

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Texte publié sur aqolad en déc.2006

Message  pat le Jeu 8 Avr 2010 - 10:48

Je reprends ici un texte publié sur aqolad en 2006

Deux grands penseurs


Notre histoire, l'échec des révolutions, leurs récupérations par ceux qui, en général, ne les ont pas faites , m'amène à penser que nos idées aussi généreuses qu'elles puissent être ne seront vraiment applicables que dans des cœurs et des cerveaux préparés et convaincus.
Je crois que le philosophe, le penseur, que notre époque attend, sera davantage celui qui nous aidera à « accoucher » de nos idées comme disait Socrate, plutôt que celui qui nous forgera une nouvelle idéologie.

Tout a déjà été dit ou presque, mais rien n'a vraiment été fait.
On ne fait que réadapter à chaque époque différente ce que les autres époques ont déjà dit. Sans doute y a t-il une façon moderne de poser les problèmes, mais les causalités et les finalités fondamentales restent les mêmes.

Deux grandes idées ont marqué l'occident. Essayons d'imaginer ce que deviendrait notre civilisation, si nous prenions enfin la mesure de l'existentialisme de ces idées plutôt que de les commenter indéfiniment.
Que ces deux grands initiateurs n'aient rien écrit eux-mêmes montrent qu'ils attachaient sans doute plus de prix à la parole active qu'à l'écriture qui est un conservatoire de bonnes intentions. Peut-être pensaient-ils tous deux que les idées ne valent que par l'action qui les anime.

« Connais-toi, toi-même  » devise que Socrate avait reprise du fronton du temple de Delphes
« Aime ton prochain comme toi même » que Jésus avait repris du Lévitique (19-18)

A noter que la perspective juive n'avait rien d'universaliste, contrairement à Jésus qui sort son enseignement de l'étroitesse du régionalisme, même si lui-même se contente d'une ère géographique limitée.
Connais- toi toi- même, connais tes possibilités, connais ce que tu peux tirer de toi. Prendre la mesure de soi-même pour en tirer le meilleur parti. Ce n'est pas de l'introspection, ce n'est pas se mettre en avant soi-même comme objet de connaissance, c'est l'art de tirer, au mieux, parti de soi, de ses qualités, voire de ses défauts, de ses possibilités, de la place que l'on doit tenir parmi les autres. Contrairement à l'introspection qui est solitaire, le « connais toi, toi même » s'adresse à un homme qui va exercer ses talents dans la société. S'apprécier avec le maximum de d'objectivité possible, sans complaisance, mais aussi sans humilité excessive permet de bien servir la Cité.

Aimer son prochain comme soi-même, suppose que l'on s'aime d'abord soi-même. On effet, comment aimer l'autre comme soi si on ne s'aime pas?
Ainsi donc on acceptant d'aimer l'autre comme soi-même, on accepte d'avoir la même estime pour lui que pour soi, de le considérer comme un autre soi-même en quelque sorte.


Les deux propositions réunies auraient dû donner naissance à un humanisme créatif et joyeux. En effet, si l'on aime l'autre sans s'aimer, on finit par se dévaloriser à ses propres yeux et aux yeux de l'autre et à terme rendre impossible cet amour. Et se connaître, sans aimer l'autre, conduit à l'introspection, l'égoïsme et la solitude..
Dans le «  connais toi toi même » , qui est une injonction à prendre la mesure de son potentiel, il y a comme un ordre aussi à aimer ce potentiel pour le mettre en valeur. Cette estime de soi donne toute sa valeur à «  l'amour du prochain comme soi-même ». Plus je m'aime, plus je m'apprécie, plus j'aime mon prochain.

Ainsi, si les deux hommes s'étaient rencontrés, ils auraient pu conclure leur entretien sur ces mots: -Apprécie toi, et aime ton prochain comme tu t'apprécies, comme tu t'aimes..-.

pat

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Re: Texte publié sur aqolad en déc.2006

Message  Invité le Dim 11 Avr 2010 - 20:39

La rencontre des deux hommes aurait été intéressante
Elle est toujours possible au lecteur. De la vie spirituelle juste, ... à la vie philosophique, il n'y a qu'un cheveu pas plus.

Sans doute y a t-il une façon moderne de poser les problèmes, mais les causalités et les finalités fondamentales restent les mêmes.
En te lisant, je me disais, que les idées étant valables, l'idéologie (ensemble + ou - cohérent d'idées, de croyances ...) devient problème à partir du moment où elle devient "doctrine", ou "dogmes" et que c'est l'universalisme qui est à remettre en cause, quel qu'en soit la nature (politique, religieuse, juridique ...), car de nombreuses idéologies ont prétendu à l'universalisme. L'universalisme manifeste une sorte de fanatisme de la pensée collective (ou conscience collective ?) qui ne supporte pas ou peu l'altérité idéologique ... qu'elle entreprend de réduire ou de combattre.
L'universalisme a un double visage. Il offre toujours à voir le plus présentable, "les belles idées ...".

Ainsi des religions, qui se sont voulues universalistes, et qui ont buté sur des limites.
Grande et terrible erreur du christianisme de s'être voulu universaliste !

Que peut-on dès lors opposer à cet universalisme, puisque sous son meilleur aspect, il est tout de même émulateur d'une pensée collective qui se construit autour de belles idées ?
Lui fixer des limites ?

Pourquoi pas lui substituer le "relativisme" ? ... qui est une forme d'humilité, une forme de scepticisme. ET, réfuter toutes formes d'universalisme ! Car même la Parole de Dieu, donnée ici ou là, directement ou par Messagers, ne s'adresse pas à l'humanité entière.

Ce n'est pas nouveau. Dans l'AT, Dieu fixe des limites à la terre promise, des limites très précises même !
Nombres 34/1 > 15

L'Éternel parla à Moïse, et dit:
Donne cet ordre aux enfants d'Israël, et dis-leur: Quand vous serez entrés dans le pays de Canaan, ce pays deviendra votre héritage, le pays de Canaan, dont voici les limites.

Le côté du midi commencera au désert de Tsin près d'Édom. Ainsi, votre limite méridionale partira de l'extrémité de la mer Salée, vers l'orient;
elle tournera au sud de la montée d'Akrabbim, passera par Tsin, et s'étendra jusqu'au midi de Kadès Barnéa;
elle continuera par Hatsar Addar, et passera vers Atsmon;
depuis Atsmon, elle tournera jusqu'au torrent d'Égypte, pour aboutir à la mer.
Votre limite occidentale sera la grande mer: ce sera votre limite à l'occident.
Voici quelle sera votre limite septentrionale: à partir de la grande mer, vous la tracerez jusqu'à la montagne de Hor;
depuis la montagne de Hor, vous la ferez passer par Hamath, et arriver à Tsedad;
elle continuera par Ziphron, pour aboutir à Hatsar Énan: ce sera votre limite au septentrion.
Vous tracerez votre limite orientale de Hatsar Énan à Schepham;
elle descendra de Schepham vers Ribla, à l'orient d'Aïn;
elle descendra, et s'étendra le long de la mer de Kinnéreth, à l'orient;
elle descendra encore vers le Jourdain, pour aboutir à la mer Salée. Tel sera votre pays avec ses limites tout autour.
Moïse transmit cet ordre aux enfants d'Israël, et dit: C'est là le pays que vous partagerez par le sort, et que l'Éternel a résolu de donner aux neuf tribus et à la demi-tribu.
Car la tribu des fils de Ruben et la tribu des fils de Gad ont pris leur héritage, selon les maisons de leurs pères; la demi-tribu de Manassé a aussi pris son héritage.
Ces deux tribus et la demi-tribu ont pris leur héritage en deçà du Jourdain, vis-à-vis de Jéricho, du côté de l'orient.

Dans la révélation d'Arès également.
Vois, Je trace la lisière du Champ où Je t’envoie : du côté du soleil à midi jusqu’où descendent les frimas en hiver ; du côté opposé jusqu’où flottent les glaces en été ; au levant jusqu’où se dresse l’étendard de Mouhamad ; au couchant jusqu’aux îles de corail.
(EA 5/06)

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Re: Texte publié sur aqolad en déc.2006

Message  pat le Lun 12 Avr 2010 - 14:37

de nombreuses idéologies ont prétendu à l'universalisme. L'universalisme manifeste une sorte de fanatisme de la pensée collective (ou conscience collective ?) qui ne supporte pas ou peu l'altérité idéologique ... qu'elle entreprend de réduire ou de combattre.
Je suis bien d'accord avec toi et j'ai répondu en ce sens sur l'article de Tariq Ramadan que tu postes sous le titre « L'esprit dogmatique »
Cependant, je fais la différence entre tout un système idéologique: religion, système économique, politique...qui se voudrait d'un universaliste absolu et deux ou trois principes humanistes qui, s'ils ne sont pas élevés au niveau d'une conviction universaliste, risquent de conduire l'humanité au chaos.(néant découlant de la dé-construction du monde)
Je cite ici les deux principes principaux qui me paraissent indispensables à la survie de l'Homme.
-l'absolue nécessité de vivre ensemble fraternellement
-l'absolue nécessité d'évoluer, de changer, de se transformer.

Ils ne sont universalistes pour moi que dans la mesure où j'opte pour une continuité de cette création. C'est une idéologie positive. D'autres peuvent avoir des idéologies négatives et penser que ce serait bon que l'Homme disparaissent de cette création.

Donc, ma position est idéologique dans la mesure ou j'érige, ne serait ce que deux principes au niveau de l'universalisme. C'est la limite dont tu parles.
Mais bon, il y a tout un champ de possible entre le relativisme absolu et la défense d'une vérité unique et indépassable. Et puis, il faut aussi savoir défendre des idées contre d'autres idées sans sombrer pour autant dans un dogmatisme obtu. Tout est question de champs d'action et de nuances.
Une fois de plus et même sur le plan théorique, il n'y a pas de principes sans exception.

pat

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Re: Texte publié sur aqolad en déc.2006

Message  Invité le Mer 14 Avr 2010 - 12:43

Je constate toutefois que ceux qui prêchent contre le relativisme sont les mêmes qui prêchent avant tout pour leurs paroisses.

Ainsi:
Mgr Ratzinger, alias pape, Benoît XVI "contre la dictature du relativisme", appelant à raffermir la doctrine de l'Eglise face aux défis du monde moderne.
Dans son homélie, que tous les vaticanistes ont interprétée comme le discours programme du camp conservateur, il a fermement condamné "la dictature du relativisme" et fait le procès de ceux qui, dans l'Église, se sont laissés séduire par des "courants de mode".

"Combien de vents de doctrine avons nous connus ces dernières décennies, combien de courants idéologiques, combien de modes de pensée", s'est-il exclamé.
"La petite barque de la pensée de nombreux chrétiens a été souvent agitée par ces vagues, jetée d'un extrême à l'autre: du marxisme au libéralisme, jusqu'au 'libertinage', du collectivisme à l'individualisme radical, de l'athéisme à un vague mysticisme religieux, de l'agnosticisme au syncrétisme, et ainsi de suite", tandis que "chaque jour, de nouvelle sectes naissent".


homélie du lundi 18 avril 2005
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/monde/20050418.OBS4378/mgr-ratzinger-contre-la-dictature-du-relativisme.html


Étonnant d'ailleurs de juxtaposer "dictature" à "relativisme", ces deux notions étant tellement antinomiques, que si cela ne tient pas du sophisme, cela démontre une raideur spirituelle.

Dans le champ politique ce n'est guère différent ...

Dans le dernier grand discours de sa campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy lança une étrange attaque contre Mai 1968. "Mai 68 nous avait imposé le relativisme intellectuel et moral," déclara-t-il. Les héritiers de Mai 1968 avaient imposé l’idée que tout se valait, qu’il n’y avait donc désormais aucune différence entre le bien et le mal, le vrai et le faux, le beau et le laid. "L’héritage de mai 1968 a introduit le cynisme dans la société et dans la politique.”

Sarkosy et les fantômes de mai 68
http://www.legrandsoir.info/Sarkozy-et-les-fantomes-de-mai-68.html

C'est la faute au relativisme si tout va mal !
Le relativisme est une tyrannie, il est cynique, il ne connaît ni le Bien ni le Mal ...

Non, mais, pour qui ils se prennent ces deux-là
Les relativistes sont surtout tous ceux qui ne pensent pas comme eux !

Allez, un peu de relativité avec Albert

"Quiconque prétend s'ériger en juge de la vérité et du savoir s'expose à périr sous les éclats de rire des dieux puisque nous ignorons comment sont réellement les choses et que nous n'en connaissons que la représentation que nous en faisons."

"L'imagination est plus importante que la connaissance. La connaissance est limitée alors que l'imagination
englobe le monde entier, stimule le progrès, suscite l'évolution."


Albert Einstein

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Re: Texte publié sur aqolad en déc.2006

Message  Invité le Mer 14 Avr 2010 - 15:08

Dieu est l'absolu mais ici sur terre tout est relatif
Jésus dans la parole d'Ares nous rappelle une chose importante
nous sommes dans le temps alors que lui est hors du temps
c'est vrai que c'est impossible à concevoir dans notre esprit mais il nous faut accepter ce relatif dans lequel nous vivons

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Re: Texte publié sur aqolad en déc.2006

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