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LE PARDON

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LE PARDON

Message  Invité le Mar 31 Aoû 2010 - 20:47

http://planeteorynx.over-blog.com/categorie-960276.html

Du regret sincère
Le moine Chu Lai était attaqué par un professeur, qui ne croyait pas à ce qu’il disait. Cependant, la femme du professeur était une adepte de Chu Lai – et elle exigea de son mari qu’il aille présenter des excuses au sage.

Contrarié, mais n’osant pas contrarier sa femme, l’homme se rendit au temple et murmura quelques mots de regret.

« Je ne vous pardonne pas, dit Chu Lai. Retournez au travail. »

La femme était horrifiée :
« Mon mari s’est humilié, et vous – qui vous prétendez sage –
vous n’avez pas été généreux ! »

Chu Lai répondit :
« Dans mon âme, il n’y a aucune rancœur. Mais s’il n’a pas de regret, mieux vaut reconnaître qu’il est en colère contre moi. Si j’avais accepté son pardon, nous aurions créé une fausse situation d’harmonie – et cela augmenterait encore plus
la colère de votre mari. »

commentaire aditi
combien de fois sommes-nous allés vers quelqu'un à qui nous avions fait du tort, lui demander pardon!!! et combien de fois avons-nous recommencer à lui porter tort?

Le pardon du bout des lèvres n'est rien qu'une simagrée... nous voulons simplement "faire croire à l'autre" que nos intentions ont changées mais bien souvent cela ne se fait que dans le paraître, l'Être n'est pas concernée, c'est la raison pour laquelle on recommence toujours les mêmes erreurs!

Le pardon est très important. Je parle ici du vrai pardon c'est-à-dire le pardon fait avec le coeur, en toute conscience et dans la compréhension profonde, dans le but d'évoluer, d'avoir un regard plus haut sur soi, sur les autres et sur la vie.

Le vrai pardon c'est tout d'abord accepter ce qui a été fait (prendre du recul sur les faits), comprendre l'attitude de l'autre, et aussi/surtout comprendre sa propre attitude. Tout cela sans culpabilité aucune ni ressentiment. L'essentiel ici étant de se remettre en question soi-même pour ensuite pouvoir libérer l'autre et lui souhaiter le meilleur.

Ainsi il y a compréhension de la friction ou conflit (comprendre d'où elle prend sa source originelle) et cela permet non seulement d'aller de l'avant et oublier (volonté de changer ses propres erreurs et de porter un autre regard sur le passé et son propre passé souvent), mais également de libérer l'autre de tout sentiment négatif (très important, primordial qui va de soi, facilement de soi, si le travail est fait avec le coeur !).

Si le conflit entre 2 personnes ou davantage, a été très loin, certes il faut pardonner avec le coeur mais il ne faut pas oublier afin de ne pas laisser l'autre nous accabler de nouveau (particulièrement si le ou les personnes ne croient pas à notre changement et/ou à notre pardon). Pardonner mais ne pas oublier (ceci est valable pour tous les humains pas seulement pour les PA, sinon où serai l'équité ?).

Le pardon fait vraiment avec le coeur, permet aussi d'accepter que l'autre ne reconnaisse jamais sa faute. Peu importe. Le pardon fait avec le coeur (beaucoup d'amour et aussi la volonté de changer, d'évoluer soi) fait dépasser beaucoup de choses.

Et les erreurs (de soi et de l'autre) - grandes ou petites peu importe - doivent servir de leçons de vie pour apprendre, évoluer et poser un regard plus haut sur la vie.

-----------------

IMPORTANT
Si le conflit entre 2 personnes ou davantage, a été très loin, certes il faut pardonner avec le coeur mais il ne faut pas oublier afin de ne pas laisser l'autre nous accabler de nouveau (particulièrement si le ou les personnes ne croient pas à notre changement et/ou à notre pardon). Pardonner mais ne pas oublier (ceci est valable pour tous les humains pas seulement pour les PA, sinon où serai l'équité ?).

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Re: LE PARDON

Message  Invité le Mer 8 Sep 2010 - 22:32

Je comprends très bien la réaction de Chu Lai
« Je ne vous pardonne pas, dit Chu Lai. Retournez au travail. »

[car il n'entend qu'il (le mari) ne murmure que quelques mots de regret ... ]

Trop facile de dire pardon comme ça ... et voilà hop, l'affaire est réglée.
Trop simpliste ... en plus que l'autre se devrait de l'accepter ...
On peut toujours demander, mais c'est pas gagné d'avance.

Tant que celui qui a fauté contre l'autre ne prend pas vraiment conscience du Mal qu'il a fait, la situation est bloquée. c'est pour ça qu'il dit:
« Dans mon âme, il n’y a aucune rancœur. Mais s’il n’a pas de regret, mieux vaut reconnaître qu’il est en colère contre moi. Si j’avais accepté son pardon, nous aurions créé une fausse situation d’harmonie – et cela augmenterait encore plus la colère de votre mari. »

La compassion est un chemin vers le rétablissement de l'harmonie, car l'effet du pardon est de la rétablir.


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Re: LE PARDON

Message  Invité le Jeu 9 Sep 2010 - 21:16

Trop facile de dire pardon comme ça ... et voilà hop, l'affaire est réglée.
Trop simpliste ... en plus que l'autre se devrait de l'accepter ...
On peut toujours demander, mais c'est pas gagné d'avance.
Oui c'est vrai mais dans ce cas effectivement ce n'est pas un vrai pardon.
Le vrai pardon fait accepter que certains ne disent jamais pardon ou bien n'acceptent pas le pardon lui-même.

Cela restera leur problème si la personne en face, elle, a bien cherché à comprendre et s'est remise en question (si elle aussi avait des torts).

Un vrai pardon fait accepter que l'autre ne dise jamais pardon ou bien fait accepter que l'autre ne reconnaisse jamais ses propres erreurs.
Un vrai pardon permet d'aller au-delà. C'est pas toujours facile de dire pardon (surtout si l'on ne sait pas reconnaître ses torts) ! Tout le monde n'en n'est pas capable de cela ! Il faut l'accepter dans ce cas.

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Re: LE PARDON

Message  Invité le Ven 10 Sep 2010 - 1:33

J'aimerais rapprocher ces deux phrases
Assunta a écrit:
Le vrai pardon fait accepter que certains ne disent jamais pardon ou bien n'acceptent pas le pardon lui-même.

Cela restera leur problème si la personne en face, elle, a bien cherché à comprendre et s'est remise en question (si elle aussi avait des torts).

Un vrai pardon fait accepter que l'autre ne dise jamais pardon ou bien fait accepter que l'autre ne reconnaisse jamais ses propres erreurs.
Un vrai pardon permet d'aller au-delà. C'est pas toujours facile de dire pardon (surtout si l'on ne sait pas reconnaître ses torts) ! Tout le monde n'en n'est pas capable de cela ! Il faut l'accepter dans ce cas.
Chu lai a écrit:« Dans mon âme, il n’y a aucune rancœur. Mais s’il n’a pas de regret, mieux vaut reconnaître qu’il est en colère contre moi. Si j’avais accepté son pardon, nous aurions créé une fausse situation d’harmonie – et cela augmenterait encore plus la colère de votre mari. »

Accepter que l'autre ne dise pas pardon, n'est pas au fond arriver seulement à éteindre la rancœur ? mais est-ce que éteindre sa rancœur est un pardon ?
N'est-ce pas simplement une première étape, une porte ouverte.

Le pardon n'est-il pas ... (je ne sais dire ce qu'il est au juste) "un lien de conscience", une compréhension, une reconnaissance ... "la compassion" (sentiment qui incline à partager les maux et les souffrances d'autrui) qui s'installe entre l'offensé et l'offenseur, la victime et l'agresseur ...
Éteindre sa rancœur et pardon serait-il la même chose ?

Éteindre sa rancœur n'apaise qu'une partie sur les deux. On pourra toujours dire que c'est mieux que rien, qu'un tiens vaut mieux que deux tu l'auras, mais l'autre s'en tire à bon compte. La réaction de Chu Lai me semble très judicieuse, l'harmonie n'est pas rétablit des deux côtés:
« ... Mais s’il n’a pas de regret, mieux vaut reconnaître qu’il est en colère contre moi. Si j’avais accepté son pardon, nous aurions créé une fausse situation d’harmonie – et cela augmenterait encore plus la colère de votre mari. »


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Re: LE PARDON

Message  Invité le Ven 10 Sep 2010 - 10:22

« Dans mon âme, il n’y a aucune rancœur. Mais s’il n’a pas de regret, mieux vaut reconnaître qu’il est en colère contre moi. Si j’avais accepté son pardon, nous aurions créé une fausse situation d’harmonie – et cela augmenterait encore plus la colère de votre mari. »

Chu Lai dit bien que dans son âme il n'a pas de rancoeur. Il n'en veut pas à l'homme qui est venu lui dire pardon. Par contre il explique bien que si l'homme n'a pas pardonné avec son coeur, automatiquement sa colère reste encore logée dans son coeur et si Chu Lai acceptait ce faux pardon il ranimerait un jour ou l'autre (par une phrase, attitude ou émotion semblables) cette colère pour des motifs futiles. Les choses pourraient devenir pire. C'est pour cela qu'il est sage (si la personne ne pardonne pas ou si elle ne veut pas reconnaître ses torts) la laisser hors sa vie par prudence car elle pourrait agir de façon pire. Et ce serait partir de nouveau sur de mauvaises et mensongères bases.

Le pardon n'est-il pas ... (je ne sais dire ce qu'il est au juste) "un lien de conscience", une compréhension, une reconnaissance ... "la compassion" (sentiment qui incline à partager les maux et les souffrances d'autrui) qui s'installe entre l'offensé et l'offenseur, la victime et l'agresseur ...
Éteindre sa rancœur et pardon serait-il la même chose ?
Éteindre sa rancœur et pardon serait-il la même chose ?
Non. Pour moi, le pardon c'est vraiment désirer aller au-delà de toute colère et de toute rancoeur, dans le sens de ne plus le reproduire, donc forcément bien comprendre (pour dépasser pas pour psychologiser dessus) la source de tout conflit, particulièrement en soi.
Le vrai pardon est ce que tu dis "un lien de conscience", une compréhension, une reconnaissance ... Peu importe si la personne en face veut pardonner aussi ou pas. S'il y a une vraie compréhension et un désir d'évolution (pour celui qui désire pardonner), et en même temps un refus de pardonner de l'autre côté, alors on remet cette personne à Dieu (si vraiment le pardon est fait avec le coeur). On ne peut obliger les gens à reconnaître leur tort, c'est respect du libre-arbitre. L'essentiel c'est soi face à Dieu et agir vraiment avec tout son coeur, c'est très important cela à mes yeux.

Chu Lai est sage et prudent à la fois. Il dit à l'autre : "je ne t'en veux pas (ou plus) mais sois honnête avec toi-même", il refuse pas pour refuser mais par respect pour l'autre. Aimer les autres c'est aussi leur dire où est leur manquement afin de ne pas les tromper ou les induire en erreur. Si Chu Lai avait accepté le faux pardon, non seulement il se serait menti à lui-même mais il aurait permis que l'autre grandisse encore plus dans ses erreurs ou mensonges (dire pardon si on ne le pense pas, c'est mentir mais surtout mentir à soi-même).

C'est ça aussi le vrai pardon, c'est être honnête avec soi et reconnaître que l'on doit changer aussi (reconnaître nos propres erreurs). C'est HYPER IMPORTANT !

Pardonner ne veut pas dire non plus qu'on va aller vers l'autre lui dire qu'on lui a pardonner. Parfois on ne revoit jamais les personnes (soit par choix ou parce que la vie nous a séparé). Donc dans ce cas on souhaite le meilleur pour les gens et on les remet à Dieu*.

L'essentiel est que soi agissons avec amour (désir profond d'évoluer changer soi) pour aussi libérer l'autre de tout sentiment négatif. C'est ainsi que l'on évolue et aussi que Dieu aide énormément. Le pardon doit être vraiment fait avec tout son coeur (même si on ne verra jamais la personne alors on lui souhaite le bien et on la remet à Dieu).

les remettre à Dieu* = pour ceux qui ne croient pas en Dieu et même les croyants : lorsqu'il y a conflit il y a blocage de nos énergies respectives. Cela nous freine dans nos enceintes de vie. Comprendre et dépasser (toujours avec le coeur) les différends, disputes, etc..., libère notre propre énergie et fait ôter le poids ou blocage que l'on a mis sur les autres.
C'est nous-mêmes qui nous libérons !

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Re: LE PARDON

Message  Invité le Ven 10 Sep 2010 - 13:07

J'aime bien cette histoire parce qu'elle met en avant que l'on n'est pas obligé d'accepter un pardon ou même de pardonner (on peut dire OUI, on peut dire NON)... et que les raisons pour lesquelles on ne pardonne pas, ou l'on est pas disposé à pardonner n'appartiennent qu'à celui ou celle qui reçoit la demande de pardon.

On le voit, l'épouse accepte mal cette situation:
La femme était horrifiée :
« Mon mari s’est humilié, et vous – qui vous prétendez sage –
vous n’avez pas été généreux ! »


Les autres personnes extérieures se permettent de juger de ce qui ne les regardent pas.

Ainsi ceux qui prêchent le pardon comme le mot ou la recette magique qui vient à bout de tous les maux se trompent à mon idée. Au moins sur deux points:
- C'est qu'ils se mettent à la place de l'autre (la victime).
- Et ce qui en découle en conséquence, c'est qu'il ne respecte pas "sa liberté spirituelle".

C'est très bien de dire que le pardon rétablit la paix, guérit, ... qu'il peut faire des miracles 100 % OK, et que des exemples existent, fort heureusement.
Mais dire qu'il "faut" pardonner ou savoir pardonner, souvent sous prétexte que Dieu dans Son infinie Miséricorde pardonne tout (ce qui est prétentieux d'affirmer car on se met à Sa Place), c'est une véritable cata ... à mon idée. On a fait du pardon une espèce d'attitude morale avec tout ce que cela comporte de pressions collectives par conditionnements sur les consciences, mais ce genre de pardon résout-il les questions fondamentales ? A savoir, par exemple qu'il exonère également à bon compte le corps social de réfléchir à fond sur le mécanisme de la violence ou autre ... et sur ses propres responsabilités communautaires !
De toute façon, contre toutes les arguties qu'on pourrait opposer à mon raisonnement, je peux dire que la vie, l'histoire, depuis le temps qu'on rabâche cette "leçon de morale", montre que cela ne fonctionne pas ou très peu !
Le pardon n'est pas une panacée contre le Mal.

Donner son pardon n'appartient qu'à l'individu, c'est attaché à sa liberté spirituelle qui, si elle est à l'image divine, est libre.

Donner son pardon n'appartient qu'à l'individu, c'est attacher à sa liberté spirituelle, qui est conscience libre, et qui même sans être croyant, est capable de comprendre le pardon et de pardonner (les croyants l'oublient parfois).

C'est aussi pour ça que j'aime bien ton histoire. Elle nous éloigne des bondieuseries, car c'est une tendance des religieux de "s'approprier" cette question du pardon ... ce qui parasite une saine réflexion sur le sujet.


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Re: LE PARDON

Message  pat le Ven 10 Sep 2010 - 15:39

Chu Lai estime avoir offensé le moine et il vient solliciter le pardon de celui qu'il a offensé.
Ce thème est celui du pardon que nous devons demandé lorsque nous nous rendons compte que nous avons offensé quelqu'un. Nous prenons le risque de ne pas être pardonné comme ici.
Est ce qu'il faut du regret pour demander pardon ?
Faut-il prendre conscience du mal qu'on a fait avant de demander pardon ?
L'offensé doit-il dans tous les cas accepter le pardon ?

Cette courte histoire met en scène les deux aspects du pardon, celui de Chu Lai qui demande pardon et celui du moine qui accorde ou pas son pardon.
Demander pardon et accorder son pardon sont deux aspects différents du pardon.

L'aspect le plus intéressant du pardon, sur le plan spirituel est celui qu'on accorde, celui du moine.
Car il va de soi que dans le cadre de la vie spirituelle, la moindre des choses soit de demander pardon si on s'aperçoit qu'on a fait du tort a quelqu'un. C'est difficile mais il n'y a rien là dedans qui soit extraordinaire.

Concentrons nous donc sur le pardon que l'on donne. Sur le plan spirituel on nous dit que le pardon doit être accordé sans condition, même quand le coupable n' a aucun regret et même quand il ne sollicite pas notre pardon. Ici le moine met une condition morale qui a sa valeur mais c'est une condition qui éloigne le moine de sa conscience personnelle pour se préoccuper de la conscience de l'autre.

Dans le cadre d'une vie spirituelle, on nous demande de pardonner sans condition, Le coupable n'est même pas interrogé. Il peut même ne pas apprécier qu'on lui pardonne. Mais ça n'a aucune importance. Le pardon ici a valeur spirituelle, il émane seulement de la conscience de l'individu.
Njama dit :
Donner son pardon n'appartient qu'à l'individu, c'est attacher à sa liberté spirituelle, qui est conscience libre, et qui même sans être croyant, est capable de comprendre le pardon et de pardonner
C'est un pardon extrêmement difficile, car parfois, même animé des meilleurs sentiments, le mental refuse de pardonner en obsédant le pardonneur, le corps même peut refuser ce pardon s'il a été meurtri pour longtemps.
Que faire alors, si celui qui veut pardonner en sent la nécessité impérieuse dans le cadre d' un choix spirituel?
Ici comme dans tout acte, il faut s'approcher de l'idéal. Dans ce cas, ce sera peut-être seulement renoncer à la vengeance ou plus difficilement essayer comme dit njama d'éteindre la rancoeur.

Le pardon revêt des formes multiples qui vont du petit effort pour maintenir avec le coupable des liens d'humanité à l'effort spirituel plus héroïque comme le maintien des liens de fraternité avec ce même coupable.
Le chemin spirituel balisé par le pardon est un chemin personnel, individuel qui ne s'embarrasse pas de conditions préalables.

C'est l'aspect le plus difficile de l'amour du prochain.


pat

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Re: LE PARDON

Message  Invité le Ven 10 Sep 2010 - 22:09

pat a écrit:

L'aspect le plus intéressant du pardon, sur le plan spirituel est celui qu'on accorde, celui du moine.
mais non, relis bien, (j'ai l'impression que tu mélanges les personnages) le moine Chu Laï dit:

Si j’avais accepté son pardon ...
et je comprends bien sa réaction.

Dans le cadre d'une vie spirituelle, on nous demande de pardonner sans condition, ...
C'est bien ça le problème !!!!!!!!!!! (je crois que tu aurais dû écrire pour être plus objectif, "dans le cadre de la vie religieuse" ... )

Pardonner dans le sens de la vie "religieuse", défausse l'homme de réfléchir sur toutes les questions connexes qui lui sont rattachées. La faute, l'erreur, ou le péché, l'implication collective et individuelle, ... la Justice, ... le moyen de remédier à ce que cela ne se reproduise plus ...

Pour tout te dire Pat, tous les discours des religieux sur le pardon me gonflent à mort (pour être poli) ... tellement ils éludent de questions, tellement je les trouve niais et cul-cul à souhaits . En plus ils ont tendance à "culpabiliser" ceux qui ne les comprennent pas.
Que Dieu leur pardonne ! ... leur ignorance.

j'pardonne ... si j'veux ! ...pour résumer ma pensée (et mon côté libertaire qui va avec), ou pour vous "questionner" ...


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Re: LE PARDON

Message  Invité le Ven 10 Sep 2010 - 23:23

J'ai été confronté justement ce weekend lors d'une rencontre "dans la rue" à cette question du pardon.
La personne de passage n'acceptait pas justement cette solution (trop) "facile" exposée trop facilement dans le discours (le pardon comme solution à tous les maux), d'autant plus qu'elle était dans son quotidien, actrice (médecin) exposée à ces difficultés bien réelles et humaines. Au départ, j'étais témoin des échanges.

Je ne pouvais pas partager les opinions de ce camarade (de foi que j'apprécie beaucoup par ailleurs) qui soutenait ce discours (pénitence = amour, bonté, pardon ...) ... le discours au sens large (pour ne pas dire "religieux") "repris" de l'Église ou pas loin de lui, y compris ici en l'occurrence de gens qui partagent cet élan spirituel arésien.

Franchement le discours sur cette question ... me paraît très et désespérément simplet ... il surfe sur quelque chose de carrément utopiste et idéologique qui n'a carrément aucune prise dans le monde actuel.
Telle fût mon impression.


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Re: LE PARDON

Message  pat le Ven 10 Sep 2010 - 23:42

Oui je me suis trompé, j'ai appelé le professeur du nom de Chu Lai, alors que Chu Lai c'est le moine. Mais cela ne change rien au fait qu'il y a deux antagonistes: l'un qui demande pardon (le professeur) et l'autre, le moine qui accorde ou pas son pardon.

Sur le chemin de la vie spirituelle, l'exigence n'est pas tant de savoir demander pardon (encore que ce n'est pas si facile) mais d'accorder son pardon librement sans condition, avant même qu'il soit demandé.

On n'est plus dans la religion qui a des commandements dont celui de demander pardon quand on a fait du tort.
Ici l'exigence ne dépend plus d'une instance (genre religion) mais de sa propre conscience. Pardonner sans condition ne peut être la décision que d'un humain libre, que d'une conscience libre.
Comme la voie royal de l'amour, est d'aimer son ennemi.
Tout cela est peut-être gonflant, mais ce sont des exigences que la conscience se donne quand elle a déjà fait sur elle un travail énorme.

Que njama ou Pat ne veuille pas le faire ne change rien au fait que ceux qui le font ont atteint des sommets d'humanisme et sont sortis du religieux depuis bien longtemps.

j'pardonne ... si j'veux !

J'aime si je veux
Et j'ai une vie spirituelle si je veux.

Franchement j'ai beaucoup de mal à voir en quoi l'Homme qui pardonne sans condition fausse les réflexions « sur toutes les questions connexes qui lui sont rattachées. La faute, l'erreur, ou le péché, l'implication collective et individuelle, ... la Justice, ... le moyen de remédier à ce que cela ne se reproduise plus ... »
Pardonner sans condition est un acte personnel qui n'a rien à voir avec le coupable qui lui devra gérer son acte et en répondre malgré tout. Le pardon n' a jamais effacé les fautes.

Le pardon que je donne sans condition, en m'arrachant à la vengeance, en m'arrachant à la haine ne concerne que moi et ma construction spirituelle. Si je pardonne sous condition de regret de l'autre, l'autre devient la condition de mon pardon. Je ne me libère pas. Je reste enchaîner à une sorte de morale qui pour le coup ressemble étrangement à la religion.
C'est comme si on disait : je veux bien aimer mon prochain à condition qu'il me le demande.

Mais peut-être vouliez vous rester sur le terrain de celui qui demande pardon. Moi j'ai choisi volontairement pour une approche spirituelle de m'intéresser à celui qui pardonne en l'occurrence le moine. Lui a choisi de le faire sous condition, je voulais communiquer une autre façon de voir les choses.

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Re: LE PARDON

Message  pat le Sam 11 Sep 2010 - 0:02

Njama a dit :
Franchement le discours sur cette question ... me paraît très et désespérément simplet ... il surfe sur quelque chose de carrément utopiste et idéologique qui n'a carrément aucune prise dans le monde actuel.
Telle fût mon impression.

Discours simplet ?
Quand on se donne la peine d'expliquer aux gens les significations nouvelles que nous donnons à ces mots éculés, je crois que ce n'est pas si simplet que ça.
Utopiste, idéologique ?
Sans même parler de pardon ou d'amour du prochain, pour beaucoup le simple fait de croire que l'Homme peut changer est déjà utopique, le simple fait de croire que l'Homme puisse être bon est idéologique.

Si on va dans la rue pour dire aux gens ce qu'ils croient déjà on collera, certes, à la réalité de la rue mais ce sera sans intérêt. Le seul intérêt est, je crois, d'aller inviter des gens à avoir un autre regard sur eux-mêmes, sur leur humanité et sur l'humanité.

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Re: LE PARDON

Message  Invité le Sam 11 Sep 2010 - 0:33

Franchement j'ai beaucoup de mal à voir en quoi l'Homme qui pardonne sans condition fausse les réflexions « sur toutes les questions connexes qui lui sont rattachées. La faute, l'erreur, ou le péché, l'implication collective et individuelle, ... la Justice, ... le moyen de remédier à ce que cela ne se reproduise plus ... »
C'est justement ce qui te différencie de ce "sage" qui me semble voir plus loin ...
Chu Lai répondit :
« Dans mon âme, il n’y a aucune rancœur. Mais s’il n’a pas de regret, mieux vaut reconnaître qu’il est en colère contre moi. Si j’avais accepté son pardon, nous aurions créé une fausse situation d’harmonie – et cela augmenterait encore plus
la colère de votre mari. »


Le pardon que je donne sans condition, en m'arrachant à la vengeance, en m'arrachant à la haine ne concerne que moi et ma construction spirituelle.
Oui, mais ce n'est que toi ... (ce qui est mieux que rien, et pas du tout, j'en conviens), ça ne résout à peu près rien. !

Si je pardonne sous condition de regret de l'autre, l'autre devient la condition de mon pardon. Je ne me libère pas. Je reste enchaîner à une sorte de morale qui pour le coup ressemble étrangement à la religion.
Il ne faut pas inverser les rôles non plus. La "victime" n'a rien demandé ... au moins dans certains cas, car parfois elle y est pour quelque chose. Ce qui nous empêche de traiter de cette question de façon générale.

Mais je suis bien d'accord avec toi:
Pardonner sans condition est un acte personnel
Je n'ai rien dit d'autre, sauf que le morale religieuse, collective ... ne s'en mêle pas, et s'occupe de ses fesses !

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Re: LE PARDON

Message  pat le Sam 11 Sep 2010 - 21:49

J'ai dit : Le pardon que je donne sans condition, en m'arrachant à la vengeance, en m'arrachant à la haine ne concerne que moi et ma construction spirituelle.

Njama a dit :
Oui, mais ce n'est que toi ... (ce qui est mieux que rien, et pas du tout, j'en conviens), ça ne résout à peu près rien. !
Mais la vie spirituelle ne concerne que soi.
Et nous ne faisons que présenter les voies que nous pensons être les bonnes ou mieux celles que nous avons expérimentées.

J'ai dit :]Pardonner sans condition est un acte personnel

Njama a dit :]Je n'ai rien dit d'autre, sauf que le morale religieuse, collective ... ne s'en mêle pas, et s'occupe de ses fesses !

J'ai essayé de montré que la morale religieuse n'avait rien à voir avec la pardon tel que je le présentais.

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Re: LE PARDON

Message  Invité le Dim 12 Sep 2010 - 1:07

C'est très bien que ce sujet du pardon revienne sur le tapis. Ce n'est pas la première fois que nous l'évoquons ici sur ce forum, et le sujet "la tentation du pardon" que tu avais introduit dernièrement Pat, un cas réel et très très difficile, était lumineux pour entrapercevoir cette difficulté du pardon

La tentation du pardon Voir ICI

Je crois me souvenir, sans pouvoir la citer précisément, que le discours sur le pardon que tenaient le prêtre et quelques personnes de sa paroisse à Francine Delbrel pourtant catholique fervente et pratiquante depuis toujours, ne pouvait trouver écho en elle, au point qu'elle se sépara de cette Église tellement cela lui était insupportable de l'entendre !!!!!!!!
ça questionne tout de même !

C'est un peu pour ça que je parle de discours "simplet", fondé à ce que j'ai pu en comprendre, que comme Dieu est capable de tout pardonner (dans son immense Miséricorde ... dont je ne doute pas), il faudrait que chacun soit susceptible de faire pareil.
Mon chien est gentil, donc tous les chiens sont gentils.

Nous naviguons dans le sophisme le plus total, car d'une part nous présupposons de l'Avis de Dieu (ce qui est très grave en soi) sur telle ou telle question, et que d'autre part, si l'homme est à l'image et ressemblance de Dieu, en qualité de conscience libre, la décision appartient à chacun.

La question d'une pardon s'assortit à mon idée de questions qui lui sont nécessairement adjacentes. "Le pardon en soi", brut de rien d'autre, existe-t-il ?
La question du pardon me semble n'être qu'un élément dans un processus. Le but du pardon étant sinon de rétablir la paix, au moins celui de repartir sur une situation juste, saine, réparatrice, humainement salvatrice idéalement pour les deux parties, offensé / offenseur, agressé / agresseur. La question du pardon me paraît donc liée à la justice (je ne parle pas des tribunaux, mais d'un sentiment de justice).
La question du pardon est aussi lié à la conscience ... qui pourra être comme tu le dis Pat unilatérale, ce qui est mieux que rien, ou bilatérale. On pourra toujours certes se satisfaire d'une compréhension intellectuelle, ou humaine, de l'acte de l'agresseur, d'une compassion unilatérale de sa condition humaine qui l'a poussé à faire son acte. On pourra compter sur le temps qui apaisera fort heureusement les souffrances ...

On pourra certes ramener la question du pardon qu'à soi-même, ... laissant à Dieu si l'on est croyant le soin de s'occuper du reste, et donc se délester de tous sentiments de haine ou de vengeance si seulement ils nous ont traversé l'esprit.
Effectivement la foi peut nous aider comme ne pouvait s'empêcher de le dire Francine Debrel
"On a vraiment besoin que le Saint-Esprit nous porte et nous aide. J'ai pensé que dans un coin comme celui-ci, cela pouvait être beaucoup plus porteur, cela pouvait nous aider à réfléchir, et s'éloigner du détail pour voir l'ensemble.
...
Pourquoi Sénanques ? Pour qu'il y ait une Force Supérieure qui nous porte."


Mais pour le non-croyant ... il n'y a pas de "roue" de secours si je puis dire, alors que cette question peut le concerner tout autant ...
Dieu apparaît ici comme une espèce de patch qui vient colmater nos incompréhensions, nos limites ... à communiquer finalement.

Une autre voie la justice réparatrice:

Je vous suggère cet article qui m'a énormément éclairé. Je fais l'économie de le citer entièrement (il est sous copyright de plus). Le début évoque que pour remédier à la violence, l'homme inventa la "justice de rétribution" qui dit qu'il y a ceux qui mérite d'être punis et ceux qui méritent d'être récompensés. et la fin de l'article donne quelques indications sur Marshall Rosenberg.

Je me limiterai donc à l'explication de la justice réparatrice (dont on pourrait faire un sujet à part) qui évoque le pardon.

Killian :

"comment fonctionne la justice réparatrice ?"

Rosenberg :

"je l'ai vue fonctionner, par exemple avec des femmes qui avaient été violées et les hommes qui les avaient violées. Le premier pas consiste pour la femme à exprimer ce qu'elle veut que son attaquant comprenne. Maintenant, alors que cette femme a souffert presque chaque jour pendant des années depuis cette attaque, ce qu'elle exprime est plutôt brutal : "espèce de monstre ! J’aurai aimé te tuer "et ainsi de suite.

Ce que je fais alors c'est d'aider le prisonnier (violeur ndt) à se connecter à la souffrance vivante à l'intérieur de cette femme, souffrance qui est le résultat des actions de celui-ci. Habituellement, ce qu'il veut faire c'est s'excuser. Mais je lui dis que s'excuser c'est trop facile, trop peu. Je veux qu'il répète ce qu'il lui a entendu dire. Comment sa vie à elle a été si bouleversée.

Quand il ne peut pas répéter, je joue son rôle à lui. A elle, je lui dis que j'entends sa souffrance derrière tous ses cris, ses cris. Je lui montre à lui qu'en surface il y a la rage mais qu'en dessous il y a le désespoir d'une vie qui ne sera jamais plus la même. Et puis j'obtiens de l'homme qu'il répète ce que j'ai dit. Cela peut prendre 3, 4, 5 essais, mais finalement il entend l'autre personne. Déjà à ce moment là vous pouvez voir l'apaisement qui commence à se mettre en place, quand la victime obtient de l'empathie.

Puis je demande à l'homme de me dire ce qui se passe à l'intérieur de lui. Comment se sent-il ? Habituellement de nouveau il veut s'excuser. Il veut dire : "je suis un rat, je suis une saleté ". Et de nouveau j'obtiens qu'il creuse plus en profondeur. Et ceci est très effrayant pour ces hommes. Ils n'ont pas l'habitude de s'occuper de sentiments, encore moins de faire l'expérience de l'horreur de ressentir ce que c'est que d'avoir causé à un autre être humain une telle souffrance.

Quand nous avons dépassé ces deux premières étapes, bien souvent la victime crie : "comment avez-vous pu ? Elle est avide de savoir ce qui a pu pousser une autre personne à faire une telle chose. Malheureusement, la plupart des victimes avec lesquelles j'ai travaillé ont été encouragées à pardonner à leurs attaquants par des gens bien intentionnés. Ces personnes expliquent que le violeur a dû souffrir et a dû probablement avoir une enfance malheureuse. Et la victime essaie de pardonner mais cela n'aide pas beaucoup. Le pardon obtenu sans avoir d'abord passer par ces autres étapes, est superficiel. Cela supprime la souffrance.

Une fois que la femme a reçu de l'empathie, alors elle veut savoir ce qui s'est passé chez cet homme au moment ou il a commis cet acte. J'aide l'auteur de celui-ci à remonter jusqu'au moment de l'acte, et à identifier ce qu'il ressentait à ce moment là, quels étaient les besoins qui contribuaient à ces actes.

La dernière étape c'est de demander s'il y a quelque chose d'autre que la victime aimerait que l'auteur de l'acte fasse pour ramener la paix. Par exemple, elle pourra vouloir faire payer les notes de médicaments, ou elle pourra vouloir quelque restitution émotionnelle. Mais dés qu'il y a de l`empathie des deux côtés, c'est surprenant comment rapidement ils commencent à s'occuper du bien être de l'un et l'autre".

Killian :

"quels sont les "besoins" qui puissent être la cause qu'une personne viole une autre personne ?"

Rosenberg :

"Cela n'a rien à voir avec le sexe, bien sûr. Cela a à voir avec la tendresse que les gens ne savent pas comment obtenir, et souvent confondent avec le sexe. Dans la plupart des cas, les violeurs eux-mêmes ont été victimes d'une certaine forme d'agression sexuelle, ou d'abus physique, et ils veulent que quelqu'un d'autre comprenne comme c'est horrible de se sentir dans ce rôle passif, faible. Ils ont besoin d'empathie, et ils ont employés des moyens dénaturés pour l'obtenir : en infligeant une souffrance similaire à quelqu'un d'autre. Mais le besoin est universel. Tous les êtres humains ont les mêmes besoins. Heureusement la plupart d'entre nous les satisfaisons de manières non destructrices pour les autres personnes et pour nous mêmes".

Killian :

"nous avons longtemps cru en occident que les besoins doivent être régulés et déniés, mais vous suggérez l'opposé, qu'ils doivent être reconnus et satisfaits ?"

Rosenberg :

"je dirais que nous enseignons aux gens à dénaturer leurs besoins. Plutôt que d'éduquer les gens à prendre conscience de leurs besoins, nous leur enseignons à devenir dépendants de stratégies inefficaces pour les satisfaire. La consommation fait croire aux gens qu'ils vont les satisfaire en s'appropriant certaines choses. Nous enseignons que la vengeance est un besoin, alors qu'en fait c'est une stratégie défectueuse. La justice de rétribution est une stratégie médiocre. Mélangé à tout cela, il y a la croyance en la compétition, que nous pouvons satisfaire nos besoins qu’au détriment des autres personnes. Non seulement cela, mais qu'en plus c'est héroïque et plaisant de gagner, de vaincre quelqu'un d'autre.

C'est pourquoi c'est très important de faire la différence entre les besoins et les stratégies, et de faire voir aux gens qu'une stratégie qui satisfait vos besoins aux dépends de quelqu'un d'autre ne satisfait pas tous vos besoins. Parce que chaque fois que vous vous comportez d'une façon qui blesse d'autres personnes vous finissez par vous faire mal à vous même. Comme a dit le philosophe Elbert Hubbard : " nous ne sommes pas punis pour nos péchés mais par eux".

TOUS LES ÊTRES HUMAINS ONT LES MÊMES BESOINS. QUAND NOTRE CONSCIENCE SE CONCENTRE SUR CE QUI EST VIVANT EN NOUS, NOUS NE VOYONS JAMAIS UN ÉTRANGER DEVANT NOUS. D'AUTRES PERSONNES PEUVENT AVOIR DIFFÉRENTES STRATÉGIES POUR SATISFAIRE LEURS BESOINS ? MAIS ILS NE SONT PAS DES ÉTRANGERS.


Communication non-violente - Marshall Rosenberg sur la création d'un monde non-violent
http://www.planetenonviolence.org/Communication-non-violente-Marshall-Rosenberg-sur-la-creation-d-un-monde-non-violent_a397.html


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Re: LE PARDON

Message  pat le Dim 12 Sep 2010 - 10:52

Je vais reprendre et essayer d'être plus clair.
Le pardon, je le répète, est vécu de deux façons différentes :

-Il peut être demandé par celui qui a offensé une autre personne. Nous sommes donc en présence d'un offensé et d'un offenseur. C'est à ce niveau que se décline tout ce que tu as jusqu'à maintenant envisagé. Il s'agit du moine face au professeur. Il s'agit des parents d'une victime face à un des responsables de la mort de leur enfant (encore que dans ce cas, il y ait des nuances)
Cette demande est reçue de deux façons possible :
l'offensé accorde son pardon
l'offensé n'accorde pas son pardon.

Sur ces deux façons de répondre, la morale, les églises, la philosophie, nous-mêmes avons de multiples réponses possible. Il se peut que les réponses données par la morale traditionnelle nous indisposent, par leur simplisme. Tout cela se discute.

-A coté de cet aspect (à savoir celui où l'on se trouve en présence de quelqu'un qui demande pardon et qui le reçoit ou ne le reçoit pas), il y en a un autre qui se dégage complètement de la morale. Il s'agit du pardon inconditionnel. Il est peut-être inacceptable, inenvisageable, révoltant ou je ne sais quoi, mais néanmoins il fait partie des possibilités et il se trouve que des gens de haut niveau spirituel le pratiquent.

Il se passe au seul niveau de la conscience de l'offensé. L'offensé, la victime n'attend pas qu'on lui demande pardon, n'attend rien, mais pardonne dans son cœur. Si la demande de pardon intervient, il dira que c' est déjà fait.
Peut-être pourra t-on lui reprocher de ne pas avoir été assez pédagogue, d'avoir trop vite accordé son pardon et d'avoir trop vite libéré son agresseur de sa culpabilité ? Peut-être pourra t-on lui reprocher de n'avoir pas testé la vraie sincérité de son offenseur comme ce moine qui refuse son pardon à celui qui n'a pas de remord. Je trouve que c'est à son endroit que l'on peut parler de morale traditionnelle.
Je ne le blâme pas, je trouve que c'est très pédagogique au contraire et c'est ainsi que, dans le meilleur des cas, notre société fonctionne en punissant pour que le fautif puisse bien méditer sa faute. (C'est là d'ailleurs une justice haut de gamme, car souvent elle se borne à punir dans l'optique d'une vengeance légale).

La justice réparatrice dont tu parles est en effet, très intéressante. Nous sommes là en face d'antagonistes habituels. Et le pardon se décline de multiples façons avec toutes les nuances psychologiques dont tu as parlé dans tes différents posts.
Dans le cas que je présente, la victime (ici une femme violée) ne demande pas réparation. Elle a trouvé en elle la force pour se réparer elle-même. Par contre le violeur dans mon cas ne pourra pas éprouver la véritable portée de son acte puisque la victime a déjà pardonné.
Mais on ne peut quand même pas reprocher à la victime de faire l'économie de la reconstruction de son bourreau.
C'est peut-être ça le rôle de la société quand elle juge : faire prendre conscience au bourreau des conséquences de son crime. Ceci dit on a vu des pardonneurs accompagner leur victime. J'ai entendu des témoignages américains à ce sujet.

Celui qui pardonne sans même attendre la demande de pardon le fait dans une toute autre optique. Il le fait par amour de l'Homme parce qu'il a perçu qu'il était malheureusement de la même humanité que ce meurtrier, que ce voleur. Il est arrivé à un tel amour, à une telle compréhension, à une telle osmose avec l'humanité qu'il n'attend pas une demande de pardon qui n'arrivera peut-être jamais. Il se réconcilie tout de suite avec une humanité qu'il ne peut pas aimer en tant que telle, mais dont il assume malgré tout la part d'ombre. Le pardon unilatéral est mieux que rien, dis-tu. Sublime plutôt !

C'était un peu (un peu) la position du père de la victime dans ce si beau témoignage de « la tentation du pardon »
Comprends-tu mieux ce que je veux dire ? C'est ce que tu évoques en parlant de pardon en soi qui peut être le fait de croyants certes, mais aussi d'humanistes tout court.

pat

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Re: LE PARDON

Message  Invité le Dim 12 Sep 2010 - 12:39

Au moment de vouloir pardonner :
Il y a toujours un élément déclencheur, des choses qui se mettent en place, qui vous aide puissamment dès que vous êtes prêts, désirez évoluer, comprendre et dépasser des choses. Le plus important, primordial est de regarder en soi (=ses propres erreurs). Après on est bien et tout s'harmonise pour le mieux même si on n'a pas revu les personnes, mais l'important c'est de les libérer dans son coeur de tout sentiment négatif et leur souhaiter que le meilleur !
Pardonner c'est quand on ne ressent plus de choses négatives en soi lorsqu'on se remémore des faits ou des gens. Nous connecter à notre Force Intérieure nous aide puissamment. C'est ce que l'ontologie m'a amené. J'ai trouvé l'ontologie au moment où je désirais très fort pardonner. J'avais demandé à Dieu de m'aider et c'est ainsi que j'ai trouvé ce qui me correspond le mieux.
Le pardon un acte totalement personnel. Ainsi on libère la ou les personnes et on n'attend rien d'elle. C'est vraiment libérateur.

-------------

Le pardon tiré de la morale religieuse c'est "pardonne et tais-toi. Tu oublies même si on a tort. De toute façon Dieu demande de pardonner alors tu dois pardonner" (j'ai eu droit à la dernière phrase 14 ans auparavant !).
Les religieux ne supportent pas (ou plutôt on peur) que la personne n'oublie pas même si elle pardonne. Alors ils s'octroient le droit d'affirmer avec assurance (car ils ont toujours raison) que la personne n'a pas pardonné!
C'est pour cela que le pardon est un acte qui est totalement personnel dont personne n'a à se mêler, parce qu'il provoque/amène s'il est fait avec le coeur, un acte : le changement en soi (pas envers les autres ou pour plaire aux autres) grâce à la compréhension de nos erreurs qui servent de leçon de vie, ceci hors de la morale religieuse et collective.
le morale religieuse, collective ... ne s'en mêle pas, et s'occupe de ses fesses !

-------------

Le pardon est un acte personnel réfléchi et libérateur !
C'est important de le dire, en témoigner pour aider les gens afin qu'ils se libèrent de tout sentiment culpabilisateur ou sentiment qu'on voudrait leur imposer.

C'est soi-même face à Dieu (ou notre conscience pour ceux qui ne croient pas) avec le désir d'évoluer.

E/07/04
Ma Parole seule sauve, Mon Bras seul donne force, Mon Pardon seul absout.

E/30/10
Je ne pardonne pas les péchés ; Mon Salut n’est pas au bout du pardon, mais au bout de la pénitence. Je ne pardonne pas le pécheur ; Ma Volonté est qu’il cesse d’être pécheur.


(Dans le Livre il n'y a nullement le mot pardon ou pardonner, le mot Bien est cité que 2 fois. Cela démontre l'importance des actes, de faire les choses en conscience et cohérence).

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Re: LE PARDON

Message  Invité le Dim 12 Sep 2010 - 17:06

http://www.ilyaplus.com/spiritualite/pardon.html
Le Pardon : bon pour le cœur, bon pour le corps
Harndon dit que le pardon « libère le coupable de la colère, la rage et le stress prolongé qui a été lié aux problèmes physiologiques, tels que les maladies du cœur, la haute pression, le cancer et d’autres maladies psychosomatiques. »

http://www.bonheurpourtous.com/botext/lepardon.html

Les faux pardons ou les fausses conceptions du pardon
[...] Pardonner ne veut pas dire que vous approuvez votre bourreau. Pardonner ne veut pas dire oublier. [...] Je travaille trop en psychothérapie pour ne pas voir combien de blessures oubliées continuent de travailler chez les personnes. On est obligé de les faire émerger à nouveau pour être capable de les traiter. Le pardon ne veut donc pas dire oublier.
Mais ce que je peux vous affirmer, c'est que si vous parvenez à pardonner, votre mémoire va se cicatriser. Vous allez vous souvenir de l'événement et vous n'aurez plus de ressentiment intérieur. C'est un peu comme une cicatrice dans votre chair. Quand vous touchez à une cicatrice, cela ne vous fait plus mal. [...]

Le pardon ne signifie pas non plus excuser la personne. Quelle est cette idée d'excuser ? Excuser, cela veut dire que l'offenseur n'est pas responsable de ses actes. S'il vous a blessé d'une manière volontaire, il a voulu vous faire mal. Il n'est pas question de l'excuser. [...]

Pardon n'est pas synonyme de réconciliation. [...] Le pardon, c'est un mouvement de l'âme, un mouvement du coeur. La réconciliation, c'est la manifestation du pardon à l'extérieur, à la personne qui vous a offensé. Il y a des situations où vous pardonnez dans votre coeur, mais vous ne pouvez pas vous réconcilier d'une manière prudente avec votre offenseur. [...] La réconciliation est la suite naturelle du pardon mais ce n'est pas systématique. [...]

Tant que votre pardon n'arrive pas à une sorte de paix intérieure, de paix émotive, le pardon n'est pas complet. [...] Vous saurez que vous avez pardonné à quelqu'un quand en pensant à cette personne, vous n'éprouverez pas de ressentiment.

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Re: LE PARDON

Message  Invité le Lun 27 Sep 2010 - 22:58

Les mots Pardon, pardonner me semblent d'un usage récent au moins dans le langage.

Qu'est-ce qui me fait dire cela ?
Tout simplement l'usage, si j'en crois les anciennes versions du Notre Père qui variaient sur le vocabulaire:

Une ancienne version en Gallica 1669



Cette version provient d'un ouvrage du début du XVIII L'Oratorio Dominica qui traduisait déjà le Notre Père dans plus de 100 langues.
Le tutoiement est de rigueur à cette époque.
Le vouvoiement n'est pas très logique pour le Notre Père à mon idée, car il n'y a pas de vouvoiement en hébreu, en arabe (comme en anglais et d'autres langues qui ne le connaissent pas). Jésus parlait l'araméen.


On notera qu'on ne parle pas à l'époque de "pardon", mais de "être quitte de dettes". Un peu plus tard, on parle de "remettre les fautes", comme dans la traduction d'Augustin Crampon (1923):
12 et remettez-nous nos dettes, comme nous-mêmes remettons à ceux qui nous doivent;
Cette nuance est reprise d'ailleurs par André Chouraqui dans sa récente traduction:
12. Remets-nous nos dettes, puisque nous les remettons à nos débiteurs.

Un autre détail est que des deux évangélistes qui nous communiquent ce Notre Père, seul Matthieu rapporte ces explications qui suivent directement Mt 6/9 à 13

Augustin crampon (1923)

14 Car si vous remettez aux hommes leurs offenses, votre Père céleste vous remettra aussi (les vôtres).
15 Mais si vous ne remettez pas (les leurs) aux hommes, votre Père ne pardonnera pas non plus vos offenses.

A. Chouraqui

14. Oui, si vous remettez aux hommes leurs fautes, il vous les remettra à vous aussi, votre père des ciels.
15. Mais si vous ne les remettez pas aux hommes, votre père non plus ne vous remettra pas vos fautes.

Ici, il n'y a rien d'évident, et pour tout dire je trouve ces deux versets très très douteux Suspect tellement ils établissent une logique de cause à effet que, si on ne remet pas ... le Père ne remet pas ..."
Il y en a qui se mettent un peu trop facilement à La Place de Dieu ... Rolling Eyes


Pardonner renvoie cependant au latin per, préfixe intensif signifiant "complétement", et donare, "donner".

"Miséricorde" (logique par "image et ressemblance"), est synonyme de pardon, mais cela ne tombe pas sous l'évidence, au moins pour tout le monde.
Donc, et c'est à cela que je voulais en venir, c'est que dans cette histoire de pardon, de savoir pardonner, peu importe que l'on soit ou non impliqué comme offensé ou offenseur, coupable ou victime.
L'idée me semble davantage reposait sur l'image et la ressemblance de Sa Miséricorde.

J'avoue pour ma part personnelle n'avoir jamais fait acte de pardon depuis des lustres, car depuis ces lustres, je n'ai pas tout simplement de motif à accorder un pardon, personne ne m'ayant "vraiment" offensé.
Entre la déconvenue sans importance au fond, l'erreur bénigne dont les effets sont très superficiels et sans conséquences et, je vais dire, ce qui mériterait effectivement "pardon" qui va de pair avec ce qui est grave, douloureux il y a un vaste espace. Enfin, c'est mon idée ...
Du pardon distribué à la volée, à tous bouts de champs, c'est pas ça non plus !
S'imprégner de l'idée de miséricorde me paraît plus se concilier avec la permanence d'une pensée spirituelle, de la prière, que l'acte de pardonner relève plus de l'occasionnel, de l'aléatoire, de la faute à pas de chance. Si l'on ne misait que sur le circonstanciel, il y en a qui auraient davantage que d'autres l'occasion de (s'entraîner à) "pardonner".

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Re: LE PARDON

Message  pat le Mar 28 Sep 2010 - 11:21

IL ne s'agit pas, en effet, de savoir si Dieu remettra dans la proportion où nous aurons remis.
L'idée est que nous construisons nous-mêmes le tribunal qui nous jugera. La miséricorde que nous y introduirons, sera celle dont nous nous jugerons un jour. Ce jour, nous serons incapables d'introduire d'autres données que celles dont nous nous serons construits.
Dieu n'est pas un juge extérieur à nous-mêmes. Le Royaume est à l'intérieur et nous composons ici et maintenant, les lois de ce Royaume.

Le pardon, la miséricorde, la bonté sont des « lois » que nous avons la liberté d'introduire ou pas. Par ces « lois » nous ferons naître le Royaume ou pas. Autrement dit : par ces « lois » nous ferons naître Dieu ou pas, en nous.

Pour revenir à la notion du pardon, il me semble que c'est une notion assez ancienne malgré tout.
Elle est présente d'une merveilleuse façon dans la fête juive de Yom Kippour, qui est d'abord une repentance, une expiation. La sagesse juive indique bien que cette repentance n'est valable que si elle s'accompagne de l'intention de faire cesser la faute. Dans le cas d'une faute envers son prochain, cette repentance s'effectue en deux phases:
-----d'abord la demande de pardon (Yom Kippour est appelé la fête du grand pardon). Mais le pardon ne suffit pas. Pardonner tout en restant fâché n' est pas considéré comme un vrai pardon. Le pardon n'est qu'un épisode.
-----La deuxième phase est la réconciliation.
Jésus dit :"Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande sur l'autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande là, devant l'autel, va d'abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande. (Mt 5-23-24)"

Dans la tradition juive, il est aussi grave sinon plus grave d'offenser son prochain et de rester fâché avec lui que d'offenser Dieu.

Pardonner dans son cœur n'est déjà pas facile, pardonner en se réconciliant est encore plus difficile, surtout comme tu le dis qu'il y a tout un éventail d'agressions qui vont de la plus extrême à la plus futile.
Nous ne sommes pas égaux par rapport à notre possibilité de pardon. Certains, très susceptibles auront beaucoup de mal à pardonner même les choses futiles, d'autres, très en paix intérieure, pardonnerons l'impardonnable....
Quoiqu'il en soit se réconcilier est l'étape au-dessus et marque vraiment la vie spirituelle de ceux qui en sont capables.

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