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Le Notre Père, Observance ? pas Observance ?

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Le Notre Père, Observance ? pas Observance ?

Message  Invité le Mer 13 Oct 2010 - 20:42

Le Notre Père n'est qu'une indication à ce qu'il me semble, une façon de faire parmi bien d'autres qu'on emploiera faute de mieux ou de trouver ses mots ... Les narrations de Matthieu et de Luc ne coïncident pas. Simple constat !

Le premier (Mt 6/1 à 9) l'annonce comme une "Observance" (une règle religieuse, un article de la foi, un catéchisme ...) dont un enseignement magistral de Jésus (à qui ? Matthieu ne le dit pas) serait le préambule auquel il conduit:

Gardez-vous de pratiquer votre justice devant les hommes, pour en être vus; autrement, vous n'aurez point de récompense auprès de votre Père qui est dans les cieux.

Lors donc que tu fais l'aumône, ne sonne pas de la trompette devant toi, comme font les hypocrites dans les synagogues et dans les rues, afin d'être glorifiés par les hommes. Je vous le dis en vérité, ils reçoivent leur récompense.

Mais quand tu fais l'aumône, que ta main gauche ne sache pas ce que fait ta droite,

afin que ton aumône se fasse en secret; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra.

Lorsque vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites, qui aiment à prier debout dans les synagogues et aux coins des rues, pour être vus des hommes. Je vous le dis en vérité, ils reçoivent leur récompense.

Mais quand tu pries, entre dans ta chambre, ferme ta porte, et prie ton Père qui est là dans le lieu secret; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra.

En priant, ne multipliez pas de vaines paroles, comme les païens, qui s'imaginent qu'à force de paroles ils seront exaucés.

Ne leur ressemblez pas; car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant que vous le lui demandiez.

Voici donc comment vous devez prier: Notre Père qui es aux cieux! Que ton nom soit sanctifié ...


Le second Luc (Lc 11/1 et 2), le présente comme un événement circonstanciel en réponse à une question de ... "un des disciples" qui la reçoit sans détours, sans artifice:

Jésus priait un jour en un certain lieu. Lorsqu'il eut achevé, un de ses disciples lui dit: Seigneur, enseigne-nous à prier, comme Jean l'a enseigné à ses disciples.

Il leur dit: Quand vous priez, dites: Père! Que ton nom soit sanctifié ...

Le Notre Père, Observance ? pas Observance ?

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Re: Le Notre Père, Observance ? pas Observance ?

Message  Invité le Jeu 28 Oct 2010 - 0:51

Observance ? pas Observance ?

Observance a deux sens en religion:
>> D'une part c'est la pratique habituelle d'une règle, la soumission à une loi. (par métonymie, "l'ensemble des règles elles-mêmes", tenues pour obligatoires, prescrites par une religion)

>> Par extension, c'est l'action de se conformer à un modèle, à une règle ou de suivre une habitude, et de la perpétuer.

Dans le deuxième sens, l'action a une portée on peut dire plus "sociale", plus traditionnelle qui implique la transmission "obligée" de cette Règle. L'équivalent juridique d'Observance serait "obligation".

Le fait de définir une Observance, comme Règle "légale" vient ici s'opposer à l'invitation de faire, au respect du libre-arbitre d'observer ou non le conseil reçu.

Une prière peut-elle "par nature" être une Observance ?

Ici dans ces récits des évangélistes qui concernent le Notre Père, la narration de Matthieu (ou sa traduction ?) tend à faire comprendre qu'il s'agirait d'une Observance : Voici donc comment vous devez prier ...
Alors que chez Luc, la question ne se pose même pas qu'elle pourrait l'être, elle exclut même cette façon de voir: Il leur dit: Quand vous priez, dites ...

Cette question que le Notre Père serait (?) une Observance, en appelle une autre qui tend à la contredire, en ce sens que cette "nouvelle Observance" invaliderait un ancien rite de prière en le substituant de fait. Pour l'exemple opportun, car Jésus était juif, admettons que ce soit le Chémâ.

Or les évangiles semblent contredire cette hypothèse puisque le Chémâ, prière juive et affirmation univoque du monothéisme par excellence, y est mentionné partiellement à plusieurs reprises dans les Évangiles :

* Dans l'Évangile selon Marc (12:29-30) Jésus affirme:

Le premier de tous les commandements est : «Écoute, Israël, le Seigneur notre Dieu est un seul Seigneur ; et tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, et de toute ton âme, et de toute ta pensée, et de toute ta force».

* Dans l'Évangile selon Luc (10:27) Jésus mentionne le troisième verset du Chémâ :

«Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, et de toute ton âme, et de toute ta force, et de toute ta pensée»

* Dans l'Évangile selon Matthieu (22:37) Jésus mentionne aussi ce troisième verset:

«Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, et de toute ton âme, et de toute ta pensée». C’est là le grand et premier commandement.

D'autre prières existent également, comme la prière du matin, le Modé ani :

Modé ani * léfanékha, Mélékh 'Haï vékayam,
chéhé'hézarta bi nichmati bé'hémla,
rabba émounatékha.

"Je Te remercie (ou je reconnais), Roi vivant et qui subsistes,
que Tu aies fait revenir en moi ma néchama (âme), dans Ta bonté,
immense est Ta fidélité".

* la femme juive dit: Moda ani ... au lieu de Modé ani ...
* Modé ani : le mot Modé signifie à la fois remercier et reconnaître.

http://www.modia.org/priere/mode.html




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Une prière peut-elle "par nature" être une Observance

Message  Invité le Mar 8 Fév 2011 - 18:21

Une prière peut-elle "par nature" être une Observance ? suite >>

L'évangile d'Arès ne semble pas aller dans le sens de l'Observance (genre commandement ou édit divin), puisque cela reste une "prescription" ("comme je le prescris" (12/05) "car le pécheur doit bien à son salut l'instant d'une prière...", ce qui n'invalide aucunement toute autre prière.

L'évangile d'Arès semble apporter un juste équilibre entre le texte de Luc, simple invitation, et l'excès du texte de Matthieu.

La traduction faite de l'évangile de Matthieu "Voici donc comment vous devez prier ..." est par conséquent erronée, puisqu'elle ne correspond pas non seulement au sens des versets qui précèdent, mais de plus pas aux Paroles de Jésus puisque une "nouvelle Observance" soit invaliderait un ancien rite de prière en s'y substituant, soit se rajouterait à celles existantes. Or ce n'est pas le discours de Jésus, qui dit lui-même qu'il n'est pas venu abolir la Loi.
L'évangile d'Arès précise celle-ci comme étant la seule donnée à des disciples :
«... faire Mémoire de Mon Sacrifice. Je n’ai pas laissé d’autre observance à Mes Témoins. »(8/09)

La traduction d'André Chouraqui ne reprend pas d'ailleurs ce sens d'obligation, ou de devoir !
Matyah 6/ 5 à 15
5. « Quand vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites;
oui, ils aiment prier dans les synagogues et aux coins des places en se dressant, pour se montrer aux hommes.
Amén, je vous dis: ils reçoivent leur salaire.
6. Mais toi, quand tu pries, entre dans ta cellule, ferme ta porte et prie ton père qui est dans le secret.
Et ton père, le voyant du secret, te le rendra.
7. Quand vous priez, ne palabrez pas comme les goîm, qui croient: ‹ À force de paroles nous serons entendus ! ›
8. Vous donc, ne leur ressemblez pas.
Oui, votre père pénètre vos besoins avant même que vous le sollicitiez.

9. Vous donc, priez ainsi:

« Notre père des ciels, ton nom se consacre,
ton royaume vient, ton vouloir se fait, comme aux ciels sur la terre aussi.
Donne-nous aujourd’hui notre part de pain.
Remets-nous nos dettes, puisque nous les remettons à nos débiteurs.
Ne nous fais pas pénétrer dans l’épreuve,
mais délivre-nous du criminel. »


14. Oui, si vous remettez aux hommes leurs fautes, il vous les remettra à vous aussi, votre père des ciels.
15. Mais si vous ne les remettez pas aux hommes, votre père non plus ne vous remettra pas vos fautes.
à suivre ... Arrow

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Re: Le Notre Père, Observance ? pas Observance ?

Message  Invité le Sam 12 Fév 2011 - 0:34

J'aime beaucoup trouvé des petits trésors, et les partager.

Pérégrinant j'ai trouvé un très beau site sépharade dont les fondateurs se disent en quête insatiable de mémoire pour l’avenir ...
dans lequel j'ai déniché comme un chineur cette très belle philosophie "antique" de la prière ! qui accompagnait la Thora ... bien loin de ce qu'exige une Observance.

La nécessité du cœur

"Ne fais pas de ta prière une obligation, mais épanche spontanément ton cœur vers ton Père qui est dans le ciel", conseille le Talmud.

En hébreu, le mot qui signifie prière se traduit "tefila", il vient d’une racine, à la forme réfléchie: "se juger". "Celui qui prie fait l’examen de son propre cœur devant Dieu."

Les rabbins disent: "le Tout Miséricordieux exige le cœur".

L’élément essentiel de la prière juive est la ferveur, l’orientation des pensées et des désirs vers Dieu. Cette ferveur représente l’intention du cœur d’accomplir son devoir, mais les rabbins ne sont pas trop exigeants: "les artisans peuvent réciter la confession de foi à leur travail. Ceux qui sont occupés à la cueillette des olives et des figues peuvent même dire leurs prières sans descendre de l’arbre, à condition qu’ils aient l’habitude de se tenir dans cette position, et qu’ils arrivent à se concentrer sur leurs prières sans avoir peur de tomber!…"

Le "chema": une prière centrale

"Écoute Israël, l’Éternel notre Dieu est le Seigneur un"; tirée de Deutéronome 6v.4, cette confession de foi d’Israël est appelée "Chema" qui signifie "écoute". Elle est l’affirmation de l’unité de Dieu et de la reconnaissance de sa souveraineté sur l’univers. Ceux qui la récitent acceptent le joug du Seigneur et s’abandonnent à la volonté du Tout-Puissant et au joug des commandements.

Accompagné de 7 bénédictions pour accomplir le Psaume 119, v.164, le "chema" du soir est récité couché tandis que celui du matin est récité debout pour saluer l’aurore!
"Amidah" (debout) sont les 18 bénédictions prononcées debout (I Samuel 1:9).

"Tu es puissant à jamais, Seigneur, tu fais revivre les morts, tu es empressé à secourir.
Tu nourris les vivants par amour.
Tu fais revivre les morts; en Ta miséricorde Tu redresses ceux qui tombent, Tu guéris les malades, libères les captifs; Tu tiens Ta promesse envers ceux qui dorment dans la poussière.
Qui est comme Toi, Maître de la puissance et qui Te ressemble, Roi qui fait mourir et revivre et germer le salut?
Tu es fidèle (garant) pour la résurrection des morts!"

(Prière de bénédiction, appelée "gibbor").

Les prières pour le pardon se font parfois la "chute sur sa face", selon 2 Samuel 24:14, tomber entre les mains de Dieu, le front posé sur le bras.
Le balancement d’avant en arrière est une coutume très ancienne datant du Moyen Âge qui est censée détacher des préoccupations terrestres.

Les louanges
Les psaumes ("tehilim" = louanges) commencent par "béni soit Celui qui parla et le monde fut" et finissent par les mots "O Seigneur, Dieu et Roi, grand en louanges, Dieu d’actions de grâces, Seigneur des miracles, qui prend plaisir dans le chant et le psaume, ô Roi et Dieu, la vie de tous les mondes!"

Les louanges sont nombreuses dans la prière juive. La bénédiction qui les suit se prolonge par: "car te conviennent, ô Seigneur, notre Dieu et le Dieu de nos pères, chant et louange, hymne et chant, force de pouvoir, victoire, grandeur et puissance, renommée et gloire, sainteté et souveraineté, bénédictions et actions de grâces, maintenant et pour toujours!"

Les requêtes
La prière juive connaît également les requêtes pour soi-même et pour la communauté. Elle se fonde sur ces paroles:

"si je t’énumère mes besoins, ô Dieu, ce n’est point pour te les rappeler, mais pour que je puisse mieux comprendre combien je dépends de toi! Si donc je te demande des choses qui ne sont pas pour mon bien, c’est parce que je suis ignorant. Ton choix est meilleur que le mien et je me soumets à tes décrets immuables et à ta suprême direction."

Bahy Ibn Pakouda, au 11e siècle a dit: "prier pour ses besoins renforce la conscience de la présence de Dieu et agit sur la conduite, afin de pratiquer Michée6:8: "On t’a fait connaître, ô homme, ce qui est bien, et ce que l’Eternel demande de toi, c’est que tu pratiques la justice, que tu aimes la miséricorde et que tu marches humblement avec ton Dieu."

Les prières de fêtes
La prière juive marque tous les faits quotidiens de la vie personnelle, familiale et communautaire. Dix hommes suffisent pour vivre une célébration dans une synagogue (en souvenir des dix justes qui auraient pu sauver Sodome et Gomorrhe, Gen.18).

L’Éternel est Roi et nous sommes appelés à nous joindre à tous ceux qui l’adorent. La note dominante du shabbat (le sabbat) est la joie (Mat 26:30).

Les 3 repas du shabbat sont accompagnés par les "zemirot", les "chants de table", autres formes de prières familiales, essentiellement des professions de foi du Dieu Créateur de toutes choses, de la sanctification du jour, (en hébreu "kiddoush hayom") et de la reconnaissance. David ne donna-t-il pas des ordres à son âme: "mon âme, loue le Seigneur et n’oublie aucun de ses bienfaits!" (Ps 103:1)?

http://www.cisu.be/offices.htm

page sur la culture sépharade, historique, musique, liturgies, citations et même recettes de cuisine !
http://www.cisu.be/sepharadisme.htm

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Re: Le Notre Père, Observance ? pas Observance ?

Message  Invité le Lun 14 Fév 2011 - 1:37

Le "Voici donc comment vous devez prier ..." de l'évangéliste Matthieu a vraisemblablement donné à cette prière une connotation plus liturgique, la faisant devenir pour beaucoup composante du culte, ce qui nous éloigne de "l'intimité" de l'esprit de la prière pourtant citée 3 versets avant, propre aux prières juives, que je suppose Jésus ne devait pas ignorer !
"Mais quand tu pries, entre dans ta chambre, ferme ta porte, et prie ton Père qui est là dans le lieu secret;" (Mt 6/6)

Ceci étant accentué par le "Notre" (Père) que l'on ne retrouve pas chez Luc ... qui appuie cette idée de prière communautaire.

Matthieu (6/9-13)
Notre Père qui es aux cieux! Que ton nom soit sanctifié;
Que ton règne vienne; que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd'hui notre pain quotidien;
Pardonne-nous nos offenses, comme nous aussi nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés;
Ne nous induis pas en tentation, mais délivre-nous du malin. Car c'est à toi qu'appartiennent, dans tous les siècles, le règne, la puissance et la gloire. Amen!

Luc (11/2-4)
Père! Que ton nom soit sanctifié; que ton règne vienne.
Donne-nous chaque jour notre pain quotidien;
Pardonne-nous nos péchés, car nous aussi nous pardonnons à quiconque nous offense; et ne nous induis pas en tentation.

Bible Louis Segond

Des écarts entre le récit des deux évangélistes et des difficultés de traductions, cette prière a connu dans ses versions "fédératives" quelques petites variantes mineures avec le temps ...

L'évangile d'Arès en propose une version "rectifiée" qui, nous imaginons, se situe au plus près de l'esprit de la version palestinienne originale.
Bien évidemment elle n'avait pas été livrée telle quelle aux compagnons de Jésus, puisque leur langue étant l'araméen. On la tiendra donc pour la meilleure traduction Rolling Eyes

Le "Notre Père" en Araméen liturgique, écouter ICI

"Voilà la prière des pécheurs comme Je l’ai livré à Mes Témoins mais qu’ils n’ont pas pu livrer au monde :"(12/4)

PÈRE DE L’UNIVERS
TOI SEUL ES SAINT.
QUE RÈGNE SUR NOUS TA SAINTETÉ
POUR QUE NOUS FASSIONS TA VOLONTÉ,
POUR QUE NOUS RECEVIONS NOTRE NOURRITURE,
POUR QUE NOUS PUISSIONS PARDONNER
ET RECEVOIR PARDON,
POUR QUE NOUS RÉSISTIONS AUX TENTATIONS
ET QUE SOIT ABATTU LE MALIN,
POUR QUE RÈGNENT A JAMAIS SUR NOUS
TA SAINTETÉ, TA PUISSANCE ET TA LUMIÈRE.

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Re: Le Notre Père, Observance ? pas Observance ?

Message  Invité le Lun 14 Fév 2011 - 20:58

Ouh là-là mais qu'est-ce qu'il raconte njama qui vient bousculer la liturgie ... il va tout nous chambouler !

Rappelons que la version œcuménique en cours ne date que 1966 (Vatican II). Auparavant on "vouvoyait" Dieu !
http://fr.wikipedia.org/wiki/Notre_P%C3%A8re

Benoit XVI dit dans son homélie du 18 décembre 2005 : « Dieu est proche de nous, si proche qu'il se fait enfant, et que nous pouvons "tutoyer" ce Dieu ».

Il faut dire que depuis le moyen-âge et bien avant peut-être (?) l'habitude était au vouvoiement ...
http://www.christ-roi.net/index.php/Tutoiement_de_Dieu

Pour dire que le "Notre Père" que les chrétiens connaissent aujourd'hui n'a pas toujours été !
Quoi de mieux que des faits historiques pour le démontrer !


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Re: Le Notre Père, Observance ? pas Observance ?

Message  Invité le Mer 16 Fév 2011 - 0:00

Je ne cherche pas à brouiller la paix des ménages, mais si dans les traductions de Luc et Matthieu semble,t s'accorder sur une même formulation "Ne nous induis pas en tentation" ...

il se trouve que cette interprétation est jugée peu crédible et même inadmissible !
au point que d'aucuns attendent "la sainte espérance que la traduc­tion actuelle sera redressée."

Des Ecritures au Pater

« et ne nos inducas in ten­tationem », traduite actuellement par « et ne nous soumets pas à la tentation » (À propos du texte la­tin Jean Carmignac explique que ce n’est qu’un décalque d’une tour­nure latino-grecque; et qu’il faut la comprendre à travers 1’original sémitique).

Ce contre quoi se rebelle l’abbé Carmignac c’est la chose suivan­te : le peuple de Dieu se voit pro­poser une formule différente de celle utilisée par des générations durant des siècles, toute insuffisante qu’elle était. Son attention est ainsi attirée sur celle-ci; il est donc en droit de penser que cette formule est meilleure. Or cette for­mule est inadmissible, blasphéma­toire même ne craint pas d’écrire l’abbé Carmignac, suivant en cela certains anciens Pères: « Si Dieu exerce le moindre rôle positif dans la tentation, il ne peut plus être infiniment saint, puisqu’il contri­bue par la tentation à inciter au péché, et il ne peut plus être infini­ment bon, puisqu’il contribue à entraîner ses enfants de la terre vers le plus grand des malheurs ». Et, faisant appel à l’ « analogie de la foi », l’abbé Carmignac s’appuie sur la Bible, épître de saint Jacques (1, 13) : « Que nul ne dise, s’il est tenté, ‘c’est Dieu qui me tente’. »

Alors comment traduire ? L’abbé Carmignac se réfère à la place de la négation dans la phrase. Une des formes du verbe hébraïque (par simple addition ou modification d’une syllabe dans le mot) est le causatif. Par exemple : manger (forme simple) et faire manger (forme causative) c’est-à-dire nourrir. Ici, entrer et faire entrer. La négation avec un causatif : (ne pas) (faire entrer) peut se com­prendre suivant que l’on fait por­ter la négation sur le premier ou le second terme : (ne pas faire) (entrer) ou (faire) (ne pas entrer),

Ici il faut choisir le second ter­me de l’alternative et compren­dre « et fais que nous n’entrions pas dans la tentation », ou peut­-être mieux, « et garde-nous d’en­trer dans la tentation », formule qui a l’avantage de garder le mê­me nombre de pieds (12) que « et ne nous soumets pas à la tenta­tion », ce qui permettrait de l’in­sérer sans frais dans le Pater chanté en français: Nous avons proposé cette dernière formule aux évêques de France.

Ainsi, en cette vingtième année de la mort de l’abbé Carmignac, en cette quarantième année de l’apparition de cette traduction, (Pâques 1966-2006, symbolisme des 40 ans du désert) nous avons la sainte espérance que la traduc­tion actuelle sera redressée. C’est en tout cas l’objet de la supplique que l’Association des Amis de l’Abbé Jean Carmignac a adres­sée à la totalité des évêques de France en décembre 2005.


l’Association des amis de l’abbé Jean Carmignac.
http://maranatha.mmic.net/Carmignac.htm

http://www.jean-manaus.com/priere-de-jesus.php

Jean Carmignac a soutenu une thèse de doctorat de 600 pages "Recherches sur le Notre Père", publiée en 1969 et condensée dans un livre publié en 1971 "A l'écoute du Notre Père".
Association Jean Carmignac
http://www.abbe-carmignac.org/presentation.php


QUE RÈGNE SUR NOUS TA SAINTETÉ [...]
POUR QUE NOUS RÉSISTIONS AUX TENTATIONS

« et fais que nous n’entrions pas dans la tentation »
« et garde-nous d’en­trer dans la tentation »


ça se rapproche, y-a de ça, c'est l'idée ! ... c'est nettement mieux que « et ne nous soumets pas à la tentation »


Tout ça pour dire, que la traduction du Notre Père, 2000 ans après qu'elle fût formulée, ne fait pas l'unanimité spirituelle.

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Re: Le Notre Père, Observance ? pas Observance ?

Message  Invité le Mer 16 Fév 2011 - 0:40

« et fais que nous n’entrions pas dans la tentation », ou peut­-être mieux, « et garde-nous d’en­trer dans la tentation »
Même ces 2 formules laissent sous-entendre que Dieu a une cause derrière cela, ou bien l'Homme pourrait le faire croire de nouveau s'il se laissait aller à la tentation.

QUE RÈGNE SUR NOUS TA SAINTETÉ [...]
POUR QUE NOUS RÉSISTIONS AUX TENTATIONS
Par contre ici on voit bien la responsabilité totale de l'Homme si celui-ci par son changement de pensées, de comportement, adopte le comportement de Dieu et fait régner en lui-même sa propre sainteté qui devient alors celle de Dieu. Dieu alors peut lui répondre et faire à son tour régner sa sainteté. L'Homme doit faire le premier pas.
Plus de culpabilité ni de Dieu juge et fouettard ici, le Vrai Dieu enfin apparaît.

« Si Dieu exerce le moindre rôle positif dans la tentation, il ne peut plus être infiniment saint, puisqu’il contri­bue par la tentation à inciter au péché, et il ne peut plus être infini­ment bon, puisqu’il contribue à entraîner ses enfants de la terre vers le plus grand des malheurs ». Et, faisant appel à l’ « analogie de la foi », l’abbé Carmignac s’appuie sur la Bible, épître de saint Jacques (1, 13) : « Que nul ne dise, s’il est tenté, ‘c’est Dieu qui me tente’. »
Que nul ne dise, s’il est tenté, ‘c’est Dieu qui me tente’ - Epître de Jacques

ABBE CARMIGNAC
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Carmignac
L'importance de connaître les origines hébraïques des textes !!!
Il participa aux séances de travail de la commission chargée de préparer les traductions françaises des textes liturgiques après le Concile de Vatican II. Toutefois, les solutions que ses grandes connaissances linguistiques lui permettaient de proposer ne furent pas souvent adoptées. Comme l'a écrit l'évêque de son diocèse d'origine, « il connut un véritable drame de conscience face à certaines traductions qu'il récusait en savant et en prêtre ». Il s'agit notamment de la traduction de la sixième demande du Pater Noster : la version proposée (version actuelle) lui paraissait une injure à Dieu. Attribuer au Père le désir malsain de nous tenter était pour lui blasphématoire. Et puisque l'Écriture affirme explicitement que « Dieu ne tente personne » (Jacques 1,13), il semble absurde que Jésus nous ait prescrit de demander au Père de ne pas faire ce dont il est moralement incapable. Carmignac fut alors chassé de la paroisse dans laquelle il exerçait son ministère paroissial. C'est alors qu'il écrivit sa remarquable thèse sur le Pater Noster, thèse qu'il soutint avec succès le 29 janvier 1969 à l'Institut catholique de Paris devant le cardinal Jean Daniélou. L'abbé Carmignac demanda et obtint l'autorisation de réciter le Pater Noster en latin pour ne pas utiliser la traduction officielle de ce verset.
....
Jusqu'à son dernier jour, il poursuivit ses recherches, prit part à de nombreux congrès d'exégèse organisés à l'étranger, où sa contribution était hautement appréciée, prononça maintes conférences sur ses découvertes pour aider les fidèles à une meilleure compréhension de l'évangile. Il supporta avec patience les humiliations que lui infligèrent de nombreux confrères français. « Cela n'est que l'extérieur, disait‑il, le principal est la vie de l'âme. Mais elle reste le secret de Dieu ».
Quand on voit la vie de ces prêtres qui osaient dénoncer les mauvaises interprétations volontairement entretenues, on comprend mieux pourquoi Dieu demande aujourd'hui à quitter la hiérarchie, à tout laisser, sa croix, son baton de commandement, qui ne sont que le reflet des Hommes, de la parole des Hommes (donc beaucoup de mensonges et de mauvaises foi) tout quitter pour vivre LIBREMENT (= libérés des jougs humains qui enferment volontairement l'Homme) la Parole. Cela a un sens très profond cette demande que Dieu fait à Arès. Il en va de la libération de l'Humanité !

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Re: Le Notre Père, Observance ? pas Observance ?

Message  pat le Mer 16 Fév 2011 - 9:59

Bravo à vous deux.
C'est vraiment une recherche sur les textes qui fait avancer notre pratique. Nous sommes là au coeur de ce qu'internet peut faire de meilleur sur le plan spirituel : inciter les lecteurs à reprendre en main leur destin spirituel sans se laisser aller aux routines.

la connaissance juste précède l'action juste.

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Re: Le Notre Père, Observance ? pas Observance ?

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