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LA NON-VIOLENCE - CONFERENCE DU FORUM NON-VIOLENCE 01/12/07

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LA NON-VIOLENCE - CONFERENCE DU FORUM NON-VIOLENCE 01/12/07

Message  Invité le Lun 3 Déc 2007 - 17:15

La non-violence : la seule issue !
Conférence donnée lors du FORUM DE LA NON-VIOLENCE
DU 1ER DECEMBRE 2007 A JUSSIEU

La non-violence : la seule issue ! Comme vous l’aurez remarqué le titre de cette conférence semble incomplet. Quand on lit « la seule issue », on peut se dire : « la seule issue oui, mais à quoi ? ». On suppose que ceux qui lisent le titre ont en coprésence la situation de crise dans laquelle nous nous trouvons actuellement.

Bien sûr ce sujet prendra plus ou moins d’importance selon la façon dont chacun voit cette crise. Si comme dans l’appel à tous les êtres humains publié en juillet 1955 par Bertrand Russel et Albert Einstein la question est : « Allons-nous mettre fin à la race humaine, ou l’humanité renoncera t-elle à la guerre ? », le sujet prend une importance cruciale. Comme le disait Martin Luther King : « Le débat ne se situe plus entre violence et non-violence, mais entre non-existence et non violence. » Si un extra terrestre visitait notre planète et découvrait que, nous, les êtres humains, avons construit un arsenal nucléaire capable auto détruire plus de 20 fois, il pourrait croire qu’il s’agit d’un peuple de fous prêt à accomplir un suicide collectif. Pourtant l’armement nucléaire n’est que la pointe de l’iceberg de la violence, comme nous allons le voir maintenant.

Nous allons commencer en décrivant la proposition inverse c’est à dire en quoi la violence est sans issue, en précisant bien sûr, de quelle type de violence on parle. Et ensuite nous poserons les bases d’une Nation Humaine Universelle basée sur la non-violence.

La violence n’est pas une simple idée. Il suffit à chacun de se rappeler une situation de violence qu’il a vécue personnellement ou qu’un être cher, enfant, parent, ami proche, a vécu, pour se rendre compte de l’intérieur et dans son propre corps, que ça fait mal.

Quand nous parlons de violence, nous ne nous référons pas uniquement à la guerre ou à la violence physique. Il y a différents types de violence : physique, économique, sexuelle, religieuse, raciale,… Dans le cadre de cette conférence, nous avons choisit de ne pas faire une description complète des différentes formes de violence, de leurs conséquences et de la façon dont elles interagissent de façon complexe en se renforçant mutuellement, nous allons plutôt essayer de clarifier la nature du processus de globalisation économique.

Une minorité de plus en plus réduite s’accapare de toutes les ressources naturelles de notre Terre Mère ainsi que de toutes les richesses produites par l’humanité au cours de son histoire. Ceci n’est pas le résultat produit « par les lois naturelles du marché » mais le fruit d’une idéologie qui a un nom, le capitalisme spéculatif, c’est à dire un capitalisme dans lequel l’expansion de l’économie n’est pas liée à la production mais au marché financier spéculatif. Pour le dire plus simplement, nous sommes en train de parler de l’idéologie de faire de l’argent avec de l’argent. Cette doctrine a été soigneusement étudiée, planifiée, expérimentée à petite échelle puis exécutée à l’échelle mondiale.

Il y a une trentaine d’années, dans le but de dominer le monde une poignée d’économistes à la solde d’ultra conservateurs de droite à Chicago introduisent la doctrine néolibérale. C’est cette même poignée d’ultra conservateurs que l’on voit aujourd’hui en tant que conseiller de Bush Jr. Un pays a servi de laboratoire pour tester un premier modèle qui devait être ensuite exporté sous toutes les latitudes. Ce pays, c’est le Chili, sous le régime du général Pinochet, après le coup d’Etat orchestré par la CIA. La diffusion de la doctrine a été financée dans le monde entier par des livres, journaux, revues, la création d’universités privées et autres fondations,... L’expansion du néolibéralisme s’est accélérée en Grande Bretagne sous Thatcher puis aux Etats-Unis sous Reagan, et s’est imposée à toute la planète. Les organismes mondiaux tels que la Banque Mondiale, le Fonds Monétaire Internationale, le GATT puis l’OMC (organisation mondiale du commerce), l’OCDE en sont les fruits. Si le dollar est subitement monté et si les taux d’intérêts ont bondi entre 1979 et 1982 rendant le remboursement de la dette de nombreux pays en voie de développement quasiment impossible, cela n’est pas le fruit du hasard. Cette dette a permis la gigantesque vague mondiale de privatisations des années 80 et 90. Pour rembourser l’Etat se voit forcé de vendre les ressources du pays : ses entreprises, ses terres et ses ressources naturelles jusqu’à ce que l’infrastructure du pays ne soit plus contrôlée par le peuple, mais par des compagnies étrangères.

La concentration des multinationales s’est accélérée à un rythme tel qu’aujourd’hui elles atteignent une taille semblable à des Etats et affichent des ambitions planétaires. Ces transnationales ainsi que les banques, constituent un état parallèle avec ses propres règles, beaucoup plus puissant que les états nationaux et qui fonctionne en ayant de compte à rendre à personne, qui fonctionne en dehors de tout cadre démocratique. Les transnationales ont leur propre système juridique supranational qui leur permet de mettre en procès des Etats, d’outrepasser la législation des pays dans lesquelles elles agissent. Le CIRDI (centre international pour le règlement des différents relatifs aux investissements) peu connu mais qui mérite d’être démasqué et dénoncé, se trouve comme par hasard au dernier étage de la banque mondiale à Washington et comme par hasard les multinationales sortent toujours vainqueur des procès qu’elles intentent aux pays. Sauf, toujours comme par hasard, lorsque le procès est dirigé contre les Etats-Unis. Les multinationales peuvent ainsi aisément continuer à piller les matières premières, remettre en cause le droit à l’accès à l’eau, à l’électricité,…

Près de 1800 milliards de dollars par jour de capitaux circulent librement 24 heures sur 24 tout au tour de la planète guettant le placement le plus rentable, ne serait-ce que pour un instant, le temps de revendre plus cher ce qui a été acheté précédemment, sans rien produire en échange. Cette somme est complètement déconnectée de l’économie réelle, celle qui correspond à l’échange de biens et de services et qui représente environ 60 fois moins.

Qu’est-ce que cela veut dire ? Que l’économie réelle stagne et que les bénéfices obtenus par la spéculation ne repose sur rien. Cette « bulle financière» crée le mirage d’un enrichissement, c’est une économie de casino qui ne peut que s’effondrer.

C’est une économie criminelle qui ne pourrait fonctionner sans les paradis fiscaux et sans le secret bancaire. Selon le FMI près de la moitié des transactions financières internationales passent par les paradis fiscaux On estime que le PCB, Produit Criminel Brut, argent de la drogue, de la prostitution, des trafics d’armes, de la traite d’humains, du piratage informatique et de la contrebande de produits, représente aujourd’hui près de 20% du commerce mondial.

La recherche de profit à tout prix a des conséquences directes sur la vie de chacun de nous. Rien de tel que l’annonce de la suppression de milliers d’emplois ou d’une délocalisation pour faire monter une action en bourse et accroître les dividendes des investisseurs. Sans arrêt on entend parler de ces entreprises qui font d’énormes bénéfices et qui pourtant licencient à tour de bras laissant des milliers de personnes sans emploi.

La pression des actionnaires sur les entreprises crée de plus en plus de violence au sein du lieu de travail : troubles cardiaques, harcèlement mental, maltraitrances, ulcères, cancers, tentatives de suicides, augmentation en flèche des troubles musculo-squelettiques, sans parler des conséquences sur la vie personnelle et sociale…

Mais comme le dit Silo dans le Document Humaniste : « Le grand capital étend son pouvoir non seulement sur l’objectivité par le contrôle des moyens de production, mais aussi sur la subjectivité par le contrôle des moyens de communication et d’information ». Les technologies de « fabrique du consentement » nées dans les années 20 aux Etats-Unis et en Grande Bretagne ont pour but de contrôler les idées, les pensées. Comme le dit Noam Chomsky de façon ironique : « Par rapport au totalitarisme, c’est un grand progrès : il est beaucoup plus agréable de subir une publicité que de se retrouver dans une salle de torture.»

Ainsi ce modèle de globalisation s’est convertit en modèle de vie, un modèle qui se diffuse jusqu’aux endroits les plus reculés du globe. Régulièrement on nous informe par des sondages d’opinion publique sur ce que vous et moi sommes censés penser, aimer ou faire. Les personnes véhiculant des idées considérées suspectes ou dangereuses sont diffamées et marginalisées. Les valeurs matraquées poussent à la course à l’argent, à l’individualisme et à la compétition pour pouvoir posséder des objets matériels censés apportés du bonheur. Pour atteindre ce paradis, en schématisant de façon simpliste, il y a les gagnants d’un côté et les perdants de l’autre, les capables et les incapables. La compétition est ouverte, il n’y en aura pas pour tout le monde.

L’économiste argentin Guillermo Sullings , dans un texte intitulé « économie et la violence » dit que : « C´est comme s´il existait une guerre civile non déclarée. Et dans les guerres, les valeurs se renversent : Il n´y a pas d´amour, pas de compassion, pas de respect, pas de codes de convivialité et tout se justifie dans la lutte contre l´ennemi. L´ennemi, c´est celui qui a plus que moi, parce que je le rends coupable de ce que je n´ai pas. L´ennemi, c´est celui qui a moins que moi, parce que je sens qu´il me guette. L´ennemi, c´est celui qui a autant que moi, parce que nous sommes en concurrence et que je ne permettrai pas qu´il prenne de l´avantage sur moi. Et contre l´ennemi, tout est bon : la trahison, la spoliation, le vol, le crime, l´exploitation, et l´indifférence devant sa souffrance.

C´est ainsi que le délinquant ne se sent pas un délinquant, mais se considère un justicier qui prend ce que la société lui dénie. Celui qui hait ceux qui ont plus, ne se reconnaît pas plein de ressentiment, il sent qu´il se fait justice avec sa haine. Quant à celui qui méprise les perdants, il est convaincu qu´ils sont inférieurs et n´ont que ce qu’ils méritent. Chacun conforme son échelle de valeurs avec sa propre violence interne, et c´est en fonction de cette violence qu´il projette sa violence à l´extérieur.

La violence sociale est brutale : précarité de l’emploi, chômage, bas salaire, problèmes de logement, … la liste est longue… et régulièrement se produisent des explosions sociales.

Le grand capital par l’intermédiaire de l’état, commence alors à imposer sa discipline à la société pour affronter le chaos que lui-même a produit.

La première cible de cette répression ce sont les jeunes qui sont forcés d’intégrer un système qui ne leur plait pas et qu’ils voudraient changer. Mais ils sont exclus des centres de décisions pour pouvoir le faire. Comme dans une cocotte-minute, la pression monte. Il y a une véritable bombe à retardement.

La médicalisation des comportements est une autre forme de contrôle social. On peut même parler de guerre chimique quand on administre des psychotropes à des milliers de jeunes sous prétexte qu’ils ont un des syndromes inventés par les laboratoires pharmaceutiques, alors qu’ils ne veulent ou ne peuvent s’adapter à ce système violent.

A voir la montée des suicides et l’augmentation de la consommation de tranquillisants, on voit bien que de plus en plus de gens ne tiennent plus le coup.

Dans une conférence intitulée « la globalisation : une menace à la diversité culturelle », Salvatore Puledda dit : « La globalisation prétend uniformiser les valeurs, les comportements. Cela produit aujourd’hui des chocs avec de nombreuses cultures dans le monde, spécialement celles qui étaient structurées autour de la famille ou des croyances religieuses. Ces cultures élèvent des murs entres elles et le reste du monde parce qu’elles ne veulent pas s’intégrer à ce modèle de vie, qui n’est pas perçu comme un choix pour elles. Dans ces cas, l’imposition de ce modèle unique a commencé à produire des réactions qui s’expriment sous forme violente et irrationnelle. Il n’y a aucune raison de croire que ces explosions vont diminuer, tout au contraire, elles augmenteront en taille et en nombre à mesure que la pression vers le conformisme augmente. »


Dernière édition par le Lun 3 Déc 2007 - 17:22, édité 3 fois

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Message  Invité le Lun 3 Déc 2007 - 17:19

Nous sommes aujourd’hui dans un système global et aucun point de la planète ne peut s’échapper.

Déjà en 1993 dans le livre « Lettres à mes amis » Silo avertissait : « Les temps sont révolus où 10% de la population pouvait disposer sans limite des 90% restants. Dans ce système qui commence à être mondialement fermé et où n’existe aucune direction claire vers le changement, tout est subordonné à l’accumulation du capital et du pouvoir. Le résultat est que, dans un système fermé, on ne peut rien attendre d’autre que la mécanique du désordre général. Le paradoxe de la théorie des systèmes nous apprend que lorsque l’on tente d’ordonner le désordre croissant on l’accélère davantage. Il n’y a pas d’autre solution que de révolutionner le système en l’ouvrant à la diversité des nécessités et des aspirations humaines. »

Nous sommes aujourd’hui à un croisement très important dans l’évolution humaine. Un saut sans précédent est à faire. Il y a déjà eu dans l’histoire humaine des moments de décadence puis de chute de civilisations. L’une disparaissait et l’autre récupérait les éléments les plus progressifs de la précédente et continuait sur le chemin de l’évolution humaine, avec parfois des avancées et des reculs, mais la continuité du processus était toujours garantie. Aujourd’hui, nous sommes en présence de la première civilisation mondiale de l’histoire humaine. Si celle-ci chute, nulle autre ne pourra la remplacer.

Nous affirmons aujourd’hui que pour continuer son évolution, l’être humain doit abandonner la violence. C’est la violence qui freine son développement, adopter la non-violence est une nécessité vitale pour notre espèce.

Nous affirmons que si la violence a un long passé, elle n’a aucun avenir. La non-violence active a par contre un passé récent, mais elle a un futur illimité. A dire vrai elle n’est pas peut-être même pas encore complètement née.

En mai 2004, lors d’un discours public prononcé dans la Cordillères des Andes à Punta de Vacas en Argentine Silo dit : « Nous sommes à la fin d’une obscure période historique et rien ne sera plus comme avant. Peu à peu commencera l’aube d’un jour nouveau, les peuples expérimenteront une soif croissante de progrès pour tous, comprenant que le progrès limité à quelques-uns s’achève sans progrès pour personne. »

Si la violence est la négation de l’intention de l’autre, des autres, la non-violence est la reconnaissance de l’autre et des autres, du « tu » et du « nous ». On peut l’expérimenter simplement dès maintenant en se tournant vers son voisin, en le regardant dans les yeux, on peut imaginer son passé, ses projets, ses êtres chers, sentir la vie battre en lui comme elle bat en nous-mêmes. Finalement le plus important nous unit, la vie, avec un grand V,.

Le discours de Silo continue ainsi : « Oui il y aura la paix et on comprendra par nécessité qu’une Nation Humaine Universelle commence à se dessiner »

La Nation Humaine Universelle serait l’expression de la première civilisation planétaire qu’aient vu les êtres humains, et surgira du cœur des hommes et non de leurs leaders. Chaque culture devra contribuer à cette civilisation par quelques unes de ses expériences, faisant partie d’un projet majeur et inclusif.

« Nous n’aspirons pas à un monde uniforme mais multiple : multiple par ses ethnies, ses langues et coutumes ; multiple par ses localités, régions et provinces autonomes ; multiple par ses idées et ses aspirations ; multiple par ses croyances, son athéisme et sa religiosité ; multiple dans ses formes de travail ; multiple dans la créativité. » A l’opposé du processus de globalisation uniformisant, nous revendiquons la diversité comme richesse même de l’humanité. Dans toutes les cultures il y a eu à un moment ou à un autre de leur histoire des moments que l’on pourrait qualifier d’humaniste où la violence était rejetée et où l’être humain était placé comme valeur centrale. C’est de la convergence des différentes cultures sur la base de leur « moment humaniste », que naîtra la Nation Humaine Universelle régie par la liberté, la solidarité, l’égalité des droits et des chances, régie par la non discrimination et la non violence.

Selon Guillermo Sullings, par le simple fait de naitre tout être humain doit avoir les mêmes droits et les mêmes chances et ce devrait être le principal paradigme d’une économie humaniste. Nous pouvons ajouter à ceci l’éducation et la santé. L’Etat aura un rôle de coordination pour garantir une répartition équitable des richesses,l’accès à la santé et l’éducation gratuites pour tous. Il aidera et conseillera les travailleurs pour qu’ils deviennent propriétaire de leur entreprise. Il mettra en place une banque centrale qui accordera des crédits sans intérêt pour l’investissement productif.

Mais le pilier de la société sera une réelle démocratie, une démocratie directe avec des référendums d’initiative citoyenne, des forums communaux, avec droit de vote pour tous.

Quand la démocratie se sera élargie au point que les citoyens contrôleront les moyens de production et d’échange, qu’ils participeront au fonctionnement et à la direction du cadre général dans lequel ils vivent, alors l’Etat pourra disparaître petit à petit. Il sera remplacé par des associations volontaires situées sur les lieux de travail et là où les gens vivent.

Voici quelques directions vers lesquelles peut s’acheminer l’humanité, mais n’en ajoutons pas plus car probablement la créativité humaine ouvrira des portes là où il n’y en avait pas et tracera des chemins inattendus.

La non-violence cessera certainement à ce moment d’être un moyen de lutte, ce sera autre chose. Certainement même que le mot non-violence sera changé car il y aura un rejet général et viscéral de la violence. Il est opportun de citer ici Silo dans son dernier livre « Notes de psychologie IV » : « On peut envisager des configurations de conscience avancée dans lesquelles tout type de violence provoquerait de la répugnance avec les corrélats somatiques correspondants. Une telle structuration de conscience non violente pourrait parvenir à s'installer dans les sociétés et serait une conquête culturelle profonde. Cela irait au-delà des idées et des émotions qui se manifestent timidement dans les sociétés actuelles, pour commencer à faire partie de la trame psychosomatique et psychosociale de l'être humain. »

L’être humain est en évolution et en transformation constante. Il circule parfois une vision tragique de l’être humain. Pour beaucoup la violence est inhérente à la nature humaine. Si nos ancêtres ont pu surmonter leur instinct de conservation et s’approcher du feu il y a plus d’un million d’années, jusqu’à le domestiquer il y a près de 300.000 ans permettant l’incroyable saut dont nous bénéficions aujourd’hui, ils ont aussi fait les pires monstruosités, et il est difficile de nous réconcilier avec notre propre histoire, avec notre propre espèce. C’est pourtant nécessaire si l’on veut parcourir de nouveaux chemins.

Que serait un être humain dans un monde non-violent. Peut-être a t-on toujours considéré l’être humain hors du milieu qui lui correspond ? Ce serait comme étudier le poisson par la capacité qu’il a de vivre en terrain sec, au bord de la rive et non dans l’eau.

Des milliers de générations nous ont précédé et des milliers nous succèderont, mais assurément nous sommes à un carrefour unique. On peut voir au sein de notre processus en tant qu’espèce, dans cette rébellion permanente contre la douleur et la souffrance un chemin vers la liberté, il y une Direction, une Destinée, et s’inscrire dans cette Destinée donne un sens à notre vie. Vivre notre vie personnelle dans ce moment historique est plein de sens.

« Ces crises qui surgissent et surgiront encore dans un futur proche, serviront, malgré leur infortune à dépasser cette ultime étape de la préhistoire humaine… et chacun saura s’il décide ou non d’accompagner ce changement et chacun comprendra s’il cherche ou non un renouvellement profond de sa propre vie. » dit Silo en 1999 au cours d’un discours public.

Quelle graine allons-nous planter aujourd’hui pour le futur ? Pour les générations qui nous succèderont, pour ceux qui ne sont même pas encore nées ?

Inclurons nous toutes les différences et travaillerons nous ensemble à la construction de la Nation Humaine Universelle. Ou allons-nous répéter une fois de plus les mêmes erreurs stupides ? Aurons-nous besoin d’un accident écologique ou nucléaire de grande envergure pour que naisse une prise de conscience ?

Allons-nous éliminer cette violente appropriation animale de certains êtres humains par d’autres et passer de la préhistoire à une histoire véritablement humaine ? Ou allons-nous lutter tous contre tous ? entre cultures, entre continents, entre régions, entre ethnies, entre voisins, entre membre d’une même famille ?

La décision dans un sens ou l’autre ne sera pas prise dans un palais présidentiel ou dans un parlement, mais dans le cœur des peuples, dans notre propre coeur.

Comme le dit Tomas Hirsch dans son livre « la fin de la préhistoire : « Les communications globalisées, les outils technologiques ultra puissants appliqués à la santé, à l’éducation, à la synthèse d’aliments et à leur production, tout cela représente des signes encourageants qui montrent que nous sommes en condition de faire un grand saut : passer définitivement du champ de la nécessité au champ de la liberté, laissant derrière nous la préhistoire pour entrer dans l’histoire véritablement humaine.

Nous pouvons affirmer, sans exagérer, que la « plate-forme » matérielle pour effectuer ce lancement existe, que ce n’est le patrimoine d’aucun secteur en particulier, mais le fruit de l’effort laborieux de toute l’espèce humaine au cours de son histoire. Il n’existe aucune raison opérationnelle et technique pour que ce saut ne se donne pas. »

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SUITE ET FIN

Message  Invité le Lun 3 Déc 2007 - 17:20

Pour que tout ceci ne paraisse pas abstrait ou utopique, il faut signaler que déjà certains peuples on fait un choix. Par exemple en Bolivie se déroule en ce moment une véritable révolution non-violente. Ce peuple récupère ses ressources naturelles, récupère sa dignité en se soustrayant au pouvoir des transnationales. Ce peuple, par l’intermédiaire d’une assemblée constituante comprenant des représentants des 36 ethnies qui composent la Bolivie, a approuvé une nouvelle constitution qui rejette la guerre comme moyen de résoudre les conflits entre les nations. Et ceci malgré les fortes pressions internes d’une poignée de familles qui s’étaient accaparées des richesses du pays avec la complicité des transnationales. Ces derniers sont prêt à tout pour s’opposer à la libération du peuple bolivien : tentative de coup d’état, blocage des transports, sabotage des installations publiques, désinformation par l’intermédiaire des chaînes de télévision privées, blocage des denrées alimentaires. Permettez-moi de reprendre quelques phrases de la déclaration des 3 porte-parole de l’humanisme pour l’Amérique-Latine, l’Amérique du Nord ainsi que l’Europe lors du forum humaniste latino américain qui s’est déroulé il y a une semaine à La Paz car il résume notre position : « Nous manifestons l’appui sans limite de ce Forum et de l’Humanisme mondial, au Président Evo Morales, à son gouvernement et au processus sans retour qu’a commencé le merveilleux peuple bolivien pour récupérer ses ressources et surtout pour récupérer sa dignité.

Nous voulons que tout le monde sache qu’une nouvelle civilisation est en train de surgir ici en Bolivie et que beaucoup de regards et de coeurs sont tournés plein d’espoir vers ici et qu’ensemble avec nous ils expriment par de multiples actions et campagnes leur solidarité à notre frère Président et à son gouvernement. »


Le futur est déjà là.

La plus belle des tâches nous attends : transformer le monde tel qu’il est actuellement pour avancer vers celui que nous voulons sans violence. La Nation Humaine Universelle vibre en nous, elle donne des signaux depuis les espaces les plus profonds de l’intérieur de nous-mêmes. Elle cogne à la porte car son heure est venue.

Il est temps de faire un peu don de sa personne pour permettre ce saut dans l’histoire humaine.

Il est temps d’agir dans tous les champs : social, culture, politique et de diffuser les idéaux de non-violence dans les media.

Il est temps de mettre en place des solutions non-violente à l’échelle de notre quartier, de notre commune, de notre communauté. Car la non-violence active a des réponses concrètes à apporter dans l’éducation, dans la santé, dans le règlement des conflits, dans les thèmes de l’immigration, la démocratie, l’environnement, les sciences,… C’est un nouveau monde à construire pendant que celui-ci va vers le collapsus.

Quelque soit le domaine où nous agissons dans les champs culturel, sociaux, à échelle d’un quartier ou sur un thème spécifique, nous pouvons aussi utiliser les élections comme une tribune pour faire connaître les options non-violentes et aussi pour avoir des élus qui puissent changer les lois discriminatoires.

Nous avons la liberté de choix. Si nous dépassons nos peurs, personne ne peut nous obliger à faire des compromis ou à renoncer. S’ouvre alors l’espace de la non-violence créatrice, l’espace ouvert de ceux qui font confiance à la vie et qui aime la vie.

Nous lançons aujourd’hui un appel à la non-violence active, c’est-à-dire un appel à la non-violence et aussi à l’action. Un appel qui soit un compromis avec soi-même, un engagement vis à vis de soi-même.

Chacun l’adaptera ensuite à son domaine spécifique. Cela pourra prendre la forme d’une déclaration de scientifiques au service de la vie qui s’engagent à ne collaborer à aucun projet qui porter préjudice aux êtres humains ; un serment d’Hippocrate réactualisé pour des médecins qui refusent de se laisser influencer dans leur diagnostic par les laboratoires pharmaceutiques, cela pourra être une déclaration écrite et partagée par des habitants d’un même quartier où chacun se compromette personnellement en faveur du bien-être général.

La créativité de chacun fera naître des fruits inattendus mais si nous devions synthétiser les points les plus importants de notre engagement, nous nous appuierions sur la cérémonie de reconnaissance du Message de Silo dont voici un passage :
« Nous considérons l’être humain comme la valeur maximale au-dessus de l’argent, de l’Etat, de la religion, des modèles et des systèmes sociaux.

Nous impulsons la liberté de pensée.

Nous favorisons l’égalité des droits et l’égalité des opportunités pour tous les êtres humains.

Nous reconnaissons et nous encourageons la diversité des coutumes et des cultures.

Nous nous opposons à toute discrimination.

Nous consacrons la résistance juste face à toute forme de violence physique, économique, raciale, religieuse, sexuelle, psychologique et morale. »

Fin de citation

Tous ceux qui nous ont précédé sont avec nous : Martin Luther King, Gandhi et tous les amoureux de la liberté et de la Vie depuis la nuit des temps. Pour terminer reprenons ces mots de Tomas Hirsch : « Le principal indicateur pour mesurer l’avancée de notre cause sera alors le recul visible de la violence, et ce, jusqu’à ce qu’elle disparaisse complètement de la vie sociale. Tant que cela n’arrivera pas, la lutte continuera. »

Merci de votre attention

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Re: LA NON-VIOLENCE - CONFERENCE DU FORUM NON-VIOLENCE 01/12/07

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