Spiritualités

Le marxisme n'est pas le rejet de la (ou des) religion(s)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Le marxisme n'est pas le rejet de la (ou des) religion(s)

Message  Invité le Jeu 8 Déc 2011 - 3:35

Le marxisme n'est pas le rejet de la (ou des) religion(s)

Même si dans le marxisme on retrouve l'idée que ce ne sont pas les dieux qui ont créé les êtres humains, mais que ce sont les êtres humains qui ont créé les dieux, ce qui sous-entend (vaste critique de l'homme) que les hommes ont créé les dieux à leur image, et non que l'homme fut créé à l'image de Dieu, le marxisme ne s'opposait pas aux religions. Il ne les combattait pas.

Le marxisme considérait que les religions ont été et sont toujours des faits sociaux. Le marxisme "constate", et voit des peuples ayant ce type de croyance.
Je veux dire que les religions n'étaient pas dans ses préoccupations premières ... de militantisme ou de lutte. Il ne "s'en préoccupait pas" ...

Le mouvement ouvrier et la religion

Marx se battit pour que le mouvement ouvrier s’empare des conceptions matérialistes, pour qu’elles deviennent l’arme idéologique des travailleurs conscients. Il était essentiel que les militants ouvriers se débarrassent des vieilles conceptions, teintées de religiosité, et qui pouvaient véhiculer des préjugés passéistes et même parfois réactionnaires. Marx consacra toute sa vie à ce combat. Et alors que dans la bourgeoisie, les conceptions matérialistes refluaient, c’est dans la classe ouvrière qu’on trouva désormais les athées matérialistes les plus conséquents.

Évidemment, les préjugés religieux n’allaient pas pour autant disparaître de la classe ouvrière, car la religion a des racines sociales profondes qui plongent dans la souffrance quotidienne des exploités. Comme le disait Marx dans un de ses tout premiers écrits, il avait alors 25 ans :

« La détresse religieuse est, pour une part, l’expression de la détresse réelle et, pour une autre part, la protestation contre la détresse réelle. La religion est le soupir de la créature opprimée, l’âme d’un monde sans cœur, comme elle est l’esprit de conditions sociales d’où l’esprit est exclu. Elle est l’opium du peuple. »

La société capitaliste, en favorisant la connaissance et le progrès technique, a fait disparaître certaines sources de la religion. Mais elle en a engendré d’autres. Le capitalisme a développé une économie toujours plus puissante qui est le produit du travail des hommes. Mais le contrôle de cette économie leur échappe et ce qui n’est que le fruit de leur travail collectif leur apparaît au bout du compte comme une puissance extérieure qu’ils ne maîtrisent pas et qu’ils ne comprennent pas. La religion ne disparaîtra que lorsque l’humanité aura enfin pris les rênes de son destin en main, c’est-à-dire quand la classe ouvrière aura écarté la bourgeoisie et supprimé l’anarchie qui règne dans l’économie.

Ce constat a été la ligne de conduite du mouvement ouvrier marxiste par rapport à la religion. Les militants marxistes ont toujours lutté activement pour diffuser les conceptions matérialistes et athées, tout comme ils ont toujours su que toute une partie des travailleurs, en dehors des périodes révolutionnaires, ne pouvait échapper au poids des superstitions religieuses. Et cela n’était et n’est absolument pas contradictoire avec le fait de considérer que la classe ouvrière dans son ensemble est la seule force capable de renverser le capitalisme et d’émanciper la société.

source: Lutte Ouvrière

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

sans l'aide de Dieu

Message  Invité le Ven 9 Déc 2011 - 1:42

Même si dans le marxisme on retrouve l'idée que ce ne sont pas les dieux qui ont créé les êtres humains, mais que ce sont les êtres humains qui ont créé les dieux, ...
Il était logique que le marxisme partit à contre-pied de ce qui avait été fait, ... qui n'était plus très "crédible", de ce qui était pensé, et qu'il se libère des lourdeurs de cette pensée "religieuse".
Rassurez-vous, je ne vais pas vous tanner avec le marxisme, dont pour moi, la force est d'avoir proposé simplement une autre possibilité de s'organiser d'une façon plus équitable ... idée générale qui lui vaudra à la fois un succès rapide, et quasiment immédiatement les foudres des milieux conservateurs, traditionalistes, fondamentalistes (les milieux "réacs" dirait-on aujourd'hui) qui ont vu de suite dans le marxisme la bête à abattre parce qu'elle venait déranger leur ron-ron, leurs privilèges, leurs prés carrés ...
Pour dire que les analyses de Marx touchaient du doigt un point sensible ... sinon comment expliquer les réactions épidermiques soulevées aussi vite (?).
Le marxisme reste d'actualité dans ses grandes idées, dont certaines sont bien évidemment à réactualiser. Nous ne sommes plus au XIX° siècle, mais les mécanismes s'ils ont changé de formes n'ont pas changé. Le marxisme est loin d'être mort.

J'avais donné cette petite histoire soufie "Avec ou sans l'aide de Dieu" dans le coin humour. Elle pourrait d'une certaine manière illustrer la pensée marxiste vis à vis de la religion. La religion ne disparaîtra que lorsque l’humanité aura enfin pris les rênes de son destin en main.
Molla Nasreddine, selon une histoire, se rend chez un tailleur.

- Pourrais-tu me faire un manteau dans ce tissu gris ?
- Certainement avec l’aide de Dieu, répond le tailleur.
- Quand sera-t-il prêt ?
- Dans une semaine, avec l’aide de Dieu !
- Veux-tu être payé maintenant ?
- Avec l’aide de Dieu, oui, j’aimerais bien !
Nasreddine lui règle ce qu’il doit puis revient la semaine suivante.

- Mon manteau est-il prêt ?
- Non, je n’ai pas pu. Ma femme est tombée malade. Mais elle a guéri maintenant avec l’aide de Dieu.
- Quand penses-tu finir alors ?
- Dans trois jours, avec l’aide de Dieu.

Trois jours plus tard :
- Alors, mon manteau ?
- Il me manque du tissu, mais avec l’aide de Dieu …
- Écoute, interrompt Nasreddine, maintenant je suis pressé. Essaie de travailler sans l’aide de Dieu, ça te retarde !
L'athéisme marxiste n'est pas une abstraction intellectuelle, un a-théisme. Il n'est pas un argument qu'il utilise "contre" la religion.

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: Le marxisme n'est pas le rejet de la (ou des) religion(s)

Message  Invité le Ven 9 Déc 2011 - 17:14

Si j'ai ouvert ce sujet, c'est pour montrer qu'il me paraît absurde d'opposer croyants et non-croyants. Et je pense que tant qu' existera cette opposition, qui fait, "" au nom d'une Transcendance de Dieu "", du croyant le colonisateur (ou le civilisé) et du non-croyant le colonisé (le non-civilisé), je crains que cela soit un réel obstacle à la vie spirituelle.

Le marxisme a su dépasser cette différence ... il considère indifféremment tout le monde, c'est une proposition (philosophique, et économique et sociale) à l'homme. Dans le marxisme les races, les ethnies, les croyances, n'existent pas. Il est par essence internationaliste, puisqu'il part de considérations sur le travail et le fruit du travail ... A preuve du contraire, c'est une donnée universelle.
Le fameux Tribut d'Adam !
(l'objet n'est pas ici d'apprécier ce que le marxisme propose concrètement comme autre organisation sociale. D'autres propositions ont également leurs pertinences)

Ici, sur ce forum, un membre "frèrelibre" m'avait un peu malmené en réponse à mes empathies politiques avec LO ICI
frèrelibre a écrit:ps. "Lutte ouvrière" (!) recrute des gens charmants (je parle sans malice) mais est un goulag mental.
Trotskysme : danger ! (Kronstadt 1921)
le boucher Trotsky ... l'engeance bolchévique ...
A cet argument je réponds que si je m'en tiens à Torquemada le catholicisme est TERRIBLE DANGER ...
Méfiez-vous des catholiques comme de la peste, de cette engeance chrétienne ... clown Very Happy
http://fr.wikipedia.org/wiki/Tom%C3%A1s_de_Torquemada

Non, le monde ne se partage pas entre croyants et non-croyants, entre adeptes et hérétiques, entre orthodoxes et pas orthodoxes ... tout cela n'est que vues de l'esprit. C'est la force de l'humanisme de voir qu'il n'y a pas contradiction entre ces catégories mentales croyants, non-croyants. Cette force transcende les religions, parce qu'elle est philosophique.

Les religions ont fait de l'humanisme une sous-catégorie de leurs pensées propres, un qualificatif. L'humanisme "religieux" est partiel et partial.
Dieu ne connaît que l'homme.

Comment sortir de cette contradiction ?
Peut-être que si le croyant se voyait moins homme de foi et d'espérance (ce qui induit toujours à différents degrés une sorte de fatalisme, trait commun de toutes les religions, juive, chrétienne, musulmane, hindou, bouddhiste ...), mais un peu plus "réaliste" - avec ce que cela suppose de "matérialisme" - cela aiderait.
Peut-être que s'il se considérait moins "sorti de la cuisse de Jupiter", ou "élu", cela aiderait.
Peut-être que s'il apprenait à lire la Parole comme un livre de philosophie cela aiderait ...
Les Livres ou livres, quels qu'ils soient ne sont pas jamais des réponses à tout. Et les Livres de la Parole ne sont pas des codes législatifs.

Je crois que tant que les croyants (souvent par l'entremise de leurs clergés) maintiendront cette position de supériorité par rapport aux non-croyants (je ne parle pas que des athées, mais de tous ceux et celles qui ne partagent pas leurs croyances), la guerre de 100 ans continuera 1000 ans s'il le faut ... dans la logique instinctive* de défense que le dominé résiste aux dominateurs, que le spolié résiste aux spoliateurs ...
* Dieu a mis ça en nous si j'puis dire Wink

Une suggestion pour le christianisme:
Remplacer la Croix par le Lavement des pieds. Autre grand point spirituel très fort de la Cène !
Pourquoi le chrétien ne laverait-il pas ceux du Gentil (non-croyant chrétien au sens large) qui le visite ? (sauf à penser que Jésus était raciste et ne lavait que les pieds des "Juifs" Rolling Eyes )

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: Le marxisme n'est pas le rejet de la (ou des) religion(s)

Message  Invité le Lun 12 Déc 2011 - 0:59

Les “guerres de religion” expression de luttes entre classes sociales

Le marxisme n'a pas surgi par hasard comme cela un beau jour d'un esprit illuminé. Il est le produit d'une histoire que l'on peut au moins faire remonter au début du XVI° siècle. Les révoltes obéissent à une logique historique.

On considère même en milieux marxistes, que le chrétien Thomas Münzer fut la première figure communiste (1490-1525):
« Si les partisans de Luther n’entendaient pas aller au-delà de leurs arguments contre les prêtres et les moines, alors ils eussent mieux fait de ne pas commencer du tout… Combattre le pouvoir du pape, ne pas admettre les indulgences, réfuter le purgatoire, tout cela n’est qu’une moitié de réforme. Luther est un mauvais réformateur. Sous le corps raffiné [des princes et des nobles], il dispose de mols coussins. Il fait de la foi tout, des œuvres rien, ou si peu. »

« Réfléchissez : la source principale de l’usure, du brigandage et du meurtre, ce sont nos seigneurs et nos princes. Ils prennent tout ce qu’ils veulent : le poisson dans l’eau, l’oiseau dans le ciel, la plante sur terre, tout doit être à ceux. Après quoi, ils viennent prêcher le commandement divin : Tu ne voleras point ! Ils dépouillent et exploitent les pauvres paysans, les artisans et le peuple entier, mais si quelqu’un leur prend une chose de peu de valeur, ils le pendront aussitôt haut et court, et le Dr Lügner [Dr Menteur] leur chantera « amen ». Les seigneurs eux-mêmes sont coupables de ce que le pauvre se dresse contre eux. S’ils ne veulent pas éliminer les causes de la révolte, comment peuvent-ils espérer vivre une vie tranquille ? Telle est mon opinion. C’est le genre de sermon qui me vaut l’appellation de rebelle. Qu’il en soit ainsi ! »

La Réforme protestante et la guerre des paysans de 1525

L’autorité “spirituelle” de l’Église, elle aussi, avait été contestée à plusieurs reprises, par des courants religieux que le catholicisme appelait les hérésies. Les hérésies, traquées par l’Église, se développaient et se cachaient dans les villes. Elles avaient quasiment toutes un caractère bourgeois. Les bourgeois des villes rejetaient la hiérarchie religieuse coûteuse et inutile. Ils voulaient une Église simple et “à bon marché”. L’Église chrétienne primitive, qui était décrite dans les Évangiles, sans clergé et démocratique, leur convenait infiniment plus que cette Église des papes de Rome parasitaire et richissime. De nombreuses hérésies dans le midi de la France, en Angleterre ou encore en Europe centrale représentèrent cette tendance religieuse bourgeoise.

Mais il y eut aussi des hérésies qui étaient l’expression des plus pauvres : du petit peuple des villes et des paysans. Ces hérésies intégraient généralement les revendications des hérésies bourgeoises, mais elles allaient plus loin. Elles ne voulaient pas seulement la démocratie de l’Église chrétienne primitive, elles voulaient aussi retrouver les conditions d’égalité du christianisme primitif. Ces hérésies jalonnèrent toute la fin du Moyen Âge, et touchèrent presque toute l’Europe.

Alors, lorsque le moine allemand Luther lança la Réforme protestante, en 1517, en dénonçant le luxe de l’Église de Rome, il ouvrit une brèche dans laquelle s’engouffrèrent toutes les classes sociales et tous les intérêts opposés à l’Église catholique. D’autant plus que Luther eut rapidement le soutien de princes allemands ; car la plupart voyait d’un bon œil leur émancipation de la tutelle de Rome qui leur coûtait très cher. Cette émancipation eut son symbole avec la traduction de la Bible par Luther, du latin en allemand.

Dans le sillage de Luther, un autre réformateur religieux, Calvin, d’origine française, installa sa doctrine à Genève. Il offrit à la bourgeoisie la religion qui lui correspondait le mieux. L’Église calviniste était démocratique et bon marché : un conseil élu dirigeait le culte et il n’y avait pas de clergé. En plus, elle mettait en avant la prédestination. La prédestination disait que Dieu avait choisi par avance ceux parmi les hommes qui seraient graciés et ceux qui seraient damnés. C’était une façon très fataliste d’exprimer le dogme religieux et cela correspondait à ce que vivaient les bourgeois. Dans le monde commercial, le succès ou l’échec d’une affaire ne dépendaient pas seulement de l’habileté de l’homme, mais semblaient soumis à une fatalité incompréhensible. Comme si Dieu avait choisi par avance les élus et les déchus. Les premières républiques bourgeoises, comme la Suisse ou les Pays-Bas furent des républiques calvinistes.

Mais au-delà de Luther, de Calvin et de leurs proches adeptes, de nombreuses sectes foisonnèrent, exprimant, elles, les aspirations des plus pauvres. Les anabaptistes, par exemple, vantaient les communautés chrétiennes primitives et leur égalitarisme. Leur nom d’anabaptiste venait du fait qu’ils dénonçaient le baptême dès la naissance. Selon eux, il fallait consciemment choisir sa foi. Donc ils rebaptisaient ceux qui adhéraient à leur secte, et en grec le préfixe “ana” signifie “de nouveau”.

La Réforme de Luther avait suscité beaucoup d’espoir parmi les plus pauvres, or, rien n’avait changé pour eux. Ils restaient les soutiers de la société, faisant vivre de leur travail quasiment toutes les autres classes sociales. Alors, dans le sud-ouest de l’Allemagne, là où il y avait déjà une tradition de révoltes et de conjurations paysannes contre les possédants, des prêcheurs radicaux, issus pour la plupart du courant anabaptiste, utilisèrent le langage de la Bible pour attiser la révolte.

L’effervescence déboucha sur un soulèvement. À partir de l’été 1524, jusqu’au printemps 1525, six armées paysannes rassemblant de 30 000 à 40 000 hommes au total parcoururent les campagnes, détruisant les monastères, les abbayes et les châteaux des nobles. Dans plusieurs villes, des insurgés prirent le pouvoir, regroupant encore d’autres combattants. Les leaders de cette révolte étaient des petits artisans ou des aubergistes. Les révoltés avaient mis en avant leur programme sous la forme de 12 articles. Ils réclamaient le droit d’élire et de révoquer les pasteurs, la suppression de la “petite dîme” (un impôt du clergé) et l’utilisation de la “grande dîme” (un autre impôt du clergé) pour des buts d’utilité publique. Ils réclamaient l’abolition du servage, la restitution des terres communales accaparées par les nobles et la suppression de l’arbitraire dans la justice et l’administration.

Luther, qui avait involontairement contribué à engendrer cette révolte, appela les princes allemands à la répression. Voilà ce qu’il leur dit à propos des révoltés :

« Il faut les mettre en pièces, les étrangler, les égorger, en secret et publiquement, comme on abat des chiens enragés ! C’est pourquoi, mes chers seigneurs, égorgez-les, abattez-les, étranglez-les, libérez ici, sauvez là ! Si vous tombez dans la lutte, vous n’aurez jamais de mort plus sainte ! »

En face de Luther, l’idéologue le plus radical de la révolte des paysans était Thomas Münzer. Influencé par les anabaptistes, il enseignait sous des formes chrétiennes, une religion universelle si abstraite qu’elle frisait l’athéisme. Il rejetait la Bible comme révélation unique ou infaillible. La véritable révélation, selon Münzer, c’était la raison. Pour lui, le Saint-Esprit, c’était la raison. Son programme politique était presque communiste. Le royaume de Dieu était pour lui une société sans aucune propriété privée, sans pouvoir d’État placé au-dessus des membres de la société. Il voulait fonder une ligue pour réaliser ce programme, non seulement dans toute l’Allemagne, mais dans toute la chrétienté.

Cette révolte des paysans et des petites classes des villes du sud-ouest de l’Allemagne : de Souabe, de Franconie, de Thuringe et même d’Alsace, fut écrasée. Les armées paysannes étaient plus nombreuses que les armées des princes, mais elles étaient divisées. La répression fut féroce. Lors de la dernière bataille décisive, l’armée des princes extermina 5 à 6000 des 8000 combattants paysans. Thomas Münzer fut torturé et décapité.

La sauvagerie des princes allemands luthériens contre les paysans plus ou moins anabaptistes révoltés, était avant tout la répression d’un soulèvement populaire par les armées nobles.

À partir de la Réforme, toute l’Europe fut embrasée par les guerres de religion. Toutes les forces sociales qui s’étaient construites au cours du Moyen Âge s’affrontèrent derrière des étendards religieux.

Par exemple, les luttes entre nations pour le pillage du “Nouveau Monde ”, l’Amérique qui venait d’être découverte, prirent une expression religieuse. Le roi d’Angleterre Henri VIII, dans la foulée de la Réforme luthérienne, rompit lui aussi avec le catholicisme. Il se proclama “Chef Suprême de l’Église et du Clergé d’Angleterre”, stoppant d’un coup le flux de richesses qui s’échappait d’Angleterre vers Rome. Il fonda “l’anglicanisme” et la Bible fut traduite en anglais. À l’opposé, l’Espagne, qui profitait des richesses de la découverte de l’Amérique, était devenue une puissance dominante et avait mis la papauté sous sa coupe. Les Papes étaient élus désormais avec le consentement du roi d’Espagne. Alors, la rivalité commerciale entre l’Espagne et l’Angleterre prit un aspect religieux : le catholicisme contre l’anglicanisme.

En France, l’affrontement entre les différents clans de la noblesse pour le pouvoir royal se fit aussi sous le masque de la religion. Et l’Espagne et l’Angleterre s’immiscèrent dans cette lutte, l’une soutenant le clan catholique, l’autre le clan protestant.

Les “guerres de religion” étaient l’expression de luttes entre classes sociales différentes, entre puissances nationales différentes ou encore au sein de la noblesse, l’expression de rivalités pour le pouvoir royal.


Les religions, l’athéisme et le matérialisme. Cercle Léon Trotsky

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

les "racines chrétiennes" du marxisme.

Message  Invité le Lun 12 Déc 2011 - 14:48

Bon j'espère que cette courte fresque vous aura plu et éclairé un peu sur les "racines chrétiennes" du marxisme. Wink

On pourrait remonter plus loin dans le temps ...
Est-ce utile ?

Au plan allégorique, l'Exode, la sortie des hébreux d’Égypte du pays de servitude, n'est pas finie. Il garde toute sa valeur symbolique.

Marx est un peu "prophète" sous certains aspects. Marx se disait athée, mais pas impossible que Dieu soit marxiste clown , (rapport image et ressemblance) si l'on considère qu'Il cherche à faire sortir l'homme des mystifications religieuses, des superstitions (opium du peuple), du rapport de classe ou de caste ce qui revient au même (tous "frères"), Qu'Il est le premier pourfendeur du " de droit divin", Qu'il est le premier matérialiste, Qu'il est libertaire ...

L'a-théisme n'a de sens que par rapport au théisme. L'un a créé l'autre si l'on peut dire.
Dieu est au dessus de ce genre de complémentarité conceptuelle.

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

"racines chrétiennes" du marxisme

Message  Invité le Mar 27 Déc 2011 - 2:02

Mon sujet sur les "racines chrétiennes" du marxisme ne semble pas avoir enthousiasmé les foules ...

Ah, le communisme cette vieille histoire me dira-t-on ! Que reste-t-il de l'ancien empire soviétique ? que des ruines ! de la fumée ... ne se souvient-on pas de ses nombreux méfaits, des goulags et autres sévices abominables ...

Ah, ah, vous êtes sceptiques Suspect


Mais ... pendant que "l'Occident" était tout obnubilé par ce monstre politique, par cette terrible guerre froide de plusieurs décennies qui mettait l'Europe et les US sous tension permanente, qui menaçait soit-disant la terre entière, et d'emporter toute l'humanité dans le pire du pire des esclavages ou la destruction totale, très discrètement, loin de cette agitation de propagande, le communisme a produit quelques preuves bien réelles qu'il pouvait être une façon de s'organiser autrement. Sans conflits avec les religions.

L'affaire est peu connue, aussi, mérite-t-elle d'être reconnue pour ce qu'elle vaut, pour ce qu'elle a fait sans histoires, sans batailles, sans oppressions et sans effusion de sang.
La pensée communiste a prospérer loin de nos clivages gauche-droite "d'Occident" dans quelques États de l'Inde:


Le Kerala est l'un des États les plus stables politiquement de l'Inde et a la particularité d'avoir élu démocratiquement en 1957 un gouvernement communiste. L'État a la réputation d'être un des plus à gauche du pays. Ses citoyens sont très impliqués dans la vie politique et leur participation est bien plus importante que dans le reste du pays.

Avec 31 millions d'habitants pour 38 815 km2, le Kerala a une densité de population de 819 habitants au km ²6. C'est l'une des plus élevées du pays (324 hab/km ²).

Cet état a le plus fort taux d'alphabétisation en Inde avec 91% contre 64% en moyenne pour l'ensemble du pays selon le recensement de 2001. Ce taux d'alphabétisation est aussi élevé chez les femmes (près de 88 %) que chez les hommes (plus de 94 %).

Religion
Au début des années 2000, le Kerala comptait 56,1% d'hindous (60% en 1987), 24% de musulmans et 19% de chrétiens

Contrairement à ce qui s'est passé en Inde du Nord, l'arrivée au Kerala de populations musulmanes ne s'est pas faite par des conquêtes militaires, mais par l'apport progressif de commerçants. En effet, dès le VIIe siècle des marchands musulmans installent des comptoirs sur la côte keralaise, s'y établissent et se marient à des femmes dravidiennes.
Article détaillé : Chrétiens de saint Thomas. L'apôtre Thomas serait arrivé en terre indienne en 52 pour évangéliser le pays, ce qui fait que l'Inde aurait connu une christianisation bien antérieure à celle de l'Europe.

L'implantation des premiers chrétiens remonte au début de notre ère. Cependant ce n'est qu'avec l'arrivée des colons portugais et de leurs missionnaires qu'ont lieu de nombreuses conversions. Les 3/4 des chrétiens keralais sont catholiques8.

Cette arrivée progressive, et plus ou moins pacifique, des musulmans et des chrétiens ajoutée à l'activité maritime séculaire qui implique le brassage de population, expliquent sans doute la cohabitation plutôt harmonieuse des différentes communautés religieuses qui prévaut au Kerala jusqu'à présent. Cependant, la création en 1990 de l'Islamic Sevak Sangh, dissout en 1992 mais qui réapparaît sous la forme d'un parti politique fondamentaliste, le People's Democratic Party, bien qu'ayant une audience très limitée, traduit des tensions communautaires9.

Le Kerala se distinguait par la présence d'une communauté importante d'israélites (Juifs de Cochin) la plus nombreuse qui soit recensée en Inde (voir : Histoire des Juifs en Inde). Celle-ci, qui comptait 2 500 membres en 1945, se réduit désormais à une vingtaine d'individus suite à une émigration massive vers Israël.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Kerala

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: Le marxisme n'est pas le rejet de la (ou des) religion(s)

Message  Contenu sponsorisé Aujourd'hui à 3:20


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum