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PAROLE D'UNE ANCIENNE PROSTITUEE

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PAROLE D'UNE ANCIENNE PROSTITUEE

Message  Invité le Lun 3 Déc 2012 - 17:01

Source : https://www.facebook.com/pages/Egalit%C3%A9-Infos/160738897307012

Texte lu par Egalité le 30 novembre sur le parvis de l'Hôtel de Ville de Paris :
http://www.egalite-infos.fr/

Témoignage de Fiona jeune femme prostituée recueilli il y a quelques mois par Claudine Legardinier pour le Mouvement du Nid - http://www.mouvementdunid.org

" Les hommes. Certains tendent leur billet dès la porte. Ils disent je veux ça. Parfaitement, ça.
Il y en a même qui disent : n’importe quoi, en regardant la gérante.
On a de la haine. Il y a ceux qui négocient les prix, qui trouvent que c’est trop cher. Vous avez l’impression d’être un morceau de viande chez le boucher. Ceux qui disent à la gérante en nous regardant : Tu n’as que ça ?
C’est comme à l’usine. Sauf que c’est l’abattoir.
Vous êtes alignées, à moitié nues, et le type choisit. Il paye, il a le droit de donner son avis sur la qualité. Certains veulent tester la marchandise avant de payer. Ils utilisent ces mots là.
Il y a des clients violents, bien sûr. Il faut savoir qu’il y a des hommes qui viennent parce qu’ils détestent les femmes. Pour eux, elles sont des objets ou elles sont inférieures ou ils ont besoin de se venger. Ou alors ils ont des fantasmes et ils ne se rendent pas compte que notre corps ne peut pas tout supporter.
Pour moi, c’est encore plus dangereux que dans la rue. Dans une voiture, si vous hurlez, quelqu’un peut vous entendre. Mais là vous êtes dans une chambre, il n’y a pas de caméras, et il est interdit au patron d’intervenir. Vous êtes seule. De toute façon, il ne dirait rien pour ne pas ternir la réputation de l’établissement ; il n’y a que le business qui compte.
Et puis le mec paye, et donc il a le droit de faire ce qu’il veut. C’est l’idée que tout le monde a intégrée dans ce milieu, à commencer par nous.
Quand on subit ces violences, on se dit : c’est comme ça, on l’intègre au fond de soi. Il m’est arrivé que des hommes me brûlent avec une cigarette, je ne l’ai même pas dit au patron. Avec ce qu’on gagne, on doit se taire. De toute façon, on relativise tout. C’est un autre monde. On vit la nuit, on n’a plus le même prénom, les mêmes vêtements, il y a l’alcool, les drogues, tout ce qui fait passer dans un autre monde justement. Tout ce qui se passe dans un bordel reste dans le bordel.
Je ne suis plus rien, je ne veux plus rien. Je ne vis plus. Il m’arrive de donner mon pseudo quand on me demande mon nom.
Quand je vois les reportages à la télé, et les filles qui sont floutées, je les admire. Elles prennent des risques. Ce qu’il faut, ce n’est pas un témoignage flouté une fois tous les dix ans. Tant que certaines le revendiqueront, les hommes penseront que c’est formidable. Partout, on ne cesse de nous répéter que ce sont les filles qui veulent. Donc tout le monde y croit.
Pour que ça change, il faut que la société accepte de voir que ça existe. Ce qu’il faut, c’est crier haut et fort qu’on ne choisit pas. Que ce qui se passe là-dedans, c’est violent. Si l’acte lui-même ne l’est pas, c’est violent dans ce que la femme ressent. C’est un coup de poignard dans ce qu’elle vit. Ce qui fait le plus mal, c’est l’intérieur. C’est plus douloureux qu’un hématome. Un hématome, ça s’en va. Pas la violence psychologique.

Aujourd'hui Fiona est libre, elle est sortie de la prostitution, elle a un bon travail, elle revit... "

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Re: PAROLE D'UNE ANCIENNE PROSTITUEE

Message  pat le Mer 5 Déc 2012 - 19:44

Ce bouleversent témoignage ne donne pas une belle image des hommes et des passions qui les animent.
Je plains de tout mon cœur les femmes qui ont cette activité par nécessité. Elles sont entrées en enfer.

Mais elles savent que ce métier (si on peut appeler cela un métier) implique qu'elles auront à faire avec tout de sortes de détraqués, tout de sorte d'hommes frustrés. Elles peuvent le dénoncer, le regretter comme les gendarmes peuvent regretter que les criminels tirent parfois sur eux.
Être considéré comme de la marchandise quand on donne son corps à la consommation ne me parait pas surprenant, même si bien sûr, je trouve cela inadmissible.
La présentation aguicheuse des prostitués implique qu'à un moment cela portera ses fruits et notamment chez ceux qui sont le plus fragiles sexuellement. Cela ne justifie pas le comportement violent, ni l'absence de considération ni n'importe quoi d'autre qui ressemble à du mépris, mais en même temps il y a ce risque dans la nature même de cette activité.

pat

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Re: PAROLE D'UNE ANCIENNE PROSTITUEE

Message  Invité le Jeu 6 Déc 2012 - 13:57

Être considéré comme de la marchandise quand on donne son corps à la consommation ne me parait pas surprenant, même si bien sûr, je trouve cela inadmissible.
La présentation aguicheuse des prostitués implique qu'à un moment cela portera ses fruits et notamment chez ceux qui sont le plus fragiles sexuellement. Cela ne justifie pas le comportement violent, ni l'absence de considération ni n'importe quoi d'autre qui ressemble à du mépris, mais en même temps il y a ce risque dans la nature même de cette activité.

mais en même temps il y a ce risque dans la nature même de cette activité .... Very Happy Ah dans quels termes polis ces choses là sont dites !! tu veux dire ques ces jeunes femmes ont accepté (même si ce n'est pas un choix à proprement parler) cette activité et qu'elles doivent en accepter les conséquences .
Mais en même temps il faut faire la part aussi des fantasmes des gens, dans ce milieu ou la réalité se mêle aux fantasmes, ou il est difficile de faire la part des choses ... les brulures de cigarettes Question franchement je ne vois pas des clients bruler avec une cigarette une femme avec qui ils veulent faire l'amour alien
A moins qu'il ne s'agissent pas des clients ??

victor





Dernière édition par Victor le Ven 7 Déc 2012 - 14:52, édité 1 fois

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Re: PAROLE D'UNE ANCIENNE PROSTITUEE

Message  pat le Jeu 6 Déc 2012 - 15:23

franchement je ne vois pas des clients bruler avec une cigarette une femme avec qui ils veulent faire l'amour

La perversité n'a pas de limite.
En dehors de ces témoignages, nous en avons maintenant de nombreux concernant la dernière guerre.
Certains ont fait "leur métier" avec la cruauté du parfait exécutant méthodique, sans compassion. D'autres se sont complus à assouvir leurs phantasmes personnels. Les circonstances leur donnant toute possibilité d'agir dans un cadre qu'on leur présentait comme légal.
Le spectacle de la déchéance, de la souffrance est un des moteur puissant de la perversité.
Je suppose que devant des femmes qu'on achète et qui sont de ce fait vulnérables, la perversité, souvent liée à la sexualité, trouve là de quoi s'exprimer

pat

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Re: PAROLE D'UNE ANCIENNE PROSTITUEE

Message  Invité le Ven 7 Déc 2012 - 0:24

http://www.slate.fr/tribune/65433/abolir-systeme-prostitueur-droits-humains
80% des femmes en prostitution sont migrantes. Elles fuient des pays dévastées par les violences masculines: guerres économiques, guerres militaires d’occupation ou nationalistes. Les profiteurs de chaque pays, fonctionnaires ou opportunistes, transforment leur exil en enfer.

Il y a des femmes qui choisissent très certainement mais elles sont rares. Les autres le sont par obligation et une fois tombées là-dedans il leur est difficile de s'en aller. De toute façon le fait même de choisir cette façon de vivre ne justifie aucune violence. Il faut bien que tu saches Victor que la majorité de ces femmes ne choisissent pas ce métier, il faut donc arrêter de t'étonner ou de détester ce qu'elles font. Je pense que - le fait qu'elles choisissent ou pas - elles doivent voir la misère humaine, l'Homme tombé à son point le plus bas (il y a aussi des femmes qui jouent les entremetteuses et sont complices dans les réseaux de prostitution ou dans les maisons closes qui existent dans d'autres pays que la France). Il faut avoir de l'amour (ou de la pitié si tu préfères) pour toutes ces femmes et aussi ces hommes qui font ce "métier" (bien que l'on sache que c'en n'est pas un métier).

J'ai appris par une ancienne prostituée que les policiers les photographiaient, non seulement leur visage mais aussi leurs tatouages ou tout autre chose qui leur sont spécifiques, tout cela parce qu'il arrive que des hommes, au hasard, en tue comme ça gratuitement. Ils passent en voiture et ils tirent de la fenêtre de la portière et fuient. Elle m''avait raconté cela. Donc la police, dans le pire des cas où elles auraient la tête éclatée, les identifent grâce à leur tatouage ou autre tâche particulière.

Tout cela dénote le mal être des gens (ces clients qui ont besoin d'aller les voir ont de sacré problème psychologique et surtout de sacrés croyances style la croyance toute socio-religieuse que les hommes ne peuvent pas se passer d'assouvir leur besoin), l'hypocrisie de la société (on voit mais on ne fait rien pour elles malgré que beaucoup d'entre elles ont envie de sortir de cet enfer) et l'image de la soumission et de la domination jusqu'à nier l'importance humaine de la personne (ces femmes et ces hommes aussi se nient afin de pouvoir faire ce "métier" et pour y arriver plus facilement elles ont recours de gré ou de force à la drogue pour mieux supporter cette vie horrible).

Pour en arriver à un changement, cela demande un travail sur soi. Que la prostitution n'existe plus, soit. Mais il faut être sûr qu'il n'y aura pas d'agressions d'aucune sorte, d'une autre façon. Car quelque part grâce à ces femmes (paradoxe !!!) , il y a quelques hommes un peu spéciaux, voire dangereux qui séviraient. Ces femmes ont affaires à ces hommes-là, qui tuent, les agressent, voir pire. Rien que pour cela il faut les respecter car ce sont des personnes, des êtres humains et personne n'aimerait vivre ce qu'elles vivent. Mais ce paradoxe ne justifie pas que la prostitution doive continuer.

Cela sera long mais un jour cela n'existera plus.
Pour en arriver là, un travail en profondeur doit être fait, tout particulièrement aider certains hommes en particulier violents envers ces femmes, doit être amené afin de leur faire comprendre qu'ils doivent élever leur regard, avoir une autre image aussi d'eux-mêmes, que l'humain n'est pas fait que de chair et d'os, etc... Les fausses-croyances sur ce métier aussi, sur la femme et aussi sur l'homme doivent cesser d'être entretenues.
Un autre regard, un travail personnel sur soi, ceci pour nous élever davantage et changer cette société qui n'est pas de vivre ainsi (que l'on soit client ou prostituée) mais surtout amener ce changement sans condamnation ni culpabiliser.

Que la prostitution nous choque ou pas, il est important de chercher à comprendre et/ou aimer ces personnes et pourquoi pas les aider à s'en sortir (ceux et celles qui veulent). Il y a des gens merveilleux qui agissent dans ce sens.

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Pour ceux et celles que cela intéresse !

Listes d'associations
http://www.sosfemmes.com/ressources/liens_prostitution.htm

Annuaire des associations
http://www.fondationscelles.org/index.php?option=com_content&view=article&id=65%3Aannuaire-des-associations&catid=15%3Aguide-des-associations&lang=fr

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http://www.20minutes.fr/article/963779/abolir-prostitution-exige-trouver-alternatives-prostituees
Des associations aident déjà les prostituées qui veulent changer d'activité. Et toutes évoquent un accompagnement qui peut être long, parfois de plusieurs années, et nécessite des moyens. "Il y a d'abord un travail pour reprendre pied par rapport à l'estime de soi, au lien social, à l'image de son corps", explique Hélène de Rugy, déléguée générale de l'Amicale du Nid, pro-abolition.
Même constat pour le Mouvement du Nid (pro-abolition), qui accompagne des victimes de réseaux mafieux, sans papiers, qui ne peuvent rentrer dans leur pays par crainte des réseaux ou de leur famille.
Un gros travail administratif (demande de papiers, etc.), sanitaire et psychologique est nécessaire, explique Marcelle Provost, déléguée départementale à Orléans: "Parfois elles se sont enfuies avec rien".
Les associations dénoncent le manque de financements: "nous sommes gravement déficitaires parce que les budgets ont été coupés", déplore ainsi Mme de Rugy, dont l'association aide 4.000 personnes par an.
Il faut aussi que les prostituées aient "une volonté de fer", précise France Arnould, présidente des Amis du Bus des femmes. "Arrêter la prostitution, c'est changer complètement de vie" et surtout accepter des revenus plus faibles, dit-elle.

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http://www.fondationscelles.org/index.php?option=com_content&view=article&id=23%3Ala-reinsertion-des-personnes-prostituees-&catid=10%3Afiches-thematiques&Itemid=12&lang=fr

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