Spiritualités

Bernard Feillet

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Bernard Feillet

Message  Invité le Lun 29 Juin 2009 - 11:06

« Bernard Feillet est le témoin d’un christianisme libre, original, qui a su parler à toute une génération en recherche spirituelle. Lui-même se situe dans la postérité de Marcel Légaut. »

Courte présentation d'une figure spirituelle chrétienne de notre temps. Ce texte très court trouvé sur le Web, publié et téléchargeable au format PDF, http://jrd3136.ifrance.com/forum/quiestfeillet.pdf
est signé par Nathalie de SENNEVILLE-LEENHARD , rédactrice en chef du journal hebdomadaire d’actualité protestante Réforme *. Comme quoi les protestants s'intéressent de très près à la vie spirituelle chrétienne d'une façon très ouverte ! Il est une réelle invitation à découvrir le personnage et les écrits de Bernard Feillet, ainsi que ceux de celui qui l'a inspiré Marcel Légaut. Leurs charismes respectifs, marqués d'une volonté fraternelle fédératrice , ont des échos qui se prolongent jusque chez des familles spirituelles cousines du catholicisme, c'est dire l'intérêt qu'ils suscitent !
On sent que le monde chrétien cherche ses pas, sa route, son renouveau ..., il pourrait bien puiser chez ces auteurs quelques inspirations salutaires.

Bernard Feillet a déjà été évoqué et cité plusieurs fois sur ce forum (par Pat), notamment dans le fil de discussion "Dogmes en souffrance" ICI C'est une figure spirituelle simple, accessible, originale, qui mérite d'être plus largement connue et qui témoigne d'une belle ouverture spirituelle! Un peu de pub, donc !

* http://www.reforme.net/


Ecrivain et prêtre du diocèse de Paris, Bernard Feillet a été, à la période de la célébration du Concile Vatican II, un des fondateurs de la communauté chrétienne St-Bernard, qui se réunit toujours à la Gare Montparnasse à Paris. Il a été chroniqueur à Panorama, magazine chrétien, et au Monde des Religions. Il a publié plusieurs volumes, en solo ou avec des collaborateurs.
Dans la ligne de réflexion des Marcel Légault et autres, Bernard Feillet est un des leaders de la réflexion chrétienne contemporaine

Le chemin de l’homme vers son humanité

Ce prêtre catholique refuse l’enfermement des Eglises et dit la nécessité de partir de l’homme pour aborder la question de Dieu. Depuis des années, il écrit pour un public fidèle et exigeant. Ses yeux sont vifs derrière les lunettes, le regard pétillant. Bernard Feillet ne manque pas d’humour et cela se voit. Il a cette capacité si précieuse – et si rare – à ne pas se prendre au sérieux. D’ailleurs, quand on lui demande de se définir, il dit : « Je suis légèrement prêtre. » Légèrement, tant, semble-t-il, il a pris de la distance avec l’institution de l’Eglise catholique. Il en parle peu, son fonctionnement interne n’est pas son sujet de prédilection. Il précise : « Dans cet homme que je deviens, dans cet itinéraire, je suis certes héritier d’une tradition chrétienne. Elle m’aide à vivre, de cette intuition qui la traverse. » Cette intuition, ou plutôt « cette étincelle du divin », selon le titre de son dernier livre. D’ailleurs, il insiste sur la tradition « chrétienne » et non « catholique ». « Je suis un catholique de circonstance, dit-il, dans la mesure où je suis né dans une famille catholique. Mais ce qui m’intéresse, c’est la fracture que l’invention du christianisme a apportée dans l’histoire du monde. »
Ce monde, il le regarde aujourd’hui depuis Fontainebleau où il a pris sa retraire il y a quelques années.
Pourquoi ce choix ? « Parce qu’il y a la forêt et que j’ai longtemps été un cavalier régulier », dit le monsieur qui aime autant la nature que la vie.

L’aventure de Saint-Bernard

Avant, Bernard Feillet a longtemps été prêtre à la chapelle Saint-Bernard, au pied de l’horloge de la gare Montparnasse, à Paris. Un lieu à part, une église pas comme les autres qui a, pendant des années, attiré une population d’hommes et de femmes désireux d’entendre une parole différente. « Avec lui, tout était ouvert, tout était possible, dit ainsi une ancienne habituée des lieux. On ne trouvait pas à Saint-Bernard des gens qui disaient “je crois” mais “j’espère croire”. On écoutait ses méditations formulées à haute voix. C’était peut-être d’une certaine façon plus un poète qu’un théologien mais, en tout cas, un prophète d’aujourd’hui, peu reconnu par sa hiérarchie. »

Si Bernard Feillet refuse de revenir sur son départ quelque peu douloureux de Saint-Bernard, « par refus de ressasser », il se souvient avec bonheur de « cette aventure » : « Dès le départ, nous avons eu l’envie de répondre à tous ceux qui étaient de passage. Il n’y avait rien d’institué, de programmé. L’idée était d’être créateur tant sur le plan liturgique que sur celui des chants, des prières, des échanges. » A la fin de Saint-Bernard, il est devenu éditeur chez Desclée de Brouwer (DDB) et auteur.

Ses « fidèles » – on imagine bien qu’il n’aime pas l’expression – l’ont suivi à travers ses ouvrages. Ils sont ainsi quelque 6 000 lecteurs qui attendent fidèlement ses publications. « Mon lectorat est un peu le même que celui de Réforme », commente l’auteur, qui vient de publier un recueil de textes dits à l’occasion de colloques et que Marc Leboucher, éditeur chez DDB, lui a demandé de rassembler. « Bernard Feillet est le témoin d’un christianisme libre, original, qui a su parler à toute une génération en recherche spirituelle. Lui-même se situe dans la postérité de Marcel Légaut. »

Marcel Légaut, cet ancien normalien devenu paysan montagnard, ce chercheur de Dieu qui a marqué Bernard Feillet, notamment à travers "Devenir soi", publié en 1980 : « Ce texte décisif m’a donné de saisir comme une évidence que le mystère de l’homme et le mystère de Dieu sont un seul et unique mystère, une seule et unique entreprise. »

Mettre Dieu à distance

Pour Bernard Feillet, pour commencer à parler de Dieu, il faut partir de l’homme et de ses questionnements. Il refuse l’idée d’un Dieu construit une fois pour toutes : « La question de Dieu a échappé à l’enfermement du système des religions. » D’où la nécessité, selon lui, de mettre Dieu à distance pour partir à sa découverte, à partir de soi. Et, pour cela, cesser de parler à sa place, de solliciter son intervention, que ce soit pour le monde, l’histoire ou notre propre vie, arrêter de lui donner l’image et le rôle d’une personne qui pense et dirige la Création. Alors, seulement alors, sera-t-il possible de se réapproprier les mots si souvent galvaudés que sont la prière, la grâce et la providence. Pour Bernard Feillet, c’est Dietrich Bonhoeffer qui résume tout quand il dit : « Aller vers Dieu sans Dieu. » Mais encore ? Lui refuse de faire « une contre-théologie » : « Je ne supporte pas la prétention des Eglises à parler au nom de Dieu, sous son autorité. J’aime les tâtonnements, la souplesse, la fragilité. Je crois qu’il y a un avenir pour une religion humble. » On comprend qu’avec de tels propos Bernard Feillet ait pris quelque distance avec les Eglises.

Mais la Bible, le Christ ? « La Bible est pour moi la trace superbe de l’émergence du divin dans la vie des hommes. C’est une source sans fin d’étonnement, d’émerveillement et de contradictions. Quant à Jésus, il ne répond plus, selon moi, à la question de Dieu telle qu’elle s’énonce aujourd’hui. Car cette question interroge l’avenir et ne cherche plus de réponses dans le passé. »

La conviction fondamentale de Bernard Feillet est que la question de Dieu n’est plus celle de communautés de croyants réunis autour des Écritures mais celle de l’individu. Un individu non pas replié sur son propre cocon mais un être singulier pour qui la question de Dieu se pose de façon singulière. Pour lui, l’interrogation ultime n’est plus : « Qui est Dieu ? » mais : « Qui suis-je devant Dieu ? » ou plus encore : « Que devient Dieu en moi ? ».
Et ce, alors qu’il porte en lui une foi « indémontable » en l’homme. L’humain, dit-il, est en croissance, il grandit vers sa propre humanité, en dépit de toutes les horreurs du monde. Favoriser la créativité de cet homme en chemin, tel est l’horizon qu’il s’est fixé. En souriant.

par Nathalie de SENNEVILLE-LEENHARDT

Repères:
Naissance le 22 mars 1932.
Ordonné prêtre en 1958.
Prêtre à la chapelle Saint-Bernard de 1969 à 1978.
Editeur chez Desclée de Brouwer jusqu’en 1987.
Chroniqueur à Panorama.
Septembre 2005 : parution de L’étincelle du divin.

’A lire de Bernard Feillet’’
L’étincelle du divin DDB
L’arbre dans la mer DDB
‘’A lire de Marcel Légaut’’
Devenir soi Le Cerf

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