Spiritualités

“A quoi bon ?” - Une réponse.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

“A quoi bon ?” - Une réponse.

Message  Invité le Lun 9 Nov 2009 - 12:08

“Le monde est une vaste entreprise à se foutre du monde” et donc “il faut choisir, mourir ou mentir”. (Louis-Ferdinand Céline).



- Non ! -



« Je vous demande de continuer de regarder en avant et de toujours penser à sourire.L’amour est la terre qui nourrit la vie, et la vie est la tige d’où fleurissent l’amour, la vérité, la paix, la liberté, la justice et la miséricorde, et aucun pétale ne peut exister hors de l’ensemble. »
Roger McGowen






“J’ai pris conscience que rien ne peut entrer dans nos vies et nous faire du mal, à moins que nous laissions cette chose y pénétrer”


Alors,

“… faisons notre part pour civiliser une nation civilisée qui continue à assassiner…”




Roger McGowen
http://www.rogermcgowen.org/index.html


Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Lettre à M.Obama

Message  Invité le Lun 9 Nov 2009 - 12:12

Gémenos, 3 juillet 2009


Monsieur le Président Obama,

Je suis de nationalité française, mais c’est en tant que citoyenne du monde que je m’adresse à vous aujourd’hui, afin de vous faire-part de mon profond respect et de ma reconnaissance devant votre courage et votre détermination à faire évoluer une humanité enlisée dans des modes de fonctionnement sans issue.

C’est aussi en tant que telle que je voudrais vous parler d’un sujet qui me tient à cœur : La peine de mort. En effet, si le nombre de pays de part le monde qui l’applique toujours est en baisse constante, vous le savez, votre pays est la dernière démocratie occidentale à la pratiquer de nos jours, et ce de façon importante puisque plus de 60 condamnés ont encore été exécutés dans les 12 derniers mois. Aujourd’hui, grâce à Internet et à CNN International, le monde entier observe et se demande comment l’Amérique, cette immense démocratie qui s’enorgueillit des principes fondamentaux de justice, de liberté, d’égalité et de légalité, cette nation qui examine minutieusement les dossiers des droits de l’homme des autres pays, peut ainsi être en contradiction avec ses propres convictions.

Depuis 1976, plusieurs Projets de Loi, dont celui du sénateur Feingold qui m’a fortement inspiré, ont proposé l’abolition, sans que jamais ils n’aboutissent, bien que le New Jersey et le Nouveau Mexique y soient parvenus au niveau des états. Pourtant, vous n’êtes pas sans savoir que la valeur dissuasive de la peine de mort n’est qu’un mythe, car son inefficacité sur la criminalité n’est plus à démontrer à la lecture des résultats de nombreuses études. De plus, le surcoût d’une telle pratique a été maintes fois prouvé et les fonds nécessaires seraient particulièrement utiles pour la prévention de la délinquance et du crime.

D’autre part, en tant qu’avocat vous savez combien la justice est inévitablement faillible. Aucun état ne peut prétendre appliquer la peine de mort de façon équitable et juste. Harry Blackmun, juge à la cour suprême entre 1970 et 1994, a d’ailleurs affirmé son opposition à la peine capitale en 1994 avec ces mots : « Je me sens moralement et intellectuellement dans l’obligation d’admettre en toute simplicité que l’expérience de la peine de mort a échoué… Le problème est que l’inévitabilité d’une erreur factuelle, légale ou morale nous donne un système dont nous savons qu’il doit tuer à tort certains inculpés, un système qui est incapable de prononcer les sentences capitales équitables, consistantes et fiables requises par la Constitution ».

Or il est ici question d’un châtiment irréversible ! Et nous ne pouvons ignorer qu’un nombre non négligeable d’innocents sont condamné à mort. La peine de mort est un châtiment unique qui ne peut être révisé. Et que dire de l’épouvantable injustice que des innocents puissent être condamnés à mort pour des crimes qu’ils n’ont pas commis, passent des années, voire des dizaines d’années, dans ces mouroirs sordides et inhumains que sont les couloirs de la mort, et à qui on ôte la vie au nom de la justice !

Enfin, en tant qu’avocat afro-américain vous êtes parfaitement informé des préjugés raciaux qui infectent votre système pénal et président parfois à l’application de la peine capitale. Votre pays a parcouru un long chemin pour démanteler le racisme social entretenu par les états, et votre accession à la présidence en est un signe évident. Mais il reste encore de nombreux vestiges d’un racisme institutionnel qui touche de façon flagrante les minorités.

La question que j’ose alors vous poser aujourd’hui Monsieur le Président est:
« Pour quelles raisons la maintenir? »

Oserez-vous l’avouer : la peine de mort a une fonction éminemment politique.

Tout d’abord parce qu’elle représente le pouvoir souverain d’un état en tant que possibilité de vie ou de mort sur ses citoyens. Elle affirme donc une idée de toute puissance. La garder dans l’arsenal juridique permet de dire : nous sommes prêt à tout pour lutter contre le crime. Mais de quelle politique il s’agit là ? Répondre à la violence par la violence, à la mort par la mort, n’est pas un signe de maturité d’une société. Déjà il y a un siècle et demi, Victor Hugo, un des plus grands écrivains de la littérature française et intellectuelle engagée, affirmait : « Choisir la peine de mort c’est choisir le passé et la peur, plutôt que l’avenir et l’espoir. L’abolir, c’est faire le grand pas de la civilisation, c’est se placer au dessus des règles de vengeances primitives.»

Car en refusant la peine capitale on proclame que la vie est sacrée pour tous les êtres. Je le sais, pour les avoir visités plusieurs fois, les couloirs de la mort ne sont pas remplis de monstres sanguinaires. Avant d’être un assassin le condamné est d’abord un être humain comme vous et moi, et avant d’être des hommes ils ont été des enfants innocents que la vie a bien souvent détruits, des enfants qui parfois n’ont pu se construire que dans la violence parce qu’ils n’avaient pas d’autres issues. Et que dire du calvaire inhumain des mères de ces enfants, des familles, que l’on cherche souvent à ignorer.

Ensuite parce qu’elle est un argument populaire et électoral : On prétend que la majorité des citoyens américains est en faveur de la peine de mort. On le répète si souvent que tout le monde le croit. Mais comment donc la question est-elle posée pour obtenir une telle réponse ? Ne pensez-vous pas honnêtement que si l’on propose de façon éclairée des sentences alternatives, la plupart des américains choisiront la perpétuité assortie d’une indemnisation pour la famille de la victime plutôt que la peine de mort ? C’est en tous cas ce qui ressort de plusieurs sondages.

Il est vrai que, pour beaucoup, l’argument de la peine de mort est un phénomène d’identification à la famille de la victime. Il naît alors une pulsion de mort, une réaction instinctive de l’être humain. « Car le châtiment capital assouvit cet instinct de mort que polarise sur lui le meurtrier, parce qu’il nous fait horreur et peur à la fois, sans doute parce qu’il est un autre visage de nous même » disait si justement Maître Robert Badinter, fervent abolitionniste français qui devint ministre de la justice en 1981. Mais pour autant nous ne pouvons dignement soutenir une loi qui crée plus de victimes et continue un cycle de violences et de vengeances.

Monsieur le Président, je vous le demande avec toute l’ardeur de mon cœur, mettez de côté cette culture de la violence et restaurez de l’intégrité dans votre système juridico-pénal.

Où en serait votre pays si les membres du congrès avaient suivi, au lieu de la guider, l’opinion publique ? Vous connaîtriez peut-être encore l’esclavage et la ségrégation, et les femmes ne voteraient peut-être toujours pas ! Le rôle de la société n’est pas de punir pour se venger, mais elle se doit de corriger tout ce qui est possible pour améliorer. Ne doit elle pas se préoccuper en tout premier lieu de prévenir les causes, de rétablir l’équilibre dans les situations où germent violence et chaos. Ne doit-elle pas éduquer, éclairer, épanouir, ouvrir les consciences de tous afin de faire évoluer l’humanité et faire régner la paix et l’harmonie entre tous ?

Pourtant chaque fois qu’un état exécute un individu, il apprend à ses enfants que les comptes se règlent par la violence, jusque et y compris en sacrifiant la vie humaine.

En ce début de nouveau millénaire nos modèles de société sont loin d’être entièrement justes. Il nous reste encore bien du chemin à parcourir. Mais l’entêtement de votre grande nation à pratiquer le meurtre légalisé avilit l’humanité d’aujourd’hui. Le 2 juillet 2009 a marqué le 33ème anniversaire de la Décision Gregg de la Cour Suprême qui a réinstauré la peine capitale, et à la date d’aujourd’hui les Etats-Unis ont depuis exécuté plus de 1160 personnes. Il est temps d’écrire un nouveau chapitre dans le grand livre des mémoires de l’humanité et de donner à chacun l’occasion d’ouvrir son cœur et de laisser parler sa conscience. Car, il est certain, viendra un temps où l’on dira : « Dans ce grand pays, fut une époque où l’on punissait le crime par le crime »

J’invite votre conscience Monsieur le Président à rejoindre celle de grands leaders spirituels, celle de grandes associations humanitaires internationales, et avec toute la patience, la persévérance, l’intelligence et le courage dont vous êtes capable, donnez à votre mandat la force et la capacité de laisser derrière vous cette pratique archaïque. Vous l’avez proclamé dans votre discours au congrès le 24 Février dernier : « Vivre selon nos valeurs ne nous affaiblit pas. Cela nous rend plus sûrs, cela nous rend plus forts ».

Cette invitation n’est pas de l’ordre de l’utopie. Vous représentez un espoir immense pour des millions de citoyens américains, et sans doute pour des milliards de citoyens du monde. Soyez, Monsieur Obama, le président avec qui la peine capitale disparaîtra aux Etats-Unis d’Amérique. Vous le pouvez !
Que Dieu vous bénisse et vous garde !

Veuillez agréer, Monsieur le président Obama, mes très respectueuses salutations,

Clotilde Nougaret

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum