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DROITS DES FEMMES MUSULMANES.... PAR AZIZAH YAHIA AL-HIBRI

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DROITS DES FEMMES MUSULMANES.... PAR AZIZAH YAHIA AL-HIBRI

Message  Invité le Lun 5 Nov 2007 - 0:16

DROITS DES FEMMES MUSULMANES DANS LE VILLAGE MONDIAL :
DEFIS ET OPPORTUNITES
Par Azizah Yahia al-Hibri


http://karamah.org/docs/Global%20Village_FR_final.pdf
(très belle analyse à lire en entier et/ou à télécharger)


(extrait)
Violence contre les femmes et son enracinement culturel
On trouve un autre exemple de gradualisme coranique dans le verset le plus cité pour justifier la violence contre les femmes. Il stipule que: Coran 4:34. “quant aux femmes dont vous redoutez la déloyauté et la mauvaise conduite, admonestez-les (d’abord), refusez (ensuite) de partager leur lit et (enfin) battez-les (légèrement).” [note de l’ éditeur]
Nous allons donc examiner maintenant ce verset, ainsi que les circonstances de sa révélation.
La société de la Jahiliyyah était une société désertique brutale, en proie à des guerres tribales. De nombreux hommes de la Jahiliyyah battaient leurs femmes. Ils ont ont apporté et intégré cette pratique à l’Islam et étaient si violents que les femmes se plaignirent au Prophète (SAW) de leur situation. Agissant de son propre chef, le Prophète (SAW) interdit cette pratique en donnant à l’épouse le droit de qisas (châtiment). Le soir même, les hommes se plaignirent vivement. Ils allèrent trouver le Prophète et revinrent sur le problème, prétendant que la solution apportée par le Prophète permettait aux femmes d’avoir le dessus.
À ce moment-là, le Prophète demanda et reçut une révélation qui reflétait la philosophie coranique du gradualisme. Le verset semblait contredire le Prophète. Le Prophète lui-même affirma, lorsqu’il reçut la révélation, que “Mohamed le voulait, mais que Dieu ne le voulait pas (interdire aux hommes de manière catégorique de “battre” leur épouse).” Cependant, comme nous le verrons par la suite, la révélation a simplement changé l’approche prescrite par le Prophète pour faire disparaître la maltraitance des femmes. Elle n’a pas autorisé la maltraitance des femmes. Elle n’a fait qu’introduire une phase transitoire en vue du changement, tout en préservant la vision coranique des relations conjugales idéales. Le fait que les “versets du Coran s’expliquent l’un l’autre” est une règle jurisprudentielle de l’Islam. Autrement dit, le Coran forme un tout et la signification exacte et complète d’un verset ne peut donc être comprise sans tenir compte des autres versets du reste du Coran.
Sur la base de ce principe jurisprudentiel fondamental et du principe qui revendique la cohérence interne profonde du Coran, j’aborde maintenant un célèbre verset du Coran que les premières musulmanes inséraient parfois dans leur contrat de mariage. Ce verset impose aux époux de “vivre ensemble dans la gentillesse ou de se quitter charitablement.” (Coran 2:231) Sur la base de ce verset du Coran notamment, les juristes musulmans ont revendiqué le principe d’interdiction de se faire du mal entre époux (la dharar wala dhirar). Ce principe sous-tend encore de nombreuses dispositions des codes de statut personnel modernes dans les pays musulmans. Par ailleurs, une musulmane a le droit de poursuivre son mari en justice ou de divorcer pour maltraitance. Le Prophète a lui-même dénoncé à plusieurs reprises la maltraitance des épouses. À une occasion, il a demandé “Comment l’un d’entre vous peut-il frapper son épouse comme un animal, et ensuite l’embrasser ?” A une autre occasion, il a demandé : “Comment l’un d’entre vous peut-il fouetter son épouse comme un esclave, alors qu’il dormira probablement avec elle à la fin de la journée ?” Le Prophète (SAW) a également rappelé différentes descriptions coraniques de relations conjugales idéales, il a expliqué aux hommes : “Les meilleurs d’entre vous sont ceux qui traitent le mieux leur femme.” Il a ajouté : “et je suis le meilleur d’entre vous à cet égard.” Cette déclaration est capitale compte tenu de l’importance que les musulmans accordent à suivre l’exemple du Prophète. Il n’a jamais levé la voix chez lui, ne s’est jamais mis en colère et n’a jamais demandé à quelqu’un d’autre de le servir. Il coupait la viande, s’occupait des enfants et cousait ses chaussures. Pourtant, de nombreux hommes musulmans oublient aujourd’hui ces importantes prescriptions et ces exemples prophétiques et limitent leur imitation du Prophète au style de ses vêtements ou à ses habitudes de présentation.
Comment réconcilier tous ces faits, coraniques et prophétiques, avec le seul verset coranique permettant aux maris de “frapper” leur femme ? Comment réconcilier ce verset avec l’insistance continue du Prophète pour que les maris s’abstiennent de battre leur femme ? Nous devons le faire en développant encore notre réflexion sur la signification coranique, ce qui n’est pas un processus rapide. À ce sujet, je vais aborder certaines étapes de ce processus pour illustrer mon propos.

LA PHILOSOPHIE DU GRADUALISME ET LA VIOLENCE CONTRE LES FEMMES
Voici comment la philosophie du gradualisme a été utilisée dans le contexte de la maltraitance des femmes. Tout d’abord, le Coran a imposé au mari différentes limitations avant qu’il ne soit autorisé à «frapper». Il devait d’abord communiquer avec son épouse. L’homme doit faire connaitre à son épouse la chose qu’il lui reproche. Cette étape donne à l’épouse l’occasion de répondre et de s’expliquer. Si la malentendu n’est pas résolu par la communication et que le mari est toujours en colère, il peut s’isoler physiquement de son épouse pendant un moment.
De nombreux juristes ont considéré que ces étapes étaient dirigées contre l’épouse, tout d’abord en l’admonestant, et ensuite en la faisant souffrir « d’abandon sexuel. » Il est évident qu’ils passent à côté du point fondamental. Les étapes prescrites sont destinées à gérer la colère d’un homme patriarcal agressif susceptible d’utiliser la force en premier recours.
Ensuite, le Coran exclut complètement la possibilité pour les femmes vertueuses d’être «frapper». Il limite cette possibilité à des cas extrêmes dans lesquels le nushuz est craint par le mari. Selon la majorité des juristes, nushuz est un mot qui apparaît dans le contexte du verset pour désigner la déloyauté envers le mari, l’aversion, la désobéissance ou les dissensions. Cette interprétation est discutable, car le Prophète lui-même semble avoir interprété le mot “nushuz” différemment dans son Khutbat al-Wadaa’. Selon diverses versions de ce qui a été rapporté, le Prophète a déclaré dans ce discours, "(Vous les hommes] avez des droits sur les femmes et elles ont des droits sur vous. Vous avez le droit qu’elles ne ramènent pas quelqu’un que vous n’aimez pas dans votre lit ou qu’elles ne commettent pas un adultère évident (fahishah mubayyina). Si elles le font, Dieu vous a permis de les abandonner dans leur lit et [ensuite] de les battre légèrement. Si elles arrêtent, vous êtes obligé de les entretenir)]"
Malheureusement, certains juristes ont interprété le mot fahishah mubayyana au sens large en incluant la désobéissance au mari dans des questions futiles. D’autres ont, cependant, prétendu qu’il s’agissait simplement de l’adultère.
Nous allons maintenant aborder plus en détail cette question, avant de répondre à la dernière question de cette discussion, à savoir “ En quoi consiste le fait de «frapper»?”De nombreux juristes vivant dans des cultures patriarcales ont élargi la définition de fahishah mubayyana de manière conséquente. En élargissant cette définition, ils ont agrandi le champ des cas où le mari peut se permettre de “frapper”, ce qui va à l’encontre de la lettre et de l’esprit du Coran stipulant que le mari doit vivre avec sa femme dans la gentillesse ou la quitter charitablement. Néanmoins, même si nous acceptions la définition au sens large du fahishah mubayyina, l’homme ne peut toujours pas “frapper” son épouse en premier recours ; la majorité des érudits sont d’accord sur ce fait. Plusieurs étapes sont nécessaires avant de pouvoir “frapper.” En cas d’échec de toutes ces étapes, le mari pourrait alors revenir à son approche originale consistant à “frapper” son épouse.

Le concept coranique de “frapper”
Mais qu’entend-on par “frapper” dans ce cas ? De nombreux érudits ont réfléchi sur la permission coranique de “frapper” une épouse et les circonstances concomitantes. Compte tenu de leur profonde
croyance dans la justice islamique, ils se sont rendus compte qu’ils devaient étudier le Coran plus en profondeur pour mieux comprendre ce verset. Ainsi, ils ont interprété ce passage, comme il se doit, à la lumière des principes de base régissant les relations conjugales telles qu’exprimées dans le Coran et par le Prophète. Cette approche les a forcés à modifier leur compréhension commune de l’acte de “frapper” dans le cadre des relations conjugales. Par conséquent, ces juristes ont défini une série de limitations redéfinissant l’acte de “frapper” en lui-même. Par exemple, l’homme ne peut pas frapper son épouse sur le visage. De plus, tout acte de “frapper” qui est injurieux ou laisse des traces sur le corps de la femme peut engendrer une action pour infraction pénale. De plus, si le mari atteint ce stade malheureux de “frapper,” il ne peut frapper son épouse qu’avec quelque chose d’aussi doux qu’un miswak (une petite branche douce fibreuse utilisée comme brosse à dents dans la péninsule arabe). Finalement, vu l’idéal coranique des relations conjugales, les érudits ont conclu qu’une femme maltraitée physiquement ou verbalement a le droit de demander le divorce. Ils ont considérablement baissé la barre quant à ce qui est considéré comme de la maltraitance. Cette position a été développée dans l’ancienne Arabie, il y a plus de quatorze cents ans, lorsque le monde considérait que battre une épouse était un droit. Aujourd’hui, nous pouvons surpasser les étapes antérieures de l’interaction humaine et insister sur l’idéal conjugal islamique accessible de tranquillité, d’affection et de compassion.

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Re: DROITS DES FEMMES MUSULMANES.... PAR AZIZAH YAHIA AL-HIBRI

Message  Invité le Lun 5 Nov 2007 - 20:18

Les droits de la femme en islam

Il est caractéristique d'observer aujourd'hui que lorsque l'on s'interroge sur la Loi Islamique (Shariâ), l'une des premières images qui vient à l'esprit est celle de la femme, que l'on suppose méprisée et occupant un rang inférieur dans la communauté musulmane. Traiter un sujet aussi important nous pousse à nous tourner vers les sources authentiques de la tradition musulmane.

Premièrement, la femme est considérée sur le plan spirituel comme l'égale de l'homme.
Le Coran affirme :
"En vérité, je ne laisse pas perdre l'oeuvre de celui qui agit bien, qu'il soit homme ou femme. Vous participez les uns des autres." (3/195)

La femme peut s'élever au plus haut degré de la spiritualité.

C'est ainsi que la mère de Jésus (as) est pour les Musulmans un modèle de pureté.
"Et Lorsque les Anges dirent :"O Marie ! Dieu t'a élue, t'a purifiée et t'a élue au-dessus des femmes des mondes" (3/142).

Sur le plan communautaire, l'islam a accompli une véritable révolution sociale. D'abord en soulignant que la tendresse et la miséricorde sont les fondements de la vie conjugale queen king:

"Parmi les signes de Dieu, il y a le fait qu'il a crée à partir de vous mêmes pour vous, des épouses pour que vous trouviez auprès d'elles le calme et le gîte ; et qu'il a établi entre vous des liens de tendresse et miséricorde. Il y a en cela des signes certains pour des gens qui méditent" (30/21).


Ensuite, l'Islam a accordé à la femme tous droits légitimes :

1) le droit à la liberté :

la liberté de croyance. Nul ne peut contraindre une femme à embrasser une religion. La liberté de choisir son conjoint. Une jeune femme était allée voir le Prophète (saw) lui déclarant que son père voulait absolument la contraindre au mariage. Le Prophète (saw) lui laissa le choix de refuser ou d'accepter. Cela se passait au 7ème siècle. Or, ce n'est que très récemment qu'en Europe, on commençait à reconnaître ce droit à la femme. En outre, la femme musulmane peut faire en sorte que soit stipulé dans son contrat de mariage que son mari ne prendra pas une seconde épouse. En autorisant la polygamie cependant, l'Islam est fidèle à sa vocation universelle : dans certaines situations en effet, comme en période de guerre où le nombre de femmes finit par dépasser celui des hommes. Dans de telles circonstances, si l'on exclut la prostitution, le désordre sexuel ou le célibat forcé pour les "femmes en surnombre", la polygamie reste rationnellement la seule solution.

Rappelons qu'au terme de la Seconde Guerre Mondiale, de hauts responsables européens s'étaient déclarés prêts à légitimiser la polygamie Suspect pour prévenir la marginalisation et l'exploitation de dizaines de milliers de femmes scratch .
D'ailleurs, il y a une certaine hypocrisie Rolling Eyes dans l'attitude qui consiste à critiquer la polygamie affraid parce qu'elle rend légale une situation de fait, tout en admettant que les hommes puissent vivre dans l'ombre et illégalement quelques aventures extra conjugales.

2) Le droit à la propriété :

La femme en Islam peut avoir des propriétés. Elle peut établir des contrats, faire des échanges, s'engager dans le commerce. Le Coran déclare :"Aux hommes revient une part de ce qu'ils auront gagné et aux femmes revient une part de ce qu'elles auront gagné" (4/32). Elle possède ainsi une personnalité juridique complète. Mariée, elle reste maîtresse de son avoir. En Europe, ce n'est qu'à la fin du 19ème siècle qu'elle a obtenu ce droit. Auparavant, l'ensemble de ses biens devenait, une fois mariée, la propriété de son mari.

3) Le droit à l'instruction :

L'Islam a décrété que la recherche du savoir est un devoir qui incombe à tout Musulman et à toute Musulmane. Aux premiers temps de l'Islam, les hommes n'hésitaient pas à interroger sur des questions d'ordre juridique Aïcha (raa), la femme du Prophète (saw), dont l'autorité en la matière était reconnue par les plus grands Savants de l'Islam.

Aujourd'hui encore dans un grand nombre d'Universités musulmanes, les femmes jouent un rôle essentiel, aussi bien dans l'enseignement des sciences techniques que des sciences religieuses.

Présenter donc la femme comme un être dépersonnalisé et privé de ses droits les plus élémentaires constituent une grave erreur qui ne résiste pas à un examen sérieux.


Hani Ramadane
(extrait du Livre Articles sur l'Islam et la barbarie, à paraître inch Allah) [Article relevé dans le Bulletin du Centre Islamique de Genève (Juin 2000) http://cig.geneva-link.ch/]
http://www.aceiweb.org/droits.htm

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