- pat
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Date d'inscription : 31/07/2007
Liberté d'expression
Liberté d'expression
La liberté d'expression c'est la liberté absolue d'exprimer ses opinions. Il me semble qu'insulter autrui, faire l'apologie du crime, de la violence, ne rien respecter, ne sont pas des opinions, mais des ébauches de mise en acte. On peut en discuter et c'est le sujet même des débats auxquels la société doit faire face.
Ainsi d'un point de vu sociétal, la liberté d'expression doit être assurée par une réglementation collective qui impose à chacun de respecter la même liberté de s'exprimer. De cela l'État est le garant. Il doit aussi avoir le souci de ne pas laisser cette liberté d'opinion dégénérer en liberté d'agression aussi bien verbale que physique.
A ce titre, l'injure peut relever du délit. Le blasphème qui n'est pas à proprement parler une injure à la personne mais une injure aux convictions ou aux croyances d'autrui ne relève pas du même délit. Dieu ne nous demande pas d'être ses justiciers. Chacun doit pouvoir répondre de lui-même. Si une société prend en compte le blasphème comme un délit, il n'y a aucune raison pour que cela ne s'étende pas à toutes les dérisions susceptibles d'offenser les uns ou les autres dans le mesure de ce qui est sacré pour eux. Il n'y aurait plus alors de limites à ce délit. Cela n'empêche pas de riposter par des protestations, ce qui relève aussi de la liberté d'expression.
Ceci dit, un État de droit doit faire la différence entre la liberté d'expression et la liberté de faire violence à autrui ne serait ce qu'à travers une opinion, un dessin ou autre. C'est à lui de définir les critères du vivre ensemble par rapport au degré d'humanisme de ses citoyens et de définir si une caricature négative voire violente est une véritable violence ou bien si cela ne cache pas au contraire la violence de celui qui voudrait imposer à tous le respect d'un sacré qui ne concerne que lui ou sa communauté? Tout cela reste un débat de société dont la solution est à l'intérieur même de cette société.
Mais si l'on se place d'un point de vu spirituel, les choses peuvent apparaître assez différentes.
On ne doit plus considérer alors la liberté d'expression par rapport à des groupes qui se devraient le respect mais uniquement par rapport à soi-même. Il faut alors admettre que chacun est responsable de ce qu'il dit et de ce qu'il ressent. La seule exigence serait de renvoyer chacun à sa propre conscience. Exiger que l'autre soit respectueux, c'est comme exiger que tout le monde devienne bon avant de commencer soi-même à essayer de devenir bon. C'est ce qu'on entend parfois dans la rue. Ah oui ! si tout le monde était bon...La difficulté c'est que tout le monde ne pratique pas la bonté. Pour la liberté d'expression, c'est la même chose : tout le monde n'a pas le même niveau d'exigence personnelle. Mais c'est à chacun d'acquérir dans la liberté constructive le niveau d'humanisme correspondant à un respect total d'autrui.
Pour ceux qui se réclame d'une vie spirituelle la perspective est donc ailleurs que dans la loi, même si pour se préserver, lui aussi, la sollicite.
Dans l'idéal, l'individu spiritualisé entend l'opinion d'autrui en ne se plaçant pas au centre de cette opinion même si l'autre l'y place de fait. Il y a là une immense liberté à conquérir qui ne dépend que de soi et pas des opinions négatives ou positives d'autrui. L'humaniste véritable respecte l'autre comme un autre lui-même, sans se soucier de ce que cet autre dit de lui. Autrement il prend le risque encore une fois de conditionner son attitude à celle de l'autre.
La liberté individuelle d'opinion n'est alors plus ressentie comme un problème me concernant mais comme un problème concernant celui qui la revendique.
Les progrès des uns finissant par marquer les autres on pourrait alors espérer une société basée sur la bienveillance ou la liberté d’expression jaillirait en permanence comme un enrichissement renouvelée.
Nous n'en sommes pas là, mais la voie de l'humanisme ou de la spiritualité choisie librement, devrait nous y conduire. C'est le but à atteindre. C'est me semble t-il ce à quoi nous invite la Révélation d'Arès.